Obrazy na stronie
PDF
ePub

et que l'approbation placée à la fin du volume est datée de 1591, Malgré ces nombreuses réimpressions, les Epigrammes de Frusius sont fort rares.

Ce recueil contient 251 épigrammes, toutes dirigées contre les hérétiques, au nombre desquels le poète a inis Érasme. Bogard n'a point oublié cette particularité dans la dédicace : « Nec me lalel fuisse nonnullos, qui linguá prurientes nimis quam licenter in Frusium involarent, eumque Scyllæi canis instar adlatrasse Erasmum de republicâ litteraria optimè meritum dictitarent, » Voici l'une des épigrammes qui a donné lieu à ces récriminations :

De Lutheri et Erasmi differentiâ.
Parum Lutherus ac Erasmus differunt,
Serpens uterque est, plenus atro toxico;
Sed ille mordet ut Cerastes in viâ :
Hic fraudulentus mordet in silentio.

Ce livre renferme un grand nombre de noms propres, et sous ce rapport, il se rattache à l'Histoire de la Réforme au xvje siècle. Nous avons remarqué une épigramme sur le célèbre Ramus, l'une des victimes de la SaintBarthélemy; elle nous a paru curieuse par le rapprochement que Frusius établit entre le nom de Ramus, et la marque typographique des Estienne :

Ad Petrum Ramum de excusione Prutinarum quæstionum.
Quando hunc excudi voluisti Rame libellum,

Cur Stephani celebres non placuere typi?
Te puduit : nam in fronte cadens ex arbore ramus,

Ne sapias altuin, Rame, cadasque, monet.

Si le dernier vers étoit construit avec moins de négligence, on y trouveroit peut-être la prédiction du genre de mort que Ramus devoit subir quinze ans plus tard.

Nous pourrions encore citer les 16 vers acrostiches sur les mots Marlinils Lutherus, comme exemple d'une grande difficulté vaincne. Voici les deux premiers vers :

Magnicrepus, mendax, morosus, morio, monstrum,

Ambitiosus, atrox, astutus, apostata, agaso. Un autre poète, presque compatriote de Frusius, Euvertre Jollivet, d'Orléans, a composé en 1636 des vers acrostiches sur le même modèle, à la fin de son poëme Fulmen in Aquilam.

246. JOLLYVETI (Evurtii) Aurelianensis, Fulmen in Aqui

lam, seu Gustavi magni, sereniss. Suecorum, Gotthorum, Vandalorum regis, bellum Sueco-Germanicum. Heroico-politicum poëma. Parisiis, 1636; 1 vol. in-12 fr. gr. ................................ 18—» Euvertre Jollivet, avocat au parlement de Paris, de la religion prét. ré

formée, naquit à Orléans, le 10 juillet 1601, et mourut l'an 1662, le 10 juil. let, jour de sa naissance. Ses veux furent ainsi exaucés, car on trouvá après sa mort ce vers écrit de sa main :

O utinam nativa dies sit meta dolorum ! Le poëme latin Fulmen in Aquilam, est un récit héroïque des exploits du roi de Suède, Gustave Adolphe; il est divisé en 12 chants, auxquels Jollivet a donné les noms de ictus primus, ictus secundus, etc... Le frontispice gravé représente Gustave Adolphe lançant la foudre sur un aigle déjà renversé. Les pièces liminaires du volume se composent d'une épitre dédicatoire à Oxenstern, grand chancelier du royaume de Suède ; d'une anagramme sur les noms Axelius Oxensternius, qui fournissent au poète ces mots : Si non rer, es velut axis, d'un avis au lecteur, et de plusieurs pièces de vers latins, écrites par divers auteurs, à la louange d'Euvertre Jollivet.

A la fin du volume, on lit un acrostiche assez bizarre sur Gustavus Adolphus magnus. Cette pièce se compose entièrement de noms de lieux; et chaque vers est formé de mots commençant tous par la lettre correspondante de l'acrostiche. Voici, pour exemple, les deux premiers vers :

Germani, Gripsvald, Glaugauvia, Gottha, Grisemberg,

Vindelici, Vverben, Vvenden, Vvitbergia, Visurgis. Ce poëme est le seul livre que Jollivet ait fait imprimer. 1 écrivit cependant un gros volume en françois, sur l'histoire de Suède. Le manuscrit est conservé dans la bibliothèque d'Upsal. D'autres ouvrages sur divers sujets sont restés inédits, et ils étoient encore, en 1701, entre les mains de son fils, Euvertre Jollivet, réfugié en Angleterre.

247. LOCHER In hoc libello Jacobi Locher philomusi

suevi infrascripta poematia continentur ; Epiodion de morte Plutonis et Dæmonum; Encomium paupertatis; Carmen de pace, cum variis epigrammatibus et elegidiis; Nuthesiæ tres moralia precepta continentes, e Græco Phocylidæ ad latinos elegos traductæ. (Augustæ, Silv. Othmar, 1513); 1 vol. in-4........... 35–» Jacques Locher, surnommé Philomusus, né en 1470, à Ehingen (Souabe), fit une partie de ses études en Italie, et enseigna la poésie et la rhétorique à Fribourg, à Bâle et à Ingoldstadt, où il mourut en 1528. L'empereur Maximilien lui décerna la couronne poétique. La Société littéraire du Rhin, fondée par Conrad Celtis, reçut Locher au nombre de ses membres. Les biographes citent 42 ouvrages de ce poète, et la liste n'est pas complète.

Ce recueil de poésies latines est très rare. Le poëme intitulé : Epiodion de morte Plutonis, est une satire de mours fort originale. L'auteur entre ainsi en matière : « Applaudissez payens, applaudissez mahometans, applaudisses chrétiens : Pluton est mort. Les tourments infernaux n'existent plus; les portes du Tartare sont fermées. La probité qui règne aujourd'hui sur la terre a opéré cette grande révolution. » Puis, le poète décrit les vices et les mauvaises moeurs qui souilloient le monde, et dont le monde s'est complètement corrigé. C'est une curieuse revue des meurs du xve siècle. On y trouve des détails intéressants sur les riches vêtements et les bijoux précieux que les femmes affectionnoient; sur les mets recherchés dont se repaissoient les gourmands, sur le luxe des habitations, etc.

L'Eloge de la Pauvreté est un de ces paradoxes que les écrivains du XVje siècle aimoient tant à développer,

La pièce suivante, Carmen in pace, est relative à la guerre qui eut lieu, pendant l'année 1504, entre Philippe, comte palatin du Rhin, et Albert, duc de Bavière. La paix fut rétablie en 1505.

Le poëme grec de Phocylide fut publié pour la première fois, en 1502, par Alde Manuce, qui le traduisit mot à mot en latin. C'est pourquoi Locher dit dans sa préface : Hec autem quicumque lecturus, gratias agat Phocylidi qui peperii, Aldo qui primus in lucem edidit, Philomuso qui ad numeros latinos redegit. Voici de plus, une épigramme de Locher sur le même sujet :

Decastichon pro Aldo Manutio Romano.
Germanus cecinit greco quod carmine scripsit

Phocylides : Aldo laus tribuenda prior,
Qui Danaum disquirit opes, passimque latentes

Contrahit auctores, conspicuosque sophos;
Qui modo cecropias reparat studiosus Athenas;

Qui serit in latio grammatica rara solo.
Transtulit ad verbum primus sermone latino

Phocylidis carinen : ine labor alter habet,
Ex greco nostroque simul traduximus istos

Exiles numeros. Alde diserte, vale.
Nous signalerons encore deux épigrammes De decentiá barbæ, et an
Herastichon adressé à l'imprimeur Sylvain Othmar.

Au bas de la première page de ce volume, à la fin de l'Éloge de la Pauvreté et des Epigrammes, on lit la devise de J. Locher : Dii benè vortant. Cette devise est inexactement citée dans la Biographie universelle. En écrivant vertant au lieu de vortant, les rédacteurs de la Biographie univers. ont oublié ce vers de Térence : Di vortant benè, quod agas! Que les Dieux fassent réussir ton projet!

248. Meier. Ex Antonii Meieri threnodiâ illustrium ali

quot virorum epicedia et tumuli, cum quatuor hominis novissimis. Rigiaci Atrebatium, ex offic. Gulielmi Riverii, 1592; 1 vol. in-4................. 36––»

Rare. Antoine Meier, originaire de la Flandre, naquit en 1527 ; il étudia à Bruges et à Ypres, puis à l'Université de Paris : professeur à Cambrai dès l'âge de vingt ans, il se fixa plus tard à Arras, où il enseignoit encore en 1592.

Ce recueil de poésies latines, dédié à Jean Sarrasin, abbé de Saint-Waast d'Arras, est l'æuvre de la vieillesse de Antoine Meier. Il se compose uniquement d'Éloges funèbres et d'autres sujets du même genre, tels que Descriptio mortis, Judicium universale, Infernus, hominis novissima, ete. Les Éloges se rattachent à l'histoire d'Artois, et sont d'autant plus intéressants qu'ils retracent la vie et les actions des personnages notables qui figurent dans cette galerie funèbre. Voici quelques noms que nous avons remarqués : Richardot, évêque d'Arras ; Jérome Rusaldus et Roger de Montmorency, abbés de Saint-Waast; Wolerand Hangouart, aumônier de l'empereur; Phil. Marius, doyen de Cambrai, aumônier de la reine de Hongrie; Ant. de Louse, sénateur d'Arras; Guill. de Hangouart, président du conseil impérial à Arras; Pierre de Mont-Saint-Éloi, conseiller provincial de l'Artoiş; Phil. de Beaufort, chef de la noblesse de l'Artois; Charles comte de Lalain, etc....

Sept pièces de vers latins, écrites par divers auteurs en l'honneur d'Ant. Meier et de son ouvre, suivies d'un Index, forment les liminaires du Folume. On voit sur le titre une jolie marque de l'imprimeur. · N'oublions pas qu'on trouve (p. 82), une paraphrase poétique de l'hymne Te deum laudamus, par Philippe Meier, fils d'Antoine, auteur d'une Histoire de Belgique. Nous ajouterons que les poésies d'Ant. Meier sont parsemées d'anagrammes, compositions trop souvent ridicules et remises à la mode au xvie siècle, par Jean d'Aurat, le poète royal de Charles IX.

249. MONTE (Joh. de). Exultatio fratris Jo. de Monte pari· siensis minoritae pro fætu Claudiae illustrissimae fran

corum reginae, ad Simonem Sicaldum parisiensem in

colam de mathematicis disciplinis benemeritum. S. 1. - ni d. (1518); pet. in-8, lett. rondes......... 24—

On lit sur la garde de ce petit volume : A very curious historical tract. presumed 10 be unique. Pièce historique très curieuse et peut-être unique. Nous partageons complétement l'opinion du bibliophile anglois. En effet, ce sont des vers de circonstance, qui ont dû être imprimés à la hâte et tirés à un très petit nombre d'exemplaires; aussi le typographe n'a-t-il point attaché son nom à un opuscule dont l'impression négligée auroit nui à sa réputation.

Quant à la date de la publication, nous croyons pouvoir la préciser. Le fr. J. de Monte prédit que la reine Claude accouchera d'un fils :

Rosida labra gerens mixto candore nitescis,
Est rubor in vultu mas ita ventre latet.
Mas latitat speres quamvis nova sæpius ætas
Obstiterit.

Il ajoute que François ser doit espérer une nombreuse lignée :

Huic pia multiplicem promittunt numina prolem,

Nam quocumque anno Claudia ventre tumet. Enfin, il désire que cet enfant porte le nom de François :

Et precor ut patris dicaris nomine Francus,

Nam Francis quadrant nomina Franca tuis.
Vient ensuite une autre pièce composée de douze vers latins :

Applausus ejusdem de puero nato secundum spem ipsius,
Nascitur ecce puer gallo victurus in orbe,

Sceptra paterna petens nascitur ecce puer. Les autres distiques commencent et finissent, comme celui que nous venons de citer, par les mots nascitur ecce puer.

Le poète a peut-être composé cette prophétie après l'événement ; quoi qu'il en soit, ce petit poëme de 126 vers avec l'applausus, a dû être publié immédiatement après la naissance du fils de la reine Claude. Or, il s'agit évidemment de François, dauphin, mort de poison en 1536, car le fr. de Monte dit que la reine n'avoit encore eu que des filles :

....... quamvis nova sæpius ætas Obstiterit. Et il n'auroit pu proposer de donner à cet enfant le nom de François, s'il eût été question de Henri II ou de Charles, nés tous les deux pendant que leur frère aîné vivoit encore. - Voici, d'après le P. Anselme, la date de la naissance des quatre premiers enfants de François ser et de la reine Claude. Louise, née le 19 août 1515; Charlotte, née le 23 octobre 1516 ; François, né le 28 février 1517 ; Henri, né le 31 mars 1518. On s'aperçoit facilement que le dauphin François n'a pu naître le 28 février 1517, puisque sa soeur Charlotte étoit née le 23 octobre 1516. Il faut observer qu'à cette époque, l'année commençoit à Påques, et qu'ainsi le 28 février 1517 étoit le 28 février de l'année 1518. L'ou. vre poétique du fr. J. de Monte, peut donc être datée de la fin du mois de février 1518.

Nous saisissons cette occasion pour prévenir nos lecteurs que la plupart des historiens, tels que le P. Anselme,'le prés. Hénault, Anquetil, etc., ont inexactement fixé la naissance de Henri II au 31 mars 1518; il faut lire le 31 mars 1519. Cette erreur existoit dans les premières éditions de l'Art, de vérifier les dates ; elle a été corrigée dans la dernière. 250. MYNSINGERI (Joachimi). Dentati à Frundeck, Neccha

rides, et alia poemata. Basileæ, 1540; 1 v. in-4 r. 30-». • Joachim Mynsinger, jurisconsulte et poète latin, naquit dans le Wurtemberg en 1514, avec une dent, ce qui lui valut le surnom de Dentalus. Il fit ses études à Padoue, et voyagea en Italie et en France pendant cinq ans environ. Il vint ensuite se fixer à Fribourg en Brisgaw, puis à Stuttgard. Mynsinger mourut en 1588.

Ce recueil de poésies qu'il fit imprimer à Bâle en 1540, c'est-à-dire à

« PoprzedniaDalej »