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chancelier du Prat. Le dépouillement d'une volumineuse correspondance récemment découverte, et l'analyse des Mémoires inédits d'Antoine du Prat, jusqu'à ce jour peu consultés, nous permettent de disposer un travail complet et véritablement utile sur cette grande Ogure trop méconnue, une œuvre, en un mot, qui jettera un nouveau jour sur l'histoire d'un prince qui, malgré tout, a parfaitement mérité le glorieux titre de Protecteur det Lettres.

Louis Paris.

UNE LETTRE DE CHATEAUBRIAND.

Ministre ou simple citoyen, jamais Chateaubriand ne changea de devise; celle qu'il avoit adoptée dès son entrée dans le monde des hommes faits, il la conserva toujours dans toutes les actions de sa vie privée comme dans tous les actes de sa carrière politique.

Cette noble devise étoit:

« Fais ce que dois, advienne que pourra. »

De là résulta pour lui la glorieuse honorabilité qui lui survit encore; en politique, ce fut bien différent... il n'en advint que sa chute.

L'histoire de sa vie publique est courte, mais curieuse et instructive.

Sous l'empire, il étoit déjà devenu, par ses écrits, un de ces hommes avec qui les gouvernants doivent compter. On ne l'aimoit pas, mais on l'estimoit et on lui offrit d'utiliser ses talents.

Chose rare ! Chateaubriand avoit des convictions; il refusa les honneurs, préféra la médiocrité et l'indépendance de l'écrivain, aux faveurs que tant d'autres—plus obligés que lui par leur passé — imploroient à plat ventre. Aussi a-t-il eu le droit d'écrire ce beau passage:

« J'achetai près du hameau d'Aulnay une maison de

jardinier, cachée parmi des collines couvertes de bois Cet

étroit espace me parut propre à renfermer mes longues espérances.

Spatio brevi spem longam reseces.

u Les arbres que j'y ai plantés prospèrent; ils sont encore si petits que je leur donne de l'ombre quand je me place entre eux et le soleil. Un jour, en me rendant cette ombre, ils protégeront mes vieux ans comme j'ai protégé leur jeunesse. Je les ai choisis, autant que je l'ai pu, des divers climats où j'ai erré. Ils rappellent mes voyages et mes illusions. »

Lorsqu'il vit poindre la nouvelle aurore de la maison de Bourbon, alors que le trône du grand empereur, déjà vacant, sembloit ne pouvoir trouver facilement un remplaçant capable d'y atteindre, Chateaubriand publia la fameuse brochure qui révéla à la France étonnée l'existence des derniers descendants de ses rois.

Selon les meilleures autorités, Louis XVIII dut la couronne à cette brochure : il le dit tout haut. Quelques mois plus tard, l'infatigable athlète mettoit au jour les Réflexions politiques qui furent accueillies avec enthousiasme par les vrais royalistes intelligents. Le roi paraissoit toujours charmé des services que le fidèle Breton avoit le bonheur de lui rendre; mais « plus l'ouvrage avoit de succès, dit quelque part Chateaubriand , moins l'auteur plaisoit à Sa Majesté. »

Louis XVIII disoit à ses familiers: « Donnez-vous de garde d'admettre jamais un poète dans vos affaires : il perdra tout. Ces gens-là ne sont bons à rien. »

C'est vers cette époque que l'illustre écrivain traça les quelques lignes qu'on va lire, à l'adresse de M. le duc de Maillé:

« 25 décembre 1814.

« Je prends la liberté, monsieur le duc, de vous recommander Ferrier, excellent homme que je connois beaucoup; puisqu'on ne veut rien faire pour moi, faites au moins quelque chose pour mon portier.

« Mille et mille compliments.
« De Chateaubriand. »

Comme on retrouve dans cette lettre l'aimable ironie que Chateaubriand s'excusoit avec tant de grâce de ne peuvoir toujours vaincre. Il étoit assez vengé quand il avoit ri.

Hélas ! la petite déconvenue dont il semble se plaindre dans cette lettre étoit bien peu de chose au prix des disgrâces que l'avenir lui réservoit.

On eut un jour besoin de lui, et il s'arrêta quelques moments à l'hôtellerie des Capucines, comme il appeloit, en souriant, le ministère des affaires étrangères. Chateaubriand fut ministre, puis pair de France. Un autre jour il déplut encore: l'invétéré constitutionnel avoit écrit, lui l'homme d'Etat, la Monarchie selon la Charte. On le raya de la liste des ministres d'Etat et il perdit ainsi une place réputée jusqu'alors inamovible.

« Ma nature me rend parfaitement insensible à la perte de mes appointements, écrivit-il alors : j'en suis quitte pour me remettre à pied et pour aller, les jours de pluie, en fiacre à la chambre des pairs. »

A cette occasion, il eut deux plus grands chagrins : il se vit forcé de vendre sa campagne de la Vallée aux Loups, et, qui pis est, sa bibliothèque, ses chers livres exposés à la criée par Merlin à la salle Silveslre; excepté toutefois un petit Homère grec, relié en maroquin rouge, à la marge duquel setrouvoient des essais de traduction et des remarques écrites de sa main. C'est le seul livre qu'il conservât.

Quel homme, quel philosophe de l'antique et sage Athënes auroit pardonné cette double et indicible calamité au souverain toujours fidèlement servi? Chateaubriand s'en vengea par une réflexion notée dans son carnet:

« J'ai vu de près les rois, et mes illusions politiques se sont évanouies. »

Et là-dessus, il retourna porter son cœur incomparable et sa vaste intelligence à Louis XVIII, qui de nouveau en usa, en abusa, puis les dédaigna.

Albert de la Fizelière.

REVUE DES VENTES.

Dans l'espace de quelques mois, plusieurs bibliothèques importantes ont été livrées aux enchères.

Nous nous empressons de faire connottre à nos lecteurs les volumes qui ont obtenu les prix les plus élevés.

Nous parlerons aujourd'hui des ventes de MM. Libri-Carucci, Hope et Ch. Giraud. Quant à la vente de M. Raoul-Rochette, voici ce que nous en dirons. Cette bibliothèque spécialement consacrée aux Beaux-Arts et aux Antiquités, ne convenoit qu'à un petit nombre d'amateurs; cependant, cette vente a produit une somme de 50,000 fr. Mais aussi, les savants de tous les pays, ainsi que les grandes bibliothèques, ont concouru à activer les enchères. M. Franck achetoit pour l'Allemagne, M. Boone pour l'Angleterre, M. Bossange pour l'Amérique; l'honorable M. Alvin, aussi bienveillant que savant bibliographe, avoit fait, tout exprès, le voyage de Paris, pour veiller lui-même à l'acquisition de certains articles dont il vouloit enrichir la bibliothèque royale de Bruxelles, conflée depuis longtemps à son intelligente direction. MM. J. de Witte et A. de Longpérier, membres de l'Institut, récoltoient à chaque séance quelques volumes utiles à leurs travaux. M. Gailhabaud a recueilli dans cette vente un grand nombre de dissertations précieuses qui enrichiront encore la collection qu'il a formée et que l'on regarde comme unique dans sa spécialité. Nous pourrions ajouter les noms de MM. E. Piot, Ch. Blanc et de beaucoup d'autres; mais nous nous arrêtons, l'espace viendroit à nous manquer pour le compte-rendu qui fait l'objet de cet article.

VENTE DE M. LIBR1.

N» 25. Conciliorum omnium generaliuni et provincialium collcctio regia. Parisiis, 1646; 37 vol. in-fol. reliés en maroq. rouge, dent, aux armes. — acheté 875 par M. Solar.

27. Conciliorum collcctio, ed. Mansi. Florentiat, 1717. 31 vol. in-fol. — 680 fr. à M. Aug. Durand, libraire.

40. Lactantii opera, 1465. Incomplet du 23e feuillet et piqué. —510 fr.

70. Decor puellarum. Veneliis, Jenson, 1471; (un feuillet refait, et trois autres défectueux) — 278 fr. a M. Tillard.

08. Bullarium romanum. Romœ, 1739; 28 vol. in-fol. — 405 fr.

156. Dantis quœstio florulenta de duobis elementis. Venetiis, 1508. in-4, m. r. Bauzonnet. — 530 fr.

454. Marcolini, le sorti. Ventila, 1540; in-fol. m. r. Bauzonnet. — 230 fr. à M. Tillard.

676. Livre do faulconnerie de Joli, de Francières, in-4 goth. — 260 fr. pour M. le baron Jér. Pichon.

C est le seul exemplaire que l'un cormoisso de cette éditiou, 1» plus ancienne de ce livre; elle manquait à la riche et remarquable collection des livres de chasse que possède .M. le barou l'ichou.

645. Martial!t. Venetiis, Aldu», 1501, in-8. Exemplaire imprimé survéliu.

460 fr. à M. Boone, libraire à Londres. 700 Petrarca. Patatii, 1472, in-6. Exemplaire imprimé sur vélin. —

1,700 fr. Acheté pour la Bibliothèque Impériale.

43. Tasso, Gorusalemme liberata. Parma, 1581, in-4. Exemplaire couvert

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