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comédies ( la Calamita et î'Aquilana ), quoiqu'elles soient indiquées à la table des matières. Ce volume, dont les feuillets ne sont pas chiffrés, se termine à la signature Y viii. La Bibliothèque de Dresde en possède un exemplaire.

On peut remarquer qu'en dépit des licences, parfois assez vives, que se permet Torrès Naharro, le clergé assistait à la représentation de ses comédies, ainsi qu'il le dit lui-même dans l'introito de la Comedia Trophea, et le pape Léon X donna an privilège [pontificatus nostri anno quinto) à l'édition de 1517.

Un des écrits les plus vifs et les moins communs que la réforme dirigea au seizième siècle contre l'église romaine, l'Origine de la Mappe-monde papistique, a fourni à M. Sotzmann, de Berlin, le sujet d'un article curieux. Cette origine se compose d'un recueil de 16 planches in-folio gravées sur bois.

Le Manuel du libraire ne cite aucune adjudication de ce volume depuis la vente La Vallière, en 178!i, où un exemplaire s'éleva au prix énorme de ft60 fr. Flogel (Hist. de la littérature comique (en allemand), t. II, p. 502), a parlé d'une façon incomplète de cet atlas, qui accompagne un volume in-4 publié en 1567 : Histoire de la Mappemonde papistique, par Frangidelphe Escorche-Messe, volume qui s'est payé 2h ou 30 fr, dans quelques ventes peu anciennes; il se compose de six feuillets non chiffrés (titre, dédicace à la reine Élisabeth et préface), et cent quatre-vingt-dix feuillets chiffrés. L'auteur annonce son intention de diviser le monde papistique en dix-neuf provinces a l'instar de celles (en pareil nombre) entre lesquelles sont partagées les possessions de l'Espagne et du Portugal en Amérique. On ignore quel étoit cet auteur; les conjectures se sont portées sur Viret et sur Théodore de Bèze; les apparences sont pour ce dernier, qui a montré un talent satirique du même genre dans divers ouvrages sortis de sa plume, tels que la Zoographia cochlœi et le Passavantius.

Les 16 planches sur bois ont 12 pouces cinq lipes (ancienne mesure) de haut, sur 15 pouces 6 lignes; elles sont destinées à former quatre rangs de h planches chacun, composant ainsi un vaste tableau de h pieds sur 5. Au sommet se trouve en grandes lettres majuscules Mappemonde nouvelle papistique; la gueule énorme d'un monstre entoure le tout et semble revendiquer la possession du pays papistique.

La gravure décèle la main d'un artiste exercé qui n'étoit guère inférieur à ceux qui tenoient alors la palme en Allemagne et en Suisse, tels que Jost Ammon et Tob. Stimmer. Son style est celui qui se développa en France sous l'influence de la Renaissance, et dont le petit Bernard offre le plus parfait modèle. On y retrouve ces figures allongées, ces têtes proportionnellement petites, ce costume romain plutôt que celui des temps de chevalerie donné aux guerriers.

Quelques planches offrent les portraits des chefs de la réforme et des personnes éminentes qui favorisaient les opinions nouvelles. On y remarque la duchesse de Ferrare, Renée fille de Louis XII, Marguerite de Navarre, etc.

Les dix-neuf provinces du monde papistique, sont : Scholia (ou Escholes), Pinzocharie (Pinzochero en italien, hypocrite, cafard), Nonnains ou Moinesses, Service-des-Saints (des images brisées, au-dessous est écrit : 0pauvres Idoles), Fabrique-desLieux-Dévôts (les matériaux pour élever ces bâtiments de tromperie et ces temples d'ingratitude sont pierres de scandale, bois de rapine, mortier d'abus et chaux de larrecins), Pèlerinage, Hermitages (ils sont placés dans la plaine d'Impiété, près de la montagne de Songes et Ordures), Laïque, Oraisons (deux vaisseaux, Navire de marchandises et Navire de meschantes opinions sont échoués sur une côte qui a le nom de Campagne-de-Mensonge), Aumosne (une table chargée d'or et entourée de marchandises est au milieu d'une plaine nommée Campagne-Férule, trois ecclésiastiques sont assis auprès, d'un côté s'appro-" chent quelques personnages: Que/5 hiboux et Voyez les béliers, de l'autre courent deux diables: Banquiers ravisseurs), Clercs, Moinerie ( on y voit des moines avec des figures de démons; les quatre souveraines de cette province : Ambition, Hypocrisie, Envie et Discorde, sont assises le sceptre en main; un diable

les montre du doigt en disant : Voyez mes mignonnes! Dame Poltronerie et Dame Cuisine exercent aussi leur empire), Compagnie, Fragique (c'est-à-dire confrairies, d'après un mot italien corrompu), Jeûsne, Soldats Sacrez, Pénitence, Messe, Sacramentaire.

Indépendamment des dix-neuf provinces, il y a six républiques: Sorbonne, Quiétine, Jésuiste, Pauline, Ninivétique, Antoniane.

Un très grand nombre de figures, accompagnées de légendes se rencontre dans cette série de caricatures qui sont dignes d'une notice plus étendue que celle que nous pouvons lui consacrer en ce moment et dont il faudroit d'ailleurs, pour être bien compris, que le dessin reproduisît les épisodes les plus saillants. La rareté extraordinaire de cette Mappe vient sans doute de ce que les catholiques, irrités de voir l'église romaine ainsi baffouée, en détruisirent tous les exemplaires qui s'offrirent à leurs regards. Un amateur fort distingué, M. de Nagler, directeur général des postes prussiennes, avoit réussi à placer cet atlas dans sa riche collection de gravures jointe aujourd'hui au Musée de Berlin.

Nous ne devons pas oublier un catalogue raisonné des éditions originales des écrits de Guillaume Postel. Cet homme, d'une érudition immense, d'une infatigable activité d'esprit, mais d'un jugement peu sûr, mériteroit bien d'être l'objet d'une étude spéciale dans le genre de celles que des savants contemporains ont consacrés à Giordano Bruno, à Bodin, etc. La Bibliothèque de Dresde possède vingt-quatre ouvrage de Postel réunis le siècle dernier par le comte Bunau. On y remarque les deux volumes si r,ares et si chers autrefois : Les très merveilleuses Victoires des femmes du Nouveau Monde et Le Prime nove del altro Mondo. Malgré l'amoindrissement de la ferveur des bibliophiles à l'égard de Postel, un exemplaire de cette dernière production s'est adjugé à 300 fr., en 1844, à la vente Nodier.

B.

CORRESPONDANCE INÉDITE

DE CHARLES NODIER.

J'ai trouvé dans des notes provenant du cabinet de feu M. le baron de Vèze une lettre qui fait époque dans la vie de Nodier; car à cette lettre se rattachent la plupart des petites considérations de bienveillance et de camaraderie sans lesquelles le plus noble talent a toujours tant de peine, hélas! à obtenir justice; à cette lettre, Charles Nodier a dû peut-êtrE plus qu'à ses illustres titres littéraires la petite place de bibliothécaire qu'il occupa pendant vingt ans.

Cette lettre fut adressée, en 1823, par Charles Nodier à M. le chevalier Charles de Vèze, alors secrétaire intime de Monsieur, frère du Roi.

La voici:

« Monsieur,

« J'espère que vous me pardonnerez la démarche que je « prends la liberté de faire auprès de vous, en vous rappelant « que la plus vive amitié m'unit à Taylor et à Cailleux, qui « sont malheureusement absents tous deux.

« L'un et l'autre prennent un très vif intérêt à la position de « M. Alaux (1) et connoissent la justice incontestable de ses « prétentions. C'est en leur nom , et comme chargé de mission « auprès de vous 'par deux personnes que vous honorez de votre

(1) Peintre d'histoire fort aimé du roi Louis-Philippe, et élu depuis peu membre de l'Institut.

« bienveillance, que je viens implorer votre intercession auprès « de Monsieur, dans une affaire dont dépend l'existence d'une « honnête famille, bien connue d'ailleurs par la pureté éprou« vée de ses sentiments. Si j'avois l'honneur d'être connu per« sonnellement de vous, Monsieur, je me flatterois peut-être « d'augmenter l'intérêt que j'ose vous demander en sa faveur, « en ajoutant que mon.propre bien-être est lié au succès de sa « demande, et que toutes les ressources que la révolution m'a « laissées dépendent de son résultat.

« Je vous supplie d'agréer l'assurance des sentiments respec« tueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être,

« Monsieur,

« Votre très humble,
« Très obéissant serviteur,

m

» Le Chevalier Charles Nodier.
« Rue de Provence, n° 4. »

t

Voici maintenant la note jointe à cette lettre ; elle est de M. de Vèze et signée de son nom:

« Mon amitié pour Cailleux et Taylor me faisoit un devoir de me rendre chez M. Nodier. Je le conduisis aux Tuileries dans mon appartement. Etant descendu chez M. le duc de Fitz-James qui était de service chez le prince, je lui fis lire cette lettre. Le bon et noble duc monta aussitôt chez moi avec cet empressement qu'il mettait à tout ce qui était bien; il fit mille caresses a M. Nodier, et non seulement M. Alaux obtint ce qu'il demandoit, mais, peu de temps après, mon vieil et excellent ami Treneuil mourut, et Ch. Nodier fut nommé bibliothécaire à l'Arsenal. Ma démarche porta son fruit. »

Ch. De Vèze.

Voilà des pièces qui n'ont pas besoin de commentaires. La lettre de Nodiei est écrite avec cette simplicité et celte dignité

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