Obrazy na stronie
PDF
ePub

derniers actes de ce pouvoir, en France, sont les bulles de Sixte V et de Grégoire XIV, fulminées contre Henri IV.

JUSTIFICATION DU VOL, DU MEURTRE, etc. Ad illud quod (Deus) præcepit filiis Israel ut asportarent bona Ægyptiorum, non præcepit furari : quia furtum est acceptio rei alienæ invito domino; sed quia Deus est dominus omnium, ideò præcepit filiis Israel ut asportarent bona sua ipsius Dei quæ usque ad illud tempus concesserat Ægyptiis ; et sic bona sua et non Ægyptiorum jussit asportari. Quæ dicta non sunt mala in se.; tamen sequendo doctrinam S. Thomæ aliter et meliùs dicendum est. Deus potest separare culpam et malignitatem ab operibus, et sic separando malum a rebus, potest facere illas esse bonas..... Potest eliam facere quòd ista persona non peccet, sed mereatur occidendi innocentem, aut quòd quis possit uti tali muliere sine peccato (p. 10). Vous vous plaignez d'être volé! Allons donc ! « Soyez sans inquiétude, « Monsieur, vous dira très poliment votre voisin. Je peux, sans « me compromettre, vous avouer que c'est moi qui vous ai u enlevé fort adroitement, ma foi ! votre bourse et son contenu. « Ne criez point au voleur ; écoutez plutôt mon raisonnement : « Dieu est le maître de toutes choses. Vous en convenez. Très « bien. En conséquence, il est le propriétaire réel de votre « bourse, dont il a bien voulu vous accorder l'usufruit jusqu'à « ce jour. Je me suis donc emparé d'une chose appartenant à « Dieu, et non pas à vous. Si vous trouvez mon action mau« vaise, vous avez tort. J'en atteste saint Thomas d'Aquin, « l'ange de l'école, et Thomas Elysius, son disciple. Ils vous << prouveront, Monsieur, que Dieu peut, quand il lui plait, « diviser chaque action de l'homme en deux parts : l'une con« tient la méchanceté et le crime ; l'autre, l'action pure et le simple qui, alors, devient bonne. Je crois fermement que « Dieu me fait la grâce de couper ainsi mes actions, et ma « conscience est tranquille. » Le volé, émerveillé d'une si belle doctrine, présente humblement ses excuses au voleur.

L'ÉGOÏSME ÉRIGÉ EN PRINCIPE.

..... Proximum tuum ama sicut teipsum. Sciendum quòd S. Thomas et magister sententiarum dicunt quòd per seipsum non intelligitur quòd homo teneatur amare proximum tantùm quantùm amat seipsum, æquè fortiter, et æquè forti animo, et eodem affectu quemadmodum diligit seipsum. Nam secundum ordinem charitatis, unusquisque tenetur magis sibi ipsi quàm aliis, et per consequens tenetur magis et plus se amare quàm proximum (p. 16), c'est-à-dire, Charité bien ordonnée commence par soi-même.

APOLOGIE DU MENSONGE,

Homo non tenetur dicere omni homini omnem veritatem aut semper. Traduction libre : La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée. Hic modus loquendi cum sit sine intentione decipiendi, sed cum intentione et voluntate conservandi se illæsun et gratia conservandi bona sua, non est proprie mendacium. Avis aux débiteurs : ils peuvent nier leurs dettes, sans craindre de compromettre leur salut; car hic modus loquendi cum voluntate conservandi bona sua, non est proprie mendacium. A l'appui de cette proposition, notre casuiste donne un exemple que nous citerons sans commentaire : Cùm quis vellet opprimere vi aliquam personam, vel illå abuti, potest dicere se pati talem infirmitatem contagiosam, et morbum gallicum, et his similia (p. 89).

APOLOGIE DES MEURTRES JURIDIQUES.

Quæritur an judex semper peccet mortaliter condemnando ad mortem eum quem scit esse innocentem? Ad hoc dicimus quod si judex judicat secundum allegata et probata, et priùs fecerit quod in se est, non peccat mortaliter judicans quem scit esse innocentem ; nam, ut judex, scit illum esse reum quando ducitur judicandus coram eo accusatus, et quod illi imponitur, probatur per testes sufficientes et idoneos ; sed scit illum esse innocentem, ut homo, et talis homo, ut est persona particularis, quæ ut sic nullam habet potestatem super accusatum... Tunc non judex, sed testes interficiunt innocentem (p. 70). Après avoir écrit cette atroce argumentation, le frère Elysius s'est aperçu qu'il venoit d'absoudre Ponce-Pilate ; aussi s'est-il empressé d'ajouter : Pilatus non fuit excusatus, quia non adhibuit diligentiam ad inveniendam falsitatem testium quos sciebat, ut persona particularis, esse falsos et mendaces. Mais tout juge qui sait qu'un accusé est innocent, sait aussi que les témoignages invoqués contre lui sont faux; et s'il ne peut parvenir à confondre les témoins, ll ne lui restera donc plus qu'a sanctionner un asssassinat. Puis, ce juge, abrité derrière des paradoxes théologiques, dormira paisiblement et sans remords, après avoir murmuré peut-être, en déposant sa toge : Quel malheur! ces faux témoins ont tué un innocent!

Nous pourrions citer encore divers passages, fort curieux. mais il est temps de clore cette Notice. Nous ajouterons cependant que, dans la table des matières, placée au commencement du volume, on lit une question ainsi conçue : An Papa, si haberet uxorem, teneretur reddere debitum ? Cette proposition téméraire a été, sans doute, censurée et supprimée avant l'impression complète du livre, car elle n'existe pas dans le texte, Au surplus, des sujets aussi scabreux sont traités in extenso et avec une profonde connoissance des choses, dans les chapitres consacrés au sixième commandement de Dieu (p. 74 et suiv.), et au septième péché capital (p. 427 et suiv.).

Ap. B.

DESCRIPTION DE LA SOURCE D'ERREUR, de ses maux et

des remèdes qui luy sont propres, par Arnauld Sorbin, théologal de Toulouse, et prédicateur du Roy. Paris, Guill. Chaudière, 1570, petit in-8°. (Voir le Catalogue à la fin de cette livraison.)

Arnauld Sorbin, l'un des écrivains les plus féconds de la fin du xvie siècle, est aujourd'hui oublié, presque inconnu. Cependant ses talents oratoires ne méritoient pas cet oubli. Prédicateur des rois Charles IX, Henri III et Henri IV, il prononça dans la cathédrale de Paris, les oraisons funèbres des personnages les plus illustres de son temps. Il prit une part active aux troubles religieux de son époque, entra dans la Ligue, et, ardent ennemi de la réforme, il composa contre les calvinistes plusieurs ouvrages en prose et en vers. Arnauld Sorbin fut nommé évêque de Nevers le 22 juillet 1578, et mourut en 1606 à l'âge de soixante-quatorze ans.

La Description de la source d'erreur, discours ou plutôt songe théologico-poétique, est dédiée aux princesses Louise de Bourbon, abbesse, et Éléonore de Bourbon, grand'prieure de Fontevrault; cette épitre, datée d'Orléans le 6 décembre 1569, est précédée de deux distiques latins adressés à l'auteur par F. d'Amboyse.

Quelques citations sufffiront pour faire connoître le style du poète et le goût de son époque. Voici le début de l'ouvrage :

Au matin quand Phæbus ses clairs heraults enuoye
Annoncer son retour et tapisser la voye
D'un air gay et riant, ie sommeloy un iour. .....

Nous signalerons les deux passages suivants qui nous paroissent être dignes de remarque :

u...........: que si on vous assault

.

« Chacun de mes cheueux, cent mille soldats vault. « Ne sont-ils des serpents ? Voyez-vous comme ils sifflent ? »

Ce dernier vers ne rappelle-t-il pas involontairement celui-ci :

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? « Et Guyse leur rendit, à ce coup (1), plus du tiers « De mal qu'il n'en eut d'eux, assiégé dans Poictiers, « Où il leur fit toucher, que des princes l'aage « Ne desrobe, iamais, la grandeur du courage. » C'est la même idée qui a inspiré ces beaux vers de Corneille :

A des âmes bien nées,
La valeur n'attend pas le nombre des années.

On peut encore lire avec plaisir des vers tels que ceux-ci :

« Me voyant donc, ainsix, si rudement traitée,
« Dépourueüe d'amis, et loing de ma contrée,
« Pleuré-je sans raison ? N'ay-ie pas argument
« De me plaindre, parmy un si rude tourment?
« Que t'en semble (Sorbin) dy-moi, ie te supplie,
« Si ie suis sans raison de tant de pleurs saisie :
« Et si ie n'ay pas lieu d'abandonner ça bas
« Tant de mauuais chrestiens, tant de grands apostats,
« qui ayment plus leurs biens et richesses mortelles,
« Que toutes mes beautez, ou autres choses telles,
« Et qui feroyent à Dieu quittance de son bien
« Céleste, pour iouir du leur, las ! qui n'est rien. »

Mais il faut être juste envers nos lecteurs et leur montrer que notre poète n'avoit point répudié les idées et les expressions de son siècle. Voici donc nos dernières citations :

«.......... Luther, mon grand fidelle
« (Qui de ma vérité alluma la chandelle
(1) A Montcontour.

« PoprzedniaDalej »