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L'eshontée maladie
La vierge tant pressa là,
Qu'à la fin toute hardie
A Cephale ainsi parla :
Pourquoy pers-tu de ton âge
Le printemps à lamenter
Une froide et morte image
Qui ne te peut contenter ?

Elle à la mort fut sujette, Non pas moy le sang des Dieux, Non pas moy Nymphe qui jette Les premiers rayons aux cieux : Reçoy moy donques, Cephale, Et ta basse qualité

D'un estroit lien égale
A mon immortalité.

Luy desdaignant sa priere
Fuit la suppliante vois,
Et tout despit en arriere
S'escarta dedans les bois :
Elle comme amour la porte,
Vole apres, et çà et là
Le presse, et ja sa main forte
Dedans ses cheveux elle a :

Puis comme un aigle qui serre
Un liévre en ses pieds donté,
En luy faisant perdre terre,
ce au ciel l'a monté,

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D'elle richement s'habille,
S'agençant de mains et d'yeux,
Pour mener en-poinct sa fille
Au festin de tous les Dieux :

Où Themis la grand' Prestresse
Pleine d'un esprit ardant,
La tirant hors de la presse
Luy dist en la regardant :
Bien qu'Inon soit ta compaigne,
Reçoy pourtant doucement
Ton mary, et ne desdaigne
Son mortel embrassement.

Ains que soit la Lune entiere
Dix fois, tu dois enfanter
Un qui donnera matiere
Aux Poëtes de chanter.

Le monde pour un tel homme
N'est pas assez spacieux,
Ses vertus reluiront comme
Les estoilles par les cieux.
Il passera de vistesse
Les lions, et nul soudart
Ne trompera la rudesse
De son homicide dard:
Prompt à suivre comme foudre,
Sa main au sang souillera
De Telephe, et sur la poudre
Mille Rois despouillera.

Et si fera voir encore,
Tant ses coups seront pesans,
Au noir enfant de l'Aurore
Les Enfers devant ses ans :
Et apres avoir de Troye
Le fort rampart abatu,
Ilion sera la proye

Des Grecs et de sa vertu.

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