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BULLETIN

DU

BIBLIOPHILE,

PUBLIÉ PAR J. TECHENER,

SOUS LA DIRECTI0N

DE MM. CH. NoDIER, PAULIN PARIs ET G. DUPLEssIs,
AvEC LE CATALoGUE RAIsoNNÉ DEs
LIvREs DE L'ÉDITEUR.

N° 11. NovEMBRE.

SIXIÈME SÉRIE.

PARIS,

J. TECHENER, ÉDITEUR, PLACE DE LA COLONNADE DU LOUVRE, No 12.

1843.

A

\. Table des articles contenus dans le numéro 1 1 du Bulletin du Bibliophile, série.

Nouveaux mélanges tirés d'une petite bibliothèque, par M. Charles Nodier. (Suite.) 503 Diseours véritable du siége mis devant Beauvais, (Réimpression.) 511 Inventaire des livres des sires de Jaligny, publié par M. Leroux de Lincy. 518 Correspondance bibliographique. - 528

IMPRIMERIE MAULDE ET RENou .
Rue Bailleul , 9 et 11.

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FÉNELoN (François de Salignac de la Mothe). Suite du quatrième livre de l'Odyssée d'Homère, ou les Auantures de Télémaque, fils d'Ulysse. Paris, veuve Claude Barbin, 1699, 5 vol. pet. in-12, mar. rouge. (Duru.)— ÉDITIoN oRIGINALE, coMPLÈTE, DE LA PLUs GRANDE RARETÉ. (Barbier, Dictionnaire des Anonymes, n° 17, 304.)

La première partie a 4 ff. et 208 pp. ; la seconde, 230; la troisième, 204; la quatrième, 215 ; et la cinquième, 208. Brunet, Manuel du Libraire, quatrième édition.

Nos voisins les Anglois, les Italiens et les Espagnols, couvrent d'or les éditions originales de leurs classiques, et ils ont raison, selon moi. Nous les imitons, et nous enchérissons souvent sur eux dans le prix que nous attachons à ces beaux

monumens de leur littérature, et je crois que nous n'avons

pas tort. Quant à l'édition princeps d'un de nos classiques, à nous, il ne faut pas nous en parler. Nous donnons volontiers douze cents francs du Roland furieux de 15 16, et six cents du Shakspeare de 1623 : mais le Télémaque de 1699, qui s'en soucie? c'est cependant là un livre qui réunit toutes les conditions désirables d'importance et de rareté : 1° il est incontestablement princeps : 2° il a été imprimé de l'aveu et sous les yeux de Fénelon; 3° il a été rigoureusement supprimé par l'autorité; 4° il a été, selon toute apparence, retiré du commerce par l'auteur lui-même. Enfin, il est devenu si rare, que tous mes soins n'ont jamais pu m'en faire découvrir un autre - - ) • - - 37

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exemplaire entier, et que la première partie seule, qui, à la vérité, avoit paru avec privilége, s'est présentée quelquefois dans les ventes. Il n'est donc pas étonnant que M. Brunet m'ait laissé quelque chose à dire sur l'édition originale et complète de Télémaque, édition qu'il décrit d'ailleurs fort exactement et d'après des renseignemens fort justes, mais qu'il n'a probablement pas vue, car, s'il l'avoit vue, il auroit dit ce que je dirai. La première partie dont je parlerai d'abord, et qui est connue des bibliophiles sous le nom de fragment, fut, dit-on, réimprimée tout de suite sous la même date, avec quelques corrections. C'est ce qu'on appelle communément la contrefaçon. Comme je possède la contrefaçon et le fragment, je suis parfaitement désintéressé sur cette question, et j'ai lieu d'espérer qu'on voudra bien s'en rapporter à moi. Or, la prétendue réimpression contrefaite est imprimée, sans aucun doute, des mêmes caractères et sur le même papier que le fragment; elle porte le nom du même libraire et elle en a le droit, car ellc sort des mêmes presses. Si elle étoit réimprimée immédiatement sur le fragment, elle devroit offrir en effet quelques corrections, celles du moins qui sont contenues dans l'errata du fragment, lequel y est fidèlement reproduit au verso de l'avertissement du libraire; mais il n'en est rien ; les fautes y sont identiquement les mêmes, et elle a conservé une grosse faute de plus que le fragment, le mot Odicée écrit selon cette orthographe barbare depuis la page 120 jusqu'à la fin. O typographe étourdi ou stupide, qui réimprime un livre muni de son errata, sans corriger les fautes que l'errata dénonce, et même celles que le premier imprimeur s'est hâté de corriger! On comprend bien que ceci est impossible, mais voyons ce qui est arrivé. | Fénelon étoit à Cambrai; on lui envoyoit les feuilles à corriger avant le tirage, il les avoit reçues jusqu'à la signature I, et il est à présumer qu'il avoit même eu à choisir entre différens essais, car les exemplaires varient entre eux dans le fleuron du frontispice, dans les vignettes ou les filets, et même dans la grandeur du papier. L'errata va par conséquent jusqu'à la page 94, antépénultième de la feuille H; mais pendant que

A

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l'auteur corrigeoit religieusement ses épreuves, l'imprimeur, obsédé par l'impatience publique, ne s'étoit point arrêté ; le livre alloit son train4 toutes les feuilles en révision étoient tirées, et, par surcroît de malheur, le tirage des feuilles suivantes étoit déjà bien avancé. La correction capitale d'Odissée pour Odicée, ne put donc s'exécuter que sur une partie de l'édition, et voilà ce qui constitua la différence réelle du fragment et de la réimpression. C'est que la prétendue réimpression est précisément la partie de l'impression qui a été finie la première. . Il n'est pas difficile cependant de trouver quelques différences entre ces deux moitiés jumelles du fragment, mais ces différences sont de celles qu'on ne peut faire valoir contre mon opinion, car elles la constatent.Ainsi, à la page 25 de la prétendue contrefaçon que j'appelle premier tirage, dans cette petite phrase : « Télémaque reprit ainsi, » le nom de Télémaque étoit disgracieusement coupé sur la syllabe à la fin de la ligne 5. Dans le fragment, la ligne 6 le contient tout entier.A la page 107, ligne 6 à 7, le mot monstre qui termine un paragraphe étoit partagé sur mon-, et ses quatre dernières lettres restoient seules suspendues sur l'alinéa. Dans le fragment, ou second tirage, le mot mutilé d'une manière si désagréable, est rétabli tout entier à la tête de la ligne vide. Ces corrections de goût typographique s'exécutent aisément sur la planche, comme personne ne l'ignore; mais comme elles sont, dans la feuille où elles se trouvent, un signe de perfectionnement, elles y sont un signe évident de postériorité. Le fragment est donc postérieur à ce qu'on appelle mal à propos la réimpression.Je serai le premier à convenir, au reste, que tout ceci est d'une très petjte importance; il suffit de savoir que fragment et réimpression sont également d'ÉDITIoN oRIGINAEE, et peuvent servir également à compléter l'édition PRINCEPs du Télémaque, lorsqu'il s'en trouvera un autre exemplaire que le mien; mais je ne laisserai pas là ce que j'avois à dire de cette première partie, sans justifier Fénelon de la mauvaise correction d'Odicée en Odissée, adoptée par les imprimeurs de la veuve Barbin, de la page 120 à la page 169 du fragment. Fénelon savoit à merveille que la lettre i de l'alphabet françois ne représente pas mieux l'upsilon de

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