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Tout est en fureté: ce palais eft tranquille,
Et je réponds du peuple, et surtout d'Eryphile.

T H E A N D R E.
Pensez plus au péril dont vous êtes presse;
Il est rival et prince, et de plus offensé.
Il fonge à la vengeance : il la jure: il l'apprête:
J'entends gronder l'orage autour de votre téte:
Son rang lui donne ici des soutiens trop puissans,
Et ses heureux forfaits lui font des partisans.
Cette foule d'amis qu'à force d'injustices....

A L C M E O N.
Lui, des amis ! Théandre , il n'a que des complices,
Plus prêts à le trahir que prompts à le venger ;
Des ceurs nés pour le crime, et non pour le danger.
Je compte sur les miens: la guerre et la victoire
Nous ont long-temps unis par les næuds de la gloire,
Avant que tant d'honneurs sur ma tête amassés,
Traînafsent après moi des cours intéressés.
Ils sont tous éprouvés, vaillans, incorruptibles;
La vertu qui nous joint nous rend tous invincibles;
Leurs bras victorieux m'aideront à monter
A ce rang qu'avec eux j'appris à mériter.

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Mon courage a franchi cet intervalle immense
Que mit du trône à moi mon indigne naissance;
L'hymen va me payer le prix de ma valeur;
Je ne vois qu'Eryphile, un fceptre et mon bonheur.

THE A N D. R E.

Mais ne craignez - vous point ces prodiges funestes,
Qu'étalent à vos yeux les vengeances célestes ?
Ces tremblemens soudains, ces fpectres menaçans,
Ces morts dont le retour' est l'effroi des vivans? (p)
Du ciel qui nous poursuit la vengeance obstinée,
Semble se déclarer contre votre hyménée.

AL CM E O N.

Mon cæur fut toujours pur; il honora les dieux:
J'espère en leur justice, et je ne crains rien d'eux.
De quel indigne effroi ton ame est-elle atteinte ?
Ah! les cours vertueux font - ils nés pour la crainte?
Mon orgueilleux rival ne saurait me troubler;
Tout chargé de forfaits, c'est à lui de trembler.
C'est sur ses attentats que mon espoir se fonde;
C'est lui qu'un dieu menace; et si la foudre gronde,
La foudre me rassure ; et le ciel que tu crains,
Pour l'en mieux écraser, la mettra dans mes mains.

T H E ANDRE.

Le ciel n'a pas toujours puni les plus grands crimes ;
Il frappe quelquefois d'innocentes victimes.
Amphiaraüs fut juste, et vous ne savez pas
Par que'les mains ce ciel a permis son trépas.

A L C M E O N.

Hermogide!

THEANDRE.

T HE ANDRE.

Souffrez que, laissant la contrainte, Seigneur, un vieux soldat vous parle ici fans feinte.

A L C M E O N.

Tu fais combien mon cœur chérit la vérité.

T H E A N D R E. Je connais de ce cæur toute la pureté. Des héros de la Grèce imitateur fidelle, Vous jurez aux forfaits une guerre immortelle; Vous vous croyez, Seigneur, armé pour les venger, Gardez de les défendre et de les partager,

Α Ι C Μ Ε Ο Ν.

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Comment! que dites-vous ?

THE A N DR E.

Vous êtes jeuné encore: A peine aviez-vous vu votre première aurore, Quand ce roi malheureux descendit chez les morts. Peut-être ignorez-vous ce qu'on disait alors, Et de la cour du roi quel fut l'affreux langage.

A L C M E O N.

Hé bien !

THE A N DR E. Je vais vous faire un trop sensible outrage; Mais je vous trahirais à le dissimuler :: Je vous tiens lieu de père, et je dois vous parler.

A L C M E O N. Hé bien! que disait-on ? achève. THE A N DR E.

Que la reine Avait lié fon cæur d'une coupable chaine; Théâtre. Tom. I.

Ee

Qu'au barbare Hermogide elle promit sa main,
Et jusqu'à son époux conduisit l'assassin.

AL C M E O N.

Rends grâce à l'amitié qui pour toi m'intéresse;
Si tout autre que toi soupçonnait la princeffe ,
Si quelqu'audacieux avait pu l'offenser...'
Mais que dis-je ? toi-même, as-tu pu le penser?
Peux-tu me présenter ce poison que l'envie
Répand aveuglément sur la plus belle vie ?
J'ai peu connu la cour, mais la crédulité
Aiguise ici les traits de la malignité.
Vos oisifs courtisans que les chagrins dévorent,
S'efforcent d'obscurcir les astres qu'ils adorent.
Là, si vous en croyez leur coup d'ail pénétrant,
Tout ministre est un traître, et tout prince un tyran :
L'hymen n'est entouré que de feux adultères;
Le frère à ses rivaux est vendu par ses frères ;
Et sitôt qu'un grand roi penche vers son déclin,
Ou fon fils, ou fa femme ont hâté fon destin.
Je hais de ces foupçons la barbare imprudence ;
Je crois que sur la terre il est quelqu'innocence:
Et mon coeur, repoussant ces sentimens cruels,
Aime à juger par lui du reste des mortels.
Qui croit toujours le crime, en paraît trop capable.
A mes yeux comme aux tiens Hermogide est coupable;
Lui seul est parricide.

THE A N D RE.

Il est votre rival :

Vous écoutez fur lui vos foupçons légitimes;
Vous trouvez du plaisir à détester ses crimes.

Mais un objet trop cher...

A L C M E O N.

Ah! ne l'outragez plus; Et gardez le silence, ou vantez ses vertus.

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ERYPHILE, ALCMEON, THE ANDRE,

ZELONIDE, Suite de la Reine.

E R Y P H I L E.

Roi d'Argos, paraissez et portez la couronne;
Vos mains l'ont défendue, et mon coeur vous la donne.
Je ne balance plus: je mets sous votre loi
L’Empire d'Inachus, et vos rivaux, et moi.
J'ai fléchi de nos dieux les redoutables haines;
Leurs vertus font en vous, leur sang coule en més veines;
Et jamais sur la terre on n'a formé de noeuds
Plus chers aux immortels, et plus dignes des cieux.

A L C M E ON:
Ils lisent dans mon cæur: ils savent que l'Empire
Eft le moindre des biens où mon courage aspire.
Puissent tomber sur moi leurs plus funestes traits,
Si ce cour infidelle oubliait vos bienfaits.
Ce peuple qui m'entend, et qui m'appelle au temple,
Me verra commander, pour lui donner l'exemple;
Et, déjà par mes mains inftruit à vous servir,
N'apprendra de fon roi qu'à vous mieux obéir.

E R Y P H I L E.
Enfin la douce paix vient rassurer mon ame :
Dieux! vous favorisez une fi pure flamme!

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