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fense, et croyez que ce n'est point pour l'immoler à vos railleries que j'ai été le chercher si loin, lui faisant traverser tout l'espace entre le douzième siècle et le nôtre, entre les OEuvres de saint Bernard et le Bulletin du Bibliophile. Je suis en cette occasion, fort du témoignage de ma conscience, et sens qu'elle n'a aucun reproche à se faire. Oui, pauvre moine, je puis te regarder en face et sans baisser les yeux, et j'espère que toimême en fais autant, malgré la confession que nous venons d'entendre. Laisse-moi, avant de me séparer de toi, te tendre une main amicale, et maintenant retourne à ton monastère, ou plutôt rentre dans ce gros volume pour y dormir d'un sommeil dont saint Bernard, qui le partage, ne se scandalisera plus, et qu'il ne sera plus tenté d'interrompre. Adieu, et que mon lourd in-folio vous soit léger à tous deux !

VICOMTE DE GAILLON.

CORRESPONDANCE INÉDITE DE C. NODIER

Mon cher et illustre maître (1),

Permettez-moi, et surtout, pardonnez-moi de troubler d'une importunité bien indiscrète, les graves préoccupations de votre esprit. Elle ne vous prendra qu'un moment.

(1) Cette lettre étoit adressée à M. Villemain à l'occasion d'un article de Ch. Nodier intitulé : Diatribe du docteur Neophobus contre les fabricateurs de mols, inséré dans le Bulletin du Bibliophile, 4o série, no 20.

Dans cet article, M. Nodier attaque les innovations introduites par le gouvernement pour la dénomination légale et la valeur des poids ct inesures. Il attaque aussi le système que M. Augustin Thierry a fait prévaloir sur la manière de prononcer le nom des rois francs des deux premières races. M. Augustin Thierry, dans un article publié dans la Revue de Paris, n° 15 (1831), a répondu à l'article de M. Charles Nodier.

Vous n'avez pas oublié, peut-être, car vous n'oubliez rien, que je divertis il y a quelques mois l'Académie d'une improvisation hargneuse et brutale contre les nomenclatures, sans en exempter la nomenclature des poids et mesures, qui étoit alors légale.

Cette boutade réussit. Elle vous fit sourire. M. Royer-Collard me cria de son fauteuil : « Il faut écrire cela ! » M. de Lamartine ajouta : « Et l'écrire comme vous l'avez dit. » Je l'ai fait, et puis j'ai oublié que je l'avois fait ; mais on l'a su dans les bureaux d'un journal, parce qu'on y sait toute chose. On m'a enlevé ce fatras et il va paroître.

Une question se présente, et je suis devenu tellement circonspect, comme tous les hommes qui n'ont pas l'habitude d'être heureux, que cette question s'est attachée à ma pensée comme les remords de Macbeth. Elle a tué mon sommeil. Non missura cutem.

Cette nomenclature fatale, que je méprise et que je déteste, n'en est pas moins un fait légal. C'est une sottise inflexible, une turpitude respectable. Je l'ai senti en écrivant ; j'ai sauvé par quelques précautions que je n'ose appeler oratoires, la soumission due au gouvernement, le respect de la loi ; mais le délit reste, s'il y a délit.

J'ai du courage contre une poursuite judiciaire, contre un procès, contre une amende. Je m'en trouverois peut-être contre la destitution elle-même, quoique la destitution fût, en ce cas, un nom euphémique de la peine de mort; mais je n'ai pas de courage contre l'idée de vous déplaire.

Oh! qu'un mot consolant tombé de votre plume, jetteroit du baume sur mon caur malade! Mon cher et illustre maître, ayez pitié de moi !

Votre inviolablement dévoué,

Charles NODIER.
Paris, 14 Septembre 1841.

NOTICE HISTORIQUE

SUR

UN RECUEIL DE LETTRES ET DE PIECES ORIGINALES

ÉCRITES SOUS LES RÈGNES DE HENRI IV ET DE LOUIS XIII.

TROIS VOLUMES IN-FOLIOS.

Le premier volume contient 135 pièces; le deuxième, 230, le troisième, 359, — Total, 924.

Cette Collection, fort importante sous le rapport historique, est, en outre, très remarquable par les détails qu'elle fournit sur la vie privée des hauts personnages qui ont pris part à cette vaste correspondance.

Elle se divise en trois séries principales. La première comprend les années 1602 à 1606; la deuxième, les années 1616 et 1617; la troisième, l'année 1639. Quelques pièces cependant, sont en dehors de ces trois époques : leur valeur nous fait un devoir de les signaler, et d'abord, nous trouvons la Transaction de Rénée de France, duchesse de Ferrare avec Charles IX, au sujet de la succession de son père Louis XII et de sa mère Anne de Bretagne, passée à Villers-Cotterets, le 23 décembre 1570; puis, le Rôle des placets présentés à la reine-régente du 1er avril au 20 décembre 1613, document curieux qui renferme trois placets de la maréchale d'Ancre, pour obtenir la remise de sommes considérables; l'Arrêt du parlement de · Rouen contre les rebelles, en 1615; Lettre du gouverneur du château de Nantes, qui annonce à la reine-mère que le prince de Condé et le duc de Vendôme dirigent leurs armées sur Nantes, en septembre 1615; Lettre du prince de Condé aux habitants de Château-Thierry, pour les sommer de se rendre, jana

vier 1616; Rôle d'une taille imposée sur les habitants d'une certaine paroisse, par de Chabot, gouverneur de Mucidan, avec ordre de payer le lendemain, sous peine d'y être contraints; le Contrat de mariage de Chrestienne fille de Henri IV et de Marie de Médicis, avec le prince de Piémont (1619), signé Louis, Anne (d’Autriche), Chrestienne, Emmanuel de Savoie; une pièce fort intéressante intitulée : Avis sur les factions de la chrétienté, qui dévoile les projets de l'Espagne tendant à acquérir l'empire héréditaire, et à opérer le partage de la France (vers 1632); Budget de la marine pour l'année 1634, signé par le cardinal de Richelieu.

La première série et la deuxième semblent provenir des archives de la famille Phelypeaux. En effet, les lettres et documents de 1602 à 1606, sont adressés à Raymond Phelypeaux, trésorier de l'épargne; les pièces de 1616 et 1617 sont restées entre les mains de Jean Phelypeaux, sieur de Villesavin, secrétaire des commandements de Marie de Médicis, tant à Paris qu'à Blois. Quant aux documents de 1639, ils étoient adressés à de Chavigny (Léon Bouthillier), et nous ignorons comment ils ont été réunis aux deux autres séries.

Nous parcourrons rapidement les trois volumes, pour donner une idée de l'importance de cette collection ; mais nous prévenons les amateurs que ce compte rendu très succinct ne saurait embrasser les 924 pièces qui composent le recueil, et qu'en conséquence, ils ne pourront se dispenser de lire ces documents dont la plupart méritent d'être publiés.

1° Pièces relatives à Henri IV et à sa famille. Henri IV. – 2 lettres aut. sign. (1), et 11 lettres signées.

Six états détaillés de dépenses payées comptant sur l'ordre du roi. Renseignements curieux. La marquise de Verneuil sigure dans ces états pour une somme de 53,000 liv; les tapissiers du roi, pour 6,000 liv. On remarque, en outre, 4,470 liv. distribuées aux prisonniers, pour rendre grâces à Dieu de la délivrance

(1) Les lettres a. s. signifient autographe, signé.

de la reine hors du péril de l'eau, rcvenant de Saint-Germain.

Marie de Médicis. 1 lettre a. s., et 3 lettres s. Elles sont fort intéressantes.

Louis XIII. 4 lettres a. s., à la reine-mère; 2 lettres s., adressées au pacha et à l'aga des janissaires à Alger.

Elisabeth, princesse d'Espagne, sæur de Louis XIII. 11 lettres a. s., à la reine-mère. Détails curieux sur l'intérieur de la Cour d'Espagne.

Chrestienne, sæur de Louis XIII, devenue duchesse de Savoie. – 5 lettres a. s., à la reine-mère.

Henriette-Marie, sæur de Louis XIII, plus tard reine d’Angleterre. - 2 lettres a. s., à la reine-mère. Ces deux lettres ont été réglées et primitivement écrites avec un crayon, dont les traces ne sont pas toujours exactement suivies par la plume inhabile de Henriette-Marie, sans doute encore enfant.

Le marquis de Seneccy, ambassadeur en Espagne. – 8 lettres a. s., à la reine-mère. Détails relatifs à Elisabeth, princesse d'Espagne.

La marquise de Senecey.-- 2 lettres a. s., sur le même sujet. La comtesse de Lannoy. - 2 lettres a. s., sur le même sujet.

La baronne de Monglat, dame d'honneur de Chrestienne et de Henriette-Marie. - 10 lettres a. s., à la reine-mère. Détails sur la santé et sur la conduite des deux jeunes princesses.

De Breves. — 10 lettres à M. de Villesavin. Détails sur la santé, les exercices et les voyages de Gaston, frère de Louis XIII, encore enfant.

Catherine Henriette, fille de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. — 3 lettres a. s., à la reine-mère.

La marquise de Verneuil. - Billet aut. non signé, mais authentique, adressé à Sully; une quittance signée.

Gabrielle-Angélique, fille de Henri IV et de la marquise de Verneuil. — 1 lettre a. s., à la reine-mère.

Jeanne-Baptiste et Marie-Henriette, filles de Henri IV et de Charlotte des Essarts, devenues abbesses de Fontevrault et de Chelles. — 1 lettre a. s. des deux seurs. Les lignes et même

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