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saire; et par là les biens véritables, c'est-à-dire les vertus seront honorées comme elles doivent être seules, mais d'un honneur rapporté à Dieu, qui est leur premier principe. Et c'est le sujet de ce discours.

(Sermon pour le troisième dimanche de l'Avent.) MANIFESTATION DE LA DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST.

Puisque mon Sauveur était Dieu, il fallait certainement qu'il fit des miracles: mais puisque mon Sauveur était homme, il ne devait pas avoir honte de montrer de l'infirmité, et l'ouvrage de la puissance ne devait pas renverser le témoignage de la miséricorde. C'est pourquoi, dit saint Augustin, s'il fait de grandes choses, il en fait de basses : mais il modère tellement toute sa conduite, « qu'il relève les choses basses par les extraor<< dinaires, et tempère les extraordinaires par les communes » Ut solita sublimaret insolitis, et insolita solitis temperaret1. Confessez que tout cela est bien soutenu : je ne sais si je le fais bien entendre. Il naît, mais il naît d'une vierge; il mange, mais quand il lui plaît; il se passe des nourritures mortelles, et n'a pour tout aliment que la volonté de son Père; il commande aux anges de servir sa table; il dort, mais pendant son sommeil il empêche la barque de couler à fond, d'être renversée il marche, mais quand il l'ordonne l'eau devient ferme sous ses pieds: il meurt, mais en mourant il met en crainte toute la nature. Voyez qu'il tient partout un milieu si juste, qu'où il paraît en homme, il nous sait bien montrer qu'il est Dieu; où il se déclare Dieu, il fait voir aussi qu'il est homme. L'économie est si sage, la dispensation si prudente, c'est-à-dire

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toutes choses sont tellement ménagées, que la divinité paraît toute entière, et l'infirmité tout entière: cela est admirable.

(Prem. Serm. sur le myst. de la Nativ. de N. S.)

A CEUX QUI SOUFFRENT.

Consolez-vous, chrétiens, qui languissez parmi les douleurs mon Sauveur n'a épargné à son corps, ni la faim, ni la soif, ni les fatigues, ni les sueurs, ni les infirmités, ni la mort. Il n'a épargné à son âme, ni la tristesse, ni l'inquiétude, ni les longs ennuis, ni les plus cruclles appréhensions. O Dieu! qu'il aura d'inclination de nous soulager, nous qu'il voit, du plus haut des cieux, battus des mêmes orages dont il a été attaqué sur la terre! C'est pourquoi l'Apôtre se glorifie des infirmités de notre pontife. Ah! nous n'avons pas, dit-il, un pontife qui ne sente pas nos infirmités : il les sent, il en est touché, il en a pitié, dit saint Paul. Et pourquoi? « C'est qu'il a passé comme nous, répond-il, par << toutes sortes d'épreuves » Tentatum per omnia absque peccato. Il a tout pris, à l'exception du péché : « Il a « fallu qu'il fût en tout semblable à ses frères, pour « être touché de compassion, et être un fidèle pontife <«< en ce qui regarde le culte de Dieu : » Unde debuit per omnia fratribus similari, ut misericors fieret et fidelis pontifex ad Deum1. Il sait, il sait par expérience combien est grande la faiblesse de notre nature.

Et quoi donc, le Fils de Dieu, direz-vous, qui est la sagesse du Père,ne saurait-il pas nos infirmités, s'il ne les avait expérimentées? Ah! ce n'est pas le sens de l'Apôtre, vous ne prenez pas sa pensée : entendons cette doctrine tout apostolique. Je l'avoue, cette société de

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malheurs ne lui ajoute rien pour la connaissance, mais elle ajoute beaucoup pour la tendresse. Car Jésus n'a pas oublié ni les longs travaux, ni les autres difficultés de son pénible pèlerinage; cela est encore présent à son esprit: de sorte qu'il ne nous plaint pas seulement comme ceux qui sont dans le port plaignent les autres qu'ils voient sur la mer, agités d'une furieuse tempête; mais il nous plaint à peu près comme ceux qui courent le même péril se plaignent les uns les autres, par une expérience sensible de leurs communes disgrâces. Il nous plaint, si je l'ose dire, comme ses compagnons de fortune, comme ayant eu à passer par les mêmes misères que nous, ayant eu tout ainsi que nous une chair sensible aux douleurs et un sang capable de s'altérer, et une température de corps sujette, comme la nôtre, à toutes les incommodités de la vie et à la nécessité de la mort. Quiconque, après cela, cherche d'autres joies et d'autres consolations que Jésus, il ne mérite ni joie ni consolation. Qui peut douter, fidèles, de la guérison de nos maladies, après ce signe que l'on nous donne? Car, pour recueillir mon raisonnement, la compassion du Sauveur n'est pas une affection inutile; si elle émeut le cœur, elle sollicite le bras. Ce médecin est tout-puissant : tout ce qui lui fait pitié, il le sauve; tout ce qu'il plaint, il le guérit.

(Prem. Serm. sur le myst. de la Nativité de N.-S.)

HUMILITÉ DE JÉSUS-CHRIST.

Mais voulez-vous que je vous dise au contraire ce que je trouve de grand, d'admirable, ce qui me paraît digne véritablement d'un Dieu conversant avec les hommes ? C'est qu'il semble n'être paru sur la terre que pour fouler aux pieds toute cette vaine pompe, et braver,

pour ainsi dire, par la pauvreté de sa crèche, notre faste ridicule et nos vanités extravagantes. Il a vu, du plus haut des cieux, que les hommes n'étaient touchés que des biens sensibles et des pompes extérieures. Il s'est souvenu, en ses bontés, qu'il les avait créés au commencement pour jouir d'une plus solide félicité. Touché de compassion, il vient en personne les désabuser, non par sa doctrine, mais par ses exemples, de ces opinions non moins fausses et dangereuses qu'elles sont établies et invétérées. Car voyez où va son mépris: non-seulement il ne veut point de grandeurs humaines; mais, pour montrer le peu d'état qu'il en fait, il se jette aux extrémités opposées. Il a peine à trouver un lieu assez bas par où il fasse son entrée au monde : il rencontre une étable à demi ruinée; c'est là qu'il descend. Il prend tout ce que les hommes évitent, tout ce qu'ils craignent, tout ce qu'ils méprisent, tout ce qui fait horreur à leurs sens, pour faire voir combien les grandeurs du siècle lui semblent vaines et imaginaires. Si bien que je me représente sa crèche, non point comme un berceau indigne d'un Dieu, mais comme un char de triomphe, où il traîne après lui le monde vaincu. Là sont les terreurs surmontées, et là les douceurs méprisées; là les plaisirs rejetés, et ici les tourments soufferts rien n'y manque, tout est complet. Et il me semble qu'au milieu d'un si beau triomphe, il nous dit, avec une contenance assurée : « Prenez courage, j'ai << vaincu le monde : » Confidite ego vici mundum 1 ; parce que par la bassesse de sa naissance, par l'obscurité de sa vie, par la cruauté et l'ignominie de sa mort, il a effacé tout ce que les hommes estiment, et désarmé tout ce qu'ils redoutent. Et hoc vobis signum : « Voilà le signe

I Joan., XVI, 33.

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<< que l'on nous donne pour reconnaitre notre Sauveur » Accourez de toutes parts, chrétiens, et venez connaître à ces belles marques le Sauveur qui vous est promis. Oui, mon Dieu, je vous reconnais, vous êtes le libérateur que j'attends. Les Juifs espèrent un autre Messie, qui les comblera de prospérités, qui leur donnera l'empire du monde, qui les rendra contents sur la terre. Ah! combien de Juifs parmi nous ! combien de chrétiens qui désireraient un Sauveur qui les enrichît, un Sauveur qui contentât leur ambition, ou qui voulût flatter leur délicatesse! Ce n'est pas là notre Jésus-Christ. A quoi le pourrons-nous reconnaître ? Écoutez; je vous le dirai par de belles paroles d'un ancien Père: Si ignobilis, si inglorius, si inhonorabilis, meus erit Christus1: « S'il est méprisable, s'il est sans éclat, s'il est bas aux << yeux des mortels, c'est le Jésus-Christ que je cherche. >> Il me faut un Sauveur qui fasse honte aux superbes, qui fasse peur aux délicats de la terre, que le monde ne puisse goûter, que la sagesse humaine ne puisse comprendre, qui ne puisse être connu que des humbles de cœur. Il me faut un Sauveur qui brave, pour ainsi dire, par sa généreuse pauvreté nos vanités ridicules, extravagantes; qui m'apprenne par son exemple que tout ce que je vois n'est qu'un songe; que je dois rapporter à un autre et mes craintes et mes espérances; qu'il n'y a rien de grand que de suivre Dieu, et tenir tout le reste au-dessous de nous; qu'il y a d'autres maux que je dois craindre, et d'autres biens que je dois attendre. Le voilà, je l'ai rencontré, je le reconnais à ces signes; vous le voyez aussi, chrétiens. Reste à considérer maintenant si nous le croirons.

(Prem. Sermon sur le myst. de la Nativité de N.-S.)

Tertull., adv. Marcion., lib. 11, no 17.

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