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VI.

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Frappés des heureux résultats de l'Association de la Propagation de la Foi, de simples ouvriers, de pauvres ouvrières, des servantes, des filles indigentes veuillent s'imposer des privations nouvelles sur leurs privations déjà si nombreuses, afin de contribuer elles aussi au succès de la belle œuvre.

Que ne ferez-vous pas, que ne devez-vous pas faire, vous à qui Dieu a départi la fortune? Ah! donnez donc, donnez largement!... Cette aumône que vous ferez à la Propagation de la Foi, sera la parole qui convertira les âmes, la doctrine qai éclairera les aveugles, l'onction qui adoucira les cœurs les plus féroces. Donnez donc, ô riche, ô magistrat, ô négociant, homme de profession, ô vous tous qui le pouvez!... Sans quitter votre pays, sans vous éloigner de ce que vous avez de plus cher, c'est vous qui prêcherez avec le missionnaire, qui baptiserez avec lui; c'est vous qui visiterez les chrétientés délaissées, qui porterez les derniers secours aux mourants, qui leur ouvrirez le Ciel.

Et si celui qui retire le pécheur des voies de l'égarement, sauve son âme, couvre la multitude de ses péchés, que ne devez-vous pas attendre ?... Si le monde entier ne saurait payer le prix d'une seule âme qui se perd, quelle récompense ne doit pas espérer l'associé de la Propagation de la Foi qui travaille à en sauver un si grand nombre ?... Ah! tous ceux qui coopéreront à une œuvre si sainte seront écrits, sans aucun doute, dans le livre de vie! Et quand viendra l'heure dernière du pèlerinage, encore une fois, ils seront inondés des plus douces consolations. Ils se souviendront avec bonheur qu'ils ont aidé par leur modique aumône à peupler le Ciel de petits anges, de vierges, de confesseurs et de martyrs qui les ont précédés dans la gloire et qui leur devant une partie de leur félicité ne cessent de prier pour eux. Alors au moment de partir de ce monde et de tout quitter, il leur semblera voir ces âmes fortunées entourer leur lit de douleur, leur inspirer des affections saintes, les consoler et leur dire avec amour qu'elles sont là pour recueillir leur dernier soupir, les conduire de cette vallée de larmes à la terre des vivants. Dans cette pensée ils s'endormiront doucement dans les bras de l'espérance pour se réveiller délicieusement dans les bras de la charité.

ORIGINE ET PROGRES

DE L'ASSOCIATION.

DE LA

PROPAGATION DE LA FOI

Comme tout le monde sait, c'est le 3 mai 1822, jour de l'invention de la Ste. Croix, que fut fondée dans la ville de Lyon l'Association de la Propagation de la Foi. Elle fut l'ouvrage d'une femme pieuse et zélée.

Le St. Pontife qui gouvernait alors l'Eglise était Pie VII. Il n'eût pas plutôt connu cette Association qu'il l'approuva et lui donna les plus grands encouragements. Témoin du bien qu'elle faisait déjà, il l'enrichit du trésor des Indulgences et la recommanda à la sollicitude des pasteurs. Les successeurs de Pie VII sur la chaire de St. Pierre, Pie VIII, Léon XII, Grégoire XVI, Pie IX, ont continué de lui donner des marques d'une paternelle affection.

A leur exemple et sur leurs pressantes in

stances, les évêques, les archévêques, les primats, les patriarches du monde catholique, au nombre de plus de trois cents, se sont empressés de la protéger et de l'étendre de tout leur pouvoir. Presque pas un prélat maintenant qui n'ait donné quelque mandement, écrit quelque lettre en faveur de cette œuvre.

Il ne faut pas en être surpris du reste, car entre toutes les œuvres, l'œuvre de la Propagation de la Foi tient le premier rang. C'est elle en effet, comme on l'a dit et comme on le redira encore, c'est elle qui ouvre aux âmes la porte du ciel en leur envoyant des missionnaires, en élevant des temples à la gloire du vrai Dieu là où il n'y avait que des temples d'idoles. Sans elle toutes les autres œuvres ne seraient rien, et même n'existeraient pas. Elle ne pouvait donc manquer de recevoir les bénédictions du chef suprème de l'Eglise et de l'épiscopat tout entier.

Ainsi bénie, ainsi autorisée comme par un concile œcuménique, cette œuvre a été accueillie par les fidèles avec amour, avec enthousiasme. Elle n'était à son début que comme un grain de sénevé perdu au milieu de tant de semences précieuses, et elle est

devenue comme un grand arbre qui étend ses rameaux par toute la terre. Des comités se formèrent d'abord à Avignon, Aix, Marseille, Nîmes, Montpellier, Grenoble, et bientôt il s'en forma par toute la France. De là cette œuvre s'est répandue avec une incroyable rapidité en Belgique, en Savoie, en Angleterre, en Irlande, en Ecosse, en Suisse, en Allemagne, en Italie, en Espagne; elle s'est même organisée à Malte, à Smyrne, à Constantinople et jusque dans les contrées les plus reculées et les plus récemment converties au Catholicisme. Ne pouvant aller euxmêmes porter le flambeau de la foi parmi les idolâtres, les pieux fidèles ont été heureux de pouvoir y envoyer des missionnaires à leur place et de témoigner ainsi à Dieu leur reconnaissance pour le bienfait de l'évangile qu'ils avaient reçu les premiers.

Ils se sont enrôlés d'autant plus volontiers dans cette Association qui portait le cachet des œuvres divines et qui est appelée à faire tant de bien, qu'ils y trouvaient plus d'avantages pour eux-mêmes et qu'elle leur était plus facile. Quels avantages en effet?... On a part, comme on le verra par la suite, aux

prières, aux bonnes œuvres, aux saints Sacrifices des missionnaires; on a part aux bénédictions des peuples convertis ; on a part aux indulgences les plus riches. Quelle facilité ?.. Dans la simplicité de l'organisation se découvre l'action de la sagesse éternelle qui par les plus petits moyens arrive aux plus grandes fins. Il suffit de dire à l'intention le Pater et l'Ave de la prière quotidienne avec cette invocation:-Saint François-Xavier, priez pour nous; il suffit de donner un sou par semaine. Quel est le pauvre, mais surtout quel est le riche qui ne pourrait s'acquitter de si légères obligations? Aussi, n'y a-t-il eu que les personnes insouciantes pour leur salut et celui des autres qui ont négligé de faire partie de cette Association. C'est inoui de trouver aujourd'hui un bon catholique qui ne soit pas de la Propagation de la Foi.

Bien reçue partout, cette œuvre ne pouvait faire autrement que d'avoir les sympathies des catholiques de la Nouvelle-France et surtout du Diocèse de Ville-Marie. Ils savaient trop bien en effet ce qu'ils devaient à la foi; leurs cœurs étaient d'ailleurs trop sensibles et trop généreux pour ne vouloir pas partager

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