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I Aridon & Cefar, freres dont l'origine
L Venoir de chiens fameux, beaux, bienfaits &

i dis hardis, Live
A deux maîtres divers échûs au temps jadis
Hantoient, l'un les forests, & l'autre la cuisine.
Ils avoient eu d'abord chacun un autre nom;

Mais la diverse nourriture. ..
Fortifiant en l’un cette heureuse nature.
En l'autre l'alterant, un certain marmiton

Nomma celui-ci Laridon; . Son frere ayant couru mainte haute avanture, Mis maint Cerf aux abois, maint Sanglier abatu, Fut le premier Cesar que la gent chienne ait eu. On cut soin d'empćcher qu'une indigne maîtresse Ne filt en ses enfans dégenerer son lang: Laridon négligé témoignoit fa tendrelle

A l'objet le premier passant. .

Il peupla tour de son engeance : Tourne-broches par luy rendus communs en France Y font un corps à part, gens fuyans les hazards,

Peuple antipode des Cesars. On ne suit pas toûjours ses ayeux ni fon pere: Le peu de foin, le temps, tout fait qu'on dégenere: Faute de cultiver la nature & ses dons, O combien de. Cesars deviendront Laridons!

CLXVI. Les S.V.

எல்லைகைைண F .: "CLXVI. , ;

Les deux Chiens & lAne mort

Es vertus dexroient étre seurs,

il L Ainsi que les vices sont freres: i.. . ) Dés que l'un de ceux-ci s'empare de nos cæurs, Tous viennent à la file, il ne s'en manque gueres; J'entends de ceux qui n'étant pas contraires ;)

! Peuvent loger fous méme toit. , wie A l'égard des; vertus, rarement on les voit Toutes en un sujet eminemment placées Şe tenir par la main sans étre: dispersécs. . L'un est vaillant, mais prompt; l'autre eft prudent, :

mais froid. ,, Parmi les animaux le Chien se pique d'étre ,

Soigneux & fidele à fon maîtres..

Mais il est soi, il est gourmand, Fémoin-ces deux måtins qui dans l'éloignement Virćnt un Ape mort qui flotoit sur les ondes. *** Le vent de plus en plus l'éloignoit de nos Chicns. Amy , dit l'un, tes yeux font meilleurs que les micns. Porte un peu tes regards sur ces plaines profondes. J'y crois voir quelquechose: Eft-ce un Bæuf, un Che

val? " Hé qu'importe quel animal? Dit l'un de ces måtins; voilà toujours curée. ,, Le point est de l'avoir ; car le trajet est grand; Et de plus il nous faut nager contre le vent. : Beuvons toute cette cay; notre gorge alterés

En

En viendra bien à bout: cc corps demeurera
Ww Bien-tôt à lec, & ce sera..".. .

Provision pour la semaine.
Voilà mes Chiens à boire ; ils perdirent l'haleine,

Et puis la vie ; ils firent tant

Qu'on les vit crever à l'instant. L'homme est ainsi bâti: Quand un sujet l'enflame L'impossibilité disparoit à son ame. , Combien fait-il de voeux, combien perd-il de pas?

S'outrant pour acquérir des biens ou de la gloire? 22.Si j'arrondissois-mes Etats! : Si je pouvois remplir mes coffres de ducats! Si j'apprenois l'hebreu, les sciences, l'histoire!

Tout cela c'est la mer à boire;

Mais rien à l'homme ne suffit: Pour fournir aux projets que forme un seul esprit, - Il faudroit quatre corps ? encor loin d'y suffire.

A my-chemin je crois que tous demeureroient : Quatre Methusalems bout à bout ne pourroient

Mettre à fin ce qu'un seul desire.

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CLXVII......"
Democrite & les Abderit ains.

o Ue j'ay toujours hay les pensers du vulgaire !

Qu'il me semble profane, injude, & temeraire, Mettant de faux milieux entre la chose & luy, ! Er mesurant par soy'i ce qu'il voit en autruy! Le maître d'Epicure èn fit l'apprentissage.

Son

Son pays le crut fou: Petits esprits! mais quoy?:

Aucun n'est prophete chez soy...
Ces gens étoient les fous, Democrite le fagc.
L'erreur alla fi loin, qu'Abdere deputa

Vers Hipocrate, & l'invita, ;.

Par lettres & par ambassade, s
A venir rétablir la raison du malade.
Notre concitoyen, disoient-ils en pleurant,
Perd l'esprit : la lecture a gâté Democrite.
Nous l'estimerions plus s'il étoit ignorant.
Aucun nombre, dit-il, les Mondes ne limite:

Peut-étre même il font remplis

De Democrites infinis. Non content de ce songe il y joint les atômes, Enfans d'un cerveau creux, invisibles fantômes , Et mesurant les Cieux sans bouger d'ici bas Il connoît l'Univers & né se connoit pas. Un temps fut qu'il sçavoit accorder les debats;

· Maintenanc il parle à lui-même.'-
Vencz divin mortel, sa folie eft extrême.
Hipocrate n'eut pas trop de foy pour ces gens:
Cependant il partit: Et voyez, je vous pric, i
Si Quelles rencontres dans la vie !
Le fort cause; Hipocrate arriva dans le temps i
Que celuy qu'on disoit n'avoir raison ni seos'.
Cherchoit dans l'homme & dans la bête ...
Quct ficge a la raison soit le cæur, soit la téte. i
Sous un ombrage épais, affis prés d'un ruisseau,
:"". Les labirintes d'un cerveau .

L'occupoient. Il avoit à ses pieds maint volume;
Et ne vit presque pas son amy s'avancer,

m Attaché selon fa coûtume. · Leur compliment fut court, ainsi qu'on peut penser.

Le sage est ménager du temps & des paroles. i
Ayant donc mis à part les entretiens frivoles,
Et beaucoup raisonné sur l'homme & sur l'esprit,

Ils tomberent sur la morale.it
Il n'est pas besoin que j'étale
Tout ce que l'un & l'autre dit, ;.

Le recit precedent suffit si
Pour montrer que le peuple est juge recusable...

En quel lens est donc veritable : Ce que j'ay leu dans certain lieu, · Que sa voix est la voix de Dieu? thenarts.

com .: CLXVIII. : i

Le Loup & le Chasseur. , TUreur d'accumuler, monstre de qui les yeux r Regardent comme un poinct tous les bienfaits des

Dieux, Te combattray-je en vain sans ceffe enicet ouvrage? Quel temps demandes-tu pour suivre mes leçons? L'homme sourd à ma voix, comme à celle du sage, Ne dira.t-il jamais, C'est assez, joüiffons ? Håte-toy, mon amy; Tu n'as pas taót à vivre. » Je te rebats ce mot; car il vaut tout un livre. Joüis: Je le feray. Mais quand donc? dés demain. Eh! mon amy, la mort te peut prendre en chemin. Joüis des aujourd'huy: redoute un fort semblablc A ccluy du Chasseur & du Loup de ma fable, Le premier de son arc avoir mis bas un Daim. .Un Fan de Biche palle, & le voilà soudain

Com.

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