Obrazy na stronie
PDF
ePub

commence trop tard : et voilà que nos ans se sont échappés, et encore languissons-nous dans l'amour des choses mortelles.

O homme fait à l'image de Dieu! tu cours après les plaisirs mortels, tu soupires après les beautés mortelles; les biens périssables ont gagné ton cœur si tu ne connais rien qui soit au-dessus, rien de meilleur ni de plus aimable, repose-toi, à la bonne heure, en leur jouissance mais si tu as une âme éclairée d'un rayon de l'intelligence divine; si, en suivant ce petit rayon, tu peux remonter jusques au principe, jusques à la source du bien, jusques à Dieu même; si tu peux connaître qu'il est, et qu'il est infiniment beau, infiniment bon, et qu'il est toute beauté et toute bonté; comment peux-tu vivre, et ne l'aimer pas? Homme, puisque tu as un cœur, il faut que tu aimes; et selon que tu aimeras, bien ou mal, tu seras heureux ou malheureux : dis-moi, qu'aimeras-tu donc ? L'amour est fait pour l'aimable, et! le plus grand amour pour le plus aimable, et le souverain amour pour le souverain aimable : quel enfant ne le verrait pas ? quel insensé le pourrait nier?

C'est donc une folie manifeste, et de toutes les folies la plus folle, que de refuser son amour à Dieu qui nous cherche ? Qu'attendons-nous, chrétiens? déjà nous de vrions mourir de regrets de l'avoir oublié durant tant d'années; mais quel sera notre aveuglement et notre fureur, si nous ne voulons pas commencer es core" 10 y voulons-nous ne l'aimer jamais, on roolers equalle me quelque jour” Fungie; qui le v

peut-on selemark green't st nous d', a la

[merged small][ocr errors][merged small][merged small]

sacrer entre tous les autres, en le donnant à l'amour de Dieu? tous les jours ne sont-ils pas à Dieu ? Oui, tous les jours sont à Dieu; mais jamais il n'y en a qu'un qui soit à nous, et c'est celui qui se passe. Eh quoi! voulons-nous toujours donner au monde ce que nous avons, et à Dieu ce que nous n'avons pas?

(Deuxième Sermon pour le jeudi de la Passion.)

LE PÉCHEUR DEVANT SES PÉCHÉS.

Cherchez donc des amis, et non des flatteurs; des juges, et non des complices; des médecins, et non des empoisonneurs: ne cherchez ni complaisance, ni adoucissement, ni condescendance: venez, venez rougir, tandis que la honte est salutaire; venez vous voir tels que vous êtes, afin que vous ayez horreur de vous-mêmes, et que, confondus par les reproches, vous vous rendiez enfin dignes de louanges.

Et toi, pauvre conscience captive, dont on a depuis si longtemps étouffé la voix, parle, parle devant ton Dieu; parle, il est temps, ou jamais, de rompre ce silence violent que l'on t'impose. Tu n'es point dans les bals, dans les assemblées, dans les divertissements, dans les jeux du monde : tu es dans le tribunal de la pénitence; c'est Jésus-Christ lui-même qui te rend la liberté et la voix ; il t'est permis de parler devant ses autels. Raconte à cette impudique toutes ses dissolutions; à ce traître, toutes ses paroles infidèles, ses promesses violées; à ce voleur public, toutes ses rapines; à cet hypocrite qui trompe le monde, les détours de son ambition cachée; à ce vieux pécheur endurci, qui avale l'iniquité comme l'eau, la longue suite de ses crimes; fais rougir ce front d'airain, montre-lui tout à coup d'une même vue les commandements, les rébellions, les avertisse

ments, les mépris, les grâces, les méconnaissances, les outrages redoublés parmi les bienfaits, l'aveuglement accru par les lumières; enfin, toute la beauté de la vertu, toute l'équité du précepte, avec toute l'infamie de ses transgressions, de ses infidélités, de ses crimes. Tel doit être l'état du pécheur quand il confesse ses péchés. Qu'il cherche à se confondre lui-même s'il rencontre un confesseur dont les paroles efficaces le poussent en l'abîme de son néant, qu'il s'y enfonce jusqu'au centre : il est bien juste, s'il lui parle avec tendresse, qu'il songe que ce n'est que sa dureté qui lui attire cette indulgence; et qu'il se confonde davantage encore, de trouver un si grand excès de miséricorde dans un si grand excès d'ingratitude. Pécheurs, voilà l'état où vous veut Jésus: humiliés, confondus et par les bontés et par les rigueurs, et par les grâces et par les vengeances, et par l'espérance et par la crainte.

(Troisième Sermon pour le jeudi de la Passion. )

MOYEN DE CONSERVER LA GRACE.

Il faut de la gravité et du sérieux pour conserver la pudeur entière, et faire durer longtemps la grâce de la pénitence. Chrétiens, que cette grâce est délicate, et qu'elle veut être conservée précieusement! Si vous voulez la garder, laissez-la agir dans toute sa force : quittez le péché et toutes ses suites; arrachez l'arbre et tous ses rejetons; guérissez la maladie avec tous ses symptômes dangereux. Ne menez pas une vie moitié sainte, et moitié profane; moitié chrétienne, et moitié mondaine, ou plutôt toute mondaine et toute profane, parce qu'elle n'est qu'à demi chrétienne et à demi sainte. Que je vois dans le monde de ces vies mêlées! on fait profession de piété, et on aime encore les pompes du

CHEFS-D'ŒUV. De boss. - T. II.

30

monde; on offre des œuvres de charité, et on abandonne son cœur à l'ambition. « La loi est déchirée, dit le saint « prophète, et le jugement n'est pas venu à sa perfec«<tion » Lacerata est lex, et non pervenit usque ad finem judicium1. La loi est déchirée; l'Évangile, le christianisme n'est en nos mœurs qu'à demi; nous cousons à cette pourpre royale un vieux lambeau de mondanité; Jésus-Christ ne se connaît plus dans un tel mélange : nous réformons quelque chose après la grâce de la pénitence; nous condamnons le monde en quelque partie de sa cause, et il devait la perdre en tout point, parce qu'il n'y en a jamais eu de plus déplorée ; et ce peu que nous lui laissons, qui marque la pente du cœur, lui fera reprendre bientôt sa première autorité.

(Troisième Sermon pour le jeudi de la Passion.)

SUR L'AUMONE.

L'obligation d'assister les pauvres est marquée si précisément dans notre évangile, qu'il n'en faut point après cela rechercher des preuves; et tout le monde entend assez que le refus de faire l'aumône est un crime capital, puisqu'il est puni du dernier supplice: « Allez, maudits, au feu éternel; parce que j'ai eu «< faim dans les pauvres, et vous ne m'avez point donné «‹ à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez refusé à boire: » et le reste, que vous savez. C'est donc une chose claire, et qui n'a pas de difficulté, que le refus de l'aumône est une cause de damnation. Mais on pourrait demander d'où vient que le Fils de Dieu, dissimulant, pour ainsi dire, tous les autres crimes des hommes dans son dernier jugement, ne rapporte que celui-ci pour motiver sa

1 Habac., I, 4.

sentence. Est-ce qu'il ne couronne ou qu'il ne punit que l'aumône qu'on lui accorde ou qu'on lui dénie? et s'il y a, comme il est certain, d'autres œuvres qui nous damnent et qui nous sauvent, pourquoi est-ce que le Sauveur ne parle que de celle-ci?.....

Il est aisé de comprendre qu'il n'y a point de plus juste cause de l'éternelle damnation des hommes, que la dureté de leur cœur sur les misères des autres : car il faut remarquer, messieurs, que Dieu, toujours indulgent et toujours prêt à nous pardonner, ne punit pas tant nos péchés, que le mépris des remèdes qu'il nous a donnés pour les expier. Or, le plus efficace de tous les remèdes, c'est la charité et l'aumône. C'est de la charité qu'il est écrit qu'elle « couvre non-seulement les péchés, « mais la multitude des péchés. » C'est de l'aumône qu'il est prononcé, que « comme l'eau éteint le feu, «< ainsi l'aumône éteint le péché. » Puis donc que vous avez méprisé ce remède si nécessaire, ah! tous vos péchés seront sur vous; malheureux, toutes vos fautes vous seront comptées. « Jugement sans miséricorde à « celui qui ne fait point de miséricorde! » Cruel, vous n'en faites pas, et jamais vous n'en recevrez aucune : une vengeance implacable vous poursuivra dans la vie et à la mort, dans le temps et dans l'éternité. Vous refusez tout à Jésus-Christ dans ses pauvres ; il comptera avec vous, et il exigera de vous jusqu'au dernier sou, par des supplices cruels, ce que vous devez à sa justice. « Allez donc, maudits, au feu éternel; » allez, inhumains et dénaturés, au lieu où il n'y aura jamais de miséricorde. Vous avez eu un cœur de fer, et le ciel sera de fer sur votre tête; jamais il ne fera distiller sur vous la moindre rosée de consolation. Riche cruel et impitoyable, vous demanderez éternellement une goutte d'eau, qui vous sera éternellement refusée. Vous vous

« PoprzedniaDalej »