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XIII.

Ce héros de la bienfaisance,

Qui dut vivre autant que Nestor,
Il périt presque dès l'enfance,
Ainsi que le vainqueur d'Hector.
Demi-dieu, reçois mes hommages.
J'irai chanter sur ce rivage
Que ton trépas va consacrer;
J'irai. De nouveaux Alexandres
Environt un jour à tes cendres
Les vers que tu dois m'inspirer.

XIV.

Là, mes amis, loin des profanes,
Courons lui dresser des autels;

Courons, suivez-moi; que ses mânes
Entendent nos chants immortels.
Que tous méritent la victoire;
Que ces chants fassent notre gloire,
Et l'étonnement du Germain :
Ramenons ce siècle où la France,
Par les arts et par l'éloquence,
Régnait du Tage au Pont-Euxin.

XV.

Tel en ses brûlantes ivresses,

Aux bords de l'Ismène, à grand cris,

Pindare, plein des neuf déesses,
Subjuguait les peuples surpris.

Aux accens de sa muse altière,
Enfans, vieillards, et Thèbe entière,
Et l'onde, et les remparts émus,
Partageant son noble délire,

Se croyaient aux temps où la lyre
Relevait les murs de Cadmus.

ODE.

LA SOLITUDE DE SAINT-MAUR.

1787.

SALUT, nymphes de la prairie, Et vous, de ces forêts aimables déités ; Toi, naïade aux flots argentés, Salut. Je viens encore, ô naïade chérie,

Plein d'une douce rêverie, Demander le repos à tes bords enchantés.

Soumis à des alarmes vaines,

Tu m'entendais jadis soupirer mon ennui :
Tu me revois libre aujourd'hui.
L'amour est un tyran; j'ai dû briser ses chaînes ;
Et je viens oublier mes peines

Au sein de l'amitié, moins trompeuse que

Le chasseur dort, l'aube naissante

lui.

N'a point encor semé ses roses dans les cieux;

Mais le signal harmonieux,

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Le fleuve, et la colline au loin retentissante,

Et le cerf, et la meute absente, Poursuivent dans la nuit son oreille et ses yeux.

Tel, quand la saison des tempêtes
Du matin plus tardif eut rapproché le soir,
Mon cœur brûlait de te revoir.

Loin des enfans du Nord qui grondaient sur nos têtes,
Je volais aux rustiques fètes;

Et Zéphyre et les fleurs égayaient mon espoir.

Je veux vivre au-delà des âges;
Inspirez-moi des chants qui ne meurent jamais,
Onde paisible, noirs cyprès :

Et que puissent toujours le glaive et les

Respecter ce bois, ces rivages,

orages

Et tous les dieux pasteurs y verser leurs bienfaits!

ODE.

.1788.

Loin des murs bruyans de la ville,

Je vais, sous l'ombrage des bois,
Révérer dans Ermenonville

Les mânes du grand Génevois.

Celui qui fit parler Julie,
De la vérité seule épris,
D'une douce mélancolie
Échauffa ses divins écrits.

Jeune encor, de son éloquence
J'ai su goûter l'austérité ;
Presqu'au sortir de mon enfance
J'ai contemplé la vérité.

J'ai vu l'homme ennemi perfide,
Habile et prompt à se venger,
Ami léger, faux ou timide,

Amant volage ou mensonger.

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