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Rhin : il en fit construire cinq autres petites, fit fondre des caractères d'étain, et commença à imprimer en 1473. Il donna une édition du volumineux Miroir de Vincent de Beauvais. Il en achevait la troisième partie lorsqu'il mourut. Il avait dépensé 702 florins à élever son imprimerie et à la faire valoir. Son successeur, Henri, trouvant sa maison obérée, vendit les trois parties du. Speculum pour 24 florins.

« Le prix des livres variait, dans une même ville, à raison du nombre des imprimeurs et des imprimés. Dans l'espace de sept ans, Sweinheym et Pannartz imprimèrent à Rome plus de douze mille quatre cents volumes, et Philippe de Lignamine, dans la même ville, en fit sortir de ses presses plus de cinq mille en 1476. Souvent un typographe réimprimait dans le même endroit l'ouvrage mis au jour par un de ses concitoyens. Les premières éditions étaient contrefaites dans d'autres États et circulaient de proche en proche. Il se faisait un commerce d'échange entre les principaux imprimeurs. Le prix des livres, pour les particuliers, variait selon les localités et les circonstances. Le Catholicon de Jean de Janua fut vendu, en 1465, au monastère de Sainte-Marie d'Altenbourg, 41 écus. Le même ouvrage, dix ans après, ne coûta que 15 florins d'or (c'est-à-dire environ le tiers). La Bible de Mayence, de 1462, imprimée sur parchemin, fut achetée 40 écus d'or par Guillaume de Tourneville, évêque d'Angers, et ce fut Herman de Stathoen, facteur de Fust et Schoeffer, qui la lui vendit en 1470. Le Missel de Würtzbourg, imprimé sur membrane, fut cédé à William Kewsth, Anglais, pour 18 florins d'or en 1481 1. »

Origine de l'imprimerie, tome 1, p. 308.

Voici, par opposition, les prix qui ont été payés, dans les temps modernes, pour certaines éditions publiées dans le quinzième siècle.

La célèbre Bible sans date, attribuée à Gutenberg.

Le Psautier de 1457, imprimé à Mayence par Fust et Schoeffer, acheté par Louis XVIII pour la Bibliothèque royale, 1 vol.

Les Commentaires de César, 1469, 1 vol.
L'Aulu-Gelle, imprimé à Rome, en 1469,

1 vol.

Le Martial, imprimé à Venise, vers 1470, 1 vol.

Le Pline, imprimé à Venise, vers 1469, 1 vol.

Le Tile-Live, imprimé à Rome, vers 1469, grand in-folio, 1 vol.

Le Florus, imprimé vers 1470, dans la maison de Sorbonne, par Gering, Crantz et Friburger.

Le Décaméron de Boccace, imprimé à Venise, en 1471, 1 vol.

Le Recueil des histoires de Troyes, premier livre, imprimé en anglais par VV. Caxton (Voy. p. 96), 1 vol. in-fol. 1471. Le Dante, imprimé à Foligno, en 1472, 1 vol.

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Les éditions du quinzième siècle sont désignées par bibliographes sous le nom d'incunables, du latin incunabula (berceau), par allusion à cette époque, où l'art de l'imprimerie était encore dans l'enfance.

DES LIBRAIRES.

La plus ancienne mention du commerce des livres, chez les Grecs, se trouve dans Xénophon. En parlant des Thraces, habitant les bords du Pont-Euxin, et qui s'étaient partagé une partie de la côte pour piller les bâtiments naufragés, «on trouve, dit-il, sur ce rivage, beaucoup de lits, de coffres, de livres et d'autres meubles, que les gens de mer portent dans des caisses '. »

Il y avait des libraires à Athènes, du temps de Zénon; et il se tenait déjà chez eux des espèces de réunions littéraires. Du moins, c'est ce que l'on peut conclure du passage suivant de Diogène Laërce (Vie de Zénon): « « Zénon, dit-il, âgé de trente ans, vint à Athènes, où il s'assit auprès de la boutique d'un libraire, qui lisait (à haute voix) le second livre des Commentaires de Xénophon. Touché de cette lecture, il demanda où se tenaient ces hommes-là. Le hasard voulut que Cratès vînt à passer dans ce moment. Le libraire le montra à Zénon, et lui dit : « Vous n'aurez qu'à suivre celui-ci. » Depuis lors, il devint disciple de Cratès. »

Un autre passage de la Vie de Platon, par le même auteur, permettrait, peut-être, de supposer qu'il y eut à Athènes, au quatrième siècle, des espèces de cabinets de lecture. « Antigone de Caryste, dans son ouvrage sur Zénon, dit-il, affirme qu'après l'édition des livres de Platon, ceux qui souhaitaient d'en savoir le contenu payaient, pour cela, ceux qui les possédaient. >>

Anabase, 1. vII, c. 5.

La profession de libraire ne fut pas d'abord distincte de celle de copiste; et l'écrivain vendait les livres qu'il avait transcrits, comme aujourd'hui dans nos provinces, les imprimeurs ont aussi un magasin de librairie : de là vient (voy. p. 30) que le mot librarius, qui désignait les copistes, fut ensuite appliqué aux libraires. « De même, dit Vossius, dans ses Commentaires sur Catulle, que, chez les Grecs, l'écrivain (bibliographus), le relieur (bibliopegus), le marchand (bibliopola), n'étaient qu'une seule et même personne, de même, à Rome, ces trois emplois étaient réunis entre les mains de celui qu'on appelait librarius. »

Catulle nommait les librairies libelli, et Aulu-Gelle, librariæ; le mot français librairie ne signifia, pendant longtemps, que bibliothèque. « Le roi Louis, XI, raconte Brantôme (Vie du maréchal de Strozze), disoit d'un prélat de son royaume qui avoit une très-belle librairie et nela voyoit jamais qu'il ressembloit à un bossu qui avoit une belle bosse sur son dos et ne la voyoit pas. »>

Les écrivains latins nous ont fait connaître les noms et la demeure de plusieurs libraires. Le quartier d'Argilet, dans la seconde région de la ville, était le centre du commerce de la librairie.

Il existait des libraires dans les Gaules, dès le premier siècle de l'ère chrétienne. « Je ne croyais pas, dit Pline le Jeune, qu'il y eût des libraires à Lyon: aussi, ai-je cu d'autant plus de plaisir à apprendre qu'on y vendait mes petits livres; et je me félicite de les voir jouir à l'étranger de la vogue qu'ils ont eue à Rome. >>

Les devantures des boutiques étaient couvertes d'inscriptions et d'affiches indiquant les ouvrages en vente. A l'intérieur, tant que la forme de rouleaux fut la forme

la plus usitée pour les livres, les murs étaient garnis de cases assez semblables à celles que présente l'intérieur de nos colombiers, et que, probablement pour cette raison, Martial appelle des nids (nidi).

Les librairies étaient le rendez-vous des oisifs et des gens de lettres; c'était là qu'on apprenait les nouvelles littéraires du jour, que l'on discutait sur des points de grammaire et de philosophie, que l'on éclaircissait les passages difficiles des anciens auteurs. Aulu-Gelle, dans les Nuits alliques, nous a laissé une peinture de ces réunions.

a Il n'y a pas long-temps, dit-il, un ignorant plein de vanité se louait et se vantait chez un libraire, comme si, seul sous le ciel, il eût entendu les satires de Varron, satires qu'on appelle indistinctement cyniques ou ménippées. Il nous jetait à la tête des passages faciles, et semblait croire qu'on n'ambitionnerait même pas l'honneur d'en conjecturer le sens. J'avais sur moi un de ces livres de satires, intitulé Spoxúwv. Je m'approchai, et je lui dis : « Tu sais, maître, le vieux proverbe des Grecs: Musique secrète n'est bonne à rien. Je te prierai donc de lire ces vers, et de m'expliquer le proverbe qu'ils renferment. Lis plutôt toi-même, me répondit-il, les vers que tu ne comprends pas, afin que je les explique. » Je repris « Comment pourrais-je lire ce que je ne puis comprendre? Je mettrai tant de confusion dans ma lecture, que j'en jetterai dans ton esprit. » On fut unanime à penser comme moi; et, pour satisfaire au désir général, notre glorieux prit de ma main le manuscrit, dont le texte était singulièrement pur, et l'écriture très-nette. Il le prit avec quelque dépit et quelque tristesse. Dois-je poursui vre? Je n'ose, en vérité, demander qu'on me croie. L'en

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