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C'est avec douleur que nous avons raconté au commencement de ce cabier la mort de Mgr Affre, archevêque de Paris; mais c'est avec une vive satisfaction que nous pouvons annoncer la nomination de son successeur. Dieu qui avait frappé et aussi glorifié l'Église de Paris, par le martyre de son évêque, a voulu la consoler en inspirant aux dépositaires de l'autorité la pensée de lui donner pour successeur M. SIBOUR, évêque de Digne. Mgr Affre blessé le 25, mourut le 28 juin dernier, ses obsèques eurent lieu le 7 juillet. Or, ce jour-là même, à la suite d'un conseil des ministres, tenu sous la présidence du général Cavaignac, M. Carnot, ministre de l'instruction publique et des cultes, fut autorisé à écrire à Mgr l'évêque de Digne, pour le prévenir que le pouvoir exécutif l'appelait au siége de Paris. Cette nouvelle se répandit promptement dans Paris, et y causa une joie et une satisfaction universelles; tout le monde s'accorda tout de suite à dire qu'il était impossible de faire un meilleur choix; nous-mêmes qui avions l'honneur de connaître depuis longtems Mgr Sibour et de jouir de sa préciense amitié, nous nous hâtames de lui écrire pour lui faire part de notre joie, et des vœux unanimes, qui lui demandaient d'accepter un poste encore couvert du sang d'un martyr, et qui pourrait bien appeler encore un semblable dévouement. Nous donnerons ici sa réponse, parce qu'elle a été publiée par tous les journaux, et parce que, dans sa brièveté, elle fait bien connaître l'esprit et le cœur du prélat, et renferme un programme complet de sa future administration.

« Mon cher Monsieur Bonnetty,

Je saisis à la volée deux minutes pour vous gronder, car j'en veux à tous • mes amis, à vous comme aux autres, pour avoir trompé l'opinion publique » sur mon compte. Ah! mon cher ami, je suis le plus incapable des hommes pour relever tant de ruines intellectuelles et morales. Heureusement Paris » abonde en ouvriers dévoués et intelligens, et je compte sur leur coopération » à l'œuvre de Dieu. Cette pensée calme un peu mes agitations. Vous serez » vous-mêmes fidèle à l'appel de votre premier pasteur, et j'espère qu'il sor» tira quelque chose de tous nos efforts réunis. Bien que que je n'aie rien du » savant, j'aime les sciences. Je les encouragerai en priant Dieu de les faire > servir à la gloire de la religion.

» Je compte aussi que le glorieux martyr mon prédécesseur nous couvrira » de sa protection.

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Adieu, mon cher Monsieur Bonnetty, votre bien affectionné,

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Cette lettre, imprimée d'abord dans l'Univers, fut répétée par tous les journaux, parce qu'elle était la première parole du futur pasteur, entendue dans son diocèse; elle confirmait en outre l'espoir que chacun avait conçu de lui voir accepter l'honneur et le fardeau qui lui étaient offerts; car ce ne fut que le 19 que le Moniteur publia l'annonce officielle suivante, qui est la première formule de la nomination des évêques sous la République :

« Par un arrêté du président du conseil, chargé du pouvoir exécutif, rendu » sur le rapport du ministre de l'instruction publique et des cultes, le 15 de » ce mois, M. Sibour, évêque de Digne, a été appelé à l'archevêché de Paris.» M. Sibour arriva à Paris, le 29 juillet pour y faire ses informations canoniques, et il n'y est resté que 8 jours. Toutes les personnes qui ont eu le bonheur de l'approcher, n'ont pu que se féliciter de l'accueil du prélat. Mgr Sibour joint à toute l'affabilité d'un père, toute la dignité et toute la majesté d'un évèque.

Mgr Sibour est né à Saint-Pol-trois-Châteaux, département de la Drôme, le 4 avril 1792. C'est à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice, qu'il fit ses études ecclésiastiques; à sa sortie du séminaire, il fut successivement professeur d'humanité et de rhétorique au petit séminaire de Paris, puis successivement prètre administrateur à l'église de Saint-Sulpice, et vicaire à l'église des Missions étrangères. Après avoir passé environ trois ans dans cette église, il fut appelé, lors du rétablissement de l'évêché de Nîmes, pour être nommé chanoine de la cathédrale; à la mort de Mgr du Chaffoy, il fut nommé vicairegénéral capitulaire. C'est dans cette ville, qu'en 1839, la nomination royale vint le choisir pour l'évêché de Digne, l'ordonnance est du 28 septembre; la bulle de sa nomination parut le 25 janvier 1840 et il fut sacré à Aix le 25 février de la même année.

Mgr Sibour a toujours cultivé la chaire, pour laquelle il a toujours eu beaucoup de dispositions; son élocution est facile et choisie, et l'improvisation ne lui fait pas défaut. Outre la chaire, le prélat, dès avant son pontificat, a souvent écrit pour la défense de toutes nos libertés religieuses. Les journaux religieux du midi ont reçu de lui divers travaux qui prouvent la compréhension de son esprit pour les besoins actuels, et son zèle pour protester contre les doctrines mauvaises qui font tant de bruit autour de nous. La liberté d'enseignement ne l'a pas laissé muet et l'on se souvient de la lettre ferme et courageuse qu'il publia en réponse ou plutôt en adhésion au memoire de Mgr Af

fre sur ce sujet; mais le plus important de ses ouvrages est celui qu'il a publié sous le titre suivant: Institutions diocésaines, ou recueil des réglemens publies par Mgr l'évêque de Digne, pour la constilulion de son chapitre, et l'organisation de son officialité, accompagnés de motifs de ces réglemens et d'un traité sur la juridiction ecclésiastique, précédant l'officialile'; le premier volume parut en 1845, et le second vient à peine d'être publié. Tout le monde s'accorde à dire que la science la plus profonde et l'amour le plus sincère, le plus dévoué pour l'Église ont présidé à la rédaction de cet ouvrage. Outre ces divers mérites, Mgr Sibour a fait plusieurs voyages: en Afrique où il est allé assister à la fête célébrée pour le retour des reliques de saint Augustin à Hippone, et à Rome où il est allé porter aux pieds du souverain pontife, le tribut de foi, de déférance et de vénération que lui doivent tous les évêques catholiques.

Toutes ces considérations ne peuvent que faire concevoir l'heureuse espérance, que ce pontife est vraiment selon le cœur Dieu, qui l'a donné à l'Eglise de Paris pour la consoler de la perte de son glorieux prédécesseur.

CANADA.

AMÉRIQUE.

- Découverte de différentes antiquilés provenant peut-être

de quelque ancienne colonie de Juifs.

Il y a quelques jours, dit un journal anglais, les Canadiens, exploitant un lieu écarté, dans le voisinage de Penelanguishem, trouvèrent, à environ six milles de là, une cavité dans laquelle ils introduisirent leurs bâtons, et déplacèrent un ou deux crânes humains; mais ils ne poussèrent pas plus loin leurs investigations.

MM. Henry Thompson et Hill, de Mohauk, ayant entendu parler de cette cavité, résolurent de la visiter. Ils y trouvèrent 50 crânes humains et une grande quantité d'ossemens ; auprès de ces ossemens, il y avait 36 ou 37 vases en cuivre de forme plate, évasée, d'un quart de pouce environ d'épaisseur, et de trois pieds de diamètre. Quelques-uns de ces vases étaient entourés d'un fort cercle de fer, et si fort que le marteau ne put le casser qu'à l'endroit où il avait été soudé. Plusieurs étaient entiers, d'autres étaient brisés ou usés. Une couleur rougeâtre, que le tems avait fait disparaître, se voyait au fond. Chacun d'eux pouvait contenir 20 gallons.

» Avec ces restes humains, on trouva trois conques marines, et nos lecteurs savent que ce coquillage est étranger aux eaux du Canada. Çà et là, il y avait des chapelets dont les grains n'étaient ni de corail, ni de verre, ni de porcelaine, mais de petits coquillages troués et des mêmes contrées que les conques. On trouva aussi une hache de fer rongée par la rouille. Tous ces ossemens, ces petits meubles et ces ornemens étaient symétriquement étendus sur des

peaux de castor privées de leur poil par l'humidité; mais le parchemin était resté à peu près entier.

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Ce soin, apporté par ces naturels à l'ensevelissement de leurs compatriotes, contraste étrangement avec leur vie rude dans les forêts. Un lit de peaux de castors! Combien d'ètres civilisés envieraient un pareil tombeau à la place d'une chambre humide et glaciale!

» A peu de distance de là, à Bautry's-Island, on a fait une découverte semblable. On a trouvé de plus, chose remarquable, quelques pièces de cuivre de la forme d'un triangle isocèle, pesant chacune d'eux ou trois onces, et une espèce d'instrument d'agriculture, également en cuivre, qui a dû être fixé à un manche en bois.

» Les phrénologistes qui ont étudié ces crànes leur ont trouvé des ressemblances caractéristiques avec ceux des anciens Egypliens. Les vases de cuivre et les autres objets trouvés près d'eux ont évidemment une origine fort aucienne; il a suffi de les voir pour en être convaincu.

» La singularité de cette découverte, qui n'est pas la seule dans ces contrées désertes, consiste dans ce fait c'est qu'un arbre, provenant probableblement d'une graine tombée dans cette cavité, a aujourd'hui 18 à 20 pouces de diamètre: ce qui accuserait un âge de 200 ans au moins. De ces observations naissaient ces questions archéologiques : Quels étaient les possesseurs de ce pays en l'an 1647 ? Qui alors traversait les forêts jusqu'au lac d'Hudson et habitait les petites îles voisines? Qui leur avait appris à fabriquer des vases de cuivre d'une forme regulière, de l'épaisseur d'une pièce de deux sous et de trois pieds de diamètre ? Pour quel usage ces vases ont-ils été fabriqués?

n

» S'il n'est pas facile de répondre à ces questions, il est toujours permis de se livrer à des conjectures. La forme de ces vases de cuivre ou d'airain et leurs emplois sacerdotaux sont si clairement définis dans la Bible à quelques chapitres de l'Exode, des Nombres et dans Ezechiel, qu'on serait tenté de supposer que des colonies de pauvres juifs se sont établies dans cette contrée éloignée, qu'elles y furent accueillies par les Indiens, et cela long-tems avant que Colomb ait traversé l'Atlantique; qu'elles auront subi, comme leurs hôtes, le sort que leur réservait la civilisation depuis son introduction, en 1550: c'est-à-dire qu'elles sont à peu près anéanties.

"

DE PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE.

Numéro 104. Août 1848.

Polémique Philosophique.

EXAMEN CRITIQUE

DE LA

CHRISTOLOGIE DE M. JEAN REYNAUD,

REPRÉSENTANT DU PEUPLE

ET PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DES HAUTES ETUDES SCIENTIFIQUES.

Deuxième Article '.

OBJECTIONS SUR L'EUCHARISTIE ET LE BAPTÊME.

Les objections de la plupart des rationalistes sont plutôt des preuves. - Objections de M. Jean Reynaud contre l'Eucharistie. 11 croit avoir fait une grande découverte en en signalant des traces dans les doctrines persanes. - Contradictions avec P. Leroux et Salvador qui la font venir des Esséniens. - La croyance de l'arbre de vie est venue de la tradition primitive. On la trouve chez tous les peuples. - Mêmes objections contre le Baptême, et mêmes réponses.

Je conçois qu'à la vue de ces cérémonies universelles et non pas nationales, da science se déconcerte, mais, au sommet de la famille humaine nous croyons que nos premiers pères appelés dans le Védah les grands précédens, léguèrent à leurs fils ■ les idées générales que nous retrouvons sur la terre; il n'y a que le Christianisme qui explique cette étrange coïncidence 2.»

"

( ROSSIGNOL.)

Les paroles que nous venons de citer renferment la réponse à toutes les objections que font les Rationalistes actuels contre la plupart des points du dogme ou de la morale chrétienne; par ignorance, c'està-dire parce qu'ils ne savent pas d'où sont venues aux nations la plupart de leurs croyances et de leurs rites, ils les tournent contre le Christianisme; quand ils seront plus instruits, ils verront que ces ob

Voir le 1er article dans notre tome xvi, p. 325. ⚫ Rossignol, Lettres sur Jésus-Christ. t. 1, p. 22. III SÉRIE. TOME XVIII. N° 104; 1848.

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