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J'ai fait son horoscope: il croitra par la guerre, .. Ce sera le meilleur Lion

Pour les amis qui foit sur terre,

Tâchez donc d'en être, sinon Tâchez de l'affoiblir. La harangue fut vaine. Le Sultan dormoit lors; & dedans son domaine Chacun dormoit aussi, bétes, gens; tant qu'enfin Le Lionceau devient vrai Lion. Le tocsin Sonne aussi-tôt sur lui; l'alarme se promeine

De toutes parts; & le Visir Consulté là-dessus dit avec un foûpir: Pourquoi l'irritez-vous ? la chose est sans remede: En vain nous appellons mille gens à nôtre aide. Plus ils font, plus il coûte ; & jc ne les tiens bons

Qu'à manger leur part des moutons.
Appaiser le Lion: seul il passe en puissance
Ce monde d'alliez vivans sur notre bien : ..
Le Lion en a trois qui nc lui coûtent rien,
Son courage, la force, avec la vigilance. !
Jettez-lui promptement sous la griffe un mouton;
S'il n'en est pas content jettez en davantagc.
Joignez-y quclquc bæuf: choisissez pour ce don

Tout le plus gras du paturage.
Sauvez le reste ainli. Ce conseil ne plut pas,

Il en prinť mal, & force Etats
Voifins du Sultan en påtirent;

Nul n'y gagna; tous y perdirent. :: Quoi quc fit ce monde ennemi,

Celui qu'ils craignojent fut le maître. Proposez-vous d'avoir le Lion pour ami,

Si vous voulez le laisser ccaitre. v sv..

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CCVI. Рот

*

GEDEEDED CADET TIDAD

CCVI.

Pour Monseigneur le Duc du Maine.

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T Upiter eut un fils qui se sentant du licu . Donc il tiroit son origine

u Avoit l'ame toute divine.
L'enfance n'aime rien: celle du jeune Dieu

Faisoit fa principale affaire
Des doux soins d'aimer & de plaire.

En lui l'amour & la raison
Devancerent le temps, dont les aîles legercs
N'amenent que trop-tôt, helas! chaque saison.
Flore aux regårds riants, aux charmantes manieres
Toucha d'abord lc cæor du jeune Olimpien..
Ce que la passion peut infpirer d'adresse,
Sentimens délicats & remplis de tendresse,
Pleurs, "follpirs, tout en fui:: bref it n'oublia rien. 1
Lc fils de Jupiter devoit par sa naissance ...
Avoir un autre esprit & d'autres dons des Cieux,

Que les enfans des autres Dieux.
Il sembloit qu'il n'agît que par réminiscence,
Et qu'il eut autrefois fait le métier d'amant,

Tant il lc fit parfaitement.
Jupiter cependant voulut le faire instruire.
Il assembla les Dieux, & dit; J'ai fçu conduire
Seul & sans compagnon jusqu'ici l'Univers:
. Mais il est des emplois divers
Qu'aux nouveaux Dicux je distribuë.

Sur cét enfant cheri j'ay donc jetté la veuë.
C'elt mon fang: tout est plein deja de ses Autels.
Afin de mériter le rang des Immortels,
Il faut qu'il sçache tout. Le maître du Tonnerre
Eur à peine achevé que chacun applaudit.
Pour Içavoir tout, l'enfant n'avoit que trop d'esprit.

Je veux, dit le Dieu de la guerre,
Lui montrer moi-même cet art

Par qui maints Heros ont eu part
Aux honneurs de l'Olimpe, & grossi cét empire.

Je serai son maître de lyrc,

Dit lc blond & do&te Apollon.
Et moi, reprit Hercule à la peau de Lion,

Son maitre à surmonter les vices,
A domter les transports, monstres empoifonncurs,
Comme Hydres renaissans sans cesse dans les cours.

Ennemi des molles délices, Il apprendra de moi les sentiers peu battus Qui meinent aux honneurs sur les pas des vertus.

Quand ce vint au Dieu de Cythere, .

Il dit qu'il lui montreroit tout. . L'amour avoit raison: de quoi ne vient à bout

L'esprit joint au dcfir de plaire?

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S CCVII. 31
Le Fermier, le Chien, & le Renard.
I E Loup & le Renard font d'étranges voisins :
LJe ne bâtirai point autour de leur deincure.

Ce dernier guettoit à toute heure.it
Les poules d'un Fermier; & quoi que des plus fins,
Il n'avoit pû donner d'atteinte à la volaille.
D'une part l'appetit, de l'autre le danger,
N'étoient pas au compere un embarras leges."

Hé quoi, dit-il, cette canaille, "
Se moque impunément de moi ? '.

Je vais, je viens, je me travaille,
J'imagine cent tours; lc rustre en paix chez soi
Vous fait argent de tout, convertit en monnoye,
Ses chapons, sa poulaille; il en a même au croc:
Et inoi maître passé, quandj'atrape un vicux coq, .

Je suis au comble de la joye! -
Pourquoi Sire Jupin in'a-t'il donc appellé -
Au métier de Renard ?ije jure les puissancés
De l'Olimpe & du Stix, il en fera parlé.us

· Roulant en son coeur ces vengeances,
Il choisit une nuit liberale en pavots:
Chacun éroit plongé dans un profond repos ;
Le Maître du logis, les valets, le chien mếine,
Poules, poulets, chapons, tout dormoit, le Fermier

Laillant ouvert fon poulailler ?
Commit une sottile extrême.

Le voleur tourne tant qu'il entre au lieu guetté;
Le dépeuple, remplit de meurtres la cité : *

Les marques de la cruauté,
Parurent avec l’Aube; on. vid un étalage

De corps sanglans, & de carnage.

Peu s'en falut que le Soleil : Ne rebrouflåt d'horreur vers le manoir liquide.

Tel, & d'un spectacle pareil, Apollon irrité contre le ficr Atride B O I Joncha fon camp de morts: on vid presque détruit

L'ost des Grecs, & ce fut l'ouvrage d'une guit. ;. Tel encore autour de la tente ?" is .

Ajax à l'ame impatiente se 31;

De moutons, & de boucs fit un vaste debris, Croiant tụër en eux fon concurrent Ulisse,

Et les autheurs de l'injustice ,;.

Par qui l'autre emporta, le prix. in:
Le Renard autre Ajax aux volailles funeste,
Emporte ce qu'il peut, laisse étendu le reste.
Le Maître ne trouva de recours qu'à crier
Contre ses gens, son chien; c'est l'ordinaire usage,
Ah; inaudit animal qui n'es bon qu'à noier,
Que n'avertissois-tu dés l'abord du carnage?
Que ne l'évitiez-vous? c'cyt été plüyot fait..
Si vous Maître & Fermier à qui touche, le fait, i
Dormez fans avoir foin que la porte foir close,
Voulez-vous que moi chien qui n'ai rien à la chose,
Sans aucun interêc je perde le repos Eroiin,

Ce chien parloit trcs à propos; 36
Son raisonnement pouvoit étre ::.
Fort bon dans la bouche d'un Maitre;
Mais n'étant que d'un simple chien,
On trouva qu'il ne valoir rieng yiriurie

On

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