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Et pouffant trop abondamment,

]1 ôtc à fon fruit l'aliment. L'arbre n'en fait pas moins; tant le luxe fçait plaire. Pour corriger le blé Dieu permit aui moutons De retrancher l'excès des prodigues moiffons.

Tout au travers Us fe jetterent,

Gâtèrent tout, & tout broutèrent;

Tant que le Ciel permit aux Loups
D'en croquer quelques-uns; ils les croquèrent tous.
S'ils ne le firent pas, du moins ils y tâchèrent:

Puis le Ciel permit aux humains
De punir ces derniers: les humains abufcreDt

A leur tour des ordres divins.
De tous les animaux l'homme a le plus de pente

A fe porter dedans l'excès:

Il faudroit faire le procès Aux petits comme aux grands: Il n'eft ame vivante Qui ne peche en ceci. Rien de trop, eft un point Dont on parle fans ceile, & qu'on n'obfcrvc point.

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С'eft du fejour des Dieux que les Abeilles viennent Les premieres, dit-on, s'en allèrent loger i Au mont a Hymettc, & fe gorger Des trefors qu'en ce lieu les Zephirs entretiennent Quand on eut des palais de ces filles du Ciel Enlevé l'ambroifie en leurs chambres enclofe: Ou, pour dire en François la choie,

Le Cierge.

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Aprés que les rtiches fans miel N'eurent plus que la Cire, on fit mainte bougie:

Maint Cierge aussi fut façonne.
Un d'eux voyant la terre cn brique au feu durcie,
Vaincre l'efFort des ansj il eut la mime envie;
Et nouvel Empedocle b aux Aimes condamné

Par fa propre & pure folie,
Il se lança dedans. Ce fut mal raisonné;
Ce Cierge ne savoit grain de Philosophie.
Tout en tout est divers: ôtei-vous de f esprit
Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre.
L'Empedocle de cire au brasier se fondit:
II n'étoit pas plus fou que l'autre.

a Hymette étoit me montagne célébrée par les Poètes, située dansl'Attique, & les Grecs recueillaient d'extellent miel.

b Empedocle étoit un Philosophe ancien, qui ne pouvant comprendre les merveilles du Mont Etna, fejetta dedans par une vanité ridicule, & trouvant l'aílion belle, depeur d'en perdre le fruit, & que la. psterité ne l'ignorât, laijftises pantou es au pied Mont,

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CLXXXI.
Jupiter & k Taffager.

OCombien lc péril enrichiroit les Dieux,
Si nous nous souvenions des vœux qu'il nous
fait faire:

Mais lc péril passé l'on ne se souvient guere

De ce qu'on a promis aux Cieux;
On conte seulement cc qu'on doit à la terre.
Jupiter, dit l'impic, est un bon créancier:
11 ne se sert jamais d'Huissier.

Eh! qu'est-ce donc que le tonnerre?
Comment appellex-vous ces avertissemens?

Un Passager pendant l'oragc Avoit voué cent Bœufs au vainqueur des Titans, II n'en avoit pas un: vouer cent Elephans

N'auroit pas coûié davantage. Il brûla quelques os quand il fut au rivage. Au nez de Jupiter la fumée en monta. Sire Jupin, dit-il, pren mon vœu; le voilà: C'est un parfum de Bœuf que ta grandeur respire. La fumée est ta part; je ne te dois plus rien,

Jupiter fit semblant de rire: Mais aprés quelques jours le Dieu l'atrapa bien»

Envoyant un songe lui dire, Qu'un tel trésor étoit en tel lieu: L'hommc au vœu

Courut au trésor comme au feu. U trouva des voleurs, & n'ayant dans fa bourse

Qu'un écu pour toute rellource,

11 leur promit cent talcns d'or,

Bien comei & d'un tel trésor. i On l'avoit enterré dedans telle Bourgade. L'endroit parut suspect aux voleurs; de façon

?u'à nôtre prometteur l'un dit: Mon camarade u te moques de nous, meurs, & va-chez Pluton Porter tes cent talens en don.

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LE Chat & le Renard comme beaux petits saints,,
S'en alloient en pèlerinage.
C'étoient deux vrais Tartufs, deux archipatcjins,
Deux francs Patc-pelus qui, des frais du voyage,
Çroquant mainte volaille,efcroquant maint fromage,

S'indemnisoient à qui mieux mieux.
Le chemin étant long, & partant ennuyeux,
Pour raccourcir ils disputèrent.
La dispute est d'un grand secours;
Sans elle on dormiroit toujours.
Nos Pèlerins s'égolìllerent.
Ayant bien disputé l'on parla du prochain.
Le Renard au Chat dit enfin:
Tu prétends être fort habile!
En sais-tu tant que moy; J'ay cent ruses au sac.
Non, dit l'autre ; je n'ay qu'un tourdans mon bislac,

Mais je soutiens qu'il en vaut mille.
Eux de recommencer la dispute à l'envi.
Sur le que si, que non, tous deux étant ainsi,

T 4 Une

Une meute appaisa la noise. Le Chat dit au Renard: Fouille en ton sac ami:

Cherche en ta cervelle matoise Un stratagème sûr i Pour moy, voici le mien. A ces mots fur un arbre il grimpa bel & bien.

L'autre fit cent tours inutiles, Entra dans cent Terriers, mit cent fois en defaut

Tous les confrères de Brifaut.

Par tout il tenta des aiiles;

Et ce fut par tout fans succès; La fumée y pourveut ainsi que les bassets. Au sortir d un Terrier deux chiens aux pieds agiles

L'étranglcrcnt du premier bond. Le trop d'expediens peut gâter une affaire j Qn perd du temps au choix, on tente, on veut tout faire.

N'en ayons qu'Un, mais qu'il soit bon,

CLXXXIII. Le Mary, la Femme, Ç$ k Voleur.

\J N Mary fort amoureux,

Fort amoureux de sa femme,
Bien qu'il fût jouissant se croioit malheureux.

Jamais œillade de la Dame,

Propos flateur & gracieux,

Mot d'amitié, ni doux soûrire,

Deïrîant le pauvre Sire, N'avoient fait soupçonner qu'il fut vrayment chéri,

Jç lç crois, ç'e'toit un mary.

îl

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