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Challant devant lui l'autre bére, ¿ Qui voulant en faire à la téte Dans un trou se precipita, :

Revint sur l'eau, puis échapa : : Car au bout de quelques nagées | Tout son fel se fondit ti bien ,

Que le Baudet ne sentit rien

Sur ses épaules soulagées. Camarade Epongier prit exemple sur lui, Comme un Mouton qui va deslus la foi d'autrui. Voilà mon Ane à l'eau, jusqu'au col il se plonge,

Lui, lc conducteur , & l'éponge.
Tous trois beurent d'autant ; l'Anier & le Grison
Firent à l'éponge raison.
Celle-ci devint li pesante,

Et de tant d'eau s'emplit d'abord ,
Que l'Ane succombant ne pûr gagner le bord.

L'Anier l'embrassoit dans l'attente

D'une prompte & certaine mort: Quelqu'un vint au secours: qui ce fut, il n'importe; C'est assez qu'on ait veu par là qu'il ne faut point Agir chacun de même sorte. J'en voulois venir à ce point,

XXXIII. Le

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TL faut autant qu'on peut obliger tout le monde.
TOn a souvent besoin d'un plus petit quc foi,
De cette verité deux Fables feront foi;
Tant la chose en preuves abonde.

Entre les pattes d'un Lion,
Un Rat sortit de terre allez à l'étourdie. .
Le Roi des animaux en cette occasion
Montra te qu'il étoit, & lui donna la vie.

Ce bien-fait ne fut pas perdu.
Quelqu'un auroit-il' jamais crů,
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ?
Cependant il avint qu'au forrit des Forêts, ***
Cc Lion fut pris dans des rets.
Dont ses rugiffemens' ne le purent défaire. i
Sire Rat accourur, & fit' tant par les dents,
Qu'ane maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience & longueur dc temps.
Font plus que force ni que rage.

I Autre exemple est tiré d'animaux plus petits. hole long d'un clair ruisseau beuvoicune Colombe:

Quand

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Quand sur l'eau se panchant une Fourmis y tomb
Et dans cet Ocean l'on eut veu la Fourmis
S'efforcer, mais en vain, de regagner la rive.
La Colombe aussi-tôt usa de charité.
Un brin d'herbe dans l'eau par elle étant jetté,
Ce fut un promontoire où la Fourmis arrive.

Elle se fauve; & là-dessus
Passe un certain Croquant qui marchoit les piés nu:
Ce Croquant par hazard avoit une arbaléte.

Des qu'il voit l'oiseau de Venus
Il le croit en fon pot, & déja lui fait féte.
Tandis qu'à le cuer mon Villageois s'appréte,

La Fourmis le pique au talon.
Le Vilain retourne la téte.

tisos La Colombé l'entend, part, & tire de long. Le soupé du Croquant avec elle s'envole :

Point de Pigeon pour une obole. Ise so

XXXV. - . : :siu L'Astrologue qui se laisse tomber dans un puits. T IN Aftrologue un jour se laissa choir U Aufonds d'un puits. On lui dit, pauvre bête,

Tandis qu'à peine à tes piés tu peux voir,
Penses-tu lire au dessus dc ta téte? . ;; ;
Cette avanture en soi, sans aller plus avant,
Peut servir de leçon à la plûpart des hommes.
Parmi ce que de gens sur la terre nous sommes , .

Il en cft peü qui fort souvent ". .
Ne se plaisent d'entendre dire,

Qu'au

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Qu'au Liyre du Destin les mortels peuvent lire. :
Mais ce Livre qu'Homere & les liens ont chanté,
Qu'est-ce que le hazard parmi l'Antiquité,
Et parmi nous la Providence ? ? !
Or du hazard il n'est point de science. : ... .

S'il en étoit, on auroit tort,
De l'appeller hazard, ni fortune, ni fort,

Toutes choses tres-incertaines.

Quant aux volontez souveraines De celui qui fait tout, & rien qu'avec dessein, Qui les sçait que lui seul comment lire en son sein? Auroit-il imprimé sur le front des étoiles Ce que la nuit des temps enferme dans ses vorles: A quelle utilité? pour exercer l'esprit De ceux qui de la Sphere & du Globe ont écrit? Pour nous faire éviter des maux inevitables?: Nous rendre dans les biens de plaisir incapables;;. Et caufant du dégout pour ces biens prevenus Les convertir en maux devant qu'ils soient venus? C'eft erreur, ou plûtôt c'est crime de le croirç. : Le Firmament fe meut ; les Altres font leur cours

Lc Soleil nous luit tous les jours; Tous les jours sa clarté succede à l'ombre noire; Sans que nous en puissions autre chose inferer-> Que la necessité de luire & d'éclairer, D'amener les saisons, de meurir les semences, De verser sur les corps certaines influences. Du reste, en quoi répond au sort toûjours divers Ce train toûjours égal dont marche l'Univers?'.

Charlatans, faiseurs d'horoscope, ; Quittez les cours des Princes de l'Europe. Emmenez avec vous les soufleurs tout d'un temps. Vous ne meritez pas plus de foi que ces gens.

F 2

JC

Je m'emporte un peu trop; revenons à l'histoire
De ce Speculateur qui fut contraint de boite...
Outre la vanité de son art mensonger
C'est l'image de ccux qui baaillent aux chimeres's
Cependant qu'ils sont en danger, " :
Soit pour eux, soit pour leurs atfaires." ;
Condemnants DURITIA

- XXXVI. "Le Lievre & les Grenouilles. : TIN Lievre en fon gîte fongeoit, : .. U (Car que faire en un gîte à moins que l'on before

ge?) " Dans un profond ennui cc Lievre fe plongeoit : Cét animal est triste, & la crainte le ronge.

Les gens de naturel peureux .

Sont, disoit-il, bien mal-heureux.
Ils ne sçauroient manger morceau qui leur profite
Jamais un plaisir pur : toûjours affauts divers.
Voila comme je vis: cette crainte maudito :
M'empéche'de dormir sinon les yeux ouverts.
Corrigez-vous, dira quelque fage cervelle.

Et la pour fe corrige t-elle ? :
Je crois même qu'en bonne foi
Les hommes ont peur comme moi.
Ainsi raisonnoit nôtre Lievre, .
Et cependanc faisoit le guct.

Il étoit douteux, inquiet:
Unfouffic, une ombrc, un rien, tour lui donnoit ha fic-

vre.

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