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Ferma sa porte au loquet ; . Non sans dire à son Biquet ; . : . Gardez-vous sur votre vie D'ouvrir que l'on ne vous die, Pour enseigne & mot du guet, . Foin du Loup & de fa race. ..

Comme elle disoit ces mots, 65 Le Loup de fortune passe.

Il les recueille à propos.'". . Et les garde.en fa memoire,

La Bique, comme on peut croire,

N'avoit pas veu le glouron.
Dés qu'il la voit partie, it contrefait son ton:

Et d'une voix papelarde
Il demande qu'on ouvre, en disant foin du Loup,

Et croiant entrer tout d'un coup.
L¢-Biquct soupçonneux par la fente regarde.
Montrez-inoi pate blanche, ou je n'ouvrirai point,
S'écria-t-il d'abord (pate blanche, est un point
Chez les Loups, comme on fait, rarement en usage.)
Celui-ci fort surpris d'entendre ce langage,
Comme il étoit venu s'en retourna chez soi.
Où seroit le Biquet s'il eut ajoûté foi

Au mot du guet que de fortune
Notre Loup avoit entendu ?

Deux seyretez yalent mieux qu'une : 3
Et le trop en cela ne fut jamais perdu,

WE Loup me remet en memoire

Un de ses compagnons qui fut encor mieux pris. Il y pcrit; voici l'Histoire. Un villageois avoit à l'écart son logis. Messer Loup attendoit chapé chute à la porte.

Il avoit veu sortir gibier de toute forte;

Veaux de lait, Agneaux & Brebis,
Regimens de Dindons, enfin bonne Provende.
Le larron commençoit pourtant à s'ennuyer.

Il entend un enfant crier.
La mere aufli-cot le gourmande,
La menace s'il ne se taît
De le donner au Loup. L'Animal se tient prêt ;
Remerciant les Dieux d'une telle avanture."
Quand la mere appaisant fa chere geniture,
Luidit: Ne criez point; s'il vient, nous le tuërons.
Qu'est ceci? s'écria le mangeur de Moutons...
Dire d'un, puis d'un autre? Eft ce ainsi que l'on traite
Lesgens faits comme moi? Mc prend-on pour un sot?

Que quelque jour ce beau marmor

Vienne au bois cueillir la noisetie.
Comme il difoit ces mots, on sort de la maison, “.
Un chien de cour l'arréte. Epieux & fourches fieres

L'ajustent de toutes manieres.
Que veniez-vous chercher en cé lieu ? lui dit-an.

Aufsi-tot il conta l'affaire.
Merci de moi, lui dit la Mere, .'
Tu mangeras mon fils? L'ay-je fait à dessein nr.

Qu'il afsouvisse un jour ta faim?
On affomme la pauvre bétc.,
Un manant lui coupa le pied droit & la tétc,
Le Seigneur du village à la porte les mit.:
Et ce di&ton Picard à l'entour fur écrit:

Biaux chires loups n'econtez mic;
Mere tenchent oben fieux qui crie. .

$ 113 LXXVII. Pa

ைைணலை

LXXVII.
Parole de Socrate.

C Ocrate un jour faisant bâtir,

Chacun censuroit son ouvrage,
L'un trouvoit les dedans, pour ne lui point mentir,
· Indignes d'un tel personnage..
L'autre blåmoit la face, & tous étoient d'avis,
Que les appartemens en étoient trop peits.
Quelle maison pour lui? L'on y tournoit à peine.

Pleut au Ciel que de vrais amis
Telle qu'elle est, dit-il, elle pật étre pleine!

Le bon Socrate avoit raison,
De trouver pour ceux-là trop grande la maison,
Chacun se dit, amy; inais foi qui s'y repose,

Rien n'est plus commun que ce nom,
Rien n'est plus rare que la chose.

i LXXVIII.

Le Vieillard & ses enfans. T Oute puissance est foible à moins que d'étre

. unie. Ecoutez-là-dessus l'Esclave de Phrygie. şi j'ajoute du, mien à son invention,

C'est

vie ;

C'est pour peindre nos meurs, & non point pareny

int Je suis trop, au dessous de cette ambition. A Phedre encherit louvent par un motif de gloire; Pour moi, de tels pensers me feroient malleans. I Mais venons à la Fable, ou placôt à l'Histoire I De celui qui tâcha d'unir tous ses enfans.

v an I N Vieillard prét d'aller où la mort l'appelloit.

U Mes chers enfans, dit-il, (à ses fils il parloit) Voyez fi vous romprez ces dards liez ensemble; si Je vous expliquerai le næud qui les assemble, L'Ainé les ayant pris, & fait tous ses efforts. Les rendit en disant : Je les donne auxplus forts. Un second lui succede, & se met en posture, Mais en vain. Un cadet tente aussi l'aventure. Tous perdirent leur temps, le faisceau resista; De ces dards joints ensemble un seul ne s'éclata. Foibles gens ! dit le Pere, il faut que je vous montre Ce que ma force peut en femblable rencontre. On crût qu'il se moguoit, on soûrit, mais à cort. Il separe les dards , & Jes rompt sans effort. Vous voyez, reprit-il, l'effet de la concorde. V Soiez joints, mes enfans, que l'amour vous accorde. Tant que dura son mal, il n'eut autre discours. Enfin fe fentant prêt de terminer ses jours, Mes chers enfans, dit-il, je vais où sont nos Peres. Adieu, promettez-moi de vivre comme freres ? Que j'obticnne de vous cette grace en mourant. Chacun de ses trois fils l'en affeurc cn pleurant. Il prend à tous les mains; il mcurt; & les trois freres Trouvent un bien fort grand, mais fort mélé d'afa

faires.

Un creancier faifit, un voisin fait procés. . D'abord nôtre Trio s'en tire avec succés.

Leur amitié fut courte, autant qu'elle étoit rare,
Le fang les avoit joints, l'interet les fepare. .
L'ainbition, Penvie, avec les consultans,
Dans la succession entrent en même.temps.
On en vient au partage, on conteste, on chicane..
Le Juge sur cent poin&s tour à tour les condamné.
Creanciers & voifins reviennent auffi-rôt; - ;
Ceux-là sur une erreur , ceux-ci sur un defaut. -
Les freres des-unis sont tous d'avis contraire: ,
Lun veut s'accommoder, l'autre n'en veut rien faire.
Tous perdirent leur bien; & voulurent trop tard :
Profiter de ces dards unis & pris à part.
Fon.com.e9.02. 2009
.. :LXXIX.

L'Oracle 6 l'Impie...
ÜTQuloir tromper le Ciel c'est folie à la Terre.

Le Dedale des cours en ses détours n'enferre Rien qui ne soit d'abord éclairé par les Dicux.

Tout ce que l'homine fait, il le fait à leurs yeux; . Même les actions que dans l'ombre il croit faire

Un Payen qui sentoit quelque peu le fagot, ";
Et qui croyoit en Dieu, pour user de ce mot; '.

Par benefice d'inventaire, i ij ,
Alla consulter Apollon: 7:i;.. ;

Dés qu'il fut en son sanctuaire , ! .
Ce que je tiens, dit-il, est-il on vie ou non ? :)

Il tenoit un moineau, dit-on,

Prêt

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