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Non pour un Chat, mais pour un Diablc.
Or un jour qu'au haut & au loin

Le galant alla chercher femme;
Pendant tout le fabat qu'il fit avec sa Dame,
Le demeurant des Rats tint chapitre en un coin :

Sur la necessité presente. ...
Dés l'abord leur Doyen, personne prudente,
Opina qu'il faloit, & plôcôt que plus tard,
Attacher un grelot au cou de Rodilard;

Qu'ainsi quand il iroit en guerre
De la marche avertis ils s'enfuiroient sous t

Qu'il n'y favoit que ce moyen.
Chacun fui de l'avis de Monsieur le Doyen...!
Chose ne leur parut à tous plus salutaire.
La difficulté fut d'attacher le grelot. .
L'un dit: Je n'y vas point, je ne suis pas si fot:
L'autre, Je ne saurois. Si bien que fans rien faire

On se quitta. J'ay maints Chapitres vûs,

Qui pour neant se sont ainsi tenus; . Th
Chapitres , non de Rats, mais Chapitres de Moines,

Voire Chapitres de Chanoines,
Ne faut-il que deliberer?
La Cour en Conseillers foisonne ?
Eft-il besoin d'executer?
L'on.ne rencontre plus perfonne. :)

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XXV.
Le Loup plaidant coutre le Renard par
. .. devant le Singe. ..
UN Loup disoit que l'on l'avoit volé.

Un Renard son voisin, d'affez mauvaise vie,
Pour ce pretendu vol par lui fut appellé.

Devant le Singe il fut plaidé, -
Non point par Avocats, mais par chaque partie.

Themis n'avoit point travaillé, "
De memoire de Singe à fait plus embrouillé.
Le Magistrat suoit en son lit de justice. " ").
Aprés qu'on eut bien contesté, ido
Repliqué, crié, tempêté,

Le Juge instruit de ļeur malice,' ;
Leur dit, Je vous connois de long-temps, mes amis

Et tous deux vous payrez l'amende :" Cartoi Loup tu te plains quoi qu'on ne r'ait rien pris, Et toi Renard as pris ce que l'on te demande. Le Juge pretendoit qu'à tors & à travers, ..'' On ne sçauroit manquer condamnant un pervers.

Inelques personnes de bon sens ont crú que l'ime posibilité la contradiction qui est dans le jugement de ce Singe, étoit une chose à censurer; mais je ne m'en suis fervi qu'aprés Phedre, O c'est en cela quo confifte le bon mot, selon mon avis. E 4

XXVI. Les i XXVI. Les deuxTaureaux & une Grenoüille. D Eus Taureaus combattoient à qui possederoit

Une Genisse avec l'Empire.
Une Grenoüille en foậpiroit.
Qu'avez-vous ? fe mit à lui dire
Quelqu'un du peuple croallant:
Et ne voyez-vous pas, dit-elle, ..

Que la fin de cette querelle
Serà l’exil de l'un; que l'autre le chassant
Le fera renoncer aux campagnes fleuries? .
Il ne regnera plus sur l'herbe des prairies,
Viendra dans nos marais regner sur les roseaux,
Et nous foulant aux pieds jusques au fond des eaux,
'Tantôt l'une, & puis l'autre; il faudra qu'on pâtisse
Du combat qu'a causé Madame la Genisse.

Cette crainte étoit de bon sens.
L'un des Taureaux en leur demeure : ....
S'alla cacher à leurs dépens, .ro,
Il en écrasoit vingt par heure.
Helas! on voit que de tout temps:ii,
cs petits ont pâti des sottises des Grands.

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consorer .com

XXVII. . . La Chauvefouris & les deux Belettes. U Ne Chauvesouris donna téce baissée,

Dans un nid de Belette ; & fi.coc qu'elle y fut, L'autre envers les Souris de long-temps courroucée

Pour la devorer accourut. Quoi?vous osez , dit-elle , à mes yeux vous produire, Aprés que vôire race a tâché de me nuire ? N’étes vous par Souris ? Parlez sans fiction. Qüy vous l'étes, ou bien je ne suis pas Belette.

Pardonnez-moi, dit la pauvrette.

Ce n'est pas ma profeffion. '...
Moi Souris! des méchans vous ontdit ces nouvelles.
Grace à l'Auteur de l'Univers ...
Je suis Oyseau; voyez mes aîles: ". . .
Vive la gent qui fend les airs.
Sa raison plût; & sembla bonnc. : :
Elle fait fi bien qu'on lui donnc.
Liberté de se retirer.. ini."
Deux jours aprés nôtre étourdic

Aveuglement se va fourrer".
Chez une autre Belette aux Oyseaux concmie.
La voila derechef en danger de sa vie.
La Dame du logis avec son long museau,
S'en alloit la croquer en qualité d'oyseau,
Quand elle protesta qu'on lui faisoit outrage.
Moi pour telle passer? vous n'y regardez pas.
Qui fait l'Oiseau? c'est le plumage.
ES

Je

Je suis Souris; vivent les Rats.
Jupiter, confonde les Chats. ... in
Par cette adroite repartie

Elle sauva deux fois sa vie.
Plusieurs se sont trouver qui d'écharpe changeaus
Aux dangers ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue.

Le Sage dit, selon les gens,
Vive le Roi, vive la Ligue. : .

a.. .! XXVIII. : :

L'Oiseau blesé d'une fléche..

V Ortellement atteint d'une fléche empenpéc,

U n Oiseau déploroit fa triste destinée. Et disoit en souffrant un surcroit de douleur, i Faut-il contribuer à son propre mal-heur?

Cruels humains, vous tirez de nos aîles ; Dequoi faire voler ces machines mortelles; Mais ne vous mocquez point, engeance sans pitié: Souvent il vous arrive un fort comme le nôtre. Des enfans de Japet toûjours unc moitié wine

Fournira des armes à l'autre. .

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