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que le grand écrivain a toujours et infailliblement apportées à tout ce qu'il a dit, fait ou écrit.

Une seule particularité mérite une mention spéciale. Le futur académicien n'osant espérer que le titre d'érudit et d'écrivain eût un accès facile à la cour, a cru devoir joindre à son nom, pour cette fois, son titre de chevalier.

Il est très rare, en effet, de le trouver dans sa correspondance. J'ajouterai qu'avec des courtisans du caractère de M. le duc de Fitz-James et de M. le baron de Vèze cette précaution devenoit vraiment la précaution inutile, — pour ajouter un re- » frain au vaudeville du Barbier de Séville.

Je possède une autre lettre de Ch. Nodier. C'est un simple autographe grammatical, une leçon de françois à trois sous le cachet, — taxe de la poste, — comme le bon et savant linguiste se plaisoit à en donner à tous les curieux qui trouvoient commode de le prendre pour une édition vivante du Dictionnaire de l'Académie.

Celle-ci, datée du 16 juillet 1841, est adressée ^

« A M. S , employé à la marine.

« Monsieur, je m'empresse de répondre à la question que t vous me faites l'honneur de me soumettre. On ne peut pas dire « en style soutenu une compagnie partante, marchante ou com

t battante, l'expression n'est pas françoise mais employée

« comme terme technique, elle est fort tolérable et je ne crois « pas qu'elle puisse être blâmée.

« Veuillez agréer, etc.

< Charles Nodier. >

Ce M. S avoit sans doute fait un rapport sur une compa

pagnie d'infanterie de marine partante pour quelque contrée lointaine, ce qui lui avoit valu, de la part de son chef de bureau , uffe bonne réprimande.

N'y a-t-il pas lieu de croire ici que l'excellent Nodier n'a

trouvé cette excuse déguisée en terme technique que pour faire

rentrer ce pauvre M. S dans les bonnes grâces de ses

supérieurs! Avouez qu'il en étoit bien capable.

Albert De La Fizelière.

CORRESPONDANCE BIBLIOGRAPHIQUE

DU BULLETIN DU BIBLIOPHILE.

Monsieur l'Éditeur,

Vous avez dans le numéro de décembre de votre Bulletin, donné la note des prix auxquels se sont élevés, à la vente Renouard, quelques volumes précieux ; ces détails intéressent fort les bibliophiles étrangers ou de la province, qui ne savent guère ce qui se passe aux enchères parisiennes. Si mon pauvre ami Dibdin, l'auteur de cette Bibliomania que vous connoissez bien, vivoit encore, quelle ne seroit pas son extase en contemplant la généreuse ardeur dont la dispersion des livres de l'historien des Aide et des Estienne a fourni des exemples ! Le feu sacré n'est pas mort, puisqu'on paie 1,305 fr. une Bible in-12, puisque les Grandes croniques du géant Gargantua arrivent au prix gigantesque de 1,825 fr.!

L'admirable Manuel du Libraire, de M. Brunet, nous offre le moyen de connoître quel avoit été jadis, dans d'anciennes ventes, le sort de plusieurs de ces volumes qui avoient trouvé place chez M. Renouard. J'ai pensé qu'il ne seroit pas inutil* de placer ici un aperçu de ce relevé que personne n'aura sans doute pris la peine de faire. L'accroissement de la valeur de ces livres d'élite est chose notable.

No 1. Biblia latina, 1540, 299 fr., vente Renouard; 48 fr., vente Soubise.

5. Biblia Coloniœ, 1630, in-12, 1,305 fr. — 70 fr., vente d'Ourches.

165. Carranon, 1633, 50 fr.; — 1 fr. 50, vente Sanlander.

798. Nonius Marcellus, 1583, 60 fr.;—6 fr., vente Soubise.

951. Carmina norem..., 1568, 49 fr. ;—24 fr., vente Soubise.

1236. Dramata sacra, 1547, 80 fr.;— 29 fr., vente Soubise.

2305. Erasmi Adagia, 1520, exemplaire deGrolier, 1,720 fr.; — 250 fr. en juin 1814.

2973. Recueil de Mazarinades, 1,590 fr.;—393 fr., vente La Vallière.

Je pourrois citer d'autres exemples, mais ceux-ci suffisent. On voit que M. Renouard n'avoit pas mal placé son argent, et assurément la hausse sur les raretés bibliographiques, sur les exemplaires de choix n'est pas à son terme.

Avant de finir, permettez-moi encore un mot. La Notice de M. Chasles sur le Satyricon, est fort curieuse, mais le livre n'est pas unique, comme l'ingénieux critique croit pouvoir le supposer. Bien que je ne l'ai jamais cherché, j'en ai rencontré deux exemplaires; l'un d'eux figure au catalogue des imprimés de la Bibliothèque de la ville de Bordeaux.

Agréez, etc.

Dom Catalogus.

ANALECTA-BIBLION

(livres Anciens).

Philalethes.—in-4° de 16 ff., s. 1. n. d., goth., avec signât., non pag. (Edit. du XVe siècle).

L'auteur de cet opuscule est Mafleo Vegio, poète latin distingué, né à Lodi en 1406, et mort à Rome en 1458. L'ouvrage le plus estimé de Vegio est Enaidos supplementum, imprimé pour la première fois dans l'édition de Virgile de 1471, et reproduit dans un grand nombre d'éditions postérieures du XV* siècle, du XVI' et même du XVII*. Outre ses poésies latines, Vegio composa plusieurs traités de morale, et fournit encore quelques articles aux auteurs des Acta Sanctorum; sa Vie, écrite par le P. Conr. Janning, est insérée dans l'appendix du mois de juin, t. U,

Le Philalethes est un dialogue satirique, en prose latine, contre la corruption des mœurs au XV siècle. La Vérité , chassée et rudement maltraitée par les hommes, cherche un asile au milieu des montagnes les plus abruptes; c'est là qu'elle rencontre Philalethes qui, lui-même, victime de son amour pour la vérité, s'est réfugié dans ces lieux inaccessibles. Un long dialogue s'établit alors entre ces deux personnages. La Vérité raconte ses pérégrinations au travers des diverses classes qui composent la société. Elle décrit les outrages que lui ont fait subir les matelots, les laboureurs, les prêtres, les marchands, les femmes, les artisans, les médecins, les avocats, etc.... Ce qui constitue la bizarrerie du récit, c'est que l'auteur suppose que tous s'empressent de jeter à la tête de la Vérité les instruments et les ustensiles dont chaque profession fait usage. Ainsi les matelots l'accablent sous le poids des ancres, des gouvernails, des antennes, des avirons, etc.... ; les prêtres lui lancent des bréviaires, des encensoirs, des candélabres, des lampes, des vases sacrés, et même des éteignoirs; les femmes la poursuivent et cherchent à la blesser avec des fuseaux, des rouets, des aiguilles, des vases de toute espèce, des pierres précieuses, des ornements de tête, etc., etc. A la fin du volume, on trouve une table explicative des noms d'instruments cités dans le dialogue. Cette table occupe cinq feuillets et demi, imprimés à deux colonnes.

Cet opuscule a été traduit en françois sous ce titre : Le Martyre de Vérité, dialogue de Lucian. Lyon, Fr. Juste, in-16.

Quoique Vegio eût été nommé par le pape Eugène IV, secrétaire des brefs, puis dataire et chanoine de Saint-Pierre, il inséra cependant dans son Philalethes une violente satire contre les prêtres. J'en citerai quelques passages qui serviront à faire connoître le style de l'auteur et le plan de ce curieux ouvrage:

...... Placuit mihi hec exterior vite eorum facies... Cupiens

« que in eorum strictiorem venire familiaritatem, introivi in« contanter secretos etiam eorum thalamos, ubi pretereo que « viderim singula exterioribus minime interiora respondentia. '• Sed id saltem non omittam qui attrectantes frequenter lecti» tantesque breues quosdam codices, a quorum breuitate nomen « etiam illis consonum indiderunt; concitato quodam et pre« rupto oris. motu ferebantur, biblientisque instar amphore H multa magis quasi obmurmurabant quam proferebant. In qui« bus quantum conjectura carpere potui, diuinas quas supra « memoraui pactiones atque inuocationes faciebant. Sed neque '< ego que'dicerent facile accipiebam; neque ipsi, utarbitror, « plane intelligebant; et si qua erant que percipi possent, ea « tantum erant nescio que verba titubata que magna cum la

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