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culier vit dans la naissance du schisme, il est lui- | tourner sur la sainte montagne , dans le centre de même un de ceux qui prononcent le jugement de l'unité, pour s'y nourrir du pain descendu du ciel. condamnation contre l'ancienne Église , qui la ré- Dès qu'ils reconnoissent qu'ils sont hors de l'arpudient , et qui décident pour commencer la sépa- che , ils doivent y rentrer pour se sauver du dération. Si au contraire il ne vient au monde qu'a- | luge. C'est ainsi que les Peres parlent unanimeprès que le schisme est déja formé par ses ancê- ment; c'est ratifier, confirmer, renouveler, pertres, il marche sur leurs traces, et il continue le pétuer le schisme, que de ne le pas finir pour soi. scbisme sur le même principe fondamental par V. Il est vrai qu'un homme, né dans un pays lequel ses ancêtres l'ont commencé. Cet homme dit d'où la vraie Église est proscrite par un schisme dans son cæur: « Je vois clairement que mes ancê- public, a de grandes précautions à garder, quoi» tres ont mieux entendu l'Écriturequel'ancienne qu'il soit pleinement catholique. On le voit par

Église : je vois qu'ils ont eu raison de s'en sé- l'exemple des chrétiens de l'ancienne Église , qui » parer. J'adhère à leur séparation comme juste : se cachoient avec des soins infipis, et qui cacboient » je la ratifie , je la confirme, je la continue , je la même leur doctrine , pour ne donner aucun avan» renouvelle autant qu'il est en moi. Si je voyois tage aux paiens. On le voit aussi par l'exemple » qu'ils se fussent trompés, et que leur séparation des missionnaires, qui se travestissent en laiques, » fût injuste , je me garderois bien de confirmer pour cacher leur caractère et leur religion en » leur erreur , leur révolte sacrilege, leur schisme Angleterre. Mais voici, ce me semble, à quoi on » impie. » Aiusi, supposé que l'ancienne Église ail peut réduire ces ménagements : pour ministres leslégitimes successeurs des apôtres, to Un catholique ne peut jamais en conscience qui ont seuls le droit du sacerdoce, et que cette faire aucun acte de communion avec une société Eglise n'établisse jamais des erreurs damnables , schismatique, puisqu'elle a rompu elle-même qu'en un t, elle n'impose rien aux fidèles nuisi- tout lien de communion avec cette ancienne blement au salu, il est clair comme le jour que la Église qui est gouvernée par les légitimes successéparation a été injuste, impie et sacrilége. En seurs des apôtres, lesquels ont seuls le droit du vérité, un chrélien qui veut aimer Dieu et être sacerdoce : ce seroit reconnoître le droit du safidèle à la vérité peut-il en conscience adhérer cerdoce et la légitime administration des sacreà ce schisme, le ratifier , le confirmer, le conti- ments dans une société qui les a usurpés par le nuer et le renouveler en sa personne ? Quand on schisme; ce seroit ratifier le schisme, le contiaperçoit le plus grand des maux commis par ses nuer personnellement, et faire des actes schismaancêtres, ne doit-on pas le révoquer et le réparer tiques contre sa conscience, pour tromper les aussitôt? Si on y est obligé pour le plus vil intérêt, hommes. Il est clair que ces actes sont les actes à combien plus forte raison y est-on obligé quand propres du schisme et même de l'hérésie, puisil s'agit du corps de Jésus-Christ déchiré, de son que c'est reconnoitre pour sa propre mère une épouse rejetée, de la maison de Dieu mise en ruine, fausse Église qui n'a point le droit du sacerdoce , et du sacré ministère usurpé sur les légitimes suc- ni par conséquent le ministère pour les sacrecesseurs des apôtres, qui ont seuls le droit du sa- ments; c'est même reconnoître les sacreinents de cerdoce! Quelle excuse peut-on alléguer pour une cette Église comme véritables , quoiqu'on ne les ratification si impie, si ce n'est quel'ancienne Église croie pas tels, puisqu'ils ne contiennent point ce a établi des erreurs damnables, et qu'elle a imposé qui est contenu dans les sacrements de la vraie aux fidèles nuisiblement au salut? Or est-il que, Église, laquelle ne décide rien nuisiblement au sade l'aveu des personnes pieuses et éclairées dont lut. Par exemple, supposé que l'eucharistie de il s'agit ici , elle ne l'a jamais fait. Donc ces per l'Église catholique contienne véritablement le sonnes ne peuvent jamais en conscience con

corps et le sang du Sauveur , la cène des calfirmer , ratifier , continuer et renouveler en leurs vinistes, qui ne peut contenir qu'une figure personnes, par aucun acte, le schisme de leurs

avec une vertu, ne peut point être une véritable ancêtres. Ce schisme est en soi injuste, impie et sa- et légitime eucharistie. Quiconque y participe crilége: ils ne pourroient le ratifier par leurs actes, fait un acte du schisme et de l'hérésie de cette sans autoriser une calomnie alroce contre la vraie secte. Église , qui est leur mère, et la seule légitime 2° J'avoue qu'on peut quelquefois, pour de épouse du Fils de Dieu. Que doivent-ils donc faire? bonnes raisons , aller aux sermons des faux pasDès qu'ils aperçoivent qu'ils mangent l'agneau pas-teurs d'une société hérétique. C'est ainsi que nos cal hors du lieu saint , ils doivent se hâter de re- missionnaires mêmes y vont, ou y envoient des

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émissaires de confiance, pour savoir ce que ces cement de celte unité même, et avec un vrai defaux pasteurs enseignent et qui mérite d'être ré sir de la montrer dès qu'on le pourra. Jamais futė; mais on ne doit jamais , sans de très fortes cette disposition ne fut tant à desirer qu'en notre raisons, s'exposer à la séduction de ces discours siècle, où la tolérance et l'indifférence de religion qui gagnent comme la gangrène '. On peut en font que tant de personnes vivent sans aucune décore moins y aller pour faire accroire aux béréti- pendance d'aucune Église fixe, se contentant de je ques qu'on n'est pas moins qu'eux dans leur ne sais quelle vague persuasion des points fondaschisme et dans leur hérésie : ce seroit joindre la mentaux de la religion chrétienne. fraude et la lâcheté aux actes propres de l'héré- 7° Enfin les personnes qui, ne feront aucun sie et du schisme.

acte de communion romainc ne doivent nulle3° Il n'est ni nécessaire pi prudent de faire, ment être surprises de se voir fort suspectes aux dans de telles circonstances, aucun acte public de missionnaires zélés de cette communion. Il est nala religion catholique. Les anciens fidèles se gar- turel que ces missionnaires soient effarouchés doient bien d'en faire d'ordinaire aux yeux des et en défiance contre une religion si vague et si paiens. Nos missionnaires n'en font aucun en ambiguë : il est naturel qu'ils craignent ou l'hyAngleterre, pour n’exciter point mal à propos pocrisie et la dissimulation, ou l'illusion et le faune persécution. On peut et on doit imiter ces natisme, avec l'indépendance dans un genre de ménagements.

vie si extraordinaire et si éloigné des règles géné4° On doit néanmoins faire les actes de la reli- rales. Les meilleures personnes qui paroîtront gion catholique dans les églises de la communion dans une telle neutralité entre les diverses comromaine, autant qu'on le peut sans s'exposer à munions doivent se faire justice, et se mettre en de grands inconvénients. Il n'est point permis de la place de ces missionnaires ; ils ne peuvent point passer sa vie sans pasteurs, sans sacrements, sans

s'empêcher d'être surpris et scandalisés. Les saints subordination à une Église visible , à moins qu'on Pères ne l'auroient pas été moins qu'eux. Quand ne se trouve dans une situation toute singulière. ils seront des recherches , quand ils s'alarmeront, Il faudroit même, dans une si extraordinaire ex- quand ils voudront réduire ces personnes à une trémité, être uni de ceur et de dcsir sincère aux

conduite commune et régulière, ils ne seront que pasteurs, aux sacrements et à l'Église qu'on croit leur devoir : on ne doit nullement les accuser de la véritable.

gêner et de troubler leurs consciences, ni de fixer 5° On peut faire ces actes en secret, pour les ames attachées à la perfection intérieure. La remplir son devoir et pour édifier les personnes perfection intérieure n'empêche point la dépende confiance, quoiqu'on prenne des précautions dance d'un ministère extérieur et visible. Le infinies pour les cacher à tous les autres.

moyen de les apaiser, et d'obtenir d'eux une 6° Il pourroit se faire qu'une personne très ca- suffisante liberté, est de leur parler avec ingétholique auroit de pressantes raisons de s'abste- nuité, humilité et confiance; c'est de leur reprénir très long-temps de la consolation et de la senter les vrais besoins tant du dedans que du nourriture que le reste des fidèles doit tirer de la dehors; c'est de leur montrer combien on auroit fréquentation des sacrements; mais on ne doit horreur d'en abuser; c'est de les convaincre par pas supposer facilement une si extraordinaire né- la pratique combien on aime l'autorité de l'Église. cessité ; il faut craindre de s'y tromper, el se ra

Par ces voies douces on leur persuadera peu à peu

à mener soi-même, autant que l'on peut, aux rè- qu'on n'est ni dans l'illusion, ni dans l'indépengles communes. Il ne faut se dispenser d'aucune dance, ni dans l'indifférence entre toutes les Églides fonctions de l'unité parfaite , que pour l'avan- ses visibles.

II. Tim., 11, 17.

de la

ܕ

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MANUEL DE

DE PIÉTÉ.

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et

AVIS SUR LA PRIÈRE, l'esprit ne peut être dans une actuelle attention :

Dieu ne cesse de regarder dans cette ame le desir

qu'il y forme lui-même, et dont elle ne s'aperSUR LES PRINCIPAUX EXERCICES DE PIÉTÉ. çoit pas toujours. Ce desir en disposition touche le

caur de Dieu; c'est une voix secrète qui attire

sans cesse ses miséricordes; c'est cet Esprit qui, 1. L'excellente prière n'est autre chose que l'a

comme dit saint Paul', gémit en nous par des mour de Dieu. L'excellence de cette prière ne gémissements ineffables; il aide notre foiblesse

. . consiste pas dans la multitude des paroles que

·

IV. Cet amour sollicite Dieu de nous donner nous prononçons; car Dieu connoît, sans avoir

ce qui nous manque, et d'avoir moins d'égard à besoin de nos paroles, le fond de nos sentiments. notre fragilité qu'à la sincérité de nos intentions. La véritable demande est donc celle du caur , et cet amour efface même nos fautes légères, le cœur ne demande que par ses desirs. Prier est

nous purifie comme un feu consumant; il dedonc desirer, mais desirer ce que Dieu veut que mande en nous et pour nous ce qui est selon nous desirions. Celui qui ne desire pas du fond Dieu ?. Car, ne sachant pas ce qu'il faut demandu cæur fait une prière trompeuse. Quand il pas- der , nous demanderions souvent ce qui nous seseroit des journées entières à réciter des prières, roit nuisible. Nous demanderions certaines ferou à méditer, ou à s'exciter à des sentiments veurs, certains goûts sensibles, et certaines perpieux, il ne prie point véritablement s'il ne desire fections apparentes , qui ne serviroient qu'à nourpas ce qu'il demande.

rir en nous la vie naturelle et la confiance en nos II. Oh! qu'il y a peu de gens qui prient! car, propres forces; au lieu que cet amour, en nous où sont ceux qui desirent les véritables biens ? Ces livrant à toutes les opérations de la grace, en nous biens sont les croix extérieures et intérieures, aveuglant, en nous mettant dans un état d'abanl'humiliation, le renoncement à sa propre vo

don pour tout ce que Dieu voudra faire en nous, lonté, la mort à soi-même, le règne de Dieu sur

nous dispose à tous les desseins secrets de Dieu. les ruines de l'amour-propre. Ne point desirer ces

V. Alors nous voulons tout, et nous ne voulons choses, c'est ne prier point : pour prier, il faut les rien. Ce que Dieu voudra nous donner est précisédesirer sérieusement, effectivement, constam

ment ce que nous aurons voulu; car nous voument, et par rapport à tout le détail de la vie ; lons tout ce qu'il veut, et nous ne voulons que ce autrement la prière n'est qu'une illusion sembla- qu'il voudra. Ainsi cet état contient toute prière. ble à un beau songe, où un malheureux se ré- C'est une opération du cæur qui embrasse tout jouit, croyant posséder une félicité qui est bien desir. L'Esprit demande en nous 3 ce que l'Esprit loin de lui. Hélas ! combien d'ames pleines d'elles- lui-même veut nous donner. Lors même qu'on est mêmes , et d'un desir imaginaire de perfection au occupé au-dehors, et que les engagemeats de milieu de toutes leurs imperfections volontaires,

pure providence nous font sentir une distraction qui n'ont jamais prié de cette véritable prière du inévitable, nous portons toujours au-dedans de cour! Voilà le principe sur lequel saint Augustin nous un feu qui ne s'éteint point, et qui au condisoit : « Qui aime peu prie peu ; qui aime beau-traire nourrit une prière secrèle, qui est comme » coup prie beaucoup. »

une lampe sans cesse allumée devant le trône III. Au contraire, on ne cesse point de prier de Dieu. Si nous dormons, notre cæur veille *. quand on ne cesse jamais d'avoir le vrai amour Bienheureux ceux que le Seigneur trouvera veilet le vrai desir dans le cæur. L'amour caché au

lants 5! fond de l'ame prie sans relâche, lors même que

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Rom., VIII,

26. 4 Cant., v, 2

Malth., Vi, 17.

· Rom., VW, 27. 5 Luc., XII, 37.

Ibid.

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VI. Pour conserver cet esprit de prière, qui les mystères de Jésus-Christ et les vérités de son doit nous unir à Dieu, il faut faire deux choses Évangile , mais encore tout ce que ces vérités doiprincipales : l'une est de le nourrir; l'autre, d'évi- vent imprimer personnellement en nous pour nous ter ce qui pourroit nous le faire perdre.

régénérer; il faut que ces vérités nous pénètrent Ce qui peut le nourrir , c'est la lecture réglée, long-temps, comme la teinture s'imbibe peu à l'oraison actuelle en certains temps , le recueille- peu dans la laine que l'on veut teindre. ment fréquent dans la journée; les retraites, X. Il faut que ces vérités nous deviennent faquand on sent qu'on en a besoin , on qu'elles sont milières, en sorte qu'à force de les voir de près et conseillées par les gens expérimentés que l'on à toute heure, nous soyons accoutumés à ne juger consulte; enfin, l'usage des sacrements, propor- plus de rien que par elles ; qu'elles soient notre tionné à son état.

unique lumière pour juger dans la pratique, Ce qui peut faire perdre l'esprit de prière doit comme les rayons du soleil sont notre unique lunous remplir de crainte, et nous tenir dans une mière pour apercevoir la figure et la couleur de exacte précaution. Ainsi il faut fuir les compagnies tous les corps. profanes qui dissipent trop, les plaisirs qui émeu- Quand ces vérités se sont , pour ainsi dire , invent les passions, tout ce qui réveille le goût du corporées de la sorte en nous , c'est alors que nomonde, et les anciennes inclinations qui nous tre oraison commence à être réclle et fructueuse : ont été funestes.

jusque-là ce n'en étoit que l'ombre; nous pensions Le détail de ces deux choses est infini, et on voir à fond ces vérités, et nous n'en louchions ne peut le marquer ici qu'en général, parce que quel'écorce grossière. Tous nos sentiments les plus chaque personne a ses besoins particuliers. tendres et les plus vifs , toutes nos résolutions les

VII. Pour nourrir cet esprit de prière, il faut plus fermes, toutes nos vues les plus claires et les choisir des lectures qui nous instruisent de nos plus distinctes, n'étoient encore qu'un germe vil devoirs et de nos défauts; qui, en nous montrant et informe de ce que Dieu développe en nous. la grandeur de Dieu, nous enseignent ce que nous XI. Quand sa lumière divine commence à nous

à lui devons, et nous découvrent combien nous éclairer, alors on voit dans la vraie lumière; alors manquons à l'accomplir : car il n'est pas question il n'y a aucune vérité à laquelle on n'acquiesce de faire des lectures stériles où notre cæur s'é- dans le moment, comme on n'a pas besoin de raipande et s'attendrisse comme à un spectacle tou- sonner pour reconnoître la splendeur du soleil

a chant; il faut que l'arbre porte des fruits '; et on dès le moment qu'il se lève et frappe nos yeux. ne peut croire que la racine est vive , qu'autant Il faut donc que notre union à Dieu dans l'oraison qu'elle le montre par sa fécondité.

soit le fruit de la fidélité à suivre toutes ses voVIII. Le premier effet du sincère amour, c'est lontés. C'est par-là qu'on peut juger de notre de desirer de connoître tout ce qu'on doit faire amour pour lui. pour contenter le bien-aimé de notre cour: faire XII. Il faut que la méditation devienne chaque autrement, c'est aimer soi-même sous le prétexte jour de plus en plus profonde et intime. Je dis de l'amour de Dieu , c'est chercher en lui une profonde , parce que, quand nous méditons ces vaine et trompeuse consolation; c'est vouloir faire vérités humblement, nous enfonçons de plus en servir Dieu à son propre plaisir, et non se sacri- plus pour y découvrir de nouveaux trésors: j'ajoute fier à sa gloire. A Dieu ne plaise que ses enfants intime, parce que, comme nous creusons de plus l'aiment ainsi ! Quoi qu'il en coûte , il faut con- en plus pour entrer dans ces vérités, ces vérités noitre et pratiquer sans réserve tout ce qu'il de-aussi creusent de plus en plus pour entrer jusque mande de nous.

dans la substance de notre ame. Alors un seul IX. Pour le temps de l'oraison , il doit se régler mot tout simple entre plus avant que des discours par le loisir, par l'état, la disposition et l'altrait entiers. de chaque personne.

XIII. Les mêmes choses qu'on avoit cent fois La méditation n'est pas l'oraison, mais elle en entendues froidement et sans aucun fruit nourest le fondement essentiel 2. Elle nous sert à nous rissent l'ame d'une manne cachée, et qui a des remplir des vérités que Dieu nous a révélées. Il goûts infinis pendant plusieurs jours. Enfin, il faut faut donc connoître à fond non seulement tous bien prendre garde à ne point cesser de se nour

rir de certaines vérités dont nous avons été touMauh., vii, 17.

chés, tandis qu'il leur reste encore quelque suc pour nous; tandis qu'elles ont encore quelque

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Ps.. XIXVIII, 4.

elle XVII. Enfin l'oraison va toujours croissant par

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chose à nous donner, c'est un signe certain que tueux, les vues touchantes, les desirs augmennous avons besoin de recevoir d'elles : elles nous tent : c'est qu'on est assez instruit et convaincu nourrissent même souvent sans aucune instruc- par l'esprit. Le cæur goûte, se nourrit, s'échauffe, tion précise et distincte; c'est un je ne sais quoi s'enflamme; il ne faut qu'un mot pour occuper qui opère plus que tous les raisonnements. On long-temps. voit une vérité, on l'aime, on s'y repose; elle fortifie le cour, elle nous détache de nous-mêmes: des vues plus simples et plus fixes, en sorte qu'on il y faut demeurer en paix tout aussi long-temps n'a plus besoin d'une si grande multitude d'obqu'on le peut.

jets et de considérations. On est avec Dieu comme XIV. Pour la manière de méditer, elle ne doit avec un ami. D'abord on a mille choses à dire à être ni subtilo, ni pleine de grands raisonnements; son ami, et mille à lui demander; mais, dans la il ne faut que des réflexions simples, naturelles, suite, ce détail de conversation s'épuise, sans tirées immédiatement du sujet qu'on 'médite.

que le plaisir du commerce puisse s'épuiser. On Il faut méditer peu de vérités, et les méditer à a tout dit ; mais sans se parler, on prend plaisir à loisir , sans efforts , sans chercher des pensées ex

être ensemble, à se voir , à sentir qu'on est l'un traordinaires.

auprès de l'autre, à se reposer dans le goût d'une

છે On ne doit considérer aucune vérité que par douce et pure amitié : on se tait; mais, dans ce rapport à la pratique. Se remplir d'une vérité silence, on s'entend. On sait qu'on est d'accord sans prendre loutes les mesures nécessaires pour en tout, et que les deux cæurs n'en font qu'un ; la suivre fidèlement, quoi qu'il en coûte , c'est l'un se verse sans cesse dans l'autre. vouloir retenir, comme dit saint Paul', la vérité

XVIII, C'est ainsi que dans l'oraison le comdans l'injustice; c'est résister à cette vérité im- merce avec Dieu parvient à une union simple et primée en nous, et par conséquent au Saint-Es- familière qui est au-delà de lout discours. Mais il prit même ?. C'est la plus terrible de toutes les in- faut que Dieu fasse uniquement par lui-même tidélités.

celte sorte d'oraison en nous; et rien ne seroit ni XV. Pour la méthode de prier, on doit la faire plus téméraire ni plus dangereux que d'oser s'y

d dépendre de l'expérience qu'on a là-dessus. Ceux introduire soi-même. Il faut se laisser conduire qui se trouvent bien d'une méthode exacte ne pas à pas par quelque personne qui connoisse les doivent point s'en écarter : ceux qui ne peuvent voies de Dieu, et qui pose long-temps les fondes'y assujettir doivent respecter ce qui sert utile

ments inébranlables d'une exacte instruction, et ment à tent d'autres, et que tant de

d'une entière mort à soi-même dans lout ce qui

personnes pieuses et expérimentées ont tant recommandé. regarde les mæurs. Mais enfin , comme les méthodes sont faites pour

XIX. Pour les retraites et la fréquentation des aider et non pour embarrasser , quand olles n'ai- sacrements, il faut se régler par les avis de la dent point et qu'elles embarrassent, il faut les personne en qui on prend confiance. Il faut avoir qnitter.

égard à ses besoins, à l'effet que la communion XVI. La plus naturelle dans les commencements produit en nous, et à beaucoup d'autres circonest de prendre un livre, qu'on quitte quand on

stances propres à chaque personne. se sent recueilli par l'endroit qu'on vient de

XX. Les retraites dépendent du loisir et du belire, et qu'on reprend quand cet endroit ne four- soin où l'on se trouve. Je dis du besoin, parce pit plus rien pour se nourrir intérieurement. En qu'il faut être sur la nourriture de l'ame comme général, il est certain que les vérités que nous goû- sur celle du corps : quand on ne peut supporter tons davantage, et qui nous donnent une certaine un travail sans une certaine nourriture, il faut la lumièro pratique pour les choses que nous avons prendre ; autrement on s'expose à tomber en déà sacrifier à Dieu, sont celles où Dieu nous mar

faillance. J'ajoute le loisir, parce que, excepté ce que un attrait de grace qu'il faut suivre sans hési- besoin absolu de nourriture dont nous venons de ter. L'Esprit souffle il veut 3; il est, parler , il faut remplir ses devoirs plutôt que de est aussi la liberté *.

suivre son goût de ferveur. Un homme qui se Dans la suite on diminue peu à peu en ré- doit au public, et qui passeroit le temps destiné Nexions et on raisonnements; les sentiments affec- à ses fonctions à médiler dans la retraite, mai

queroit à Dieu en s'imaginant s'unir à lui. La vé

ritable union à Dieu est de faire sa volonté sans * Act., VI, 5. * Joan., 111, 8.

relâche, et malgré tous dégoûts naturels, dans

a

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Rom. I, 18.

4 11. Cor., III, 17.

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