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DE

PERSÉVÉRANCE

OU

EXPOSE

HISTORIQUE, DOGMATIQUE, MORAL ET LITURGIQUE

DE LA RELIGION

DEFUIS L'ORIGINE DU MONDE JUSQU'A NOS JOURS.

&

1

PAR L'ABBÉ

GAUMEN 47

VILAIRE GENERAL DU DIOCÈSE DE NEVERS, CHEVALIER de L'ordRE DE SAINT-91LVESTRE
MEMBRE DE L'ACADÉMIE DE LA RELIGION CATHOLIQUE DE ROME, ETC....

Jesus Christus heri et hodie, ipse et
in secula. Hebr. xu, 8.
Jésus-Christ bier, aujourd'hui et
dans tous les siècles. »

CINQUIEME ÉDITION

Revue, et augmentée de notes sur la Géologie,

et d'une Table générale des matières

Deus charitas est. - 1 Joan. IV,
Dieu est charité. »

TOME TROISIÈME.

PARIS,

-

GAUME FRÈRES, ÉDITEURS-LIBRAIRES,

RUE CASSETTE, 4.

1845

BX

1961

.634

X

1845 t

5.3-4

HARVARD UNIVERSITY
LIBRARY

SEP 2 3 1982

81*242

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DEUXIÈME PARTIE.

Ire LEÇON.

ÉTAT DU MONDE A LA VENUE DU MESSIE.

État politique et religieux des Gentils. Domination romaine. Idolatrie. — État politique et religieux des Juifs. Division de leur territoire. Dépendance des Romains. Sadducéens, Hérodiens.

Sectes: Pharisiens, Esséniens,

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Nous venons de quitter le monde ancien; aujourd'hui nous mettons le pied sur le monde nouveau dans lequel doivent s'accomplir, se vérifier, se compléter les promesses, les figures, les prophéties, les enseignements, dont l'histoire a si longtemps occupé notre esprit et fait battre notre cœur. Avant d'aller plus loin, apprenons à connaître ce monde nouveau, témoin de tant de merveilles.

L'empire romain, qui, suivant la prophétie de Daniel, devait renverser et absorber tous les autres empires, était parvenu à son plus haut degré de gloire. Il embrassait dans son vaste sein presque toutes les nations connues. Après une lutte longue et sanglante contre ses nombreux rivaux, Auguste, vainqueur par terre et par mer, était

T. III.

1

tranquillement assis sur le trône des Césars: la terre entière reposait dans une paix profonde.

Mais toutes les nations, excepté le peuple juif, étaient plongées dans les ténèbres de l'idolâtrie : l'univers n'é tait plus qu'un vaste temple d'idoles; jamais la corruption ne fut plus profonde ni plus universelle. Les hommes ne rougissaient pas d'offrir leur encens aux divinités les plus ridicules et les plus infâmes. Les uns adoraient le soleil, la lune, la terre, l'eau, le feu; les autres se prosternaient devant des bœufs, des chats, des crocodiles et des serpents, et jusque devant les légumes qui croissent dans les jardins.

Rome, maîtresse du monde entier, Rome, qui avait mis tous les peuples dans les fers, devint à son tour esclave de leurs erreurs et de leurs désordres : elle encensa les divinités mêmes qu'elle avait menées en triomphe. Pas une, si absurde, si infâme qu'elle fût, à qui elle n'offrit un asile : elle compta enfin jusqu'à trente mille dieux. On ne se contenta pas de changer les bêtes en dieux, on changea aussi les dieux en bètes, puisqu'on leur attribua les passions les plus brutales. On se fit des dieux si abominables, qu'on les punirait ici-bas comme de vils scélérats. Loin de porter à la vertu, leur exemple n'offrait pour tableau du bonheur suprême que des forfaits à commettre et des passions à satisfaire. L'adultère, l'impudicité, le vol, l'ivrognerie, avaient leurs dieux protecteurs.

Nous ne raconterons pas ici les cérémonies par lesquelles les différents peuples honoraient ces dieux immortels toute âme honnête sait pourquoi. La gravité romaine ne traitait pas la religion plus sérieusement, puis

qu'elle consacrait à l'honneur des dieux les impuretés du théâtre et les sanglants spectacles des gladiateurs, c'està-dire tout ce qu'on pouvait imaginer de plus corrompu et de plus barbare. Les sages et les philosophes étaient impuissants à retirer les peuples de ce profond abime, et plus souvent encore ils étaient les complices de leurs erreurs et de leurs désordres. Ces hommes si vantés ont professé des maximes qu'on ne pourrait rapporter sans rougir.

Le genre humain en était venu, dit Bossuet, au point de ne pouvoir supporter la moindre idée du vrai Dieu. Si quelqu'un osait enseigner que les statues n'étaient pas des dieux, comme l'entendait le vulgaire, il se voyait contraint de s'en dédire; encore, après cela, était-il banni comme un impie. Toute la terre était possédée de la même erreur : la vérité n'y osait paraître. Le Dieu créateur du monde n'avait de temple ni de culte qu'en Jérusalem.

Tel était l'état des nations au moment où Dieu allait accomplir la promesse si souvent réitérée d'un Réparateur qui tirerait les hommes de leurs ténèbres et de leurs vices, et réconcilierait le ciel avec la terre.

Quant au peuple juif, le seul qui eût conservé la connaissance et le culte du vrai Dieu, il avait aussi un besoin pressant du Messie. Depuis longtemps il avait commencé, non point à oublier le Dieu de ses pères, mais à mêler dans la religion des superstitions indignes de lui. Quatre sectes principales s'étaient formées en Israel. Les Pharisiens, les Sadducéens, les Esséniens et les Hérodiens. Comme il en est souvent question dans la vie de notre Seigneur, nous allons les faire connaître :

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