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- M. Baudouin, M. Gautier et M. Desjardins, archivistes-paléographes, viennent d'être nommés :. le premier, archiviste de la Haute-Garonne, à Toulouse ; le second, archiviste de la Haute-Marne, à Chaumont; le troisième, archiviste de l'Aveyron, à Rodez.

-Dans notre dernière livraison , nous avons dit que la lettre de Jean de Joinville à Louis X, datée du second dimanche de juin 1315, était le plus ancien exemple de papier de chiffon qui ait été signalé en France. A cette occasion, notre confrère M. d'Arbois de Jubainville, nous a signalé l'existence aux archives de l'Aube d'un registre en papier de chiffon antérieur à la lettre du sire de Joinville. Voici la note que notre confrère nous a adressée :

« Le registre en question se trouve dans le fonds de Montieramey, relevé sans désignation de la matière subjective dans l'ouvrage de M. Vallet de Viriville ( Archives historiques de l'Aube, page 221, n° 1473); il porte actuellement la cote provisoire 6 H 45. Il a 144 feuillets, hauteur 35 centimètres, largeur 25 centimètres. Le papier n'est pas vergé et ne porte pas de marque de fabrique, mais on compte dans chaque feuillet cinq pontuseaux verticaux. La matière première qui a servi à la fabrication paraît avoir été principalement une toile de chanvre grise, donne un morceau long d'un centimètre sur une largeur de cinq millimètres est encore parfaitement visible au fo 1111*XXIX. Des fils doubles provenant de cette toile subsistent intacts dans la pâte d'un grand nombre de feuillets. Il est évident que la macération du chiffon n'a pas eu une durée suffisante et la conséquence en a été la nécessité de donner au papier une grande épaisseur ; autrement ce papier eût été tellement raboteux qu'il eût été iinpossible d'y écrire.

Le registre qui donne lieu à ces remarques contient les comptes de l'abbaye de Montieramey depuis le 2 septembre 1310 jusqu'au 16 mars 1317. On y trouve un grand nombre de ratures. C'était une minute, dont la copie sur parchemin aura sans doute été comprise dans la vente de parchemins qui a eu lieu aux archives de l'Aube, il y a vingt et quelques années.

Voici le préambule du premier compte :

« L'an de grâce mil ccc x, le meccredi après la décollation Saint Jehan, a compa à Monseigneur l'abbey Symon 3 frères Pierres Patriarches, censiers « de la dite église, des rantes de blez et de deniers de l'an ccc ix et des a remasances de blez et de deniers qu'il dut, compe fait le samedi veille a des bordes, l'an mil ccc ix", et de toutes autres receptes faites parmi le « dit compe, et des dépenses de blez et de deniers faites par le dit censier « depuis ledit samedi jusque au jour de cest compe.

1. Page 61 de ce volume.
2. Vingt-huitième abbé de Montierarney, Gall. Christ., XII, 559 A B.
3. 2 septembre 1310.
4. 7 mars 1310.

« Primo des blez. ............................. .......................................

Voici le préambule du dernier (fo viaXiu r).

« [L'an ccc x]vi, le mecredi après Letare' compa à Monseigneur l'ab« bey Symont, Messire Belin de Saint-Saigne des receptes et despenses fai« tes par ledit Belin tant an blez comme an dediers puis le compe que lidiz « Belin fit à Monseigneur, le juedi devant la vativité Saint Jehan l'an « cccxv?

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L’AMPHITHÉATRE

ROMAIN

DE TOURS,

D'APRÈS LES CHARTES.

Après la belle découverte de l'amphithéâtre romain de Tours, faite au mois de mai 1853 par la Société archéologique de Touraine, et sur laquelle il faut lire l'importante note de M. le général de Courtigis et le savant rapport de M. de Galembert?, il n'est pas sans intérêt d'étudier le curieux texte du diplôme du 27 juin 919, qui a mis sur la voie du monument et circonscrit l'espace dans lequel on devait le chercher.

* Ce diplôme avait été déjà publié trois fois : la première en 1724, par Martène dans l’Amplissima collectio 3, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Colbert; Bouquet reproduisit la même leçon dans la collection des Historiens des Gaules *; enfin, le chapitre de Saint-Martin de Tours en donna également une édition, d'après un diplôme original de l'année 1311 du roi Philippe le Bel, qui vidime et confirme le privilége du roi Charles le Simple S.

Me fondant sur ces textes, j'avais, dès 1847, exprimé l'opinion que l'emplacement des arènes de Tours devait se trouver dans le voisinage de la porte d'Orléans et de l'église de la Bazoche". Déjà, du reste, le savant bénédictin Housseau avait tiré du di

1. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. V, p. 28-42.
2. Ibid., t. V, p. 236-255.
3. T. I, col. 273.
4. T. IX, p. 542.
5. Plaquette in-fol, de cing pages imprimées, sans lieu ni date.
6. Mém. de la Société archéol. de Touraine, t. IV, p. 5.

III. (Quatrième série.)

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plòme de Saint-Marlin les mêmes conclusions que moi', et Chalmel lui-même avait dit que l'amphithéâtre de Tours était situé non loin de l'église de la Bazoche?, quoiqu'il ne mentionnåt pas sur quel texte ou sur quel fait il basait son opinion.

Malgré toutes ces indications, personne ne soupçonnait que ce grand débris de la magnjfigence romaine pût encore exister à Tours, lorsque, dans la séance dų 18 mars 1853, en citant de nouveau le diplôme de l'an 919, en désignant d'avance, d'après quelques substructions entrevues, et d'après la configuration du terrain, l'espace circonscrit entre la rue du Général Meynier et l'établissement des Orphelines, j'amenai la Société archéologique à nommer une commission pour visiter, étudier et décrire les antiquités gallo-romaines de Tours, et spécialement celles du cloître Saint-Gatien 3. Le succès a dépassé toutes les espérances : l'enceinte entière de Cæsarodunum avec une porte et un grand nombre de tours, de belles inscriptions romaines, des fragments considérables de colonnes, de moulures, de sculptures, de pilastres et d'ornements, enfin un amphithéâtre relevé géométriquement par M. de Courtigis , tel fut le résultat de nos explorations sur le terrain désigné.

Je reviens au texte dont j'ai promis l'examen. Je ne crois pas utile de reproduire le diplôme dans son entier, parce que les collections que j'ai indiquées peuvent être consultées par tout le monde “, mais je citerai le passage qui concerne les arènes. · Par ce diplôme, qui porte la date du 27 juin 9195, le roi Charles le Simple confirme, à la prière de Robert, abbé de SaintMartin et frère du roi Eudes, toutes les possessions et tous les priviléges concédés par les rois ses prédécesseurs, à l'abbaye de Saint-Martin de Tours, et spécialement le droit de frapper une monnaie particulière. Parmi les domaines confirmés par le roi de France, on remarque « des terrains avec la Salle nommée au« trefois Maudite, et qui s'appelle maintenant la Maison-Dieu, à « cause de la réception du corps de saint Martin, avec le mur « (de la ville) et une poterne; ces terrains, situés dans l'en« ceinte des murs de la ville de Tours, ont depuis la porte d'Or« léans jusqu'aux Arènes quatre-vingt-seize perches de superficie; « les chanoines de Saint-Martin donnant en échange à l'abbé « Hugues, pour l'habitation du comte, également dans l'intérieur « de la ville, quatre-vingt-seize perches de terrain, du côté de « la Loire, avec une église, le mur (de la ville) et une poterne. »

1. Mss. de la Bibl. imp., col. Housseau , t. XXIV. M. Lambron de Lignim a publié ces notes dans les Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. IV, p. 59.

2. Hist. de Touraine, t. I, p. 72. 3. Mém, de la Société archéol. de Touraine, t. IV, p. 53, et t. V, p. 236-255.

4. Il existe, en outre à la Bibliothèque impériale plusieurs copies de cet acte, dont voici l'indication : Coll. Bal. n. 47, fol. 167-170, copie autogr. de Duchesne. -Coll. Bal. n. 282, fol. 47-51 et 119-120, copie incomplète ; fol. 57 à 75 copie du XVIe siècle; fol. 76-81, copie de 1671 d'après vidimus.-- Coll. Dupuy, n. 657, fol 11-14 copie d'après la Pancarte Noire. — Le diplôme original était encore conservé en 1780 aux archives de Saint-Martin de Tours, et il était transcrit au fol. 9 ro de la Pancarte Noire et au fol. 14 yo de la Pancarte blanche. — M. Haureau a publié de nouveau ce diplôme, dans le tome XIV du Gallia Christiana, instrumenta, pag. 55-59.

5. Il me semble superflu de réfuter ici la date du 24 juin 925, qu'un membre de la Société archéologique de Touraine avait assignée à ce document (Mémoires, VI, 132 En voici le texte : Datum quinto kalendas julii, indictione septima, anno vicesimo septimo, regnante Carolo rege glorioso, redintegrante vicesimo secundo, largiore vero hereditate indepta VII°.

Areas cum sala, quæ quondam dicebatur Maledicta, quæ modo propter receptionem sancti Martini Domus Dei dicitur, intra muros Turonicæ urbis sitas, cum muro et posterula, habentes in circuitu a porta Aurelianensi usque ad A RENAS perticas nonaginta sex ; dantes pro ipsis domino Hugoni abbati, ad comitatum, similiter intra ipsam civitatem perticas nonaginta sex, ex parte Ligeris, cum ecclesia et muro atque posterula'.

Il s'agit, comme on le voit, d'un échange de terrains d'égale contenance entre les chanoines de Saint-Martin de Tours et leur abbé Hugues.

Les terrains donnés par l'abbé Hugues sont situés dans l'intérieur des murs de la ville et occupent, depuis la porte d'Orléans jusqu'aux Arènes, une superficie de quatre-vingt-seize perches.

L'antique enceinte de la cité gallo-romaine de Tours existe encore dans son entier, comme je l'ai dit, et a été tracée avec la plus grande exactitude sur le plan annexé au tome V des Mémoires de la Société archéologique de Touraine. Elle est d'ailleurs décrite minutieusement dans ce volume; je n'entrerai donc dans aucun détail à ce sujet. La porte d'Orléans s'ouvrait nécessairement dans la partie des murs qui est du côté d'Orléans, c'est-à

1. La leçon donnée par les bénédictins porte : Ad Arenas perticas nonaginta sex dantos, quod ipsis domino...; celle que j'adopte est celle des manuscrits, et est aussi claire que l'autre est incompréhensible.

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