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NOTITIA LITTERARIA.

(Histoire littéraire de la France, tom. XI, pag. 180.)

1o Les lettres de Geoffroi sont partagées en cinq A relever et qu'il me rongisse point de se corriger,

classes. La première classe en contient trente-une, qui sont adressées aux papes Urbain II, Pascal II, Calixte II, Honoré II, et aux légats de ces souverains pontifes ; la plus grande partie a été écrite par notre auteur pour implorer la protection du §aint-siége contre ceux qui attaquaient les priviléges de son àbbaye et en emlevaient ou retenaient les biens ; il appuie sa demande sur ce que les biens de son moriástère étaient par sa fondation um aleu du saint-siége. C'est effectivement ce que portent la lupari des titres de l'abbaye de Vendóme, comme e remarque le P. Sirmond dans sa note sur la deuxième lettre. Il rapporte à ce sujet la charte par laquelle Geoffroi Martel, fondateur de cette abbaye, em' cédant à Foulques, fils de sa sœur, le comté de Vendòme, excepte l'abbaye, qu'il déclare étre un aleu et le patrimoine de l'Eglise Romaine (1) ; et ne se réserve' pour lui et ses successeurs que la défense et la protection de ce monastère. Qn trouve dans cette charte l'origine des comtes de Vendòme. Dans la troisième, Geoffroi se plaint au pape Pascal de la comtesse de Vendòme, qu'il ne nomme point ; de l'évêque du Mans, qui retemait un de ses feligieux ; de gelui d'Angers, qui avait autorisé l'établissement d'une chapelle dans une paroisse de son diocèse appartenant à l'abbaye de Wendòme. Ce qui fait voir que les abbés prétendaient qu'on ne pouvait sans leur consentement élever des chapelles dans les terres de leur dépendance : cela est conforme à la bulle du pape Luce II en faveur de l'abbaye de Cluni. La quatrième lettre est adressée à Pascal II, au nom dé toute la communauté et de l'abbé, qui s'y Plaignent des vexations qu'ils èprouvent de la part de Tévêque de Chartres. Dans la septième, Geoffroi exhorte pascal II à révoquer le traité qu'il avait fait avec Henri W. Ce pape, ayant été surpris et arrêté dans Rome, I'an 1 1 l 1, par Tempereur, lui accorda les investitures pour sauwer la ville et l'Italie de leur ruine et les prisomniers de la mort dont ils élaient menacés. Quoique la mécessité et les circonstances où s'était trouvé Pascal se imbi assent devoir porter à excuser sa démarche, elle fut méanmoins blâmée hautement et en particulier par l'abbé de Wendò me, qui lui écrivit sur ce sujet avec beaucoup de force. Λprès lui avoir remis devant les yeux les travaux dés apòtres saint Pieri e et snint Paul, le zèle avec lequel ils ont préché la loi, le courage qu'ils ont montré en répandant leur sang pour sa défense, la gloire dont iis jouissent dans le ciel, où iis attendent leurs successeurs qui ne dè généreront pas de leur courage, il ajoute que celui qui, étant assis sur leur siège, a renoncé à la glorieuse destinée de ces saints, par une conduite opposée à la leur, doit casser ce qu'il a fait et réparer sa fante en pleurant comme un autre Pierre (2). Si la faiblesse de la chair l'a fait tomber, dit-il, que la force de l'esprit le fasse

(1) Beato principi apostolorum Petro et Romanæ ejus Ecclesiæ in alodium obtuli et patrimonium. Solummodo loci defensionem mihi' et succcssoribus Andegavensis patriæ principibus retinens.

(2) A quorum sorte beata, qui in eorum sede residens et aliter agens se privavit, faetum suum ipse dissolvat, et velut alter Petrus lacrymando corrigat

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emendare non erubescat. Geoffroi réfute ensuite ce qu'on pouvait alléguer en faveur du pape, qui craiguait pour la vie des prisonmiers que l`empereur avait entre les mains, s'il lui refusait les investitures ; el il soutient que la faute est inexcusable, et qu`en voulant l'exeuser, on ne faitque l'augmenter : ainsi il faut, dit-il, la réparer promptement en renongant à l'erreur, afin que motre mère spirituelle, qui semble être sur le point de rendre le dernier soupir, ne meure pas (3). Notre auteur po'étend que l'investiture est une hœrésie, selom la tradition des SS. Pères ; que celui qui l'approtive mérite d'être retranché, qu'il cesse d'être catholique et est hérétique. Après plusieurs traits aussi vifs que ceux que mious venons de rapporter contre ceux qui recoivent l'investiture de la main des laiques, il ajoute qu'il parle de la sorte, parce que le prophète s'étant laissé corrompre par Satan. il est nécessaire que l'ânesse sur laquelle il est monté lui reproche sa folie. Et puisque mous avons vu de nos jours, dit-il encore, Lucifer tomber du ciel, ne dissimulons pas son impiété, afin de ne pas tomber avec lui dans l'abime du désespoir. Jl finit en disant que, s'il n'en a pas dit aulant qu'il devait, on dvit l'attribuer à l'ignorance ; et que si, au contraire, il en a trop dit, on doitlui pardomuer, parce qu'il ne l'a fait que par la haine de 1'iniquité et par l'amour de l'équité. Nous ne croyons pas jue personne puisse reprocher à Geoff oi d'être tombé dans la première fatite. La huitième lettre, adressée à Pascal II, regarde un différend qu'il avail avec l'abbé de Saint-Aubin d'Angers. Il y parle de son attachement pour le saintsiège, et des marques efficaces qu'il en avait données à Urbain par les services qu'il lui avaitrendus. Dans la neu viëine, adressée au même pape, il se justifie sur quelques accusations formées contre lui : on accusait cet abbé de communiquer avec le persécuteur de l'Eglise et avec Guillaume, comte de Poitiers, qui avait été excommunié plusieurs fois. Il prie le pape de me point ajouter foi aux faux bruits que ses ennemis faisaient courir contre lui. Ce qui le met dans la nécessité de dire des choses qu'il voudrait taire touchant son monastère, qui est le mieux réglé qu'il y ait em France, et les services qu'il a rendus au saint-siége. Il espère qu'à cette considération Pascal voudra bien le rétablir en possession de l'église de Sainte-Prisque, que ses prélécesseurs Alexandre II et Grégoire VII avaient accordée aux abbés de Wendòme. Alexandre II avait donné en 1062 à Ordric, abbé de Wendòme, pour lui et pour ses successeurs à perpétuité, l'église de SaintePrisque au mont Aventim, ` avec le titre de cardinal. Grégoire VII avait confirmé ce privilége em 1079. L'abbé de Wendòme en ayant été dépouillé du temps du schisme de Guibert, Urbain II I'avait rétabli ; mais comme la restitution que ce pape en fit à Geoffroi m'eut peut-être pas tout son effet, cet abbé

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la poursuivit auprès de Pascal II, successeur d'Ur-
bain, et il l'obtint enfim de Callixte II. Honorius II
confirma, en 1129, ce qu'avait fait son prédécesseur
em faveur de Geoffroi. Les successeurs de cet abbé
em furent encore dépouillés dans la suite ; Inno-
cent III la rendit à Hamelin avec quelque exception.
Depuis ce temps jusqu'au concile de Constance, les
abbés de Vendòme demeurèrent en possession du ti-
tre de cardinal qu'ils ont perdu depuis, ainsi que
l'église de Sainte-Prisque.
Les quatres lettres suivantes sont adressées à Cal-
liste II, avec lequel Geoffroi avait été lié d'amitié
avant qu'il füt élevé sur le siège de sajnt Pierre.
La quatorzième et la qu;inzième, à Honorius II; il se
plaint dans la dernièrè de l'évèque d'Angers, quien
ágissait mal à son égard ; mais c'est sans s'éca:ter de
la charité qui défend de mentir et ordonne de dire
la vérité, soit qu'il s'agisse d'un ami, soit qu'on parle
d'un ennemi. Dans la seizième, à Pierre, cardinal
diacre, légat, il lui témoigne la part qu'il prend à sa
mala die et lui fait offre de ses services. le priant de
s'adresser à lui comme à un ami, pour toutes les
ehoses dont il pourrait avoir bes9in ; il lui dit que
I'amitiè n'est véritable qu'autant qu'on en domne
des marques par les services qu'on se rend récipro-
quement datis le besoin (*).
La dix-septième est adressée à Richard, cardinal,
évèque d'Albane, légat du saint-siège ; Geoffroi se
justifie des accusations que Radulphe, archevêque
de Tours, avaient portées contre lui. La dix-huitième
est adressée à Conon, cardinal, évêque de Préneste,
légat de Pascal II. Dans la dix-aeuvième, adressée à
Girard, évêque u'Angoulème, légat du saint-siège,
il implore sâ protection contre les violences qu'om
exergait contre son monastère. Dans la vingtième,
au même Girard, il témoigne sa surprise de ce qu'um
prelataussi prudentaavancé contreluides choses qu'il
n'aurait pas même dù penser, ne pouvant être re-
gardées que comme des calomnies inventées par ses
emnemis. Les suivantes, jusqu'à la vingt-septième,
sont encore adressées à Girard d'Angoulème ; la
vingt-huitième â Hugues, archevêque, légat du saint-
siège, qui est, selon le P. Sirmond, l'archevêque
de Lyon de ce nom, qui fut légat du pape Urbain II.
La vingt-neuvième est écrite à Üìbìùíá, archevêque
de Lyón, qui l'avait invité à un concile ; Geoffroilui
répond qu'en vertu d'un privilége accordé par les
papes auix abbés de Wendóme, ilTne peut mi ne doit
assister à un concile convoqué par un évêque ou
par un légat du saint-siége. Les deux dernières let-
tres du premier livre sont adressées, l'une à Ra-
dulphe, archevêque de Tours ; l'autre, à Renaud,
archevêque de Réims, le même qui avait été élu
èyéque d'Angers l'an 1101, et à Télection duquel
Geoffroi s'était opposé.
Le se cond livre conlient trente-deux lettres, dont
dix-neuf sont adressées à Yves de Chartres, et les
autres à Geoffroi, successeur d'Yves. Notre auteur
y défend avec beaucoup de fermeté et de respectles
priviléges de son abbaye contre l'évêque d : Chartres,
qui, en lui donnant la bénédiction, avait exigé de
lui une profession qui y était contraire et qui fut
cassée par les papes Uibaiii II et Pascal II. Les au-
teurs delanouvelle Gaule chrétienne(t. VIII, p. 1368)
disent que cette professiom fut dans la suite cause
d'un petit différend entre Yves et Geoffroi, {'% dis-
sidioli inter illos postea seminarium fuit. Il parait
néanmoins, par les lettres de Geoffroi et par celles
d'Yves de Chartres, que ce différend fut porté assez
Join; les récriminations de l'évêque et de l'abbé en sont
la preuve. Dans la dix-neuvième, Geoffroi prétend
qu'on ne doit point réitérer l'onction des malades ;
il blâme même et taxe d'erreur considérable l'usage
de ceux qui la réitèrent : il désire cependant savoir

A là-dessus le sentiment d'Yves, qui lui fit une ré-
ponse par laquelle il confirme celui de l'abbé de
Vendόme, en s'appuyant sur ce que disent saint
Augustin et Saint Ambroise de la pénterce publi-
que, qui ne se réitérait pas. Raisonmement frivole,
dit le P. Sirmond (Not. in ep. 19 l. ii, in ep. 20, p.
t99 et 700). Il est vrai qu'on ne réitérait pas la pé-
nitence publique ; mais cela ne regardepas I'oncfion
des malades, qui m'appartient point à la pénitence
publique, et qui, n'étant point dü nombre des sacre-
ments qui impriment caractère, peut se réitérer
non-seulement en différentes mala dies, mais encore
dans la même, lorsqu'après quelque intervalle la
mala die se renouvelle et le malade retombe dans um
nouveau danger. Le P. Sirmond aurait pu remarquer
une autre chose qui n'est pas moins siiigulière, é'est
que ces deux auteurs me paraissent pas avoir la
même idée de l'extrême-onction que nous en donnent
nos catéchismes, qui nous enseignent que c'est un
sacrement institué par Jésus-Christ, ainsi que les
autres. _ Geoffroi, au contraire, semble ne pas re-
garder l'extrême-onetion comme un sacrement pro-
prement dit, et croire qu'elle a été insinuée pai le
saint- siège : cum abapostolica sede sacramentum
vocetur, secundum apostolicæ sedis institutum,
genus est sacramenti. Le lecteur peut voir la lettre
253 d'Yves de Chartres à Radulphe abbé, qui était
malade, dans laquelle il l'avertit de ne point réitérer
l'onction des malades.
Les douzes lettres suivantes du second livre, adres-
s$es à Geoffroi, successeur d'Yves sur le siège de
Chartres, ont la plupart le même objet que les pré-
cédentes. Dans les unes (Ep. 21, 22, 24, 26, 32)
notre abbé a recours au prélat contre les vexations
de la comtesse de Wendòmìe, des religieux de Mar-
moutiers, etc. Dans d'autres (Ep. 27, 28, 30) il dé-
fend les Ę; et I'exemption de son monastère
contre le prélat lui-même : a Nous ne sommes point
C pour cela, acéphales, dit l'abbé de Vendóme em ré-
pondant dans une de ses lettres (Ep. 27) aux repro-
ches de l'évèque de Chartres; nous avons Jésus-Christ
pour chef, et après lui le pontife romain. Notre mo-
nastère a toujours eu ce chef depuis sa fondation, et
l'aura, avec le secours de Dieu, jusqu'à la fin des
siècles. » Quelque zèle, au reste, qüe Geoffroi ait
fait paraitre poür la défense des priviléges de son
monastère, il a toujours témoigné un pröfond res-
pect pour les évêques contre Iesquels il les défen-
dait. Il proteste qu'il n'a jamais rien voulu enlever
a l'Eglise de Chartres ; qu'il veut seulement conserver
è l'abbaye de Wendòmè la possession de ce qui lui
fut accordé lors de sa fondation, et qu'il reddra à
1'évèque de Chartres tout ce qu'il s'était réservéalors
dans cette' abbave.
Le troisième livre des lettres de Geoffroi en con-
tient quarente-trois écrites à différents évêques,
particulièrement aux évêque d'Angers et du Mfans.
I.a première est écrite à Geoffroi, évêque d'Angers,
qui se retira à Cluni l'am ! 101. Dans la secónde,
adressée à Renaud de Martigné, successeur de Geof-
froi, il l'exhorte à défendre l'Eglise contre le comte
d'Anjou. Il lui dit que celui qui craint l'exil et la
mort, et fait quelqué chose dè contraire à l'équité
par la crainte de lâ mort ou de l'exil, n'est pas un
véritable évêque. Les suivantes, jusqu'à la dixième,
sont adressées au même Renaud d'Angers. Dans la
huitième, l'abbé de Wendóme parle d'un moine de
Saint-Nicolas qui avait répondu oux accusations
formées contre lui par son abbé, en se servant, non
de la langue latine, parce qu'il était laique et qu'il
ne l'avait point apprise, mais de sa langue nátu-
relle: ad cujus objecta monachus, quia laicus est,
non Latina, quam non didicit, lingua, se'l materna
respondet. Cela fait voir que dès lé douzième siècle

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(4) Præterea nuda, imo nulla est amicitia quam mutua et maxime in necessitate non probant obse

quia.

le latin n'était plus la langue vulgaire, et que les lai- A cette opposition comme un attentat contre la dignité Rennes, du comte Conam, deRobert de Vitré, alors A les autres, en sorte qu'il n'est pas possible d'en mé

ques en avaient une autre qui s'appelait la langue maternelle. Cela peut servir efiêore à expliquer pourquoi nous avons quelques sermons de Saint Bernard à la fois en latin et en frangais. L'évèque d'Angers ayant ordonné à un moine de Saint-Nicolas, nommé Savaric, de retourner dans son monastère, Geoffroilui écrivit à ce sujet (Ep. 9); il loue la bonue intention du prélat, mais il lüi représente qu'un moine accusé par son abbé ne doit pas être laissé, sous sa conduité à discrétion, et que cela est contraire aux canons (5). Renaud s'étant plaint à Hamelin que Geoffroi avait traversé son élection (Ep. 11), noíre abbé lui 6crivit encore sur cela une léttre dans laquelle il lui dit sans détour que ce qui est contraire'aux règles et aux constitutions des SS. Pères lui avait déplu, et qu`il ne serait pas le serviteur de Jésus-Chfist, mais du diable, s'il n'avait pas été affligé de voir fermer l'unique porte de lasainte Eglise pour ouvrir, en foulant aux pieds la doctrine des apólres et le saint Evangile,celle parlaquelleles voleurs et leslarronsentrent dans la bergerie. Geoffroi ajoute que Renaud a tort de lui faire un crime personnel de s'être opposé & ce qu'il appelle son élection, puisque tous s'y opposèrent ; et que ce fut moins une élection qu'une conspiration dupeuple, dans laquelle on n'eut aucun égard aux saintes règles. Il lui reproche encore d'avoir regu 1'investi:ure des mains d'un laique, et la traite d'hérésie et de simonie. Notre abbé prétend q 1'il n'est persomne qui ne doive s'élever contre ume si détestable impiété ; et que si on n'a pas l'autorité* d : prélat, on le doit en qualité de chrétien (6). Quand même on serait coupable de quelque crime qui rendrait infâme, ce n'est pas une raison de garder le silence, comme on le voit par l'exemple du bon larrom, parce que tout pécheur peut défendre la foi commune de l'Eglise, dont il fait profession, conlre ceux qui l'attaquent. Renaud, à qui cette lettre est adressée, ayant été transféré sur le siège de Reims, on élut pour son successeur, sur celui d'Angers, Ulger, qui renouvela le différend de ses prédécesseurs avec les abbés de Vendòme touchant le rachat des autels, condamné par Urbain II comme un pacte simoniaque dans le concile de Clermont, l'an 1005. C'est ce qui fait le sujet de la douzième lettre de Geoffroi, adressée à UIger. Les dix-sept lettres suivantes sont écrites à iiifiéìéïí, êvêque du Mans. Dans la treizième et la quatorzième il est question de l'élection irrégulière de Renaud, évê [ue d'Angers, à laquelle Hildebert s'était opposé. Dans la quinzième, Geoffroi se plaint des vexátions de la comtesse de Vendòme, La seizième roule sur le même sujet, ainsi que quelques aulres. Les vingt-quatrième, vingt-cinquième, vingtneuvième et trentième sont écrites au sujet d'un religieux fugitif de l'abbaye de Vendóme, que l'évèque dú Mansjelenait, quoiqu'il eût prQmis de le renvoyer à l'abbé qui le reIemandait. Dans la vingtsixiè;me et lavingt- septième il reproche modestement íìiììáôéïíåéíüìåýòî manqué de parole en n'exécutant pas la promesse qu'il lui avait faite, parge que le êlergé de Tours s'y opposait. Geoffroi regarde

(5) Hoc dicimus inusitatum, et in, t9t9 canonum corpore non invenitur, ut quilibet sub illius manere debeat potestate a quo de crimine accusatur.

(6) Et nemo est qui contradicere palam non debeat et possit. Nam si prælati non habeat,autoritatem, habet tamen Christiani vocem... Quod si fuerit vitiosus, vel quolibet alio crimine infamis factus, non ideo silere debet ; quoniam unicuique peccatori communem Ecclesiæ fidém, quam suam esse credit et confitetur, defendere et contra ejus adversarios libere pugnare licet.

(7) Prælato quidem obediendum est, non tamen in omnibus quâ ipse suggerit, sed in his tantum

d'Hildebert, et une insulte faite à l'Eglise du Mans de la part de ces clercs qui, au mépris de toutes les règles, se sont élevés au-dessus u'un évêque, qu'il ne leur est même pas permis de reprendre sinon dans le cas où il s'écarterait de la foi. L'archevêque de Tours, lui-même, ajoute motre abbé, quoique supérieur de ces clercs, n'aurait aucum droit de vous einpècher de me faire la gráce que je votis suppliais de m'accorder ; et s'il avait woulu votis en empècher, vous n'auriez point dù lui obéir. On doit à la vérité obéir à son supérieur, non toutefois dans totites les choses qu'il ordonne, mais seulement dans celles que Dieu commande. Car si les supérieurs ordonnent quelque chose de contraire à ce que Dieu ou les pères ont prescrit, i!s perdent l'autorité de commander et on ne doit point leur obéir ; eomme les apòlres nolis l'apprenneít par leur exemple. Ils avaient assurémenl appris les règles de l'obéissance d'un bon maitre, qui léur avait donné cette instruction en parlant des Scribes et des Pharisiens: faites tout ce qu'ils vous diront. Cependant lorsque datis la snite ces mêmes Scribes et Pharisiens leur défendirent de prêcher au nom de Jésus-Christ, ils évitùrent sagement de tomber dans le piège d'une fausse obëissanee, en répondant qu'il faut obéir â Dieu plutót qu`au.r hommes (7). Le lecteur sent qu'il ne fatit pas prendre à la lettre ce que dit notre auteur, que les supérieurs qui ordonnent quelque chose de contraire à ce que Dieu et les Péres ont prescrit perdent l'autorité de commander. Ces parolës signifient seulement que, dans un tel cas, lés supérieurs n'ont point d'autorité pour commanler ce qui est contraire à la loi de Dieu, puisqu'ils ne l'ont regue que pour enseigner la vérité et faire observer la loi de Dieu ; et qu'ainsi, lorsqu'ils font des commandements par lesquels ils s'en écartent, on me do:t point leur obéir, in illare, quoique d'ailleurs ils cohservent l'autorité qu'ils ont règue pour l'édification, et non pour la destruction ; âutorité à laquelle on est obligé de se soumettre, lorsque ceux qui en sont revetus en font le légitime usage pour lequelils l'ont regue. Parmiles lettres qui suivent, il y en à sept adressées à Ranulphe, évêque de Sainies, et à Pierre, son successeur. Le P. Sirmond conjecture que la quarante-sixième est écrite à Geoffroi de Chartres, et la quarante-troisième à Renauld d'Angers, qui me sont désignés l'un et l'autre que par la première lettre de leurs noms. Daus la trente-neuvième, adressée à Pierre, évêque de Saintes, notre abbé prie le prélat d'empêcher un duel entre un clere et un möine; ce qu'il dit n'être point permis par les lois et avoir été condamné par les sacrés canons. L'éditeur, dans une note curieuse sur cette lettre, rapporte trois exemples de ces sortes de combats : le premier entre Haimeric, vicomte de Thouars, et Thierry, abbé de Saint-Aubin, au sujet d'une redevance exigée par le vicomte et refusée par l'abbé, commeT n'étant point due. Le duel n'eut pas lieu, le vicomte s'étant relâché de sa demande. Dans le second exemple, le combat se livra em présence d'Hamelin, évêque de

quæ Deus præcipit. Nam si quid contra constitutionem Dei vel Patrum prælati præcipiunt, statim auctoritatem præcipiendi amittunt, et in illa re nullatemus est eis obediendum, exemplo videlicet apostolorum. Ipsi certe a bono Magistro formam acceperunt obedientiæ, in qua eis de Scribis et Pharisæis dictum est: Quæcunque di.rerint vobis, servate et facite (Matt. xxiii, 3). 3? cum illis præeipientibus ne in nomine Jesu loquerentur, posteà audiérunt; quod sibi sub nomine obedientiae fallaciter imperatum fuerat, sapienter vitaverunt dicentes : 0portet obedire Deo magis quam hominibus (Act. v, 19).

excommunie, ete. La querelle ne se décida point par le combat, mais eile fut accommodée. Enfim dans le troisième exemple, le dnel s'exécuta entre Etienne, le champion du comte d'Angoulême, et un r, ommé Guillaume, qui était colui d'une femme accusée de malefices. Etienne fut victorieux, et alla rendre grâces à Dieu au tombeau de saint Eparchius, où il av ait passé la muit précédente. Guildaume fut emporté du champ de batai!le le corps tout brisé des coups qu'il avait regus. Ces duels, dont le P. Sirmond me rapporte pas la date, paraissent fort postérieurs au tem:ps de Geoffroi. A ipsi le zèle que témoigne cet abbé contre un usage si contraire à la loi de Dieu n'eut pas l'effet qu'il serait à souhater qu'il ' ùt eu. Eh ! plùt à Dieu qu'il eùt été tellement aboli qu'il n'en füt resté aucune trace dans les siècles suivants, ou que du moins il n'em restât aucune dans le nôtre. Le quatrième livre contient cinquante lettres B êcrites à des abbés ou à des moines. La pius remarquable est la quarante-sep'ième, adressée à Robert d'Arbrisse!'es, devenue célèbre par les efforts qne quelqnes disciples du pienx institnteur de Foniovraud ont faits pour prouver qu'elle n'est point de l'abbé de Vendòme. Le succès n'a pas été héureux ; mais s'ils n'ont point réussi à prouverla supposition de cette lettre, elle lour a du moins procuré l'occasion de se faire connaitre dans la république des Je tres. Le P. de la Mainferme, plein de zêle pour l'honneur de sori saint patriarche, a publié un ouvrage sous le titre de Bouclier de l'ordre maissant de Fontevraud, dont le but principal est de justifier Itobert des reproches que lui fait Geoffroi, en táchant de prouver que cette lettre n'est point de Tabbé de Wendóme, mais de l'hérétique Roscelin. Il etait aisé au P. de la M inferme de justifier la mémoire du B. Robert, et de détruire tous les faux bruits qui ont donné occasion aux lettres de Geoffroi de Vendóme et de Marbode de Rennes. Si I'apologiste de l'instituteur de l'ordre de Fontevraul en fiit demetiré là, il aurait pu se flatter d'avoir tout le succès qu'il désirait. Mais voulant aller plus loin, et entreprenant de proiiver que c os lettres sont supposées, il s'est donné une peine inutile. Toutes les conjectures qu'il allégue sont trop faibles pour pouvoir faire seulement douter que cette lettre ait été ecrite par celui dont elle porte`le nom. Elle se trouve parmi les lettres de Geoffroi non seulement dams le manuscrit de la Conture du Mans, sur lequel le P. Sirmond l'a publiée, mais eticore dans déux anciens manuscrits, l'un de la bibliothèque de Christine, reine de Suède, l'autre de la bibliothèque le Sainte-Croix de Floremce, qui sont du temps même de Robert d'Arbrisselles. C'est le jugement qu'en porte le P. Mabillon (Mus. Ital. t. I, p. 54, p. 164), qui a vu et examiné ces manuscrits, doml il fait mention dans la relation de son voyage d'Italie. Le P. Pagi (ad an. 1 1 17. ii. 22) témoigne aussi avoir vu la lettre de Geoffroi dans le manuscrit de Sainte-Croix de Florence, qui est mn monastère de son ordre. Enfin elle se trouve encore en partie dans le manuscrit de Wendóme parmi les léttres de Geoffroi. Celui qui a arraché le feuillet où était le commencemeut de la lettre, a respecté le feuillet suivant, et a laissé une suite qui trahit sa fausse précantion, et constate l'authenticité de la pièce qu'il voulait faire disparaitre. Ce quien reste démonfre qu'elle y était autrefois et y faisait. comme dans l'imprimé, la quarante-septième du quatrième livre. Nous ne parfons pas du style de la lettre qui est le même qüe dans

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(8) Haec idcirco, venerabilis frater proposuimus, quia te talia egisse et adhuc agere, fama discurrente sinistra, audivimus ; quæ si vera sunt, ut nulla excusatione ilia defendas, sed eum omni festinatione corrigas, tuam simplicitatem germanæ charitatis vi

C.

connaitre Tauteur. Qu'oppose-t-on à des preuves si convaincantes ? De frivoles conjectures, qui les iais. sent subsister dans toute Ieur force, sans y donner !a moindre atteinte. Aussi le dernier apologiste de Robert, qui a publié, l'an 1701, à Anvers, üne dissertation contre ce que Bayle a dit de lui dans son Diction naire, avone-t-il de honne foi que la lettre en question est véritablement de l'abbé (}eoffroi, et qu'elle se trouv e dans le manuscrit de Vendóme. En vaim le P. de la Mainferme (Clyp. t. I. p. 7), les Bollandistes (ad diem xxv Feb., p. 600), * et le P. Dubois de l'Oratoire dans son IIistoire de Paris (Dub. ep. 1 1, c. 3. n. 5), etc, voudraient-ils la faire passer pour une production de l'hérétique Roscelin qui publia, selon le témoignage d'Abaylard, une lettre remplie de calomnies conlre Robert d'Arbrisselles. Ces critiques n'ont point pris le sens d'Abaylard. Car Abaylard me dit point que Roscelin eût écrit une ou deux lettres sous le nom d'autrui, pour décrier Robert d'Arbrisselles, mais qu'il avaii fait une lettre contre lui et contre saint Anselme (Dup. Bib., sæc. xii, p. ii). Ce qui n'a aucun rapport avec la lettre de Geoffroi. D'ailleurs l'écrit de Rosce!in contre Robert était un véritable libelle diffamatoire, selon 1'idée que nousen donne lethéologien de Paris, qui réfuta les erreurs de cet hérétique (Conc. t. X, p. 487). Or c'est ce quine convient point à la lettre de l'abbé de Wendόme, qui, quoique prêvenu parles faux bruits qu`on répandait dans le public contre Robert, ne laisse pas dans sa lettre de témoigner beaucoup de respect pour sa përsonne, et se reconmande instamment à ses saintes prières : Et nos tuarum sanctarum precum, j$! recamur, articipes effice. En un mot, la lettre de Geoffroi de cndòme ne peut et ne doit être regardée que comme la lettre d'un ami à un ami qui l'avertit librement et charitablement des bruits dësavantageux, qui courent sur son compte, afin qu'il se corrige si ce qu'on dit de lui est vrai (8). Il ne parait pas même qu'i] ajoute foi à ces bruits, car bien loin d'en parler affirmativement, il ne le fait qu'en doutant (9). Une telle lettre peut elle étre prise pour un libelle diffamatoire, £f qu'était l'é*rit de Roscelin ? Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce point de critique, qui parait si évidemment décidé, qu'il est êtonnant qu'on puisse former là-dessus quelques É,'§i en restait cependant encore qüelqüesunes, on les trouvera entièrement levées par deux solides réflexions que D. Rivet a faites surce sujet dans l'article de Roscelin. Le P. Pagi (Ad an. M 117, p. 400, col. 2.) avance que le P. Sirmond, éditeur des ouvrages de Geoffroi, a cru que cette lettre était supposée.TCependant le P. Sirmond I'a mise parmi les lettres de l'abbé, sans témoigner aucum doute qu'elle fût de lui. Le P. de la Mainferme lui en a même fait un crime. Il est vrai que les Bollandistes (ad diem xxv Febr.) ont prétendu depuis que le P. Sirmond s'était repenti de l'avoir publiée ei qu'il avait dessein d'en rendye un témoignage public dans une seconde édition. Mais Ménage, qui était très lié avec le P. Sirmond et avait eu avec lui des entretiens particuliers sur cette lettre, assure dans son Histoire de Sablé que jamais le P. Sirmond n'a eu ce dessein et qu'il ne s'est jamais repenti d'avoir donné cette lettre. I.e cinquième livre des lettres de Geoffroi en contient vingt-huit. Dans la seizième, notre auteur donne des legons sur la nécessité de la confession, à Guillaume, qui avait été son maitre. Ce Guillaume prétendait qu'il n'y avait que quatre sortes de pé

sceribus commonemus.

(9) Hocsi modoagis, vel aliquando egisti, noyum et inauditum, sed infructuosum gemus Tmartyrii invenisti.

chés quel'om élait obligé de confesser ; et que, pour A évêque que 1'invocation du Saiut-Esprit et l'eau le

tous les autres, Dieu les remet sans confession ; il s'appuyait même d'un passage du Vénérable Bède (lib. v. E.rpos.) pour prouyer, sqn. sentiment. Mais le discip!e, plus é lairé et plus habile que som maitre, lui apprend que] est le véritable sens des paroles de Bède, et lui soutient que la confessiom et la pénitence sont nécessaires pour tous les crimes, et que rien n'est plus certain (10). 0n voit dans la dix-huitième un trait remarquable de la fermeté de Geoffroi et de son zèle pour le hon ordre, qui le faisait passer par-dessus tout respect bumain. Guillaume, duc d'Aquitaine, lui ayant demandé qu'il renvoyât un moine nommé Rainaud, dans une obédience dont il l'avait retiré, et dans laquelle il était utile au duc et nécessaire à la maison, Geoffroi lui fit réponse que cette demande, étant contraire à la règle de Saint-Benoit, il ne pouvait lui obéir. A l'égard des raisons qu'allé

sont pouffaire un chrétiem ; de même l'élection sans la consécration, ou la consécration sans éleetion, ne suffit pas pour étre fait évêque. Quand notre auteur parle d'éléction, il veut qu'on entende une élection çanonique, qui doit précéder et est absolument nécessaire. Un évêqué donl l'élection n'est pas canonique est un arbrè sans racine qui, quoique reyétu de' feuilles, ne peut porter de fruits. C'estfajre injure à l'Eglise et la cóuvrir d'opprobre que de lui donner des ministres donl l'élection ne soit pas canonique, et de m.ettre des personnes sans lumières, sans piété, sans moeurs, dans des places qui sout dues `au mêrite, à la sciences et à la vertu. Relativement à l'investiture donnée par la main des laiqucs, Geoffroi renvoie au premier article du concile tenu par Grégoire VII pour savoir ce que l'Eglise catholique enseigne et ce qu'elle a décidé sur ge sujet. Il soutient que l'investiture (ou plutôt l'opiniom que les

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l'âme de ce religieux, dont i! rendrait compte'au jour du jugement, devait lui étre plus chère que tous les intérêts temporels ; il finit en le priant `de ne point se mêler de ce qui regarde le salut des úmés confiées à ses soins (1 1). Le nombre des lettres de notre auteur est de cent quatre-vingtqua!re, auxquelles il faut eu ajouter une, dont le P. Sirmond n'a pas eu connaissance, qui est adressée au religieux de Cluni. D. Mabillon l'a publiée dans le troisième tome de ses Amalectes (p. 481), et on l'a depuis insérée dans la collection dés ouvrages du P. Sirmond, au troisième tome, où sonl les ouvrages de l'abbé de Wendòme (t. III, praef., n. 3). 2° Les lettres de Geoffroi sont suivies de plusieurs opuscules, où il traite, avec assez d'ordre et de lumière, divers points de doctrine et de discipline ecclésiastique. Dans leo premier traité, qui esl Du corps et du

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la plus claire la présence réelle dans l'Eucharistie. « On met d'abord, dit-il, du pain et du vim sur l`autel ; mais de même qu'avant la consécration il n'y a que du pain et du vim, ainsi, après la consécration, il ne reste rien du pain et du vin que la saveur, l'apparence et l'odeur, et cela à cause de la faiblesse et de l'infirmité de l'homme ; car si la chair glorieuse de Jésus-Christ et son sang sacré paraissaient dans leur nature R? re, les hommes n'en pourraient pas soutenir l'éclat et n'auraient pasle mérite de la foi... Croyons donc fermement, et sans aucun doute, que ce que les chrétiens regoivent à l'autel, après la consécration, n'est autre chose que ce que la Vérité elle-même déclare en disant: l'eceve*, ceci est mom corps;... c'est cette même, unique et véritable, chair qui a été congue $; I'opération du Saint-Esprit, qui est née de la ierge Marie, qui a été attachée à la croix, qu'il a ressuscitée par la toute-puissance de sa divinité, êtant Dieu lui-même. Les méchants le re(;oivent ; mais comme ils le recoivent mal, ils en deviennent plus méchants. Les bons qui le reqoivent, ayant la charité dans le cœur, en deviennent meilleurs. » Ce traité, dans sa brièveté, renferme tout ceque l'Egiise enseigne aux fidèles touchant 1'auguste mystère de nos autels, et renverse toutes les herésies les novateurs des derniers siècles qui ont osé l'atlaquer. 3° Le second traité, surTordination des évêques et l'investiture des laiques, est adressé à Pierré de Léon, cardinal. Geoffroy y enseigne que l'élection et la consécration sont aussi essentielles pour faire un

(10) Certum est, nihil hoc certius, omnia peccata vel crimina confessione indigere et pœnitentia.

(1 1) De cura animarum nobis commissarum vos intromittere nolite.

(12) Alia utique est investitura quæ episcopum perficit ; alia vero quæ episcopum pascit. Illa ex

la simonie, et même encore pire que la simonie, parce que celle-ci se fait ordihairement dans le seęret, aü lieu que l'investitute est toujours publique; qu'elle a été interdite aux laiques par Jésus-Christ ét par les apòtres. La raison pourlaquelle l'abbé de Vendòme Iraite d'hérésie l'opinion de ceux qui pensaient que les laiques peuveut donner 1 invest ture, c'est qu'il regardait l'investiture comme un sagrement, et lui en donne même le nom, prétendant qu'elie est un signe sacré par leque! l'évêque est distingué des autres homines et est établi sur le troupéau de Jésus-Chrisl pour en avoir soin; qu'ainsi il me peut recevoir l'invéstiture que des mains de celui de qui il recoit la consécration. De plus 1'hérésie de l'investiture est encore une simonie ; car la puissanee séculière ne serait pas si jalouse de ce droit si elle n'y trouvait un intérêt temporel, soit en extorquant de l'argent, soit en s'assujettissant, ce qui est encore plus grave, la personne de l'évèque. Les laiques doivent recevoir les sacrements de là main des `ecclésiastiques, mais ils n'ont pas le droit de les leur administrer. L'anneau et le bâton sont des sacrements de l'Eglise, comme le sel, l'eau, les saintes huiles, le chrême, lorsqu'ils sqnt dounés par ceux qui en ont le pouvoir et avec les cérémonies requisés. En conséqjence, Geoffroi prononce hardiment que colui qui reqoit l'investiture par une main laique n'est poifit inembre du pasteur qui a donné sa viépour ses brebis; mais qu'il est un voleur, um ravisséur et un loup, qui ne vient que pour voler, piller et massacrer. 4° Le troisième opuscule, adressé au pape Callixte II, traite encorè de l'investiture laique, qu'il attaque avec les mèines arguments ; il exhorte le souverain pontife à la combattre en toute occasion. 5° Dans la quatrième notre auteur continue de parler de la miême matière. Il commence par dire

D que les empereurs et les rois ne doivent pas trouver

mauvais ce qu'il avance, ni s'attribuer, en vertu de la coutume, ce que la Vérité elle-même, en parlant parla bouche dè ses apótres, a déclaré ne leur point appartenir. Toutefois, Geoffroi, en soutenant que la É séculière ne peut donner 1'investiture par `anneau et le bâton pastoral, awoue que les princes peuvent donner,aux évêques 1'investiture des biens iemporels que l'Église possède. « Autre chose, dit-il (12), est l'investiture qui fait l'évêque. autre chose est celle qui le fait sübsister. La première est de droit divini, la seconde est de droit humaim. Otez le droit divin, vous ne faites plus d'évèque ; òtez le

divino jure habetur; ista ex jure humano. Subtrahe jus divinum, spiritualiter episcopus non creatur. Subtrahe jus humanum, possessiones amittit quibus ipse corporaliter substentatur. Non enim possessiones haberet Ecclesia, nisi sibi a regibus donarentur, etc.

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