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et féaux les généraux conseillers, par nous ordonés sur le fait et gouvernement de toutes nos finances, salut et dilection, de la partie de nos chers et bien amés, Conrart Hanequis et Pierre Scheffre, marchands bourgeois de la cité de Mayence en Allemagne, nous a été exposé qu'ils ont occupé grant partie de leur temps à l'industrie, art et usage de l'impression d'escriture, de laquelle, par leur cure et diligence, ils ont fait faire plusieurs beaux livres singuliers et exquis, tant d'histoire que de diverses sciences, dont ils ont envoyé en plusieurs et divers lieux et mesmement en nostre ville et cité de Paris, tant à cause de la notable université qui y est, que aussi, pour ce que c'est la ville capitale de nostre royaume, et ont commis plusieurs gentz pour iceux livres vendre et distribuer, et entre autres depuis certain temps en ce commirent et ordonnèrent pour eux un nommé Herman de Stathoen, natif du diocèze de Munster en Allemagne, auquel ils baillèrent et envoyèrent certaine quantité de livres pour iceux vendre là où il trouverait au profit desdits Conrart Hanequis et Pierre Scheffre, ausquels ledit Stathoen seroit tenu d'en tenir compte; lequel Stathoen a vendu plusieurs desdits livres, dont à l'heure de son trespas il avoit les deniers par devers luy, et pareillement avoit par devers luy plusieurs livres et autres qu'il avoit mis en garde tant en nostre ville de Paris qu'à Angers et ailleurs, en divers lieux de nostre dit royaume; et est iceluy Stathoen alle de vie à trépas en nostre dite ville de Paris, et pour ce que par la loi générale de notre royaume, toutes fois que aucun estranger et non natif de iceluy nostre royaume, va de vie à trépassement sans lettre de naturalité et habilitation et puissance de nous de tester, tous les biens qu'il a en nostre dit royaume, à l'heure de son dit

trespas, nous compétent et appartiennent par droit d'aubenage, et que ledit Stathoen étoit de la qualité dessus ditte, et n'avoit aucune lettre de naturalité, ne puissance de tester, nostre procureur ou autre nos officiers ou commissaires furent prendre, saisir et arrester tous les livres et autres biens, qu'il avoit avec luy et ailleurs en nostre dit royaume, à l'heure de son dit trespas, et depuis et avant que personne se soit venu comparoir pour les demander, iceux livres et biens, ou la plus part ont été vendus et divertys, et les deniers qui en sont venus, distribucz. Après lesquelles choses, ledit Courart Hanequis et Pierre Scheffre se sont tirés par devers nous et les gents de nostre conseil, ont fait remonstrer que combien que lesdits livres fussent en la possession dudit Stathoen à l'heure de son dit trespas, toutes fois ils ne luy apartenoient point, mais véritablement apartenoient et apartiennent ausdits exposants, et pour ce prouver et monstrer ont exhibé le testament dudit Stathoen avec certaines cédules et obligations, et produit aucuns tesmoins et autres choses faisant de ce mention, en nous requérant les faire restituer desdits livres et autres biens, ou de la valeur et estimation d'iceux, lesquels ils ont estimé à la somme de deux mille quatre cent vingt-cinq escus d'or et trois sols tournois pourquoy nous, les choses susdites considérées, et mesmement pour considération de ce que trèshaut et très-puissant prince, nostre très-cher et très-amé frère, cousin et allié le roy des Romains nous a escrit de cette matière, aussi que lesdits Hanequis et Scheffre sont sujets et du pays de notre très-cher et très-amé cousin l'archevesque de Mayence, qui est nostre parent, amy, confédéré et allié, qui pareillement sur ce nom a escrit et requis, et pour la bone amour et affection que avons à

luy, désirant traiter et faire traiter favorablement tous ses sujets, ayant aussi considération de la peine et labeur que lesdits exposants ont prises pour ledit art et industrie de l'impression, et au profit et utilité qui en vient et peut en venir à toute la chose publique, tant pour l'augmentation de la science que autrement, et combien que toute la valeur et estimation desdits livres et autres biens qui sont venus à nostre cognoissance, ne montent pas de grand chose ladite somme de deux mille quatre cent vingt-cinq écus et trois sols tournois, à quoy lesdits exposants les ont estimés; néantmoins pour les considérations susdittes et autres à ce nous mouvant, nous sommes libéralement condescendus de faire restituer ausdits Conrart Ilanequis et Pierre Scheffre ladite somme de deux mille quatre cent vingt-cinq escus et trois sols tournois, et leur avons accordé et octroyé, accordons et octroyons par ces présentes, que sur les deniers de nos finances ils ayent et prennent la somme-de huit cents livres pour chacun an à commencer la première année au premier jour d'octobre prochain venant, et continuer d'an en an d'illec en avant, jusque à ce qu'ils soient entièrement payés de ladite somme de deux mille quatre cent vingt-cinq escus et trois sols tournois. Sy vous mandons et enjoignons expressément que par nostre amé et féal conseiller Jean Briçonnet, receveur général de nos finances, ou autre qui pour le temps advenir sera, vous sur icelles nos finances faites payer, bailler et délivrer ausdits Conrart Hanequis et Pierre Scheffre, ou à leur procureur suffisamment fondé par eux, ladite somme de huit cents livres tournois pour chacun an, à commencer ladite première année audit premier jour d'octobre prochain venant, et continuer d'an en an, jusques à ce qu'ils

soient entièrement payés de ladite somme de deux mille quatre cent vingt-cinq escus et trois sols tournois, et en rapportant ces présentes signées de nostre main ou vidimus d'icelles faits sous scel royal, avec quittance et recognoissance sur ce suffisante desdits Conrart Hanequis et Pierre Scheffre.

... Donné à Paris le XXI jour d'avril, l'an de grâce MCCCCLXXV et de notre règne le XIV... Ainsi signé Loys, par le roy, l'évesque d'Evreux et plusieurs autres présents. LE GOUZ1. >>

PROPAGATION DE L'IMPRIMERIE

DANS DIFFÉRENTES PARTIES DU MONDE.

Bamberg est la première ville où l'imprimerie ait été portée de Mayence. Heinecke a décrit un Recueil de fables en allemand, avec gravures sur bois, qui a été imprimé dans cette ville, en 4464.

Environ quatre ans plus tard, Ulric Zel, de Hanau, calligraphe, enlumineur et écrivain, porta l'imprimerie à Cologne et prit, dans ses souscriptions, le titre d'Artis impressoriæ magister. I imprima ensemble deux petits traités de saint Augustin, l'un de Vita christiana, l'autre de Singularitate clericorum, in-4; dans ces deux ouvrages, il supprima le millésime et les centésimes de la date

Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. XIV, p. 245.

anno sexagesimo septimo (1467), exemple qui fut suivi par d'autres typographes.

Ainsi que nous l'avons vu plus haut, si Gutenberg peut être considéré comme ayant réellement inventé l'imprimerie en caractères mobiles à Strasbourg, néanmoins il ne produisit aucun ouvrage dans cette ville. Ce fut Jean Mentell ou Mentelin, qui le premier y exerça l'art typographique, vers 1465. L'empereur Frédéric III, dans les lettres de noblesse qu'il lui accorda en 1466, lui donne le titre de primus Argentorati chalcographus. Originaire de Strasbourg, Mentell qui, sur un registre de 1447, est qualifié de chrysographe, c'est-à-dire enlumineur, obtint, la même année, des lettres de bourgeoisie, et fut admis dans la corporation des peintres. Il se forma probablement à Mayence et vint ensuite établir une imprimerie à Strasbourg, où il mourut en 1478. Il fut enterré dans la cathédrale. Sur sa tombe on a sculpté une presse, et mis l'épitaphe suivante, dont voici la traduction :

« Je repose ici, Jean Mentelin, qui, par la grâce de Dieu, ai le premier inventé, dans Strasbourg, des caractères d'imprimerie, au moyen desquels un homme écrira plus dans un jour qu'autrefois dans un⚫an. »

Le premier ouvrage publié avec une date par Mentell, est le volumineux Speculum de Vincent de Beauvais. II forme dix volumes in-folio, et a été publié en trois ans, de 1473 à 1476. Il existe plusieurs autres volumes sans date imprimée, il est vrai, mais auxquels on peut, avec certitude, en assigner une plus ancienne. Ainsi, sur un exemplaire du traité de Raban-Maur de Universo, on lit une note manuscrite ainsi conçue: Est Ambrosii de Cambray juris utriusque doctoris et canonici cameracen., 1467. A la fin du premier volume du traité intitulé :

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