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correspondance. Ce chiffre, composé de plus de cinquante figures, leur fut d'une merveilleuse utilité pendant nos guerres civiles. Le célèbre géomètre français Viète ayant été chargé, par le roi, d'en découvrir la clef, y parvint facilement, et trouva même moyen de le suivre dans toutes ses variations. La France profita, pendant deux ans, de cette découverte. La cour d'Espagne, déconcertée, accusa celle de France d'avoir le diable et des sorciers à ses gages; elle s'en plaignit à Rome; Viète y fut traduit comme un négroman et un sorcier, ce qui prêta beaucoup à rire 1.

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Le concile de Nicée se servit aussi de caractères secrets, et Raban-Maur, abbé de Fulde et archevêque de Mayence, a rapporté deux exemples d'un chiffre dont les Bénédictins ont trouvé la clef. Dans le premier exemple, on supprime les cinq voyelles, et on les remplace de la manière suivante : l'i est représenté par un point, l'a par deux, l'e par trois, l'o par quatre, et l'u par cinq, de telle sorte que cet assemblage de lettres :

.N c. p. t virs:-:s B::n.f:c.. :rch. gl::r.::s.qi m:rt.r.s. doit se lire ainsi :

Incipit versus Bonifacii archi. gloriosique martyris.

Dans le second exemple, on substitue à chaque voyelle la lettre suivante. Toutefois les consonnes b, f, k, p, x, qui, dans ce système, tiennent licu de voyelles, conservent aussi leur valeur.

Biographie Michaud, tome XLVIII, p. 446.

DES LIVRES D'IMAGES ET DES DONATS.

C'est un grand sujet d'étonnement pour tous ceux qui étudient un peu les origines de l'imprimerie, de voir combien l'antiquité a approché de cette découverte, à laquelle cependant elle n'a pu parvenir 1. Sans parler de la Chine, où, suivant les missionnaires, l'imprimerie, au moyen de planches de bois fixes, était connue dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, les anciens connaissaient les principes de l'impression, et avaient en leur possession les matériaux et les instruments nécessaires. Ils gravaient sur les briques, sur les vases, sur les pierres et les métaux, et pratiquaient l'impression sèche à froid ou à chand dans toute l'extension dont elle est susceptible, comme empêchent d'en douter l'emploi qu'ils faisaient des cachets, les marques des briques et du pain, les inscriptions et les chiffres frappés dans les monnaies, les stigmates appliqués au front des esclaves fugitifs, etc. Ils connaissaient même le principe fondamental sans lequel l'imprimerie n'aurait plus été que d'un usage fort restreint, le principe de la mobilité des caractères, car, ainsi qu'on en voit la preuve sur des lampes en terre cuite, ils avaient des poinçons d'une scule lettre, dont ils se servaient

1 D'Israeli prétend, dans ses Curiosities of literature, que les grands hommes, chez les Romains, ont eu connaissance de l'imprimerie, mais que par une profonde conception politique, calculant les immenses dangers que cette découverte entraînerait avec elle, ils l'avaient cachée au peuple. Un Allemand, Quandt, a soutenu, dans son Histoire de la grarure, que si cette invention était venue plus tôt, elle n'aurait eu aucun succès.

de la même manière que nos relieurs aujourd'hui pour les étiquettes des livres. En outre, d'après deux passages de Quintilien et de saint Jérôme, on voit que les anciens apprenaient à lire aux enfants au moyen de lettres en relief. « Qu'on lui fasse des lettres de buis ou d'ivoire, dit le dernier, en parlant de la fille d'une dame romaine, Lœta, qu'on appelle chacune d'elles par son nom; qu'elle en fasse son amusement, afin que ce jeu lui serve en même temps de leçon. » Un texte de Cicéron n'est pas moins explicite. Voulant réfuter la théorie de la création du monde par les atomes, il dit : « Celui qui croit une pareille chose possible, pourquoi ne croirait-il pas que, si l'on jetait à terre quelque part d'innombrables formes des vingt et une lettres de l'alphabet, soit en or, soit de quelque autre matière, il pourrait en sortir les annales d'Ennius 1? »

Au moyen âge on connut et on employa l'impression humide avec des encres de diverses couleurs. Guillaume le Conquérant, à l'instar de son père et de son aïcul, imprimait quelquefois sur ses chartes un cachet trempé dans l'encre.

Les enlumineurs et les décorateurs de livres au moyen âge imprimaient aussi par le moyen de patrons découpés dans des lames de laiton ou d'un autre métal. Ce procédé était nouveau par l'application qu'ils en firent; car la régularité des ornements que l'on voit sur les caisses de momies a fait soupçonner que les Egyptiens se servaient de patrons pour les y appliquer. Quant aux peintures des vases, appelés improprement vases étrusques, il paraît qu'on ne peut élever aucun doute à cet égard.

De Natura Deorum, 1. 11.

Quand la couverte noire ou rouge était sèche, dit CayJus, le peintre, ou plutôt le dessinateur, devait nécessairement calquer ou poncer son dessein; et, selon l'usage de ce temps-là, il n'a pu se servir, pour y parvenir, que de lames de cuivre très-minces, susceptibles de tous les contours, et découpées, comme l'on fait aujourd'hui de ces mêmes lames pour imprimer les lettres et les ornements. Il prenait ensuite un outil fort tranchant, avec lequel il était le maître de faire, ce qu'on appelle de réserve, les traits les plus déliés, car il emportait et ôtait la couverte noire sur ce qui devait être clair '. »

L'empereur Justin l'Ancien, qui avait d'abord été un simple paysan, ne savait pas écrire. « Voici, dit Procope, ce que firent les officiers de sa chancellerie pour avoir de lui une espèce de signature. Ils firent graver les quatre premières lettres de son nom sur une petite tablette de bois, et toutes les fois qu'ils voulaient lui faire signer quelque acte, ils lui conduisaient la main sur les caraçtères de cette tablette 2. » Un écrivain anonyme du cinquième siècle raconte que Théodoric, roi des Ostrogoths, n'ayant jamais pu apprendre à signer son nom, avait fait percer à jour, dans une mince lame d'or, les initiales THÉOD. Lorsqu'il voulait signer, il appliquait cette lame sur le papier, et promenait la plume dans les découpures des lettres.

Les copistes employèrent d'abord des patrons en laiton pour les lettres capitales si chargées d'ornements dans quelques manuscrits. Ils en firent ensuite usage pour les lettres minuscules, et composèrent de la sorte des livres

Recueil d'Antiquités, tome 1, p. 87.
Histoire secrète, c. vi.

entiers, principalement des livres de plain-chant, comme on le faisait encore au commencement de ce siècle dans quelques couvents d'Allemagne. Il paraît même qu'il y avait jadis, dans la chartreuse située près de Mayence, jusqu'à soixante alphabets complets découpés dans des feuilles de laiton.

C'est au commencement du quatorzième siècle, suivant les uns, à la fin, suivant les autres, que l'on trouve la première mention des cartes à jouer1; mais on ne peut assigner de date précise à leur invention, ni décider quel est le pays où on a fabriqué les premières. On commença d'abord par les imprimer et les enluminer au moyen de patrons à jour; mais vers 1400, pour les fabriquer avec plus de célérité et à meilleur marché, les Allemands, les Flamands, les Hollandais et les Italiens imaginèrent des moules en bois et découvrirent ainsi la gravure.

Après les cartes on grava sur bois des livres d'images. « Ces sortes de livres, sans date, dit Lambinet, sans indication d'auteur et de lieu, que l'on fait voir dans les différentes bibliothèques de l'Europe, ont tous été gravés sur planches de bois fixes, avec le texte à côté, au milieu ou au-dessous des images, ou quelquefois sortant de la bouche des figures pour les expliquer. Ils ont été imprimés d'un seul côté du papier avec une encre grise en détrempe. Ces ouvrages, que l'on regarde comme les premiers essais de l'imprimerie, ont été fabriqués les uns avant la découverte de cet art, les autres dans ses premiers commencements. Ils se ressemblent presque tous. Les figures qui y sont représentées sont grossièrement

On peut consulter, sur les cartes à jouer, Jansen, Essai sur l'origine de la gravure, et un article de M. Duchesne ainé, dans l'Annuaire historique de la société de l'Histoire de France, année 1857.

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