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Ma fœur,lui dit Progné, comment vous portez-vous?
Voici tantôt mille ans que l'on ne vous a vue:
Je ne me (buviens point, que vous foyez venue
Depuis le tems de Thrace habiter parmi nous.

Dites-moi, que penfez vous faire?
J4e quittere2-vous point ce fejour folitaire?
Ah! reprit Philomelc, 'en pft-il de plus doux?
Progné lui repartit; Et quoi, cettemufique
Pour ne chanter qu'aux animaux £
Tout au plus à quelque ruftique?
Le defert eft-il fait pour des talens fi beaux f
Venez faire aux citez éclater leurs merveilles.

Aufli bien en voyant Us bois, ."
Sans celle il vous fouvient que Tcréc autrefois

Parmi des demeures pareilles, - . Exerça fa fureur fur ros divins appas. cEt c'eft le fouvenir d'un fi cruel outragé, ' . ' . . Qui fait, reprit fa fœur, que je ne vous fuis pas. En vöiant les hommes, helas? , - \! 11 m'en fouvient bien davantage.

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D'une femme qui dans les flots
Avoit fini ses jours par un fort déplorable.

Son époux en cherchoit le corps.

Pour lui rendre en cette avanture

Les honneurs de la sépulture.

H arriva que fur les bords 1'

Du fleuve, auteur de fa disgrâce,
Des gens se proroenoient ignoraus L'accidcnr.

Ce mari donc leur demandant
S'ils n'avoient de fa femme apperceu nulle trace:
Nulle, reprit l'un d'eux, mais cherchez la plus bas \

Suivez le fil de la rivière.
Un autre repartit: Non, ne le suivez pas;

Rebrousse! plûrot cn arriére.
Quelle que soit la pente & l'inclinatiori

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Le Chat & un vieux Rat.

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J'Ay leu chei un conteur de Fahles
Qu'un second Ròdilard, l'Alexandre des Chats j
L'Attila, le fléau des Rats,
Rehdoit ces derniers misérables.
J'ay leu, dis-jc, en certain auteur»
Que ce Chat exterminateur,
Vrai Cerbère, étoic craint une lieua à la ronde;
U vouloit de Souris dépeupler tout le Monde.
I«es planches qu'on suspend fur uq leger appui,
La mort aux Rats, les Souricières,
N'étoient que jeux au prix de uijf
Comme il voit que dans leur» tanières
Les Souris étoient prisonnières;
Qu'elles n'osoient sortir. $ qu'il avoit beau çhejxhcr;
Le galant fait le mort S & du haut d'un plancher
Se pend la tête en bas. La bétc scélérate
A de certains cordons "fe tenoit par la pâte
Le peuple des Souris croit que c'est châtiment,
Qu'il a fait un larcin de rot ou de fromage.
Egratigné quelqu'un, causé quelque dommage,
Enfin qu'on a pendu le mauvais garnement.

Toutes, dis je, unanimement
Se promettent de rire à son enterrement;
Mettent le nez à l'air, montrent un peu la téte,
Puis rentrent dans leurs nids à rats;

H a Puis Puis ressortant font qtiatre pas; .

■Puis enfin se mettent en quête.

Mais voici bien une autre fête.
Le pendu ressuscite; & sur ses pieds tombant

Attrape les plus paresseuses.
Nous en savons plus d'un* dit-il en les gobant:
C'est tour de vieille guerre,- & vos cavernes creuse»
Ne vous sauveront pas; je vous en avertis;

Vous viendrez toutes au logis.
II prophetizoit vrai, nôtre maître Mitis
Pour la seconde fois les trompe & les afine;

Blanchit fa robe, & s'enfarinc j

Et de la forte déguise* ';
Se niche & se blotit dans une huche ouverte:

Ce fut à lui bien avisé ;.
La gent trote menu s'en vient chercher fa perte-
Un Rat fans plus s'abstient d'aller flairer autour.
C'étoit un vieux routier; ii savoit plus d'un tourj
Mi me il avoit perdu fa qucUe à la bataille.
Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille,
S'écria-t'-il de loin au General des Chats..l
Je soupçonne dessous encor quelque machine.

Rien ne te sert d'être farine;
Car quand tu serois sac jc'n'approcherois pas.
C'étoit bien dit à lui; j'aprouve fa prudence.

II étoit expérimenté; •

Et savoit que la méfiances, [i"

Est merc de la scureté.!''

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