Obrazy na stronie
PDF
ePub

PENSÉES

D'UN

CROYANT CATHOLIQUE.

INTRODUCTION

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

QUI A PARU EN 1839.

Tout émane des doctrines mœurs, éducation, littérature, législation, politique, civilisation, la société tout entière. Si les doctrines sont élevées, pures, c'est à dire spiritualistes, les esprits généralement tendent et gravitent vers leur centre, qui est la vérité; l'ordre intellectuel se développe, les intelligences se perfectionnent; l'ordre moral aussi étend son bienfaisant empire, exerce sur la société sa douce et bénigne influence, et tous les peuples sont libres et heureux; car il n'y a de bonheur qu'au sein de la vérité, parce que là seulement sont la vie, le repos et la liberté véritable; tant il est vrai que la vérité est le principe vital de l'homme, de la famille, de la société, du genre humain.

Si au contraire les doctrines sont basses, terrestres, c'est à dire matérialistes, les intelligences dégénèrent, s'énervent, et s'éteignent à la fin étouffées sous le poids du doute et de l'erreur; tout se désorganise ou se déprave, le frein moral se brise,

[ocr errors]

l'édifice social s'écroule, les passions humaines déchaînées exercent sur le monde l'empire terrible du désordre et du chaos int llectuel, moral et social. Voilà le caractère de notre siècle. Jamais, en effet, non jamais à aucune époque de l'histoire humaine on ne vit une si profonde dégradation intellectuelle et morale; jamais on ne vit les hommes se précipiter avec plus de fureur dans les plaisirs des sens ou les jouissances matérielles: preuve certaine du règne de l'erreur, des théories de la mort et du néant, de l'anarchie philosophique, intellectuelle, morale, politique et sociale, c'est à dire des doctrines matérialistes.

Mais, dira-t-on peut-être, il n'est plus question aujourd'hui de matérialisme ni d'athéisme: un retour, une réaction religieuse est dans tous les esprits. Tant mieux! si cela pouvait être. Voyons toutefois, et tâchons d'apprécier les choses à leur juste valeur.

On aurait tort de se méprendre et de se faire illusion sur la nature de la crise qui semble aujourd'hui si activement travailler la société. L'on ne doit pas se dissimuler que cette crise ou ce travail philosophique et religieux n'est pas aux yeux d'un observateur attentif de nature à faire naître des croyances fermes, des convictions vives, profondes, inébranlables, et par conséquent à produire de bons fruits. C'estar les fruits qu'il faut tout juger.

Les bonnes doctrines produisent les bonnes actions et les bonnes mœurs, et réciproquement,

« PoprzedniaDalej »