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» Et Sénèque : Il n'y a pas mille ans que l'on » connoît les élémens de la sagesse. Le genre hu» main a' donc été pendant une longue suite de » siècles, privé de raison ? Sottise dont Perse se » moque : Depuis , dit-il , qu'avec le poivre et les » dattes on a introduit la sagesse à Rome : comme » si la sagesse eût été apportée avec les épices, » elle qui a dù nécessairement commencer avec

l'homme, si elle est conforme à sa nature. Si i elle n'y est pas conforme , la nature humaine » est incapable de la recevoir. Or elle la reçoit:

donc la sagesse a nécessairement existé dès le » commencement; donc la philosophie, n'ayant » point existé dès le commencement, n'est pas » cette vraie sagesse (1). » Après dix-sept siècles de christianisme, on

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(1) Prætereà illud quoque argumentum contra philosophiam valet plurimum, quo idem est usus Hortensius, ex en posse intelligi, philosophiam non esse sapientiam, quòd. principium et origo ejus appareat. Quando , inquit , philosophi esse cæperunt? Thales, ut opinor, primus : recens hæc quidem ætas. Ubi ergo apud antiquiores latuit amor iste investigandæ virtutis ? Idem Lucretius ait:

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Denique natura hæc rerum , ratioque reperta est
Nuper, et hanc primus cum primis ipse repertus ,
Nunc ego sum, in patrias qui possum vertere voces.

Lib. V.

a vu cette philosophie , renouvelée en Europe, y produire les mêmes effets qu'elle avoit autrefois produits dans la Grèce et à Rome; ébranler par le raisonnement les croyances traditionnelles, obscurcir toutes les vérités, nier toutes les lois en niant la loi divine, et creuser un abîme au fond duquel la société toute brisée, toute sanglante, se débat dans des convulsions qu'on peut craindre être le présage de sa fin.

Mais à l'époque même où , chez les anciens, une fausse sagesse minoit peu à peu les fondemens de l'état, et affoiblissoit l'intelligence en affoiblissant la foi, il se trouvoit parmi ces philosophes , si ridiculement absurdes , quand ils

Et Seneca : Nondùm sunt, inquit, mille anni , ex quo initiu sapientiæ nota sunt. Multis ergo sæculis humanum genus sine ratione vixit. Quod irridens Persius :

Postquam (inquit) sapere urbi
Cum pipere et palmis venit :

- Satir, VI.

tanquàm sapientia cum saporis mercibus fuerit invecta, quæ, si secundum hominis naturam est, cum homine esse coeperit necesse est. Si verò non est, nec capere quidem illam posset humana natura. Sed quia recepit, igitur à principio fuisse sapientiam necesse est : ergo philosophia, quia non à principio, fuit, non est eadem vera sapientia. Lactant. Divin. Instit. , lib. III, c. XVI.

ne parloient que d'après leur seule raison, des hommes attachés encore à l'ordre public, et pénétrés de l'importance des dogmes, sans lesquels nul ordre et nulle existence n'est possible. Or que faisoient-ils pour les défendre contre l’esprit d'incrédulité ? Par quelle méthode , sur quelle base les établissoient-ils? Renonçant à la raison philosophique qui ne les conduisoit jamais qu'au doute, il recouroient à une plus haute raison, à la raison première, d'où émanent les vérités nécessaires, et à la raison universelle, qui les conserve. Qu'on écoute Platon.

« Dieu, comme l'enseigne l'antique tradition, » ayant en lui-même le commencement , la fin » et le milieu de toutes choses", fait inviolable» ment ce qui est bien (1), suivant la nature. » Toujours il est accompagné de la justice, qui » punit les violateurs de la loi divine. Quiconque » veut s'assurer une vie heureuse se conforme à + cette justice (2), et lui obéit avec une humble » docilité (3). Mais celui qui s'élève avec or-.

(1) Benè omnia fecit. Marc. VII, 19.

(2) Beati immaculati in viâ : qui ambulant in lege Domini. Ps. CXVIII, 1. Qui custodit legem beatus est. Prov. XXIX, 18.

(3) o uby osos, TIEP xei o tahalos hányos, . c. . Deus, sicut antiquus quoque sermo testatur, principium , finem

» gueil, à cause de ses richesses, de ses hon» neurs, ou de sa beauté; celui dont la folle s jeunesse s'enflamme d'une insolente présomp, tion, comme s'il n'avoit besoin ni de souve» rain, ni de maître, et qu'il fût au contraire » capable de conduire les autres : Dieu l'aban. » donne entièrement; et ce misérable délaissé, », s'associant d'autres malheureux abandonnés » comme lui , s'applaudit en bouleversant tout; » et il ne manque pas de gens aux yeux de qui » il paroît être quelque chose ; mais, puni bien» tôt par l'irréprochable jugement de Dieu , il » renverse à la fois et lui-même, et sa maison, » et la cité tout entière. Or, puisqu'il est ainsi , » que doit faire et penser le sage? — Nul doute

» que le devoir de chaque homme ne soit de 1 » chercher par quel moyen il sera du nombre

» des serviteurs de Dieu. — Qu'est-ce donc qui » est agréable à Dieu , et conforme à sa volonté? » Une seule chose , selon la parole ancienne et in» variable , qui nous apprend qu'il n'y a d'ami» tié qu'entre les êtres semblables et qui s'é

et media rerum omnium continens, recta peragit secundum naturam circuiens. Hunc semper judicium comitatur, eos, qui à divinâ lege desciverint, puniens. Cui quidem judicio, quicumque felix futurus est, adhærens, humilis subsequitur atque compositus.

► loignent de tout excès. Or la souveraine » mesure de toutes choses doit être , pour » nous, Dieu , ainsi qu'on le dit, bien plus qu'au> cun homme, quel qu'il soit. Si donc vous ► voulez être ami de Dieu , efforcez-vous de lui » ressembler autant qu'il vous sera possible (1).

- Le service de Dieu est léger (2); celui des » hommes est dur et pesant. Dieu est la loi de » l'homme sage; la volupté est celle de l'intem» pérant (3). »

(1) Andon TOūTÓ ye , x. 7. . Nemini dubium quin co gitare quisque debeat, quâ ratione ex eorum numero sit qui Deum sequantur. — Quænam igitur actio à Deo amatur, Deumque sequitur ? Una certè, rationem (óyou) unam antiquam habens atque præcipuam, quod simile simili , quod moderatum sit, amicum est : immoderata verò neque invicem , neque moderatis sunt amica. Deus profectò nobis rerum omnium maximè sit mensura, multò magis quàin quivis, ut ferunt, homo. Qui igitur huic tali amicus fore studet, eum necesse est, ut quàm maximè pro viribus talis efficiatur. Plat. De Legib., lib. IV, Oper. tom. VIII, pag. 185, 136. Edit. Bipont.

(2) Jugum meum suave est, et onus meum leve. Matt? XI, 30.

(3) Merpia á Độ Toukeiz• aueroos đ% , i coũ; dua cot;. OEOS avbpússtors oésopool, vóuos aopool , ndový. Moderata quidem servitus est , quæ Deo exhibitur; immoderata verò , quæ hominibus , Deus quidem hominibus ternperatis lex est : intemperatis verò , voluptas. Plut.,

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