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25 JUN 1927

A M. L. YÉBLERON

JUGE AU TRIBUNAL DE COMMERCE

Membre de la Chambre de Commerce du Havre

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- Quand tu as adopté et éprouvé un ami, accroche-le à ton ame avec un crampon d'acier, i dit un personnage de Shakopane.

Fai suivi ce préopte, et c'est pour cela que je vous dédié cet ouvrage, si imparfait qu'il soit, témoignage d'une affection solide et

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vigouleuse.

A. DELBOULLE

INTRODUCTION

Sur les confins de la Picardie et de la Normandie, au N.-E. du département de la Seine-Inférieure, dans l'ancien pays de Bray (arrondissement de Dieppe et de Neufchâtel), s'étendent trois vallées presque parallèles, dont deux surtout ont une iinportance historique: la vallée d'Arques (de la Béthune et de l'Eaulne), si connue par la victoire d'Henri de Navarre sur Mayenne (21 septembre 1589) ; et la vallée de la Bresle, qui forme la limite extrême des deux départements de la Seine-Inférieure et de la Somme, et se jette dans la Manche, au Tréport, près de la ville d'Eu.

Entre ces deux vallées se développe la troisième,celle qui fait l'objet de cette étude, la vallée

Elle tire son nom d'une petite rivière qui a pour origine les fontaines abondantes d’Aubermesnil et de Vil. lers-sous-Foucarmont, à la lisière N.-N.-O. de la basse forêt d'Eu, dans les dernières ramifications des collines de Picardie et de Caux (altitude moyenne 200 à 104 mètres). L’Yères longe la lisière occidentale de la haute forêt d'Eu, arrose de nombreux et riches villages : Aubermesnil, Villers, Foucarmont, Fallencourt, SaintRiquier, Dancourt, Saint-Remy, Béthencourt, Grandcourt, Déville, La Pierre, le Val-du-Roy, Villy-le-Bas, Sept-Meules, Cuverville, Saint-Martin-le-Gaillard, Criel, et se jette dans la Manche, entre Dieppe et le Tréport, après un cours d'environ 40 kilomètres.

Défendue à l'Ouest dans presque toute sa longueur par la haute forêt d'Eu, comme par une palissade naturelle, abritée à l'Est par des collines boisées d'où les habitants pouvaient facilement inquiéter et harceler l'ennemi, la vallée d’Yères, grâce à sa situation peu accessible, paraît avoir médiocrement souffert des invasions anglaises aux XIVme et XVme siècles. Henri V, marchant d'Harfleur vers Azincourt (1415), la traversa à son extrémité septentrionale,mais ses soldats n'eurent pas le loisir de la gaster et de la destruire, et après avoir fait une halte de quelques heures à Eu, derraine ville de Normandie (chronique de J. Le Fèvre), ils poursuivirent rapidement leur route par Gamaches, laissant la forêt à leur droite. Les vallées de l'Eaulne et de la Bresle, moins heureuses, furent le trajet ordinaire des bandes destructives : Londinières, Bures, Croixdalle, furent pillés ou dévastés à maintes reprises; Blangy, Monchaux, Aumale, eurent le même sort. Il serait sans doute téméraire d'affirmer que notre vallée échappa complétement aux ravages de la Guerre de Cent Ans, puisque nous savons que Fallencourt fut occupé par les Anglais en 1419, et que certains noms de village, comme le Val-du-Roy, Réalcamp (regalis campus), rappellent à l'esprit le séjour des armées ; mais il est certain, et pour soutenir cette opinion, je m’autorise du silence des chroniqueurs, que l'occupation étrangère n'a pas eu chez nous une longue durée. Nous en donnerons une preuve convaincante : lorsque une armée conquérante séjourne longtemps dans un

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