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Belle necessité d'interrompre mon somme!

Le Sort dc fa plainte couché Lui donne un autre Maître; & l'animal de somme Palle du Jardinier aux mains d'un Corroyeur. La pesanteur des peaux, & leur mauvaise odeur, Eurent bien-tot choqué l'impertinente béte. L’ay regret, disoit-il, à mon premier Seigneur. Encor quand il tournoit la téte,

J'attrapois, s'il m'en souvient bien ; '

Quelque morceau de chou qui ne me coûtoit rien. Mais ici, point d'aubeine; ou si j'en ay quelqu'une, C'est de coups. Il obtint changement de fortune,

Et sur l'état d'un Charbonnier' : :

Il fut couché tout le dernier.. Autre plainte. Quoy donc, dit le Sort en colere,

Ce Baudet ci m'occupe autant 35;,'.:.

Que cent Monarques pourroient faire. . Croit-il étre le seul qui ne soit pas content ? .

N'ay-je en l'esprit que son affaire? ......

Le Sort avoit raison; tous gens font ainsi faits : Nôtre condition jamais ne nous contente: ..

La pire est toujours la presente. ... in
Nous fatiguons le Ciel à force de placets. "
Qu'à chacun Jupiter accorde fa requéte,
Nous lui romprons cncor la téte. 29

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CONDOTETT

r ansa CXV. Le Soleil & les Grenouilles. . AUX nôces d'un Tiran tout le Peuple çn' lielle A Noioit son souci dans les pots. Esope seul trouvoit que les gens étoient lots i De témoigner tant d'allégresse.. Le Soleil, disoit-il, eut deflein autrefois.

De songer à l'Himcnée. . ; * in
Aufsi-tôt on oüit d'une commune voix

Se plaindre de leur destinée.
Les Citoyennes des étangs. .;

Que ferons-nous s'il lui vient des enfans? ...,
Dirent elles au Sort ; un seul Soleil à peine ,-
: * Se peut fouffrir. Unc demi douzaine
Mettra la Mer à sec & tous ses habitans. .
Adieu jonc & marais ; Notre face cst detruite.

Bien-tôt on la verra reduite ..."

A l'eau du Styś. Pour un pauvre animal, Grenoüilles à mon sens ne raisonnoient pas mal.

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CXV!.. .
Le Villageois & le Serpent,

© Sopc contc qu'un Manant L Charitable autant que peu sage, T. Un jour d'Hyver fe promenant A l'entour de son heritage, ... Apperçut un Serpent sur la neige étendu, gove *** Transi, gelé, perclus; immobile rëndu,

N'ayant pas à vivre un quart d'heure:
Le Villageois le prend, l'emporte en la demeure,
Et sans considerer quel sera le loyer :**

D'une action de ce merite, i
Il l'étend le long du foyer, , ;

Le réchauffe, le ressuscite.. . in
L'animal engourdi sent à peine ļe chaud, ':.
· Que l'ame lui revient avecquc la colere.
Il leve un peu la téte, & puis lifle aufli-tôt, !
Puis fait un long repli, puis tâche à faire un faut
Contre son bienfaiteur, Ton fauveur, & fon perc.
Ingrat, dit le Manant, voila donc'mon salaire?
Tu mourrás. A ces mots, plein d'un jufte coutroux
Il vous prend fa cognée, il vous tranche la bete,

Il fait trois Serpens de deux coups, 1 Un tronçon, la queuë, & la téce. L'insecte sautillant cherché à se reunir; d) Mais il ne par y parvenir, I S O

M oja.. Il v inden weisen :aude: , viol

- Il est bon d'étre charitable :
* Mais envers qui? C'elt là le poinct.

Quant aux ingrats, il n'en est point
Qui ne meure enfin miserable.

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காலைலைலை

CXVII.

Le Lion malade & le Renard..

E par le Roi des animaux
U Qui dans son antre étoit malade,

Fut fait savoir à ses vassaux .
Que chaque espece en Ambassade in

Envoyāt gens le visiter :
Sous promesse de bien traiter
Les Deputez, eux & leur suite;
Foi de Lion tres bien écrite.
Bon passe-port contre la dent,
Contre la griffe tout autant., ...,
L'Edit du Prince s'executc. to
De chaque cfpece on luy député,

Les Renards gardent la maison,, .
Un d'eux en dit cette raison."

. .
Les pas empraints sur la pouffierë"
Part ceux qui s'en vont faire au malade leur cour
Tous sans cxception.segardent sa taniere; .

Pas un ne margue de retour, ring
Cela nous 'met, eo méhance. llincinda's

Le Tono: 1

,' Que fa Majestc nous dispepsc. I Grand-merci de son paffe-port

Je le crois bon : mais dans cet antre.

je vois fort bien comme l'on entre,
Et ne vois pas comme on en fort.
por correfceren.com

SXVIII, I
L'Oiseleur, lAutour, & PAloüette,
I Es injustices des pervers. ., ei ,
L Servent souvent d'excuse aux nôtres. O

Telle est la loi de l'Universigos . .) Si tu veux qu'on t'épargne, épargne auli les autres. Un Manant au miroir prenoit des Oifillons. ; ! Le fantôme brillant attire une Alouette. A Aufsi-tôi un Autour planant sur les fillons, ni Decend des airs, fond, & se jette i so , Sur celle qui chantoit , quoyque prés du tombeau. Elle avoit évité la perfide machine, i Lors que se rencontrant sous la main de l'oiseau

Elle sent son ongle maligne, sin game :: I Pendant qu'à la plumer l'Autour est occupé, ;', Lui-même sous les rets demeure enyelopé. : Oiseleur laisse-moy, dit-il en son langage;

Je ne t’ay jamais fait de mal.
L'Oiseleur repartit : Ce petit animal

T'en avoit-il fait davantage?

CXIX. Le

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