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DISSERTATION

da tutti abbandonato;
ro fola è l'innocenza
e mi porta à naufragar.

rai encore cette autre arierte fublia

débite le Roi des Parthes, vaincu
Il, quand il veut faire servis la détai-

sa vengeance.
ezza il furor del vento
usta quercin, avvezza
cento venti e cento
njurie å tollerar,
e pur cade al suolo,

ega per l'inde il volo;
on quel vento iftello
contrastando il mar.

beaucoup de cerre espéce; mais
's beaucés hors de place? Et qu'au
dans Athenes, fi @dipe & Orelt
u moment de la reconnaillances
recits airs fredonnés, & debité des
is á Electre & à Jocaste? Il faut
que l'Opera , en séduisant les Jiz
agrémens de la Mulique, a
la véritable Tragédie Grégue,
naître de l'autres
Ta Prançais nous devoir faire
de tort: notre mélopée rentre
le la vôtre dans la déclamation
; elt plus languillance; elle ne

que les scènes aient leur juste
exige des dialogues couis en
25 coupées, dont chacune pro
de chanson,
i font au fait de la vraie lictés

rature des autres nacions, & qui ne bornent pas leur science aux airs de nos balers, son-, gent à cette admirable scéne dans la Clemenza di Tito , entre Titus & son favori, qui a confo: piré contre lui, je veux parler de cette scene: où Titus dis à Sestus ces paroles divines :

Siam soli : il tuo Sovrano
Non è presente ; apri il tuo core à Tito ,
Confidati all' amico ; io ti prometto

Qu'Augusto nol sapra..
Qu'ils relisent le monologue suivant, où Tie
tus dit ces autres paroles, qui doivent être
l'éternelle leçon de tous les Rois , & le char,
me de tous les hommes:

........Il torre altrui la vita?
E facoltà commune
Al più vil della terra ; il darla è Solo:

De Numi, 5. de' Regnantie
Ces deux scènes comparables à tout ce que
la Gréce a eu de plus beau , si elles ne sont pas
supérieures; ces deux scènes dignes de Cor-
neille, quand il n'est pas déclamateur, & de
Racine, quand il n'est pas foible; ces deux
scénes, qui ne sont pas fondées sur un amour
d'Opera, mais sur les plus nobles sentimens
du cæur humain, ont une durée' trois fois plus
longue au moins que les scènes les plus éren-
dues de nos Tragédies en Musique. De pareils
morceaux ne seroient pas supportés sur notre
Théâtre lyrique, qui ne se soutient guéres que
par des maximes de galanterie, & par des
passions manquées, à l'exception d'Armide ,
& des belles scènes d'Iphigénie, ouvrages
plus admirables qu'imités,

AY

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Parmi nos défauts, nous avons comme yous, dans nos Opera les plus tragiques , une infinité d'airs détachés, mais qui sont plus défectueux que les vôtres, parce qu'ils sont moins liés au fujet. Les paroles y sont presque toujours asservies aux Musiciens, qui ne pouvant exprimer dans leurs petites chansons les termes mâles & énergiques de notre langue , exigent des paro. les efféminées, oisives, vagues, étrangeres l'action , & ajoûtées, comme on peut , à de pe- . tits airs mesurés, semblables à ceux qu'on appelle à Venise Barcarole. Quel rapport, par exemple, entre Thésée, reconnu par son pere, sur le point d'être empoisonné par lui , & ces ridicules paroles ?

1

Le plus fage
S'enflamme & s'engage,
Sans sçavoir comment,

Malgré ces défauts , j'ose encore penser que: nos bonnes Tragédies-Opera, telles qu’Atis, Armide, Thésée, étoient ce qui pouvoit' donner parmi nous quelque idée du Théâtre d'Achènes; parce que ces Tragédies sont chantées comme celles des Grecs;- parce que le chour, tout vicieux qu'on l'a rendu, tout fade panegyriste qu'on l'a fait de la morale amoureufe, ressemble pourtant à celui des Grecs, en ce qu'il occupe souvent la scène. il ne dit pas ce qu'il doit dire ; il n'enseigne pas la vertu, & regat iratos 5 amet peccare timentes ; mais enfin il faut avouer que la forme des Tragédies-Opera nous retrace la forme de la Tragédie Gréque, à quelques égards. Il m'a donc paru en général, en consultant les gens de lettres qui coinnąiflent l'antiquité,

e celles des Grecs;. Parce que le

mes,

DISSERTATION
zos défaurs, nous avons comme vous
Opera les plus tragiques , une infinite
achés, mais qui sont plus défectueux
ôrres, parce qu'ils font moins liés au
s paroles y sont

presque toujours allie-
Muliciens, qui ne pouvant exprimer
s petites chanlons les termes måles &
es de notre langue, exigene des paro-
inées, olives, vagues, étrangeres ?
& ajoûtées, comme on peut , à de se
mesurés, semblables à ceux qu'on ap
Venise Barcarole. Quel rapport, pa
, entre Thésée, reconnu par fon pert
int d'êcre empoisonné par lui, & **
paroles ?
Le plus fage
S'enflamme & s'engage, ,
Sans sçavoir comment,
s défauts, j'ose encore penser que
s Tragédies-Opera, celles qu'Atis,
Thésée, étoient ce qui pouvoit don-

que ces Tragédies-Opera font la copie & la Tuine de la Tragédie d'Athènes. Elles en sont la copie , en ce qu'elles admettent la mélopée , les chaurs, les machines, les Divinités : elles en font la destruction, parce qu'elles ont accoutumé les jeunes gens à le connaitre en fons plus qu'en esprit, à préférer leurs oreilles à leur ame, des roulades à des pensées subli

à faire valoir quelquefois les ouvrages les plus insipides & les plus mal écrits , quand ils lone foutenus par quelques airs qui nous plaisent. Mais, malgré tous ces défauts, l'enchantement qui résulte de ce mêlange heureux de scènes, de chąurs, de danses, de fymphonie, & de cette variété de décorations, subjugue jusqu'au critique même; & la meilleure Comédie, la meilleure Tragédie n'est jamais fréquentée par les mêmes personnes , aussi affidûment qu'un Opera médiocre. Les beaucés régulieres, nobles, féveres, ne font pas les plus recherchées par le vulgaire ; si on repréfente une ou deux fois Cinna, on joue trois mois les Fêtes Vénitiennes : un Poëme épique est moins la que des Epigrammes licencieuses; un petit Roman sera mieux débité que l'Histoire du Président de Thou. Peu de particuliers font travailler de grands Peintres ; mais on se dispure des figures estropiées qui viennent de la Chine, & des ornemens fragiles. On dore, on vernit des cabinets; on néglige la noble Architecture : enfin dans tous les genres, les perits agrémens l'emportent sur le vrai mérite,

nous quelque idée du Théâtre d'ad-
sce que ces Tragédies font chaga
i vicieux qu'on l'a rendu, cout tale
ste qu'on l'a fait de la morale
ressemble pourtant à celui des
e qu'il occupe souvent la scène.
equ'il doit dire; il n'enseigne pas
regat iratos Sanet peccare tiner
il faut avouer que la forme
-Opera nous retrace la forme de
iréque, à quelques égards., !!

en général, en confùltant les
qui counnaillent l'anriquité,

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SECONDE PARTIE. Dela. Tragédie Française, comparée d.

La Tragédie Greque.

EUREUSEMENT la bonne & vraie H Fragédie parut en France

avant

. que nous cussions ces Opera qui auroient pû l'étouffer. Un Auteur, nommé Mairet , fut le premier , qui, en imitant la Sophonisbe du Trissino, introduisit la régle des trois unités, que vous avez prise des Grecs. Peu à peu notre scène s'épura, & fe défic de l'indécence & de la barbarie, qui deshonoroient alors tant de Théâtres, & qui servoient d'excuses à ceux dont la sévérité peu éclairée condamnoit tous les Specacles..

Les Acteurs ne parurent pas élevés comme à Athènes, sur des cothurnes qui écoient de véritables échasses ; leur visage ne fut pas caché fous de grands masques, dans lesquels des tuyaux d'airain rendoient les fons de la voix plus frappans & plus terribles : nous ne pûmes avoir la mélopée des Grecs : nous nous réduisîmes à la simple déclamation harmonieute, ainsi que vous en aviez d'abord usé. Enfin nos Tragèdies devinrent une imitation plus yraie de la nature. Nous substituâmes l'His. toire à la Fable Gréque. La politique, l'ambition, la jalousie, les rs de l'amour regnérent sur nos. Théâtres. Auguste, Cinna, César, Cornélie, plus respectables que des Héros fabuleux , parlerent fouvent sur notre

ISSERTATION

NDE PARTIE die Française, compared Tragédie Grégue.

SEMENT la bonne & vraie parut en France avant que nous

pera qui auroient l'éroulele nommé Mairer, fut le premiers ant la Sophonisbe du Trilino, régle des trois unités, que vous

Grecs. Peu à peu notre fréce défir de l'indécence & de la bar ihonoroient alors tant de Thés. voient d'excuses à ceux dou la airée condamnoit tous les Sper

scène, comme ils auroient parlé dans l'ancien, ne Rome.

Je ne prétends pas que la scène Française l'ait emporté en tout sur celle des Grecs, & doive la faire oublier. Les inventeurs ont tou. jours la premiere place dans la mémoire des hommes; mais quelque respect qu'on ait pour ces premiers génies, cela n'empêche pas que ceux qui les ont fuivis ne fassent souvent beaucoup plus de plaisir. On respecte Homere ; mais on lic le Tasse ; on trouve dans lui beaucoup de beautés qu'Homere n'a point connues. On admire Sophocle:: mais combien de nos bons Auteurs tragiques ont-ils des trairs de maitre que 'Sophocle eûc fait gloire d'imirer , s'il .fur venu après eux ? Les Grecs auroient appris de nos grands modernes à faire des expositions plus adroites, à lier les scènes les unes aux autres, par cer are imperceptible qui ne laisse jamais le Théâtre vuide, & qui fait venir & fortir avec raison les personnages; c'est à quoi les anciens ont souvent manqué, & c'est en quoi le Trillino lès a malheureusement imirés.

Je maintiens", par exemple, que Sophocle & Euripide eussent regarde la premiere scène de Bajazer comme une école où ils auroient profité, en voyant un vieux Général d'Aimée annoncer, par les questions qu'il fait , qu'il mé lite une grande entreprise : Que faisoient cependant nos braves Janissaires? Rendent-ils au Sultan des hommages sinceres? Dans le secret des cours, Ofmin, n'as-rurien lu? Et le moment d'après :

parurent pas élevés comme
des cothurnes qui éroieve de
les; leur vilage ne fut pas exa
ds masques, dans lesquels des
endoient les fons de la rois
plus terribles : nous ne púmes

des Grecs: nous nous ré-
le déclamation harmonieu-
en aviez d'abord use. Enfin
vinrent une imitation plus

Nous lubstituámes l'Hilfe reque. La politique, l'am

les fureurs de l'amour rehéâtres. Auguste, Cinna, sus respectables que des --lerent fouyehr fue porre

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