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Mais cette même lumière peut aussi de nouveau par elle-même réunir ses rayons dispersés et se saisir comme unité, et se comprendre comme ce qu'elle est en elle-même, à savoir, comme l'existence et la révélation de Dieu. Elle demeure, il est vrai, lumière, tout en se comprenant ellemême, car la lumière est sa forme; cependant, dans cet état, et précisément à cause de cet état, elle se conçoit comme n'étant rien de réel en elle-même, mais comme l'existence et la représentation de Dieu.

Dans les deux leçons précédentes, et surtout dans la dernière, nous nous sommes efforcés de faire voir comment peut avoir lieu la transformation de l'être seul possible et invariable en un autre être, en un être divers et variable. Nous nous sommes introduits au point même de ce changement, et nous l'avons vu s'opérer devant nos yeux. Voici ce que nous avons trouvé. D'abord, par la nature du savoir, qui est une pure image d'un être existant indépendamment du savoir, ce qui n'est en Dieu qu'action et vie est transformé en un être fixe, en un monde. En second lieu, par la loi fondamentale de la réflexion inséparable du vrai savoir, le monde, qui est simple pour le pur savoir, a été caractérisé davantage, a été établi et déterminé en un monde par

ticulier, en un monde varié à l'infini, et qui s'écoule dans un cours jamais interrompu de formations nouvelles. Le développement de cette vue était, à mon avis, nécessaire non-seulement à la philosophie, mais à la vraie piété, qui n'est pas seulement une espèce d'instinct et de croyance aveugle, et qui aspire à se rendre compte de son propre principe.

Tel est le point auquel nous étions arrivés dans la précédente leçon; et en terminant j'ai dit: A cette division du monde à l'infini, fondée sur la loi unique et fondamentale de toute réflexion, s'en rattache inséparablement une autre que nous n'avons pas à déduire dans ces leçons, mais que nous avons seulement à indiquer clairement, à poser comme un fait et à décrire. Voici comment, sans chercher à l'approfondir davantage, je conçois ici cette nouvelle et seconde division. D'abord, dans son essence intime, elle se distingue de la manière suivante de la division établie dans la leçon précédente que je viens de rappeler. La première, c'est-à-dire la forme du savoir, divise et partage immédiatement le monde déterminé, engendré du sein de la vie divine. La seconde, au contraire, divise et partage immédiatement non pas l'objet, mais la réflexion sur l'objet. La première est une sépara

tion et une division dans l'objet même; la seconde n'est qu'une séparation et division dans la contemplation de l'objet. Elle ne donne pas comme la première des objets en eux-mêmes divers, mais elle établit seulement divers points de vue sous lesquels l'esprit peut considérer, concevoir et comprendre le monde, qui est un et qui ne change pas. En second lieu, il ne faut pas perdre de vue que ces deux divisions ne peuvent ni se remplacer ni s'exclure l'une l'autre, mais qu'elles sont toutes les deux inséparables, toutes les deux d'une même venue, comme la réflexion dont elles sont les formes invariables, et leurs résultats s'accompagnent inséparablement et marchent de front. Le résultat de la première division, comme nous l'avons établi dans la précédente leçon, est l'infinité; le résultat de la seconde, comme déjà nous l'avons indiqué, est une quintuplicité. Il faut donc comprendre de la manière suivante cette indissoluble union de ces deux modes de division. L'immobile et indestructible infinité peut être considérée sous cinq points de vue divers, et par contre chacun de ces cinq points de vue sous lesquels on peut considérer le monde, divise le monde à l'infini. Embrassez d'un seul coup d'œil tout ce que je viens de dire. Dans la vision intellectuelle, ce qui est vie divine en soi devient quelque chose de vu,

c'est-à-dire quelque chose de déterminé et d'achevé, ou, en d'autres termes, un monde; c'est là le premier point. Or cette vision est toujours un acte appelé réflexion, et par cet acte qui tantôt va vers le monde, son objet, tantôt se replie sur lui-même, ce monde est scindé en un quintuple infini, ou, ce qui revient au même, en une infinité quintuple; c'est là le second point. Arrêtons-nous à cette seconde division, qui est l'objet de cette leçon, et faisons encore sur elle quelques remarques générales.

Nous avons dit que cette division ne portait pas sur l'objet même, mais engendrait seulement la distinction et la variété dans la contemplation de l'objet. Ici vient naturellement à l'esprit la pensée que cette variété, non de l'objet, mais de la contemplation d'un objet toujours et partout le même, doit dériver de ce qu'il y a de plus ou moins clair ou obscur, de plus ou moins profond ou superficiel, de plus ou moins complet ou incomplet dans la contemplation de ce monde un et invariable. Telle est en effet la véritable cause de cette variété; ou bien, pour rattacher la question actuelle à une question précédente, et pour les rendre plus claires l'une par l'autre, je dirai : Les cinq manières dont on peut concevoir le monde sont identiques aux divers degrés possibles du

développement de la vie intérieure de l'esprit dont j'ai parlé dans la troisième leçon. Je disais alors qu'ordinairement il en est du progrès de la vie de l'esprit qui nous appartient en propre, de la vie libre et consciente, comme du progrès de la mort physique; car tous deux commencent par les membres les plus éloignés, d'où peu à peu ils s'avancent vers le centre. Ce que, dans la métaphore dont je me suis servi, j'ai appelé les ouvrages extérieurs de la vie spirituelle correspond au plus bas, aux plus obscurs, aux plus superficiels des cinq modes possibles sous lesquels on peut contempler le monde; ce que j'ai appelé les plus nobles parties de la vie correspond à des modes plus élevés et plus clairs; ce que j'ai appelé cœur correspond au mode le plus élevé et le plus clair de tous.

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Mais quoique, d'après notre ancienne comparaison et d'après notre point de vue actuel l'homme ne parvienne d'ordinaire dans le cours de la vie à une intelligence élevée du monde qu'après s'être arrêté quelque temps dans une intelligence inférieure de ce monde, il faut cependant reconnaître d'abord et bien comprendre que cette contemplation multiple du monde constitue une division réelle et primitive au moins dans cette faculté en vertu de laquelle l'homme saisit le

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