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l'homme qui s'imagine être quelque chose, compterezvous encore pour rien de connaître Dieu? Connaître une première nature, adorer son éternité, admirer sa toutepuissance, louer sa sagesse, s'abandonner à sa providence, obéir à sa volonté, n'est-ce rien qui nous distingue des bêtes? Tous les saints, dont nous honorons aujourd'hui la glorieuse mémoire, ont-ils vainement espéré en Dieu, et n'y a-t-il que les épicuriens brutaux et les sensuels qui aient connu droitement les devoirs de l'homme? Plutôt ne voyez-vous pas que si une partie de nous-mêmes tient à la nature sensible, celle qui connaît et qui aime Dieu, qui conséquemment est semblable à lui, puisque lui-même se connaît et s'aime, dépend nécessairement des plus hauts principes? Eh donc ! que les éléments nous redemandent tout ce qu'ils nous prêtent, pourvu que Dieu puisse aussi nous redemander cette âme qu'il a faite à sa ressemblance. Périssent toutes les pensées que nous avons données aux choses mortelles; mais que ce qui était né capable de Dieu soit immortel comme lui! Par conséquent, homme sensuel, qui ne renoncez à la vie future que parce que vous craignez les justes supplices, n'espérez plus au néant ; non, non, n'y espérez plus voulez-le, ne le voulez pas, votre éternité vous est assurée. Et certes, il ne tient qu'à vous de la rendre heureuse mais si vous refusez ce présent divin, une autre éternité vous attend; et vous vous rendrez digne d'un mal éternel, pour avoir perdù volontairement un bien qui le pouvait être.

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Entendez-vous ces vérités? Qu'avez-vous à leur opposer? Les croyez-vous à l'épreuve de vos frivoles raisonnements et de vos fausses railleries? Murmurez et raillez tant qu'il vous plaira; le Tout-Puissant a ses règles, qui ne changeront ni pour vos murmures ni pour vos bons mots; et il saura bien vous faire sentir, quand il lui

plaira, ce que vous refusez maintenant de croire. Allez, courez-en les risques, montrez-vous brave et intrépide, en hasardant tous les jours votre éternité. Ah! plutôt, chrétiens, craignez de tomber en ses mains terribles. Remédiez aux désordres de cette conscience gangrenée. Pécheurs, il y a déja trop longtemps que « l'enflure de << vos plaies est sans ligatures, que vos blessures invé« térées n'ont été frottées d'aucun baume : » Vulnus et livor, et plaga tumens, non est circumligata, nec curata medicamine, neque fota oleo1. Cherchez un médecin qui vous traite; cherchez un confesseur qui vous lie par une discipline salutaire : que ses conseils soient votre huile, que la gràce du sacrement soit un baume bénin sur vos plaies. Ou si vous vous êtes approchés de Dieu, si vous avez fait pénitence dans une si grande solennité, allez donc désormais, et ne péchez plus. Quoi! ne voulez-vous rien espérer que dans cette vie? Ah! ce n'est point la raison, c'est le dépit et le désespoir qui inspirent de telles pensées. S'il était ainsi, chrétiens, si toutes nos espérances étaient renfermées dans ce siècle, on aurait quelque raison de penser que les animaux l'emportent sur nous. Nos maladies, nos inimitiés, nos chagrins, nos ambitieuses folies, nos tristes et malheureuses prévoyances qui avancent les maux, bien loin d'en empêcher le cours, mettraient nos misères dans le comble. Éveillez-vous dono, o enfants d'Adam! mais plutôt éveillez-vous, o enfants de Dieu, et songez au lieu de votre origine!

Sire, celui-là serait haï de Dieu et des hommes, qui ne souhaiterait pas votre gloire même en cette vie, et qui refuserait d'y concourir de toutes ses forces par ses fidèles services. Mais certes je trahirais Votre Majesté, et

1 Is., 1, 6.

je lui serais infidèle, si je bornais mes souhaits pour elle dans cette vie périssable. Vivez donc toujours heureux, toujours fortuné, victorieux de vos ennemis, père de vos peuples; mais vivez toujours bon, toujours juste, toujours humble et toujours pieux, toujours attaché à la religion et protecteur de l'Église. Ainsi nous vous verrons toujours roi, toujours auguste, toujours couronné, et en ce monde et en l'autre. Et c'est la félicité que je vous souhaite, avec le Père, le Fils, et le Saint-Esprit

SERMON

POUR

LE PREMIER DIMANCHE DE L'AVENT,

PRÉCHÉ DEVANT LE ROI ',

SUR LE JUGEMENT DERNIER.

Son objet sa nécessité: ses effets. Confusion des pécheurs, qui amusent le monde par leurs vains prétextes; des hypocrites, qui font servir la piété d'enveloppe et de couverture à leur malice; des pécheurs scandaleux, qui font trophée de leurs crimes.

Tunc videbunt Filium hominis venientem in nube, cum potestate magna et majestate. Alors ils verront venir le Fils de l'homme sur une nuée, avec une grande puissance et une grande majesté. LUC., XXI, 27.

Encore que dans le moment que notre âme sortira du corps elle doive être jugée en dernier ressort, et l'affaire de notre salut immuablement décidée, toutefois il a plu à Dieu que nonobstant ce premier arrêt, nous ayons encore à craindre un autre examen et une terrible révision de notre procès au jugement dernier et universel. Car comme l'âme a péché conjointement avec le corps, il est juste qu'elle soit jugée aussi bien que punie avec son complice, et que le Fils de Dieu, qui a pris la nature humaine tout entière, soumette aussi l'homme tout entier à l'autorité de son tribunal. C'est pourquoi nous sommes tous ajournés après la résurrec

En 1669; c'est la date que porte le manuscrit.

tion générale pour comparaître de nouveau devant ce tribunal redoutable; afin que tous les pécheurs étant appelés et représentés en corps et en âme, c'est-à-dire dans l'intégrité de leur nature, ils reçoivent aussi la mesure entière et le comble de leur supplice. Et c'est ce qui donne lieu à ce dernier jugement qui nous est proposé dans notre Évangile.

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Mais pourquoi ces grandes assises, pourquoi cette solennelle convocation et cette assemblée générale du genre humain? Pourquoi, pensez-vous, messieurs, si ce n'est que ce dernier jour, qui est appelé dans les saintes Lettres « un jour d'obscurité et de nuage, un « jour de tourbillon et de tempête, un jour de calamité et d'angoisse, » y est aussi appelé « un jour de confusion et « d'ignominie 1? » Voici une vérité éternelle : il est juste et très-juste que celui qui fait mal soit couvert de honte; que quiconque a trop osé soit confondu; et que le pécheur soit déshonoré, non-seulement par les autres, mais par lui-même, c'est-à-dire, par la rougeur de son front, par la confusion de sa face, par le reproche public de sa conscience.

Cependant nous voyons que ces pécheurs, qui ont si bien mérité la honte, trouvent souvent le moyen de l'éviter en cette vie. Car ou ils cachent leurs crimes, ou ils les excusent, ou enfin, bien loin d'en rougir, ils les font éclater scandaleusement à la face du ciel et de la terre, et encore ils s'en glorifient. C'est ainsi qu'ils tâchent d'éviter la honte, les premiers par l'obscurité de leurs actions, les seconds par les artifices de leurs excuses, et enfin les derniers par leur impudence. C'est pour cela que Dieu les appelle au grand jour de son jugement. Là ceux qui se sont cachés, seront découverts;

I Soph., 1, 15.

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