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lité de chevalier du Saint-Esprit, il étoit obligé de réciter chaque jour certaines prières. Les chevaliers de cet ordre en contractoient l'obligation formelle à l'époque de leur admission; mais il étoit permis d'y substituer le Bréviaire, et c'étoit ce dernier parti qu'avoit pris depuis longtemps M. le duc de Pentbièvre. Les prières du Bréviaire offroient à sa ferveur une variété capable de la soutenir, et le faisoit échapper à la fatigante nécessité de répéter tous les jours de la semaine les niêmes psaumes et les mêmes formules; cependant, il crut qu'un Bréviaire adapté aux besoins et aux devoirs des laïcs seroit plus propre à nourrir sa piété que le Bréviaire destiné aux prétres. En conséquence, il s'adressa à quelques personnes assez savantas pour entreprendre un tel ouvrage qui exige du goût et une étude approfondie de l'Écriture-Sainte. J'ignore s'il avoit parlé de son projet au marquis de Florian, mais cet ingénieux et charmant auteur m'a dit lui-même, qu'il s'en étoit réellement occupé; et qu'il avoit fait un Bréviaire en un seul volume. Le nom de l'auteur décria la composition dans l'esprit du prince, qui refusa d'en prendre connoissance; et dans la vérité, quoique son respect inaltérable pour la vertu et la religion lui eût valu parmi ses confrères le surnom de capucin de l'Académie, cependant son caractère personnel et le ton de ses autres écrits, ne pouvoient inspirer de confiance pour une auvre de piété.

L'abbé Boscus, vicaire-général d'Évreux, et doyen du chapitre de Vernon, avoit été plus heureux, et son Bréviaire ad usum laïcorum, en 4 volumes, avoit été agréé par le prince.

L'unique présent que j'aie reçu de sa génerosité, parce que je n'en ai jamais désiré d'autre, est un exemplaire de ce livre de piété, avec un diurnal en 2 volumes. Je ne l'ai guère que parcouru rapidement, et il m'a paru avoir atteint le but du prince. Au- . cun des Bréviaires connus, pas même celui de Clermont, n'étoit aussi court que celui-là. Matines, s'il m'en souvient, n'y ont que trois petits psaumes. Les psaumes moraux, au lieu de se dire tous les jours, comme dans le gallican, étoient distribués

dans les 4 volumes; les plus difficiles étoient supprimés. Les leçons et autres parties de l'office étoient considérablement réduites.

Quelque abrégé que fùt ce Bréviaire, il étoit encore trop long pour la durée d'attention que les infirmités du prince lui permettoient de donner à la prière, pendant les derniers temps de sa vie. Il me chargea de retrancher tout ce qui restoit encore de difficile. J'entrai, autant qu'il fut en moi, dans ses vues. Je morcelai les psaumes, en ne laissant que ce qui me sembloit plus conforme à sa piété douce, et de mieux adapté aux malheurs des circonstances. Rien n'est plus propre que ces divers cantiques à relever le courage de l'homme souffrant; toujours le Seigneur y est à la droite du juste, pour le soutenir de son bras puissant. Tout ce qui porte à l'amour de Dieu et à la confiance dans la Providence fut conservé, et je supprimai les passages empreints de la sévérité de la loi ancienne....... »

Après la mort de M. l'abbé d’Auribeau, sa belle bibliothèque fut vendue en vente publique, vers 1839, je crois,'et son Bréviaire des laïcs y fut acheté par un Anglois, au prix énorme de 400 fr.; il étoit relié en maroquin vert et aux armes de l'abbaye SaintDenys. Je tiens ce dernier fait de madame veuve Porquet, li

braire.

Agréez, Monsieur, l'expression de mon sincère

dévouement,

Le marquis de Pins-MONTBRUN.

Au château de Montbrun (Gers), ce 18 janvier 1855.

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RAOUL ROCHETTE.

Désiré-Raoul Rochette, né le 9 mars 1789, à Saint-Amant (Berry), étoit le fils d'un médecin distingué. Après avoir terminé ses études au lycée de la ville de Bourges, il fut admis en 1807 à l'École normale. Il étoit à peine âgé de 23 ans, lorsqu'il composa son Histoire critique de l'établissement des colonies grecques; cet ouvrage remarquable obtint le prix proposé par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. L'année suivante, c'est-à-dire en 1813, il fut nommé professeur d'bistoire au collège Louis le Grand. En 1815, M. Guizot le choisissoit pour son suppléant dans la chaire d'histoire moderne à la Sorbonne. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres qui l'avoit déjà couronné en 1812, le reçut dans son sein en 1816. Raoul Rochette devint successivement conservateur du cabinet des antiques de la Bibliothèque du roi en 1818, et professeur d'archéologie en 1826, et secrétaire perpétuel de l'Académie des BeauxArts en 1839. Il étoit associé ou membre correspondant des plus célèbres Académies de l'Europe.

Il seroit long et peut-être difficile de donner une liste complète des ouvrages de M. Raoul Rochette. En effet, ses auvres ne se composent pas seulement des volumes et des brochures qu'il a publiés et que les savants ont recueillis avec soin. Il faudroit ajouter à cette première série une foule de Mémoires et de Dissertations qui se trouvent dans les collections savantes de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, de l'Académie des Beaux-Arts et des Académies étrangères dont il faisoit partie ;

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