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bés en désuétude, à plus juste titre je donnerai ce nom aux amateurs des antiquités de tout genre, qui fouillent avec tant de zèle la terre et les monumens. Les Grecs, dont la langue est plus riche et plus féconde, emploient un mot qui rend mieux la pensée : quapzalous (c'est-à-dire archéophiles).

» Ayant donc appris par d'autres et par moi-même que les statues des hommes célèbres vous plaisoient beaucoup, je me suis livré entièrement à cette recherche, et j'ai passé trois mois à explorer les anciens monumens; mais les statues que j'ai recherchées sont d'une espèce différente et d'une plus grande valeur que celles qui vous sont offertes chaque jour, sussent-elles en or, fussent-elles ennoblies par la plus haute antiquité. En effet, on ne peut tracer l'image complète d'un homme qu'après l'avoir examiné sous ses deux faces , le corps et l'esprit; et j'ai pensé que les œuvres qui dévoiloient la beauté et la vigueur de l'esprit vous seroient encore plus agréables que les auvres qui représentent seulement la beauté des traits et la vigueur du corps..... »

« ....Dès que j'eus pris la résolution de rechercher les anciens écrits des hommes pieux et savans, je commençai à visiter les monastères qui possèdent les plus antiques collections de livres. »

Gagnée raconte ensuite que s'étant rendu à Dijon, il fut informé que l'abbaye de Saint-Benigne possédoit une très-ancienne bibliothèque composée de bons livres. On lui permit de la visiter, et, au milieu de la poussière inouïe sous laquelle cette bibliothèque étoit enfouie, il découvrit plus de trente volumes de piété et de science, complètement inconnus jusqu'alors, et entre autres les poëmes d’Alchimus Avitus. Il en transcrivit le premier livre et l'adressa au cardinal de Lorraine, ami des lettres et protecteur zélé des savans. Celui-ci jugea que ces poésies religieuses seroient favorablement accueillies par le roi, et les lui présenta. Gagnée, ayant reçu de François Ier l'assurance qu'il accepteroit avec plaisir la dédicace de son livre, et ayant obtenu un privilége, songea qu'il existoit peut-être à Vienne d'autres opuscules du même auteur. Il pria l'archevêque de faire faire des recherches à ce sujet; mais on ne trouva dans les bibliothèques de ce diocèse que les fragmens d'une homélie et trois lettres de papes. Gagnée vint alors à Lyon pour surveiller l’impression de ces divers ouvrages. Tandis que les poëmes d'Avitus étoient sous presse, il sut que le monastère de l'île Barbe renfermoit une bibliothèque fort remarquable. Il s'y rendit, et c'est là qu'il découvrit l'Histoire de la Genèse, de Cl.-M. Victor. Il crut devoir la joindre à l'æuvre d'Avitus, attendu que ces deux poëtes avoient travaillé sur des sujets à peu près semblables.

Il résulte de cette épître dédicatoire que François (er étoit un amateur fort distingué des médailles, des statues et des autres monumens antiques; que ce goût passionné pour l'archéologie s'étoit communiqué aux courtisans, qui recherchoient avec soin tous les objets d'antiquité qu'ils s'empressoient d'offrir au roi; que celui-ci acceptoit ces nombreux présens et les payoit fort généreusement. Après avoir lu le texte latin de cette dédicace, que nous avons très-librement et très-incomplétement traduite, on reconnoîtra que François Ier imprima une telle impulsion aux recherches archéologiques et bibliographiques que, ne sachant comment désigner ceux qui se livroient en si grand nombre å ces recherches, on fut obligé de leur appliquer le nom d'antiquaires, expression dont Gagnée nous fait connoître l'origine. Il auroit désiré substituer au mot antiquaire celui d'archéophile ; mais il n'osa l'employer. Ce mot nous plairoit beaucoup, à nous qui ne craignons pas de faire à la langue grecque les emprunts qui nous paroissent utiles. Or, archéologue, archéologie, archéographe, archéographie, forment une série de mots qui ne peut être complète qu'en y ajoutant archéophile, et plus tard archéophilie. En effet, les archéologues et les archéographes sont des savans; les archéophiles ne sont que des amateurs qui peuvent se dispenser de travailler et d'écrire, sans perdre le droit de porter ce titre. C'est ainsi que bibliophile n'est point synonyme de bibliographe. Plus hardis que Gagnée, nous vo

tons pour l'admission du mot élégant archéophile dans le dictionnaire du monde savant.

C'est encore à Gagnée que nous devons l'attribution du mot métallique aux effigies empreintes sur les anciennes monnaies: qui reçurent, dans notre langue, le nom de médailles. Au surplus, ce mot n'est point tombé en désuétude : tous les savans connoissent les histoires métalliques.

L'épître dédicatoire nous apprend, en outre, que les poésies d'Avitus furent découvertes à Dijon, dans l'abbaye de SaintBenigne ; l'homélie d'Avitus et les lettres des papes Pie I et saint Corneille, dans les bibliothèques du diocèse de Vienne; les poëmes de Cl.-M. Victor, dans l'abbaye de l'Ile-Barbe, et que ces divers ouvrages furent imprimés pour la première fois, à Lyon, en 1536, sous la surveillance de l'éditeur. C'est sans doute l'unique édition de ce recueil.

Ap. B.

Terentius comico carmine. – P. Sexti Terentii Afri

poetæ comici lepidissimæ comcediæ ; cum Ælii Donati grammatici examinata intrepretatione (sic) finiunt. Insuper addita est Calphurnii in Heautontimorumenon Terentii accurata expositio. Impressum in nobili helueciorum urbe Argentina per Joannem Grüninger mira etiam arte ac diligentia. Anno MCCCCCIII.xv kalendas aprilis, 1 vol. in-fol.

Jean Reinhart, dit Grüninger, imprimeur et citoyen de Strasbourg, publia trois éditions de Térence en 1496, 1499 et 1503. Prospert Marchand (Dict. hist.) et M. Brunet (Man. du lib.) ont parlé de ces trois éditions, ainsi qu'il suit :

(Dict. hist., t. 1, p. 290). Terentii comediæ vi cum directorio vocabulorum, etc... Impressum in imper. ac liberá urbe · Argentina, etc...; 1496, in- fol., caract. gothicis.

(Ibidem). Terentii comediæ, etc., ut suprà : Argentorati, per Joh. Grüninger, 1499, in-fol.

(Ibidem). Terentius, etc., ut suprà. Argentorati, per Joh. Grüninger, 1503, in-fol.

(Man, du lib., t. iv, p. 417). Terentius, cum directorio vocabulorum, etc., 1496, in-fol.

« Édition rare et remarquable à cause des nombreuses graa vures en bois, très singulières, qu'elle contient. Les pages a sont chiffrées, mais dans le plus grand désordre. M. Dibdin, « Bibl. spenceriana, t. II, p. 426-38, a donné une description « très étendue de ce livre, auquel il paroît attacher beaucoup « d'importance, puisqu'il a fait copier une partie des gravures « qui s'y trouvent. Grüninger a fait paroître en 1499 une autre « édition in-fol. de Térence avec les mêmes gravures. Les « mêmes planches figurent encore dans l'édition de Strasbourg, « Grüninger, 15 kal. Avril, 1502 (lisez, 1503), in-fol. »

Pr. Marchand a commis une erreur en annonçant l'édition de 1496, impress. caracter. gothicis, et les deux autres ut suprà. Elles sont toutes imprimées en caractères ronds, d'un wil différent pour le texte et pour les commentaires.

L'édition de 1496 est rare, mais nous croyons que celle de 1503 est encore plus rare. En effet, Pr. Marchand et M. Brunet ont vu la première, tandis qu'ils n'ont point vu la seconde. D'après les deux ouvrages estimés que nous venons de citer, on doit penser que l'édition de 1499 et celle de 1503 ne sont que des réimpressions de la première datée de 1496. Cependant, il n'en est pas ainsi, surtout pour l'édition de 1503. Une courte description suffira pour faire connoître les notables différences, qui les distinguent l'une de l'autre. Le seul point de ressemblance qui existe entre elles, consiste dans les gravures dont elles sont ornées : ces figures se présentent en nombre presque égal dans les trois éditions, et offrent très peu de variantes.

Le frontispice gravé occupe entièrement la première page, et laisse à peine une place suffisante pour l'impression du titre. Ce beau frontispice représente un théâtre. Au surplus, on ne sauroit s'y méprendre : le graveur a écrit au milieu de la ligne inférieure le mot theatrum. Ce théâtre se compose de deux balcons superposés et remplis de spectateurs : édifice soutenu par des colonnettes et surmonté par des clochetons, le tout d'un style riche,'connu sous le nom de gothique fleuri. Au dessous on voit la scène garnie de six personnages, ainsi que les loges où se retiroient les acteurs. Mais comme la grayure a été faite pour ceux qui ouvrent le volume, il en résulte un inconvénient. Les acteurs tournent le dos aux spectateurs, et les loges qui devroient être reléguées au fond de la scène, se trouvent placées sur le devant.

Le titre de l'édition de 1496 est imprimé sur la marge supérieure du frontispice en cette forme :

TERENTI CŨ. ...?

Vocabulorú
Directorio ... Sententiarũ

! Artis comice
Glosa iterlineali

( Donato Comētariis. ..3 Gvidone

Ascensio

Le titre de l'édition de 1499 est le même que celui de 1496; mais il est imprimé dans la marge inférieure.

Enfin, le titre de l'édition de 1503 diffère complètement des deux autres et se compose de trois mots rangés sur une seule ligne :

TERENTIUS COMICO CARMINE Il suffit donc de jeter un coup d'oeil sur le titre pour reconnoitre sur-le-champ à quelle édition il appartient.

Chaque scène est précédée d'une espèce de tableau gravé sur bois, où figurent les personnages qui vont jouer. Ces tableaux de 16 cent. de large sur 75 millimètres de haut, varient selon

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