Obrazy na stronie
PDF
ePub

de la mort, en laquelle sera fixé notre état. En tel état que nous serons morts, en cet état immuable nous serons représentés au grand jour de Dieu. O quel renversement en ce jour! 0 combien descendront des hautes places! O combien chercheront leurs anciens titres, regretteront vainement leur grandeur perdue! O quelle peine de s'accoutumer à cette bassesse! Fasse le Dieu que j'adore, que tant de grands qui m'écoutent ne perdent pas leur rang en ce jour!

Que cet auguste monarque ne voie jamais tomber sa couronne : qu'il soit auprès de saint Louis, qui lui tend les bras et qui lui montre sa place! O Dieu! que cette place ne soit point vacante! Que celui-là soit haï de Dieu et des hommes, qui ne souhaite pas sa gloire, même sur la terre, et qui ne veut pas la procurer de toutes ses forces par ses fidèles services! Dieu sait sur ce sujet les vœux de mon cœur. Mais, Sire, je trahis Votre Majesté et je lui suis infidèle, si je borne mes souhaits pour vous dans cette vie périssable. Vivez donc heureux, fortuné, victorieux de vos ennemis, père de vos peuples; mais vivez toujours bon et toujours juste; vivez toujours humble et toujours pieux, toujours prêt à rendre compte à Dieu de cette noble partie du genre humain qu'il vous a commise. C'est par là que nous vous verrons toujours roi, toujours auguste, toujours couronné, et dans la terre et au ciel; et c'est la félicité que je souhaite à Votre Majesté, au nom du Père, et du Fils, et du SaintEsprit. Amen.

SERMON

PRÊCHÉ DEVANT LA COUR,

SUR LA DIVINITÉ DE LA RELIGION.

Les moyens par lesquels elle s'est établie, la sainteté de sa morale si bien proportionnée à tous les besoins de l'homme, preuves évidentes de sa divinité. Injustices de ses contradicteurs, infidélité des chrétiens.

[blocks in formation]

Jésus-Christ, interrogé dans notre Évangile par les disciples de saint Jean-Baptiste, s'il est ce Messie que l'on attendait, et ce Dieu qui devait venir en personne pour sauver la nature humaine, Tu es qui venturus es? << Étes-vous celui qui devez venir? » leur dit, pour toute réponse, qu'il fait des biens infinis au monde, et que le monde cependant se soulève unanimement contre lui. Il leur raconte d'une même suite les bienfaits qu'il répand, et les contradictions qu'il endure; les miracles qu'il fait, et les scandales qu'il cause à un peuple ingrat; c'est-à-dire qu'il donne aux hommes, pour marque de divinité en sa personne sacrée, premièrement ses bontés, et secondement leur ingratitude.

En effet, chrétiens, il est véritable que Dieu n'a jamais cessé d'être bienfaisant, et que les hommes aussi

de leur côté n'ont jamais cessé d'être ingrats : tellement qu'il pourrait sembler, tant notre méconnaissance est extrême! que c'est comme un apanage de la nature divine d'être infiniment libérale aux hommes, et de ne trouver toutefois dans le genre humain qu'une perpétuelle opposition à ses volontés, et un mépris injurieux de toutes ses grâces.

Saint Pierre a égalé, surpassé en deux mots les élog des plus pompeux panégyriques, lorsqu'il a dit Sauveur, « qu'il passait en bienfaisant et guérissa << tous les oppressés » Pertransiit benefaciendo et sanando omnes oppressos'. Et certes il n'y a rien de plus magnifique et de plus digne d'un Dieu, que de laisser partout où il passe des effets de sa bonté; que de marquer tous ses pas par ses bienfaits; que de parcourir les bourgades, les villes et les provinces, non par ses victoires, comme on a dit des conquérants; car c'est tout ravager et tout détruire; mais par ses libéralités.

Ainsi Jésus-Christ a montré aux hommes sa divinité comme elle a accoutumé de se déclarer, à savoir par ses grâces et par ses soins paternels; et les hommes l'ont traité aussi comme ils traitent la Divinité, quand ils l'ont payé, selon leur coutume, d'ingratitude et d'impiété Et beatus est qui non fuerit scandalizatus

in me!

Voilà en peu de mots ce qui nous est proposé dans notre Évangile; mais pour en tirer les instructions, il faut un plus long discours, dans lequel je ne puis entrer qu'après avoir imploré le secours d'en haut. Ave.

Caci vident, claudi ambulant, leprosi mundantur : et beatus est qui non fuerit scandalizatus in me! « Les aveu

[blocks in formation]

<«<gles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont «< purifiés et bienheureux est celui qui n'est point « scandalisé en moi! » Ce n'est plus en illuminant les aveugles, ni en faisant marcher les estropiés, ni en purifiant les lépreux, ni en ressuscitant les morts, que Jésus-Christ autorise sa mission, et fait connaître aux hommes sa divinité. Ces choses ont été faites durant les jours de sa vie mortelle, et il les a continuées dans sa sainte Église tant qu'il a été nécessaire pour poser les fondements de la foi naissante. Mais ces miracles sensibles qui ont été faits par le Fils de Dieu sur des personnes particulières et pendant un temps limité, étaient les signes sacrés d'autres miracles spirituels qui n'ont point de bornes semblables, ni pour les temps, ni pour les personnes, puisqu'ils regardent également tous les hommes et tous les siècles.

En effet, ce ne sont point seulement des particuliers aveuglés, estropiés et lépreux, qui demandent au Fils de Dieu le secours de sa main puissante. Mais plutôt tout le genre humain, si nous le savons comprendre, est ce sourd et cet aveugle qui a perdu la connaissance de Dieu, et ne peut plus entendre sa voix. Le genre humain est ce boiteux qui, n'ayant aucune règle des mœurs, ne peut plus ni marcher droit, ni se soutenir. Enfin le genre humain est tout ensemble et ce lépreux et ce mort qui, faute de trouver quelqu'un qui le retire du péché, ne peut ni se purifier de ses taches, ni éviter sa corruption. Jésus-Christ a rendu l'oute à ce sourd et la clarté à cet aveugle, quand il a fondé la foi : JésusChrist a redressé ce boiteux, quand il a réglé les mœurs: Jésus-Christ a nettoyé ce lépreux et ressuscité ce mort, quand il a établi dans sa sainte Église la rémission des péchés. Voilà les trois grands miracles par lesquels JésusChrist nous montre sa divinité; et en voici le moyen:

Quiconque fait voir aux hommes une vérité souveraine et toute-puissante, une droiture infaillible, une bonté sans mesure, fait voir en même temps la divinité. Or est-il que le Fils de Dieu nous montre en sa personne une vérité souveraine par l'établissement de la foi, une équité infaillible par la direction des mœurs, une bonté sans mesure par la rémission des péchés : il nous montre donc sa divinité. Mais ajoutons, s'il vous plaît, pour achever l'explication de notre Évangile, que tout ce qui prouve la divinité de Jésus-Christ prouve aussi notre ingratitude. Beatus qui non fuerit scandalizatus in me! « Heureux celui qui ne sera pas scandalisé à << mon sujet! >> Tous ses miracles nous sont un scandale; toutes ses grâces nous deviennent un empêchement. Il a voulu, chrétiens, dans la foi que les vérités fussent hautes, dans la règle des mœurs que la voie fût droite, dans la rémission des péchés que le moyen fût facile. Tout cela était fait pour notre salut; cette hauteur pour nous élever; cette droiture pour nous conduire; cette facilité pour nous inviter à la pénitence. Mais nous sommes si dépravés, que tout nous tourne à scandale, puisque la hauteur des vérités de la foi fait que nous nous soulevons contre l'autorité de Jésus-Christ; que l'exactitude de la règle qu'il nous donne nous porte à nous plaindre de sa rigueur; et que la facilité du pardon nous est une occasion d'abuser de sa patience.

PREMIER POINT.

La vérité est une reine qui habite en elle-même et dans sa propre lumière, laquelle par conséquent est elle-même son trône, elle-même sa grandeur, ellemême sa félicité. Toutefois, pour le bien des hommes, elle a voulu régner sur eux, et Jésus-Christ est venu au

« PoprzedniaDalej »