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Il se trouva que fui tous essayée
A pas un d'eux elle ne convenoit.
Plusieurs avoient la téte trop menuë, .
Aucuns trop grosse, aucúns même cornuë.
Le Singe auffi fit l'épreuve en riant,
Et par plaisir la Tiare essayant.
Il fit autour force grimaceries,' ..
Tours de souplesse, & millc fingeries
Passa dedans ainsi qu'en un cerceau.
Aux animaux cela sembla fi beau, .
Qu'il fut éleu : chacun lui fit hommage.
Le Renard seul regretta fon suffrage;
Sans toutefois montrer fon sentiment.
Quand il eut fait son petit compliment;
Il dit au Roi. Je fais, Sire', une cache; is
Et ne crois pas qu'autre que moi la fache.
Or tour tresor par droit dc Royauté
Appartient, Sirc, à vôrre Majesté. , .
Le nouveau Roi baaille aprés la Finance...
Lui-même y court pour n'étre par trompé: '..
C'étoit un piege: il y fut attrapé.
Le Renard dit au nom de l'assistance: ..
Prendrois tu nous gouverner encor,
Ne fachant pas te conduire toi-même?
Il fut démis: & l'on comba d'accord
Qu’à peu de gens convient le Diadême.

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.: CX : Le Mulet je vantant de la Genealogion Í E Mulet d'un Prelat se piquoit de gablesfc; L Et ne parloit inceflamment

Que de la mere la fument. 3-* Dont il contoit mainte proüesse.' .. "1 ". Elle avoit fait ceci, puis avoit été là. "in

Son fils pretendoit pour cela,

Qu'on le dûr mettre dans l'Histoire." ;
Il eût crů s'abaisser servant un Medecin.
Etant devenu vieux on le mit au Moulin.
Son pere l'Ane alors lui revint en memoirc.,

Quand le mal-heur ne seroit bon
Qu'à mettre un sot à la raison,
Toûjours seroit-ce à juste caufe 70 of 2170
Qu'on le dit bon à quelque chose.::,:

Cod folio

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N Vieillard sur son Ane apperceut en paflant

Un pré plein d'herbe & fleurissant.
Il y lâche la bére, & le Grison fe rucs :s,
Au trayers de l'herbe menuë. on Buis

Ma

Se veautrant, gratant, & frotant,
· Gambadant, chantant, & broutant, .

Et faisant mainte place nette.
L'ennemi vient sur. l'cntrcfaite.

Fuions, dit alors le Vicillard.
E Pourquoy? répondit le paillard, .
Me fera-t-on porter double bât, double charge?
Non pas, dit le Vieillard qui prit d'abord le large,
Et que m'importe donc, dit l’Anc, à qui je sois?

Sauvez-vous, & me laillez paître; i
Nôtre ennemi c'est notre maître ?
Je vous le dis en bon François..

ini, .n. CXII.
Le Cerf se voiant dans l'eaii.
Ans le cristal d'une fontaine, liesi
Un Cerf se mirant autrefois, i.

Loüoit la beauté de son bois,
Et ne pouvoit qu'avecque, peine
Souffrir ses jambes de fuseaux,
Dont il voyoit l'objet se perdre dans les eaux.
Quelle proportion de més pieds à ma téte?
Disoit-il en voiant leur ombre avec douleur:
Des taillis les plus hauts mon front atteint le faltc;

Mes piés ne me font point d'honneur. : Tout en parlant de la fortc; "

Un Limier le fait partir;. ' i .
Il tåckie à fc garentir;..;
Dans les forcés il s'emporte:

Sons

:;'

Son bois, dommageable ornement,“
L'arrétant à chaque moment, -, ire
Nuit à l'office que lui rendent

Ses pieds, de qui ses jours dépendent. ļl se dedit alors, & maudit les presens,

Que le Ciel lui fait tous les ans.

cene ini rendent

Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile,

Et le beau souvent nous détruit.'
Ce Cerf blåme ses pieds qui le rendent agile;

Il estime un bois qui lui puit.
serupa . E '

3. CXIII.IS

Le Lievre & la Tortuë. ,

D len ne sert de courir; il faut partir à point,

N Le Lievre & la Tortúč 'en sont un témoignage. Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point Si tot que moi ce but. Si-tot? étes-vous sage?

Repartit l'animal leger.
Ma commere il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellebore.
Sage, ou non, je parie encore.
Ainti fut fait: & de tous deux
On mit prés du but les enjeux.
Savoir quóy; ce n'est pas Paffaire :

Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lievre n'avoit que quatre pas à faire;
J'entends de ceux qu'il fait lors que prêt d'étre atteint
il s'éloigne des chiens, les renvoyc aux Calendes,

M 3

Et leur fait arpenter les Landes. ,*!! Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,

Pour dormir , & pour écouter : ;,
D'où vient le vent; il laisse la Tortuë .."

Aller son train de Scnateur.. .... .
Elle part, elle s'évertuë: : chi

Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire; in:

Tient la gageure à peu de gloire; uprés :

Croit qu'il y va de son honneur
Dc partir tard. It broute, il se repose, incin

Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin quand il vit ;
Que l'autre touchoit presquc au bout de la carriere;
Il partit comme un trait; mais les élans qu'il fit
Furent vains; la Tortuë arriva la premiere.
Hé bien, lai cria-t-elle, avois-je pas raison?
Dequoi vous fert vôtre vitesse?
Moi l'emporter! & que seroit-ce

* Si vous portiez une maison ?

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I 'Ane d'un jardinier fe plaignoit au Destin
L De ce qu'on le faisoit lever devant l'Aurore.
Les Coqs, lay disoit-il, ont beau chanter matip;

Je suis plus matineux encore. :::::.
Et pourquoi ? pour porter des herbes au marché.

Bellc

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