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CLX.
L'avantage de la Science.
Ntre deux Bourgeois d'une Ville
S'émeut jadis un different.

L'un étoit pauvre, mais habile;
L'autre riche, mais ignorant.

Celui-ci sur son concurrent

Vouloit emporter l'avantage:
Prétendoit que tout 'homme Tage

Etoit tenu de l'honorer.
C'étoit tout homme fot; car pourquoi reverer

Des biens dépourveas de meritc?
La raison m'en semble petite.
Mon ami, difoit-il souvent -

Au savant,
Vous vous croiez confiderablc;
Mais dites-moi, tenez vous table?
Que sert à vos pareils de lire inceflamment:
Ils sont toûjours logés à la troisiéme chambre,
Vétus'au mois de Juin commé au mois de Decembre.
Aiant pour tout Laquais leur ombre seulement.

La Republique a bien affaire
De gens qui ne dépensent rien :

Je nc fais d'homme necoflaire
Que celui dont le luxe épand beaucoup de bien.
Nous en ufons, Dieu fait: nôtre plaisir occupe
L'Artisan, le vendeur, celui qui fait la jupe,
Et celle qui la porte; & vous qui dédiez

A

A Messieurs les gens de Finance
De méchans livres bien paiez.
Ces mots remplis d'impertinence

Eurent le fort qu'ils méritoient.
L'homme lettré se tcut, il avoit trop à dire.
La

guerre le vengca, bien mieux qu'une sacyre. Mars détruisit le lieu que nos gens habitoient.

L'un & l'autre quita la Ville,
L'ignorant refta fans azile;

Il receut par tout des mépris ;
L'autre receut par tout quelque faveur nouvelle.

Cela décida leur querelle.
Laissez dire les fots; le savoir a fon prix.

ఆరు Darco

J

CLXI.
Jupiter & les Tonnerres.
Upiter voiant nos fautes,

Dit un jour du haut des airs.:
Rempliffons de nouveaux hôtes
Les cantons de l'Univers,
Habitez par cette race
Qui m'importune & me lasse.
Va-t-en, Mercurc, aux Enfers;
Ameine-moi la Furie .
La plus cruelle des trois.
Race que j'ai trop cherie,
Tu periras cette fois,
Jupitcr pc tarda guere
A moderer fon transport,

O vous Rois qu'il voulut faire
Arbitres de notre fort,
Laissez entre la colere
Et l'orage qui la suit
L'intervalle d'une nuit.
Le Dieu dont l'aille est legere,
Et la langue a des douceurs,
Alla voir les noires Seurs;
A Tisiphonc & Mégere;
Il préfera, cc dit-on,
L'impitoyable Alecton.
Cc choix la rendit fi fiere,
Qu'elle jura par Pluton
Que toute l'engeance humaine
Seroit bien-tôt du domaine
Des Deïteż dc là bas.
Jupiter n'approuva pas
Le ferment de l'Eumenide.
Il la renyoic, & pourtant
Il lance un foudre à l'instant
Sur certain peuple perfide.
Le tonnerre ayant pour guide
Le pere méme de ceux
Qu'il menaçoit de ses feux,
Se contenta de leur crainte,
Il n'embraza que l'enceinte
D'un desert inhabité.
Tout perę frape à collé.
Qu'arriva-t-il? notre engcance
Prit pied sur cette indulgence.
Tout l'Olympe s'en plaigriit:
Et l'assembleur de nuages
Jura le Srix, & promit

De

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De former d'autres orages :
Ils feroient feurs. On fourit:
On lui dic qu'il étoit pere,
Et qu'il laiflast pour le mieux
A quelqu'un des autres Dicux
D'autres tonnerres à faire.
Vulcan entreprit l'affaire.
CeDieu remplit ses fourneaux
De deux sortes de carreaux.
L'un jamais ne se fourvoye,
Et c'est celuy quc toûjours
L'Olympe en corps nous envoye.
L'autre s'écarte en son cours;
Ce n'est qu'aux monts qu'il en coutc:
Bien fouvent méme il le perd,
Et ce dernier en fa-route,

Nous vient du seul Jupiter, ைைணைைன

ÇLXII. Le Faucon le Chapon. U Ne traitresse voix bien souvent vous appelle;

Ne vous pressez donc nullement:
Ce n'étoit pas un fot, non, non, & croyez m'en,

Que le Chien de Jean de Nivelle. .
Un citoien du Mans Chapon de son métier

Etoit Coinmé de comparaitre

Par devant les lares du maître, Au pied d'un tribunal que nous nommons foyer. Tous les gens luy crioient pour déguiser la chose,

Pe.

Petit, petit, petit: mais loin de s'y fier,
Le Normand & demi laifloit les gens crier ;
Serviteur, disoit-il, votre appat eft groffier ;

On ne m'y tient pas ; &pour cause.
Cependant on Faucon fur fa perchervoyait

Nôtre Manceau qui s'enfuyoitto Les Chapons ont en nous fort peu de confiance,

Soit instinct , soit experience and... Celui-ci qui ne fût qu'avec peine attrapé, Devoit le lendemain, étre d'un graid foupé; Fort à l'aiso, en un plat, honneur dont la volailla

Se seroit passée aisément.' L'Oiseau chasseur luy dit: Ton peo d'entendement Me rend tout étonné: Vous n'éres que racaille, Gensgrossiers, sans esprit, à qui l'on n'apprend rien. Pour moy, je sçais challer & revenir au maître.

Le vois-tu pas?à la feneftres) juny Il t'attend, es-tụ lourd? Je n'entends que trop bien, Repartir le Chapon: Mais que me veut-il direz Et ce beau Cuitinier armé d'un grand couteau?

Reviendrois-tu pour cet appeau;

Laisse-moy fuir, cesse de rire De l'indocilité qui me fait cnvoler Lors que d'un ton si doux on s'en vicnt m'appeller. c. Si tu voyois mettre à la broche ! :57

Tous les jours autant de Fauconso

Que j'y vois mettre de Chapons, Lois Tu de me ferois pas un sembiable reprochcout)

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CLXIII. ZE

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