Obrazy na stronie
PDF
ePub

PARIS. - IMPRIMERIE DE BRUN, PAUL DAUBRÉE ET Cie,

Rue du Mail, 5.

DE

F. DE LA MENNAIS.

TOME IV.

ESSAI SUR L'INDIFFÉRENCE

EN MATIÈRE DE RELIGION.

[ocr errors]

Impius , cùm in profundum venerit... contemnit.

PROV, XVIII, 3.

[merged small][merged small][ocr errors][merged small][merged small][merged small]

ESSAI

SUR L'INDIFFÉRENCE

EN MATIÈRE

DE RELIGION.

CHAPITRE XXIX.

La perpétuité est un caractère du christianisme.

[ocr errors]

Én considérant, à l'époque de leur plus grande dépravation, tous les peuples de la terre, nous avons trouvé la même loi morale, mais continuellement violée par les passions; les mêmes vérités, mais obscurcies par une multitude d'erreurs ; le même culte essentiel, l'adoration, la prière et le sacrifice, mais corrompu par d'innombrables superstitions, c'est-à-dire que, malgré le déréglement des mæurs et les égaremens de l'esprit, nous avons reconnu partout la même conscience, la même raison, la même religion (1).

Ainsi la religion est universelle, elle est une comme la raison humaine; mais, comme elle aussi, elle se développe , par un progrès naturel, et dans le genre

[ocr errors]
[ocr errors]

(1) Non sunt absconsa testamenta per iniquitatem illorum. Eccles., XVII, 17. TOME 4.

1

[ocr errors]

humain et dans chacun desindividus qui le composent : de sorte que les hommes et les peuples, qui tous participent à la raison et connoissent la religion, ne participent pas tous néanmoins à la plénitude de la raison, et ne connoissent pas tous la religion dans son entier développement; quoiqu'il n'existe pas un seul peuple ni un seul homme à qui la raison universelle et la religion ne soient manifestées à un degré suffisant, pour que rien ne leur manque de ce qui est nécessaire à la conservation de la vie physique, morale et intellectüelle.

Et puisque l'expérience montre qu'il en est ainsi alors même que les nations semblent avoir atteint le dernier degré de la corruption, il en est ainsi toujours; car une moindre corruption n'est qu'un moindre éloignement de la loi de vérité et de la loi d'ordre : d'où il suit que l'universalité de la religion dans les temps où ses préceptes ont été le plus violés, prouve son universalité dans tous les temps, ou sa perpétuité.

D'ailleurs la religion n'étant que la loi de notre nature intelligente, cette loi, nécessairement aussi ancienne que l'homme, n'a jamais pu être ignorée de lui; autrement Dieu lui auroit refusé en lui donnant la vie, le moyen de la conserver, ce qui est tout ensemble et contradictoire et démenti par le fait, puisque l'homme existe.

Il est donc évident que la religion a dû commencer avec le monde, et se perpétuer sans interruption (1).

:

(1) Il n'est pas nécessaire de recourir aux livres saints pour pou

« PoprzedniaDalej »