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connu partout la même conscience, la même raison, la même religion (1). Ainsi la religion est universelle, elle est une comme la raison humaine ; mais comme elle aussi, elle se développe, par un progrès naturel, et dans le genre humain, et dans chacun des individus qui le composent ; de sorte que les hommes et les peuples, qui tous participent à la raison et connoissent la religion, ne partieipent pas tous néanmoins à la plénitude de la raison, et ne connoissent pas tous la religion dans son entier développement ; quoiqu'il n'existe pas un seul peuple ni un seul homme à qui la raison universelle et la religion ne soient manifestées à un degré suffisant, pour que rien ne leur manque de ce qui est nécessaire à la conservation de la vie physique, morale et intellectuelle. Et, puisque l'expérience montre qu'il en est ainsi, alors même que les nations semblent avoir atteint le dernier degré de la corruption, il en est ainsi toujours ; car une moindre corruption n'est qu'un moindre éloignement de la loi de vérité et de la loi d'ordre : d'où il suit que l'universalité de la religion dans les temps où ses préceptes ont été le plus violés, prouve son universalité dans tous les temps, ou sa perpétuité.

(1) Non sunt absconsa testamenta per iniquitatem illorum. Ecclesiast. , XVlI , 17.

D'ailleurs la religion n'étant que la loi de notre nature intelligente, cette loi, nécessairement aussi ancienne que l'homme, n'a jamais pu être ignorée de lui ; autrement Dieu lui auroit refusé, en lui donnant la vie, le moyen de la conserver, ce qui est tout ensemble et contradictoire et démenti par le fait, puisque l'homme existe.

Il est donc évident que la religion a dû commencer avec le monde, et se perpétuer sans interruption (1). C'est une conséquence de son unité, et un dogme du christianisme. Aussi tous les peuples ont-ils cru que l'antiquité étoit un caractère essentiel de la vraiereligion, et par lequel on la discernoit des superstitions qui la défigurent. Ils ont dit, comme Vincent de Lerins et comme l'Eglise catho

(1) Il n'est pas nécessaire de recourir aux Livres saints pour pouvoir se convaincre que la véritable religion étoit originairement celle du genre humain. Les anciens peuples, quoique livrés à des superstitions extravagantes, conservoient des traces sensibles de l'ancienne tradition, et les semences précieuses des vérités les plus importantes. Cet accord frappant entre des nations qui souvent ne se connoissoient point, qui n'avoient entre elles aucun commerce, prouve évidemment que leurs pères communs avoient une même croyance, une même morale, un même culte; et que les diverses opinions qui dans la suite partagèrent les hommes, n'étoient que des inventions modernes et des altérations de la religion primitive. Mém. de l'acad. des Inscript., tom. XLII , pag. 175, 174.

lique : Nous reconnoîtrons la vérité avec certitude, et nous nous préserverons de l'erreur, si nous suivons l'universalité, l'antiquité, le consentement (1). Que cette règle fût en effet admise par les païens, on l'a déjà vu pour ce qui concerne l'universalité et le consentement commun ; et nous montrerons bientôt qu'ils regardoient également l'antiquité ou l'autorité de la tradition, comme le fondement de la vraie foi et du véritable culte. Mais auparavant il est nécessaire de remonter à l'origine de ce culte et de cette foi ou à l'origine de la religion, pour faire voir comment elle concourt avec l'origine de l'homme, et comment, malgré les altérations plus ou moins considérables qu'elle a subies en différens lieux dans la suite des âges, elle s'est néanmoins toujours perpétuée, ainsi que le principe qui la eonSGI'VG. Plusieurs savans ont prouvé que la croyance de la création du monde (2) et de celle de

(1) Hoc est enim verè proprièque catholicum, quod ipsa vis nominis ratioque declarat, quod omnia ferè universaliter comprehendit. Sed hoc ità demûm fiet, si sequamur universitatem, antiquitatem, consensionem. Vinc. Lirin. Commonitor. cap. II. *

(2) Selon Sanchoniaton, les Phéniciens reconnoissoient que le monde avoit eu un commencement : cette croyance étoit générale, et leur étoit commune avec les autres peuples. Les Chaldéens, au rapport de Bérose, faisoient mention de celui par qui le monde

l'homme, n'étoit ni moins ancienne, ni moins universelle que le genre humain (1). Platon enseignoit même, ainsi que les stoïciens, que tout ce qui existe a été fait par le Verbe et la sagesse de Dieu (2), qui a formé l'homme à son image, ajoutoit-il; car la ressemblance de 1'h0mme avec Dieu étoit encore un des points de la doctrine commune et traditionnelie (1). Nous en voyons l'origine dans l'Ecriture Sainte, qui, nous révélant, pour ainsi parler, le secret de nQtre nature, nous apprefid que le Souverain Ëtre tira du néant nótre intélligence , en lui manifestant les vérités et les préceptes qui sont la loi de sa vie, et le fonds immuable de la religion. « Dieu a créé l'homme de la terre, et l'a • formé à Son image. Il lui créa de sa subs

avoit commencé ; les Egyptiens convenoient que ce monde n'avoit pas toujours été; ce ne fut que fort tard, c'est-à-dire, lorsque les Grecs eurent commencé de s'appliquer à la philosophie et de disputer sur tout, que l'origine du monde fut mise en question, et que quelques-uns soutinrent qu'il avoit toujours existé. Mém. de l'acad. des Inscript., tom. XLI, p. 242 et245. (1) Euseb. Demonstr. evang., lib. III, c. III.—Th.

Burnet, Archeolog. philos., lib. II, c. II, et Telluris : theoria sacra, lib. I, c. Iv, et lib. II, c. vI.—Grotius, De verit. relig. christ., lib. I, S 16. — Hyde, hist. veter. Persar., cap. III, pag. 81. — Huet, Alnetan., Quaest. , lib. II, c. v et vII. — Goguet, de l'orig. des Lois, des Arts et des Sciences, tom. II, p. 451, 452. — Consul. et. Strab., lib. XV, p. 1 o4o. — Diogen. Laert. in Proœm. S 4. — Stob. Eclog. phys., lib. I, c. I. — Clem. Alexandr. Strom. , lib. V.

(2) Atà Adyou Oeo5 xxi ôuxvoixç. Vid. Euseb. Praepar. evang. , lib. XI, c. xxx. — S. August. de civit. Dei, lib. VIII, c. xI. — Justin. Parœn. et Apolog. II. — Theoph. ad Autolyc., lib. II. — Lactant. Divin. Institut. , lib. IV, c. Iv, et lib. VII, c. vII. — Jam ediximus Deum universitatem hanc mundi verbo et ratione et virtute molitum. Apud vestros quoque sapientes Aôyov, id est sermonem atque rationem constat artificem videri universitatis. Hunc enim Zeno determinat factitatorem, qui cuncta in dispositione formaverit. Tertulian., apolog., c. xxI.

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(1) Deus nimium indignatur, quoties quispiam illius similem improbat aut probat dissimilem ; Dei verò $imilis est vir bonus. Platon. Minos, Oper. tom. VI, pag. 136. — Idem de Republicâ, lib. VI, et ap. Lactant. , lib. II, c. x. — Aristot. , De anim., l. I, c. ii. — Eurypham. in frag. Pythagor. — Eurysus, ap. Clem. Alexandr. Strom., lib. V. — Hierocl. , in aurea carmin. et de Provid. et de fato. — Maxim. Tyr. dissertat. 38. — Seneca, de Provident. cap. 1.— Animal hoc providum, sagax, multiplex, acutum , memor , plenum rationis et consilii, quem vocamus hominem præclarâ quâdam conditione, generatum esse à Deo [supremo... Itaque ex tot generibus, nullum est animal, præter hominem, quod habeat notitiam aliquam Dei; ipsisque in hominibus, nulla gens est neque tam immansueta, neque tam fera, quæ non, etiam 8i ignoret qualem habere Deum deceat, tamen habendum sciat. 'Ex quo efficitur illud, ut is agnoscat Deum, qui , undè ortus sit, quasi recordetur ac noscat. Est igitur -homini cum Deo similitudo. Cicer. de legibus, lib. I, c. vii et viii. — Manilius, lib. IV, v. 895. — Ovid. Metamorph., lib. I, y. 83.

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