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Il eut faim,afin que la divinité ne fût pas trop évidente, et pour ne pas éteindre tout-à-fait l'espoir du tentateur, et empêcher ainsi sa propre victoire. C'est pour cela qu'il est dit après : « Après il eut faim. » – S. Hil. — Il eut faim après les quarante jours, non pas pendant les quarante jours. Lors donc que le Seigneur eut faim, ce n'est pas l'effet du jeune qui se produisit de lui-même; mais c'est parce qu'il abandonna en ce moment la nature humaine à sa faiblesse; car c'est par rette faiblesse humaine et non par la force divine que l'enfer devait être vaincu. Ainsi il nous est marqué qu'après cette partie de son existence (1) qui dura aussi quarante jours, et qu'il passa sur la terre après sa résurrection, il devait éprouver la faim du salut du genre humain, à cette époque où il reporta à son Père ce don si attendu, l'humanité qu'il s'était unie.

Et le tentateur, s'approchant de lui, lui dit : Si vous étes le Fils de Dieu,

dites que ces pierres deviennent des pains. Mais Jésus lui répondit : Il est écrit : L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

S. CHRYS. — Le diable, qui avait désespéré en voyant Jésus jeûner pendant quarante jours, reprit courage en le voyant avoir faim; et c'est ce qui suit : « Et le tentateur s'approchant. » Si donc après avoir jedné vous êtes tenté, ne vous dites, pas : J'ai perdu le fruit de mon jeûne; car si le jeûne ne vous a pas servi, de manière à ce que vous ne soyez pas tenté, il vous aura du moins servi à vaincre les tentations. -S. GRÉG. — Mais en étudiant ici l'histoire de la tentation, nous y verrons quelle supériorité nous est acquise sur la (1) tentation par la tentation du Sauveur. L'antique ennemi tenta le premier homme de gourmandise en lui offrant du fruit du paradis terrestre; de vaine gloire en lui disant : « Vous serez comme des dieux; » d'avarice par ces mots : « Vous saurez le bien et le mal; » car l'avarice ne considère pas uniquement l'argent; elle s'attache aux choses élevées, et c'est elle qui les fait désirer outre mesure. Le démon succomba cette fois sous les mêmes tentatives qui l'avaient rendu auparayant victorieux. Il tente de nouveau le Sauveur d'avarice en lui disant: « Dites que ces pierres se changent en pains;» de vaine gloire par ces mots : « Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas; » il le tente par l'appât de l'avarice la plus élevée, et il lui dit en lui montrant tous les royaumes de la terre : « Je vous les donnerai tous. »

1) Il faut lire ici : conversationum, et non pas comme auparavant conversionum, qui pourrait cependant s'expliquer de ce cycle de quarante jours.

Joanne ostendente : unde Dominus proces- | nus, hominem quem assumpserat, reporSit contra eum, non quasi Deus, sed quasi tavit (16, ut sup.). homo; magis autem quasi Deus et homo : nam per 40 dies non esurire non erat ho- Et accedens tentator dicit ei : Si Filius Dei minis ; aliquando autem esurire non erat es, dic ut lapides isti panes fiant. Qui resDei : unde esurivit ne manifeste intelliga pondens dixit : Scriptum est : Non in solo für Deus, ut sic diaboli spem tentandi ex- pane virit homo, sed in omni verbo quoil tingueret, suam autem victorianı impedi procedit de ore Dei, Tet : unde sequitur : Postea esuriit. Hil. Nam post quadraginta dies , non in 40 Curys., super Matth. (in opere imperf. qebus esuriit. Igitur cum Dominus esuriit, ut sup.). Quia diabolus videns per quadranon inediæ subrepsit operatio, sed naturæ ginta dies Christum jejunentem desperavesuæ hominem dereliquit : non enim erat a rat, postquam esurientem sensit, iterum leo diabolus, sed a carne vincendus : qua cæpit sperare : unde sequitur : Et acce

rum ratione indicat, post quadraginta dens tentator. Si ergo jejunaveris et tenteris, terum conversationem , quibus post pas- ne dicas quia perdidi fructum jejunii mei :

onem in seculo crat commoraturus, esu-nam etsi non tibi profuit jejunium tuum ut nitionem se humanæ salutis habiturum ; non tenteris, tamen proficiet ut a tentatioquo in tempore expectatum Deo Patri mu- nibus non vincaris GREG., in hornil. (16, (1) Cette phrase est horriblement difficile. Il y a : pensemus quanta magnitudine nos a tentatione liberemur.

S. AMB. — Il commence par ce qui l'avait d'abord rendu victorieur, par la gourmandise, et c'est pour cela qu'il lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez à ces pierres de devenir des pains. » Que nous apprend ce commencement d'entretien, si ce n'est que le démon connaissait la venue du Fils de Dieu sur la terre, mais qu'il ne croyait qu'il était venu dans l'infirmité de la chair. Dans ce qu'il dit, il y a à la fois et tentation et investigation. Il professe croire en Dieu, mais il veut se moquer de l'homme. -- S. Hil. -- Il propose une chose qui puisse en même temps lui faire reconnaître Dieu dans la puissance qui change les pierres en pains, et qui lui permette de se moquer de l'homme en comparant son plaisir à manger avec son jeûne précédent. — S. JÉR. — Vous vous trompez nécessairement, Satan. S'il est assez puissant pour changer ces pierres en pains, en vain vous le tenlez; s'il ne le peut pas, pourquoi soupçonner en lui la divinité?

ut sup.). Sed si ipsum ordinem tentationis ritiam, cum regna mundi ostendit dicens : inspicimus, pensemus quanta magnitudine Hæc omnia tibi dabo. nos a tentatione liberamur: antiquus enim AMBR. , sup. Luc. Inde autem cæpit hostis primum hominem ex gula tentavit , unde jam vicerat; scilicet a gula : unde cum cibum ligni vetitum ad comedendum dixit ei : Si Filius Dei es, dic ut lapides suasit : ex vana gloria, cum diceret : Eritis isti panes fiant. Quid autem sibi vult talis sicut dii; ex avaritia, cum diceret : Scien- sermonis exorsus, nisi quia cognoverat Dei tes bonum et malum : avaritia enim non Filium esse venturum, sed venisse per insolum pecuniæ est, sed etiam altitudinis , firmitatem corporis non putabat ? Aliud cum supra modum sublimitas ambitur. explorantis, aliud tentantis est : et Deo se Quibus autem modis primum hominem profitetur credere , et homini conatur illustravit, eisdem modis secundo homini ten- dere. Hil. (can. 3, in Matth.). Eam ergo tator succubuit. Per gulam tentat, cum in tentando conditionem operis proposuit , dicit : Dic ut lapides isti panes fiant, per per quam et in Deo ex mutatione lapidum vanam gloriam , cum dicit : Si Filius Dei in panes virtutem potestatis agnosceret, et es, mitte te deorsum ; per sublimitatis ava-l in homine oblectamento cibi patientiam

S. CHRYS. — Le démon, qui auparavant aveuglait l'humanité, est en ce moment aveuglé lui-même par le Fils de Dieu. Il remarque qu'il a faim après quarante jours, et il n'a pas éprouvé qu'il n'a pas eu faim pendant ces quarante jours, et lorsqu'il s'en vient à penser qu'il n'est pas le Fils de Dieu, c'est qu'il n'a pas compris que celui qui est puissant peut descendre et faire des choses ordinaires, tandis que celui qui est faible ne peut pas monter aux choses puissantes. Il est bien plus étonnant qu'il n'ait pas compris par ces quarante jours d'abstiDence qu'il était Dieu, qu'il ne l'est qu'il ait cru qu'il ne l'était pas, parce qu'après un si long jeûne il avait eu faim. Mais vous direz peutètre (1): Elie et Moise ont bien jeûné pendant quarante jours, et ils étaient hommes cependant. Oui, ils jeûnaient, mais ils en souffraient; tandis que le Christ n'eut pas faim pendant ces quarante jours, mais seulement après. Avoir faim et la supporter , la patience de l'homme le peut; mais ne pas avoir faim n'appartient qu'à la nature divine.

S. JÉR. — Le plan du Christ était de vaincre par l'humilité. – S. LÉON. — Ce n'est pas par la puissance divine, mais en apportant en réponse le témoignage de l'Écriture, qu'il triomphe de son adversaire ; l'humanité s'en trouve honorée, et le diable plus couvert de confusion; car cet ennemi du genre humain se trouve non-seulement (2) vaincu par Dieu, mais encore par l'homme. D'où suivent ces paroles : « Le(1) Auparavant, par erreur, il y avait : dicit, se rapportant au diable, 2) Tel est le sens de saint Léon et non pas comme auparavant : Non quasi a Deo.

escrientis illuderet. Hier. Sed ex duobus non esuriit, intelligere debuit quia Deus est, contrariis teneris, o diabole. Si ad impe- quam ex eo quod post tot dies esuriit, inrium ejus possunt lapides panes fieri, ergo telligere quia homo est. Sed dicis : Moyses frustra tentas eum qui tantæ potentiæ est ; et Elias quadraginta dies jejunaverunt, et si antem non potest facere, frustra Dei Fi-homines erant: sed illi jejunantes esurielius suspicaris.

bant et sustinebant; iste quadraginta dieCHRYS., sup. Matth. (in opere imperf. bus non esuriit, sed postea : esurire enim ut sup.). Sicut autem diabolus omnes ho- et non manducare patientiæ est humanæ ; mines excæcabat, sic modo invisibiliter a non esurire autem divinæ naturæ. Christo excæcatus : post quadraginta enim HIER, Propositum autem Christi erat dies esurientem sensit, et per quadraginta humilitate vincere. LEO., in serm. 1, de non esurientem non intellexit; cum sus- Quadrag. Unde adversarium vicit testimoniis picatus est eum non esse Filium Dei, non legis, non potestate virtutis; ut hoc ipso et cogitavit quoniam fortis athleta ad ea quæ hominem plus honoraret, et adversarium infirma supt, descendere potest, infirmus plus puniret; cum hostis generis humani antem ad ea quæ fortia sunt, ascendere non non solum quasi a Deo, sed quasi ab hopotest. Magis ergo ex eo quod per tot dies mine vinceretur : unde sequitur : Qui res

quel lui répondant, lui dit: Il est écrit: l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui vient de la bouche de Dieu. » —S. GRÉG. – C'est ainsi que dans sa tentation le Sauveur produisit les paroles de l'écriture-Sainte. Il cacha cette puissance qui aura pu refouler son tentateur dans les abîmes, et nous enseigna par son exemple à ne pas nous laisser pousser à la vengeance par les persécutions des hommes, mais à nous en servir pour nous instruire.

S. CHRYS.— Il ne dit pas : « Je ne vis pas seulement de pain, » mais « l'homme ne vit pas seulement de pain. » Afin que ces paroles ne paraissent pas avoir été dites spécialement de lui, et afin que le diable pùt se dire : « Si c'est le Fils de Dieu, il se cache pour que sa puissance n'éclate pas; s'il est homme, il dissimule avec ruse son impuissance. » — RAB. — Cette parole est tirée du Deutéronome (1). Ainsi, celui qui ne se nourrit pas du Verbe de Dieu ne vit pas; car l'âme ne peut pas plus vivre sans le Verbe de Dieu que le corps sans pain. Ce Verbe qui procède de la bouche de Dieu, c'est toute parole de l'Écriture-Sainte exprimant la volonté divine.

Le diable alors le transporta dans la ville sainte, et le mettant sur le haut

du temple, il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas ; car il est écrit : Qu'il a ordonné à ses anges d'avoir soin de vous, et qu'ils rous soutiendront de leurs mains, de peur que vous ne vous heurtie: le pied contre quelque pierre. Jésus lui répondit : Il est écrit aussi : l'ous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu (2).

S. CHRYS. — A la réponse précédente le diable, ne pouvant pas dis(erner si le Christ était vraiment Dieu ou homme, l'entraine vers une autre tentation en se disant à lui-même : « Celui-ci que la faim ne peut pas séduire, s'il n'est pas Dieu est au moins un saint. » Or, il faut remarquer que les saints, qui peuvent vaincre par le jeûne les nécessités du corps, ne peuvent ordinairement pas à cette victoire sur la chair joindre celle sur la vaine gloire. C'est pour cela que l'esprit malin se prit à tenter Jésus de ce côté, et qu'il est dit : « Alors le diable le prit au-dessus de la cité sainte. » — S. JÉR. — Cette assomption n'est pas le résultat de l'impuissance du Sauveur, mais de l'orgueil de l'ennemi, et de ce qu'il prend ce qu'a exprimé le Sauveur comme l'effet nécessaire d'un manque de pouvoir. – RAB. – Jérusalem était dite la cité sainte, à cause du temple, du Saint des saints, et du culte d'un seul Dieu selon la loi de Moïse. — RÉMIG.–Où l'on voit que les fidèles sont tentés même dans les lieux sanctifiés.

(1) Chap. 8, v. 3. La manne y est dite donnée aux Israélites pour leur montrer que se n'est pas seulement de pain que l'homme vil, mais de toute parole sortant de la bouche divine.

(2) Il faut remarquer au verset 7e que le mot rursum porte sur scriptum est et non pas

pondens dixit ei : Scriptum est : Non in solo non posse. RABA, Testimonium autem hoc pane vivit homo, sed in omni verbo quod de Deuteronomio sumptum est. Ergo si procedit de ore Dei. Greg., in homil. 16. quis non vescitur verbo Dei, iste non vivit; Sic ergo tentatus a diabolo Dominus, sacri quia sicut corpus humanum non vivit sine eloquii præcepta respondit; et qui tenta- terreno cibo, ita et anima vivere non potest torem suum mergere in abyssum poterat, sine Dei verbo. Procedere autem verbum de virtutem suæ potentiæ non ostendit; qua- ore Dei dicitur, cum voluntatem suam per tenus nobis præberet exemplum, ut quoties Scripturarum testimonia revelat. a pravis hominibus aliquid patimur, ad

Tunc assumpsit eum diabolus in sanctam cidoctrinam excitemur potius quam ad vin

ritatem, el statuit eum super pinnaculum dictam.

templi, et dixit ei : Si Filius Dei es, mitte CHRYS., sup. Matth. (in opere imperf.

le deorsum : scriptum est enim quia angelis ut sup.). Non autem dixit : Non in solo

suis mandavit de tr, et in manibus tollent te, pane vivo, ne videatur de se dictum esse; sed non in solo pane vivit homo, ut posset

ne forte offendas ad lapidem pedem tuum,

Ait illi Jesus : Rursum scriptum est: Non diabolus dicere : Si Filius Dei est, abscondit se, ut non ostendatur quod potest; si

tentabis Dominum Deum tuum. homo est, astate excusat se, ne ostendatur CHRYK., sup. Matth. (in opere imperfecto, ut sup.). Cum ex præmisso Christi torum, et cultus unius Dei secundum legem responso nihil certum discere diabolus po- Moysi. REMIG. In quo ostenditur quia dia tuisset, utrum Christus Deus esset an homo, bolus fidelibus Christi etiam in sanctis locis assumpsit eum ad aliam tentationem, di-insidiatur. cens apud se: Iste qui fame non vincitur, GREG., in homil. (16, ut sup.). Sed etsi Filius Dei non est, tamen sanctus est: ecce dum dicitur Deus homo in sanctam valent enim homines sancti fame non vinci, civitatem & diabolo assumptus, humanæ sed postquam omnem necessitatem carnis aures audire expavescunt. Iniquorum tavicerunt, per vanam gloriam cadunt : ideo men omnium diabolus caput est : quid aucoepit eum tentare in gloria vana : propter tem mirum, si se ab illo permisit in monquod sequitur : Tunc assumpsit eum dia- tem duci, qui se permisit a membris illius bolus in sanctam civitatem. HIER. As- crucifigi? GLOSSA. Diabolus enim semper sumptio ista non ex imbecillitate Domini ad alta ducit, elevando per jactantiam ut venit, sed de inimici superbia, qui volunta- præcipitare possit : et ideo sequitur : Et tem Salvatoris necessitatem putat. RAB. statuit cum supra pinnaculum templi. Sancta autem civitas Hierusalem dicebatur, REMIG. Pinnaculum sedes erat doctorum : in qua templum Dei erat, et Sancta Sanc-i templum enim non habebat culmen erectum,

S. GRÉG. — Lorsque l'on dit que le Fils de Dieu a été ravi au-dessus de la cité sainte, les oreilles de l'homme en frémissent. Cependant le diable est le chef de tous les méchants, et qu'y a-t-il d'étonnant que celui qui voulut bien être crucifié par les membres permît au chef de le transporter sur la montagne? — LA GLOSE. -- Le diable va toujours vers les lieux élevés, nous faisant monter sur les sommets de l'orgueil pour pouvoir nous précipiter de là, et voilà pourquoi il est dit : « Il le plaça sur le pinacle du temple. » — RÉMIG. — Le pinacle était le lieu où s'asseyaient les docteurs. Or, le temple n'avait pas de toit, ainsi que nos maisons, mais il était surmonté d'une terrasse sur : ait illi Jesus. C'est tiré du Deut., 6, v. 6 ; c'est Dieu qui le recommande au peuplo. Le sens est donc, non pas que Satan ne doit pas tenter son Dieu, mais que Jésus-Christ ne doit pas le faire en se jetant en bas.

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