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pendant que j'étais encore auprès de vous, en Angleterre. Quant à la condition sous laquelle il les obtint, le prince a fait déclarer par ses ambassadeurs qu'il ne l'avait nullement proposée. Au reste, le pape reçut, ou plutôt saisit les lettres avec tant d'émotion et de vivacité, comme si on lui avait offert la chose la plus agréable, que plusieurs des assistants en demeurèrent surpris. Maintenant quelle a été ma conduite en cette circonstance et quelles instructions ai-je reçues du seigneur pape; c'est ce que je ne pouvais vous communiquer avant le départ des ambassadeurs, sans manquer à ma promesse. Comme les ambassadeurs affectaient d'être très-pressés de repartir, les trois cardinaux de Naples, de Porto et de Pavie, qui vous sont hostiles, firent de grandes instances auprès du pape pour qu'il accordât au légat des pouvoirs fort étendus, au moins les mêmes qu'il avait précédemment accordés, afin de calmer ainsi la colère du monarque. Mais ils échouèrent; le seigneur pape m'avait dit en secret et donné l'assurance qu'il résisterait à leurs prétentions. Alors ils reprirent l'affaire du couvent de Saint-Augustin. Ce qu'on a fait à cet égard, vous le saurez par les lettres de mes collègues. Il vous importe de veiller attentivement sur vous, et de ne point faire défaut à Dieu qui vous vient en aide. Salut à votre paternité.

« Les ambassadeurs du roi m'ont reproché devant le seigneur pape d'être l'ennemi particulier de leur maître, et m'ont dit que je ne devais pas souhaiter, pour tout l'or du monde, de tomber entre ses mains. Ces menaces n'ébranleront pas ma foi, et je puis dire avec saint Pierre : « Je suis prêt à marcher avec vous, soit à la prison, soit à la mort'.»

Les négociations dont il s'agit dans ces lettres durèrent plusieurs mois ; puis la mort de l'antipape Octavien, qui arriva tout après Pâques, en délivrant Alexandre de toutes les angoisses que lui avait suscitées son rival, ne contribua point à l'incliner vers les projets d'Henri II. De plus, l'attention du souverain pontife fut, par les mêmes circonstances, détournée de cette querelle délicate et dut s'occuper d'objets moins fâcheux; enfin, son retour en Italie le plaça bien plus loin du théâtre où se passait l'action. Les communications avec l'Angleterre traînèrent donc en longueur, sans compter les petites intrigues de l'un et de l'autre parti, peu faites assurément pour aplanir les difficultés. Au reste, le troisième acte de la tragédie se préparait; le roi convoqua un concile pour y porter contre l'archevêque une accusation aussi oppressive qu'elle était inattendue.

1. Inter S. Thomæ Cantuar. Epist., tom. 11, p. 240.

FIN DU TOME PREMIER.

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