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Parcourant sans cesser ce long cercle de peines Qui revenant sur soi ramenoit dans nos plaines Ce que Céres nous donne, & vend aux animaux.

Que cette suite de travaux Pour récompense avoit de tous tant que nous sommes, Force coups, peu de gré; puis quand il étoit vieux, On croyoit l'honorer chaque fois que les hommes Achetoient de son sang l'indulgence des Dieux. Ainsi parla le Bæuf. L'homme dit : Faisans taire

Cet ennuyeux déclamateur. Il cherche de grands mots, & vient ici se faire,..

Au lieu d'arbitrç, accusateur. ? Je le recufe aussi. L'arbre étant pris pour jugę, Ce fur bien pis encor. Il servoit de refuge Contre le chaud, la pluye, & la fureur des vents: Pour nous seuls il ornoit les jardins & les champs. L'ombrage n'étoit pas le seul bien qu'il sçut faire: Il courboit sous les fruits; cependant pour salaire Un sustre l'abatoit, c'étoit là fon loyer ;'' Quoi que pendant iout l'an liberal il nous donne Ou des fleurs au Printemps; ou du fruit en Automne, L'ombre, l'Ece, l'Hyver, les plaisirs du foyer, Que ne l'emondoit-on fans prendre la cognée? De son temperament il eût encor vécu. L'homme trouvant mauvais quel'on l'eut convaincu, Voulut à toute force avoir cause gagnée. Je suis bien bon, dit-il, d'écouter ces gens-là. Du fac & du serpent aussi-tôt il donna .

Contre les murs, tant qu'il tua la béte..

On en usc ainsi chez les Grands, La raison les offense; ils se mettent en téte Quc tout est né pour eux, quadrupçdes, & gens,

Ec serpens, sinine

si Si quelqu'un defferre les dents, si JORITOSTI C'est un sot.J'en conviens.Mais que faut-il donc faire? Parler de loin; ou bien se taire.919) 3

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. ; CXCI. ::: La Tortuë 66 les deux Canards. TINE Tortuë étoit à la tête legere,

Qui lalle de son trou voulut voir le pays. Volontiers on fait cas d'une terre étrangere; Volontiers gens boiteux haïssent le logis.

Deux Canards à qui la Commere

Communiqua ce beau detsein,
Lui dirent qu'ils avoient dequoi la fatisfaire:

Voyez-vous ce large chemin?
Nous vous voiturerons par l'air en Amerique.

Vous verrez mainte Republique,
Maint Roiaume, maint peuple; & vous profitercz
Des differentes mæurs que vous remarquerez.
Ulysse en fit autant. On ne s'attendoit guere

De vojr Ulysse en cette affaire.
La Tortue écouta la proposition.
Marché fait, les oiseaux forgent une machine

Pour transporter la pelerinc. .
Dans la gueule en travers on lui pássc un båton.
Serrez-bien, dirent-ils; gardez de lâcher prise:
Puis chaque Canard prend ce bâton par un bout,
La Tortuë enlevée on s'étonne par tout

De voir aller en ceite guise
L'animal lent & sa maison,

Jul

Justement au milieu de l'un & l'autre Oifon.
Miracle, crioit-on; Venez voir dans les nuës

Paffer la Reine des Tortuës.
La Reine: Vraiment oüi; Je la fuis en effet; 1
Ne vous en moqucz point.Elle eût beaucoup mieux

fait ,
De passer son chemin sans dire aucune chose; ?
Car låchant le baton en desserrant les dents,
Elle tombe, elle creve aux pieds des regardans. :
Son indiscretion de la perte fut cause.
Imprudence, babil & fotte vanité

Et vaine curiosité
Ont ensemble étroit parentage;
Ce sont enfans tous d'un lignage.
36%..

T END.CHT.GENS

. CXCII. Les Poissons & le Cormoran. I L n'étoit point d'étang dans tout le voisinage 1 Qu'un Cormoran n'eût mis à contribution. Viviers & reservoirs lui payoient pension : Sa cuisine alloit bien; mais lors que le long âge

Eur glacé le pauvre animal,

La mêmc cuiline alla mal. Tout Cormoran se sert de pourvoieur lui-même. Lenôtre un peu trop vieux pour voir au fond des caux,

N'ayant ni filets ni rezeaux, .

Souftroit une disette extreme.. .. Que fit-il? le besoin, docteur en fratagême, Lui fournit celui-ci. Sur le bord d'un Etang ** Cormoran vid une Ecreville: *

Ma

Ma commere, dit-il, allez tvut à l'instant,

Porter un avis important ::

A ce peuple: Il faut qu'il periffe: un Le maître de ce lieu dans huit jours péchcra; . L'Ecreviflc en håte s'en va

Conter le cas: grande est l'émute. On court, on s'assemble, on députc ;

A l'oiseau. Seigneur Cormoran, D'où vous vient cet avis? quel est vôtre garand?

Etes-vous seur de cette affaire ? N'y savez-vous remede? & qu'est-il bon de faire? Changer de lieu, dit-il. Comment le ferons-nous? N'en soyez point en soin; je vous porterai tous.

L'un aprés l'autre en ma retraite.
Nul que Dieu seul & moi n'en connoît les chemins,

Il n'est demeure plus secrete.
Un vivier que nature y creusa de les mains,

Inconnu des traitres humains,
Sauvera vôtre republique..
On le crut. Le peuple aquatique
L'un aprés l'autre fut porté
Sous ce rocher peu frcqucnté.
Là Cormoran Ic bun apôtre
Les ayant mis en un endroit

Transparent, peu creux, fort étroit,
Vous les prenoit sans peine, un jour l'un, un jour

l'autre. Il leur aprit à leurs dépens, Que l'on ne doit jamais avoir de confiance

En ceux qui sont mangeurs de geos. Ils y perdirent peu ; puis que l'humaine engeance En auroit aussi bien croqué la bonne part; Qu'importe qui vous mange? Homme ou Loup;toute panse

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• Me-paroit une à cet égard;'. :; :: Un jour plutot, un jour plus tard, '. Ce n'est pas grande difference. 1 bus :

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. CXCIII.'

U NU il necompagne embar politaire jailoni.

L'Enfouiseur & fon Compere. .. UN Pinsemaille avoit tant amassé, !

Qu'il ne sçavoit où loger la finance. i-ci il L'avarice compagne & fæur de l'ignorance,

Le rendoit fort embarassé ;

Dans le choix d'un dépositaire;
Car il en vouloit uä:Et voici fa raison.
L'objet tente; il faudra que ce monceau altere,

Si je.Je laifle à la maison: Tot
Moi-même de mon bien je serai lè farion.
Le larron, quoi jouir, c'est se voler soi même!
Mon ami, j'ay pitié de ton erreur extreme;

Appren de moi cette leçon; .
Le bien n'est bien qu'entant que l'on s'en peut défairą,
Sans cela, c'est un mal. Veux-tu lc referver
Pour un âge & des temps qui n'en ont plus que faire ?
La peine d'acquerir, le soin de conserveris
Orent le prix à l'or qu'on croit fi necedaire.

Pour se décharger d'un tel loin . .
Nôtre homme cut pû trouver des genssurs au besoin,
Il aima mieux la terre, & prenant son Comperc,
Celui-ci Paide; Ils vont enfouir le trefor. -
Au bout de quelque temps l'homme va voir son or.

Il ne retrouva que le gire.
Soupçonnant à bon droit le Compere, il va vite

Lui

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