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Or, il n'est pas donné de connaître cette doctrine à ceux qui sont au dehors, et qui ne veulent pas vivre en lui, à savoir les scribes, les pharisiens et autres, qui persévèrent dans leur incrédulité. Il faut donc, avec les disciples, nous approcher du Seigneur avec un caur pur, afin qu'il daigne nous interpréter la doctrine évangélique, d'après cette parole : « Ceux qui approchent de ses pieds recevront de sa doctrine » (1).

S. CHRYS. — Il dit cela non pas pour exprimer une fatalité ni une nécessité, mais voulant montrer que ceux qui n'ont pas reçu ce don sont eux-mêmes la cause de tous leurs maux, et pour montrer que connaître les divins mystères est un bienfait de Dieu, et un bienfait qui descend d'en haut. Cependant le libre arbitre n'est pas pour cela détruit; au contraire, il est affirmé par les paroles qui suivent; car le Seigneur, afin de ne pas désespérer les uns, et de ne pas laisser tomber dans la paresse spirituelle ceux qui ont reçu ce don, nous montre que le principe de ces dons vient de nous, en ajoutant que « celui qui a, on lui donne encore. » C'est comme s'il disait : Celui qui aura le désir et le zèle, tout ce qui vient de Dieu lui sera donné; au contraire, celui qui en est privé et qui n'apporte pas sa propre participation, celui-là ne recevra pas les choses de Dieu; ce qu'il a lui sera enlevé, non pas par Dieu , mais par lui-même qui se sera rendu indigne de ce qu'il possède; déjà d'où nous devons conclure que si nous voyons quelqu'un entendre la parole de Dieu avec paresse, et que, malgré nos efforts, nous ne puissions pas lui persuader l'attention, nous

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(1) Cette parole se rapporte à Dieu lui-même, lorsqu'il se fit voir sur le Sinai, et qu'il sortit de Seir pour ordonner de dresser le serpent d'airain, et qu'il apparut sur le mont Pharam. Mais on peut rapporter ces paroles au Christ qu'elles concernaient prophétiquement, ainsi que l'explique saint Augustin au tome 4, quest. 56 sur le Deut.

bis scilicet, pharisæis, et cæteris in infide- | enim neque isti desperent, neque illi pigrilitate perseverantibus) non est datum. Ac- tentur audientes quoniam eis datum est, cedamus ergo cum discipulis ad Dominum demonstrat a nobis principium horum esse, puro corde, ut nobis evangelicam doctrinam cum subdit : Qui enim habet, dabitur ei, interpretari dignetur; juxta illud (Deut., etc. Ac si diceret : Cum aliquis desiderium 33) : Qui appropinquant pedibus ejus, habuerit et studium, dabuntur ei universa accipiunt de doctrina ejus. Curys., in qua a Deo sunt : cum autem his vacuus homil. (46, ut sup.). Hoc autem dixit, fuerit, et quæ ad se pertinent non inferai, non necessitatem inducens neque satum; neque quæ a Deo sunt ei dantur ; sed et sed monstrans quoniam illi quibus non est quod habet auferetur ab eo ; non Deo alldatum, causa sibi sunt universorum malo- ferente, sed se indignum faciente his quæ rum ; et ostendere volens quoniam cognos- habet : unde et nos si viderimus aliquem cere divina mysteria donum Dei est, et desidiose audientem verbum Dei, et exhorgratia desuper data. Non tamen propter tantes quod attendat, non ei persuaserihoc liberum arbitrium destruitur : ex hoc mus, sileamus : quia si magis immorati et his quæ sequuntur manifestum est : ut fuerimus, intendetur ei desidia : studentem

n'avons qu'à nous taire. En insistant nous ne ferions que rendre plus intense sa paresse (1). Au contraire, celui qui désire apprendre, nous l'attirons facilement et le rendons capable de recevoir beaucoup. La parole de l'Évangile : « Celui qui parait avoir, » est fort remarquable, car il ne possède pas de lui-même ce qu'il possède.

RÉMIG. — Celui qui a reçu le désir de la lecture recevra par surcroît la faculté de comprendre; et celui, au contraire, qui n'a pas ce premier désir, celui de la lecture, il lui sera enlevé les dons mêmes qu'il a reçus de la nature. Ainsi, celui qui a la charité recevra les autres vertus, et celui qui ne l'a pas, les autres vertus elles-mêmes lui seront enlevées; car, sans charité, il ne peut y avoir rien de bon dans l'homme. - S. JÉR. — Ou bien les apôtres qui ont cru en le Christ reçoivent ce qui leur manque en vertu, et les Juifs, qui ne crurent pas en le Fils de Dieu, voient s'évanouir le bien même qu'ils possédaient; ils ne peuvent rien entendre avec sagesse, car ils n'ont même pas le principe de la sagesse. - S. Hil. - Ainsi les Juifs, qui n'eurent pas la foi, perdirent même la loi qu'ils avaient. La foi en l'Évangile possède la plénitude des dons : une fois qu'elle est reçue dans l'àme, elle l'enrichit de nouveaux fruits; tandis qu'elle en est chassée, elle lui enlève les richesses qu'elle avait reçues dans le premier état de nature. S. CHRYS. - Afin de rendre plus clair ce qu'il a dit, il ajoute : « Je leur parle en paraboles, parce que, voyant, ils ne voient pas. » Cet aveuglement venant de la nature, pourquoi n'ouvrais-tu pas les yeux ? Ce qui suit montre que cet aveuglement était volontaire; car il ne dit pas simplement : « Ils ne voient pas; » mais : « Voyant, ils ne voient pas. »

(1) Le sens du mot intendetur est fixé

par

le

grec

επιτείνεται. .

autem discere allicimus, et multa effundi- , quid sapienter intelligere, quia sapientiæ mus. Et bene dixit secundum Evangelis- non habent caput. HilAR. (cant. 13, in tam : Quod videtur habere : neque enim Matth.). Fidem etiam Judæi non habentes, habet ipsum quod habet.

legem quoque quam habuerant perdideRevit. Qui etiam habet studium le- runt; et ideo perfectum fides evangelica gendi, dabitur ei et facultas intelligendi; habet donum : quia suscepta, novis frucet qui non habet legendi studium, hoc tibus ditat, repudiata vero etiam veteris quod per naturæ bonum videtur habere, substantiæ opes detrahit. auferetur ab eo : vel qui habet charitatem, Chrys., in homil. 116, ut sup.). Ut audabuntur ei cæteræ virtutes ; et qui non tem manifestius quod dixerat fiat, subdit : habet, auferetur ab eo : quia absque cha- Ideo in parabolis loquor eis quia videntes ritate nullum bonum esse potest. HIER. non vident, etc. Et siquidem naturæ hæc Vel apostolis in Christo credentibus etiam excæcatio esset, aperire eorum oculos si quid minus virtutis habent conceditur : oportebat : quia vero voluntaria est hæc Judæis vero qui non crediderunt in Filium excæcatio, propter hoc non dixit simpliciDei, etiam si quid per naturæ bonum pos- ter : Non vident, sed, videntes non vident : sident, tollitur : neque enim possunt ali. I viderunt enim dæmones exeuntes, et dixe.

Ils virent les démons chassés, et ils dirent : «C'est par Beelzebub qu'il chasse les démons. » Ils le voyaient entraîner tout le monde vers Dieu, et ils disaient: « Celui-ci ne vient pas de Dieu.» C'est parce qu'ils n'exprimaient pas ce qu'ils voyaient et ce qu'ils entendaient, c'est pour cela qu'il leur enlève la faculté de voir et celle d'entendre. Elle ne Jeur a pas servi jusqu'ici à avancer, mais à les précipiter vers une plus grande condamnation; c'est pour cela qu'au commencement il ne leur parlait pas en paraboles, mais avec toutes sortes de clartés; il leur parle maintenant ainsi parce qu'ils ont l'ouïe et la vue perverties. - RÉMIG. - Et remarquez bien que non seulement ses paroles étaient des paraboles, mais encore ses actions elles-mêmes, c'est-à-dire qu'elles étaient des emblèmes des choses spirituelles; ce que rend évident cette manière de s'exprimer : «Afin que, voyant, ils ne voient pas;» on ne voit pas les paroles, mais on les entend. – S. JÉR. — Ceci est dit de ceux qui sont sur le rivage et qui, à cause de la distance et du bruit des flots, n'entendent pas ce que Jésus dit sur la mer.

S. CHRYS. - Ensuite, afin qu'ils ne puissent pas dire : «Ceci est la détraction d'un ennemi, » il leur cite le prophète annonçant cela, afin que soit accompli ce qu'a dit le prophéte Isaïe : « Vous entendrez avec l'oreille et vous ne comprendrez pas, et voyant vous ne verrez pas » (1). C'est-à-dire vous entendrez avec l'oreille les paroles, mais vous comprendrez pas ce que recouvrent ces paroles; vous verrez de votre vue mon humanité, et vous ne verrez pas, c'est-à-dire vous ne comprendrez pas ma divinité. — S. Chrys. — Il leur fait ce reproche, parce

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(1) Ceci est l'explication des Septante, car voici la Vulgate : Ecoutez en écoutant, et ne comprenez pas ; voyez ce qui est visible, et ne comprenez pas. »

runt (Matth., 12): In Beelzebub ejicit de- , sed audiri. Hier. Hæc de his loquitur qui monia : audiebant quod ad Deum omnes stant in littore, et dividuntur a Jesu, et attrahebat, et dicunt (Joan., 9): Non est sonitu fluctuum perstrepente non audiunt ad hic homo a Deo. Quia ergo contraria his liquidum quæ dicuntur. quæ videbant et audiebant, enuntiabant, Chrys., in homil. (46, ut sup. 1. Deinde propter hoc ipsum videre et audire eis au ut non dicerent quoniam ut inimicus nosfertur : nihil enim hinc proficiunt, sed in ter nobis detrahit, prophetam inducit judicium majus incidunt : unde et a prin- eadem sentientem. Unde sequitur : Ut imcipio, non eis parabolice loquebatur , sed pleatur in eis prophetia Esaice diccntis cum multa certitudine : quia autem au- (cap. 6) : Auditu andietis, et non intellidita et visa pervertunt, jam in parabolis getis; et videntes videbitis; id est, auditu loquitur. REMio. Et notandum est quia audietis (verbal, sed non intelligetis (vernon solum quæ loquebatur, verum etiam borum arcana); videntes videbitis (carnem quæ faciebat parabolæ fuerunt (id est, scilicet), et non videbitis; hoc est, non insigna spiritualium rerum), quod liquido telligetis Divinitatem. Chrys., in homil. ostendit, cum dicit : Ut videntes non vi- (46, ut sup.). Hoc autem dixit, quia sibi deant : verba namque videri non poterant, ( ipsis abstulerunt videre et audire, qures

que ce sont eux qui se sont enlevé le voir et l'entendre, en fermant leurs oreilles, leurs yeux, et en laissant leurs cours s'appesantir. Non-seulement ils n'entendaient pas, mais ils entendaient mal; c'est pour cela qu'il est ajouté: a Leur cæur s'est appesanti. »-RAB.-Le ceur des Juifs s'est appesanti du poids de la malice, et c'est l'abondance de leurs pechés qui leur a fait entendre d'une manière dangereuse les paroles du Seigneur, les recevant avec ingratitude. - S. JÉR. - Afin que nous ne pensions pas que cet appesantissement du caur et cette surdité d'oreilles fussent un fait de leur nature et non de leur volonté, il ajoute, pour exprimer que c'était la faute de leur liberté : « Et ils ont fermé les yeux. »

S. CHRYS. - Ainsi il montre l'étendue de leur malice et leur éloignement affecté de Dieu; mais, afin de les attirer, il ajoute : « Afin qu'ils se convertissent et qu'ils se guérissent. » Paroles qui montrent que, s'ils se convertissaient, il les guérirait: c'est comme si quelqu'un disait : « Si j'en avais été prié, je lui aurais pardonné tout de suite; » il exprimerait ainsi la volonté de se réconcilier. C'est ainsi que ces paroles : « De peur que s'étant convertis, je ne les guérisse,» montrent et la possibilité de la guérison et le salut accompagnant le repentir. S. Aug.- Ou bien ils ont fermé les yeux afin de ne pas voir avec leurs yeux, c'est-à-dire qu'ils ont été eux-mêmes la cause pour laquelle Dieu leur a fermé les yeux. Un autre évangéliste n'a-t-il pas dit : «ll a fermé leurs yeux ? » Était-ce pour dire afin qu'ils ne voient jamais, ou bien est-ce afin qu'ils ne voient jamais de cette manière, que leur aveuglement venant à leur déplaire, ils se voient amenés par leurs douleurs, par leurs humiliations, à confesser leurs péchés et à chercher àmou

et oculos sibi claudentes, et cor incrassan- rentur, sånarentur : sicut cum aliquis dicit : tes : non enim solummodo non audiebant, Si rogatus essem, confestim donaturus eram, sed graviter audiebant : unde sequitur : ostendit qualiter aliquis sibi reconcilietur; Incrassatum est cor populi hujus. RABA. ita et hic cum dicit : Nequando convertanIncrassatum est enim cor Judæorum cras- tur et sanem eos, demonstrat quoniam et situdine malitiæ ; et abundantia peccato-converti possibile est, et pænitentiam agenrum graviter verba Domini audierunt, quia tes salvari. ingrati susceperunt. HIER. Ac ne forte Aug., De quæstion. Evang. Vel aliter : arbitremur crassitudinem cordis et gravi- oculos suos clauserunt, nequando oculis tatem aurium naturæ , non voluntatis, videant; id est, ipsi causa fuerunt ut Deus subjungit culpam arbitrii, et dicit : Et eis oculos clauderet : alius enim Evangelista oculos suos clauserunt.

dicit (Joan , 12): Excæcavit oculos eorum : CHRYS., in hom. (46, ut sup.). In hoc sed utrum ut nunquam videant? an vero ne autem intensam eorum nequitiam ostendit, vel sic aliquando videant, cæcitate sua sibi et aversionem cum studio; ut auteni attra- displicentes, et se dolentes, et ex hoc huhat eos, subdit : Et convertantur, et sanem misitati atque commoti ad confitendum eos : in quo demonstrat quid si converte- | peccata sua, et pie quærendum Deum? Sic

reusement Dieu. C'est ainsi que S. Marc a dit : «Afin qu'ils ne se convertissent pas et que je ne leur pardonne pas. » D'où nous devons conclure qu'ils ont mérité par leurs péchés de ne pas comprendre, et que c'est par miséricorde qu'ils ont reçu de connaitre leurs péchés et de mériter leur pardon par leur conversion. Mais la manière dont S. Jean rapporte ce passage en ces termes : « Ils ne pouvaient pas croire, parce qu'Isaïe a dit encore : Il a aveuglé leurs yeux, il a endurci leur caur, afin qu'ils ne voient pas avec leurs yeux, qu'ils ne comprennent pas avec leur cæur, qu'ils se convertissent et que je les guérisse,” paraîtra contredire mon explication, et nous forcer à entendre cette parole : « De peur qu'ils ne voient avec leurs yeux, ) non pas dans le sens qu'un jour ils puissent nous voir avec leurs yeux, mais dans le sens qu'ils ne verront jamais en aucune manière. En effet, S. Jean dit clairement : « Afin qu'ils ne voient pas avec leurs yeux; » et en ajoutant: «C'est pour cela qu'ils ne pouvaient pas croire, ) il montre assez que cet aveuglement n'a pas eu lieu , afin qu'émus et repentants de n'avoir pas compris, ils reviennent par le repentir. Ils n'auraient pas pu se convertir, à moins de croire auparavant, de se convertir par la foi, d'être guéris par leur conversion, et de comprendre par suite de leur guérison, et cet évangéliste nous les montre aveuglés, afin qu'ils ne puissent pas recevoir la foi; car il dit ouvertement: « C'est pour cela qu'ils ne pouvaient pas croire. » Or, si cela est ainsi, qui pourrait ne pas se lever pour défendre les Juifs et ne pas proclamer que cela n'a pas été de leur faute s'ils n'ont pas cru? S'ils n'ont pas cru, c'est que Dieu a fermé leurs yeux; mais si Dieu ne peut pas être considéré comme étant dans son tort, nous sommes obligés

enim Marcus hoc dicit (cap. 4) : Nequando / videant; et quod ait : Propterea non poteconvertantur, et dimittantur eis peccata. rant credere, satis ostendit, non ideo factam Ubi intelliguntur peccatis suis meruisse, ut excæcationem, ut ea commoti et dolentes non intelligerent, et tamen hoc ipsum mi- se non intelligere, converterentur aliquando sericorditer eis factum, ut peccata sua co- per pænitentiam (non enim possent hoc gnoscerent, et conversi veniam mererentur. facere nisi prius crederent, ut credendo conQuod autem Joannes hunc locum ita dicit verterentur, et conversione sanarentur, et (cap. 12): Propterea non poterant credere, sanati intelligerent), sed ideo potius excaquia iterum dixit Esaias : Excæcavit oculos catos, ut non crederent : dicit enim apereorum, et induravit cor eorum, ut non tissime : Propterea non poterant credere : videant oculis, et non intelligant corde, quod si ita est, quis non exsurgat in defenet convertantur, et sanem eos; adversari sionem Judæorum, ut eos extra culpam videtur huic sententiæ et omnino cogere fuisse proclamet, quod non crediderunt? ut quod hic dictum est : Nequando oculis Propterea enim non poterant credere, quia videant, non accipiatur ne vel sic aliquando excæcavit oculos eorum ; sed quoniam pooculis videant, sed prorsus ut non videant; tius Deus extra culpam debet intelligi, quandoquidem aperte ita dicit : Ut oculis non cogimur fateri aliis quibusdam peccatis ita

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