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Cicéron et de Démosthène, saint Jérôme introduisit cette distinction par versets dans l'Écriture sainte, pour en faciliter la lecture et l'intelligence aux simples fidèles. Souvent on mit au commencement d'une nouvelle phrase ou d'un verset une lettre un peu plus grande et qui avançait plus que les autres lignes. Les vides en blanc suppléaient encore aux interponctions; et c'est la plus ancienne manière de ponctuer, ou plutôt de marquer sans point la pause qui laisse au lecteur le temps de respirer, en même temps qu'elle met de la netteté dans le discours 2.»

Alcuin, dans les écoles qu'il avait sous sa direction, avait fait placer cette inscription au-dessus des bancs destinés aux copistes:

Hic sedeant sacræ scribentes flamina legis...
Per cola distinguant proprios et commata sensus,
Et punctosa ponant ordine quisque suo.

Les règles de la ponctuation n'étaient pas encore observées universellement au seizième siècle, et les premiers imprimeurs ne les suivirent pas toujours fidèlement.

C'est encore aux anciens grammairiens que l'on doit les guillemets, connus d'abord sous la dénomination d'antilambda, le trait d'union, la parenthèse et l'astérisque.

On attribue aussi à Aristophane de Byzance les signes de l'accentuation dans la langue grecque, signes qui ne furent, pendant longtemps, employés que dans les manuscrits destinés aux écoliers. Montfaucon affirme n'en avoir jamais rencontré dans les manuscrits antérieurs au

Les versets des œuvres de Cicérou étaient numérotés. Son commentateur Asconius, qui fut le maître de Tite-Live et de Quintilien, en cite plusieurs par leurs numéros.

2 Nouveau traité de Diplomatique.

septième siècle. Quant aux accents de la langue latine, ils sont d'invention moderne, et ne se rencontrent dans aucun manuscrit. Ils n'ont d'autre but que de faciliter aux jeunes gens la lecture des auteurs, et les bonnes éditions des classiques n'en contiennent plus aujourd'hui. Nous parlerons plus loin des écritures abrégées et

secrètes.

MATIÈRES ET INSTRUMENTS
PROPRES A L'ÉCRITURE.

Rien de plus varié que les substances qui, chez les différents peuples, ont servi à l'écriture. Les trois règnes de la nature ont été mis à contribution.

Les inscriptions sur pierre, destinées à transmettre à la postérité les faits historiques, ont été d'un usage trop commun dans tous les temps et dans tous les pays, pour que nous nous y arrêtions. On s'est même servi de jaspe, de cornaline, d'agate, etc. Le cabinet des antiques à la Bibliothèque royale renferme un cône de basalte, couvert de caractères cunéiformes. Il a été trouvé dans l'Euphrate.

Les Babyloniens, pendant plus de sept siècles, au dire de Pline, consiguèrent sur des briques leurs observations astronomiques; la plupart des musées de l'Europe possèdent des briques chargées d'écriture et provenant des ruines de Babylone.

Les tessons étaient d'un usage fort répandu chez les Grecs; on en trouve des amas considérables dans cer

taines parties de l'Égypte. Ils sont couverts de caractères grecs, et portent des quittances d'impositions. En général, ils remontent aux premiers siècles de notre ère.

Le bronze ne servait pas seulement à conserver des décrets, des traités et d'autres documents de ce genre 1, on l'employait aussi pour des lettres de recommandation, des congés accordés aux soldats, etc. Il paraît même que les Romains avaient des livres de bronze. Tels étaient les livres déposés dans les archives de l'empereur, et où, suivant Hygénius, étaient consignés les concessions faites aux colonies, l'arpentage et la délimitation des terrains concédés.

Le plomb n'a pas été d'un usage moins ancien ni moins fréquent que le bronze, « Qui m'accordera, s'écrie Job (xix, 24), d'écrire mes discours? que ne puis-je les inscrire, avec un poinçon de fer, sur des lames de plomb, ou les graver, avec le burin, sur la pierre ! »

« Les Béotiens, dit Pausanias (liv. IX), me montrèrent un rouleau de plomb où tout l'ouvrage d'llésiode (les OEuvres et les Jours) était écrit, mais en caractères que le temps a effacés pour la plupart. »

Les anciens savaient, comme nous, réduire ce métal en feuilles très minces; avant que le papyrus fût connu en Italie, il paraît, d'après un passage de Pline, que les actes publics étaient consignés dans des volumes de plomb.

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Les sénatus-consultes qui concernaient les empereurs furent, pendant longtemps, gravés sur des livres d'ivoire, mais on écrivait aussi avec de l'encre noire sur cette

On conserve à Lyon un exemplaire sur bronze du discours prononce par Claude, en 48, à propos de l'adjonction au sénat des principaux habitants de la Gaule chevelue.

dernière substance; méthode adoptée surtout par ceux dont la vue était affaiblie.

L'emploi des peaux tannées remonte à une antiquité très-reculée, et fut répandu chez les peuples de l'Asie, les Grecs, les Celtes et les Romains. On conserve à la Bibliothèque de Bruxelles un manuscrit du Pentateuque que l'on croit antérieur au neuvième siècle. Il est écrit sur cinquante-sept peaux cousues ensemble, qui forment un rouleau d'environ trente-six mètres de longueur.

Pétrarque avait une veste de cuir, sur laquelle il écrivait, pendant ses promenades, lorsqu'il manquait de papier ou de parchemin. Ce vêtement, couvert de ratures était encore, en 1527, conservé, comme une précieuse relique, par le cardinal Sadolet 1.

Les intestins d'animaux out été aussi employés quelquefois. Zonare, au chap. 2 du liv. 14 de ses Annales, raconte que la bibliothèque de Constantinople, incendiée sous l'empereur Basiliscus, renfermait l'Iliade et l'Odyssée d'llomère, écrites, en lettres d'or, sur un intestin de serpent de cent vingt pieds de long. La Bibliothèque Ambrosienne de Milan conserve probablement encore aujourd'hui un diplôme en lettres d'or sur une peau de poisson.

C'est au milieu du deuxième siècle avant notre ère qu'il faut, suivant plusieurs écrivains, placer l'invention du parchemin, peau de mouton préparée 2. S'il ne fut

Cet usage d'écrire sur les vêtements était peut-être assez commun au moyen âge, car on voit un abbé recommander à ses moines, lorsqu'ils trouveraient un ouvrage de saint Anastase, de le transcrire sur leurs habits si le papier venait à leur manquer.

2 Le vélin, comme son nom l'indique (au moyen âge veel signifiait veau), est fabriqué avec de la peau de veau. Les anciens ne paraissent pas l'avoir distingué du parchemin.

pas inventé à Pérgame, ce fut au moins dans cette ville que l'on trouva le moyen de le perfectionner, d'où lui vint le nom latin de pergamenum.

Outre les parchemins blanc et jaune, les anciens se servaient de parchemin pourpre, bleu ou violet. Ces derniers étaient destinés à recevoir des caractères d'or et d'argent; on en conserve plusieurs à la Bibliothèque royale.

Les plus anciens manuscrits que l'on connaisse sont écrits sur parchemin; les actes écrits sur cette substance ne datent que de la fin du septième siècle, et ils atteiguent quelquefois d'énormes dimensions. Ainsi le rouleau de l'enquête contre les templiers, que l'on conserve aux Archives du Royaume, a environ vingt-trois mètres de longueur.

Le parchemin devint très-rare aux époques qui précédèrent et qui suivirent les invasions des Barbares. Cette rareté fut cause que l'on se servit de parchemins déjà écrits, en enlevant, au moyen de différents procédés, l'écriture primitive; ce funeste usage, qui nous a fait perdre tant de trésors littéraires et scientifiques, avait lieu chez les Romains, et subsista jusqu'à l'invention du papier de chiffons. On nomme palimpsestes les manuscrits qui ont reçu deux écritures.

On est parvenu à déchiffrer ou à faire revivre quelquesunes des écritures primitives, et l'on a pu retrouyer ainsi des fragments de Tite-Live, le traité de Cicéron sur la République, les Institutes de Gaius, etc.

En général, on peut regarder comme antérieur au douzième siècle le parchemin qui joint la blancheur à la finesse.

Au dire de Pline, les feuilles d'arbre sont la première

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