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vacant pendant une année, et l'on donna à cette vacance le nom d'interrègne, qu'on emploie encore aujourd'hui. Le peuple ne tarda pas à murmurer. On n'avait fait qu'aggraver sa servitude : au lieu d'un maître, il en avait cent. Il paraissait disposé à ne plus souffrir qu'un roi, et à le choisir lui-même. Les sénateurs s'aperçurent de ces dispositions , et voulurent se faire un mérite d'offrir ce qu'on allait leur arracher. Mais, en cédant, ils eurent l'adresse de retenir plus qu'ils n'accordaient; car ils décidèrent que le roi, choisi par le peuple, ne serait élu que quand le sénat aurait ratifié le choix. Aujourd'hui encore cette assemblée conserve le même droit dans les propositions de lois et les nominations de magistrats ; mais ce n'est plus qu'une vaine formalité; car elle ratifie la décision encore inconnue des comices, avant même qu'on aille aux voix. Dans cette circonstance, l'interroi convoqua l'assemblée: « Romains, dit-il, pour le repos, le bonheur et la prospérité de Rome, choisissez un roi : telle est la volonté du sénat. Si celui que vous aurez choisi pour successeur de Romulus est digne de cet honneur, le sénat ratifiera votre choix. » Le peuple fut si touché de cette condescendance que, pour n'être pas vaincu en générosité, il se borna à décréter que le sénat eût à choisir le roi de Rome.

XVIII. Numa Pompilius s'était fait alors une grande réputation de justice et de piété. Retiré à Cures, ville des Sabins, il possédait une connaissance profonde pour son siècle du droit divin et humain, connaissance dont, à défaut d'un autre, on prétend, mais à tort, qu'il était redevable à Pythagore de Samos; tandis qu'il est consServio Tullio regnante Romae, centum amplius post annos, in ultima Italiae ora, circa Metapontum Heracleamque et Crotona, juvenum aemulantium studia cœtus habuisse constat. Ex quibus locis, etsi ejusdem aetatis fuisset, quae fama in Sabinos, aut quo linguae commercio , quemquam ad cupiditatem discendi excivisset? Quove praesidio unus per tot gentes, dissonas sermone moribusque, pervenisset? Suopte igitur ingenio temperatum animum virtutibus fuisse opinor magis; instructumque non tam peregrinis artibus, quam disciplina tetrica ac tristi veterum Sabinorum : quo genere nullum quondam incorruptius fuit. Audito nomine Numae, patres romani, quanquam inclinari opes ad Sabinos, rege inde sumto, videbantur, tamen, neque se quisquam, nec factionis suae alium, nec denique patrum aut civium quemquam praeferre illi viroausi, ad unum omnes Numa e Pompilio regnum deferendum decernunt. Adcitus, sicut Romulus augurato urbe condenda regnum adeptus est, de se quoque Deos consuli jussit. Inde ab augure (cui deinde, honoris ergo, publicum id perpetuumque sacerdotium fuit) deductus in arcem, in lapide ad meridiem versus consedit. Augur ad laevam ejus, capite velato, sedem cepit, dextra manu baculum sine nodo aduncum tenens, quem lituum adpellaverunt. Inde ubi, prospectu in urbem agrumque capto, Deos precatus, regiones ab oriente ad occasum determinavit; dextant que ce ne fut que sous le règne de Servius Tullius, plus d'un siècle après, que ce philosophe ouvrit son école aux extrémités de l'Italie, aux environs d'Héraclée, de Métaponte et de Crotone. Mais, quand même il eût été contemporain de Numa, comment la renommée aurait-elle pu allumer aux cœurs des Sabins l'amour de la science ? Quelle langue eût servi à ces communications? Comment, seul, sans secours, Numa aurait-il pu passer à travers tant de peuples, différens de mœurs et de langage? Je suis plus porté à croire qu'il dut à la nature ces dispositions vertueuses que développa, non pas une école étrangère, mais la rude et âpre discipline des Sabins, la plus austère nation de l'antiquité. Au nom de Numa, le sénat craignit qu'en choisissant un roi parmi les Sabins, il ne fît pencher la balance en leur faveur. Mais personne n'osait ni se désigner soi-même, ni choisir quelqu'un de ses partisans, sénateur ou citoyen, de préférence à un homme si recommandable; et, d'une voix unanime, ils décernèrent la royauté à Numa Pompilius. On alla le chercher; mais comme Romulus, en fondant la ville, n'avait pris possession du trône qu'après avoir consulté les augures, Numa voulut aussi que l'on interrogeât les dieux. Un augure, qui dut ensuite à la reconnaissance de ce prince de conserver toute sa vie ce sacerdoce public, le conduisit sur le mont Capitolin, où il le fit asseoir sur une pierre, le visage tourné au midi. L'augure, la tête voilée, tenant dans sa main un bâton courbe, sans nœuds, appelé lituus, prit place à sa gauche. Puis, embrassant d'un coup d'œil la ville et la campagne, invoquant les dieux, il determine le champ de ses observations de l'orient à l'occident, prenant le midi pour la droite, et le nord pour la gauche. tras ad meridiem partes, laevas ad septentrionem esse dixit. Signum contra, quo longissime conspectum oculi ferebant, animo finivit. Tum, lituo in laevam manum translata, dextra in caput Numae inposita, precatus est ita : «Jupiter pater, si est fas, hune NumamPompilium, cujus ego caput teneo, regem Romae esse, uti tu signa nobis certa adclarassis inter eos fines, quos feci. » Tum peregit verbis auspicia, quae mitti vellet. Quibus missis, declaratus rex* Numa de templo descendit.

XIX. Qui, regno ita potitus, urbem novam, conditam vi et armis, jure eam legibusque ac moribus de integra condere parat. Quibus quum inter bella adsuescere videret non posse, quippe efferatos militia animos; mitigandum ferocem populum armorum desuetudine ratus, Janum ad infimum Argiletum, indicem pacis bellique, fecit : apertus ut in armis esse civitatem; clausus pacatos circa omnes populos significaret. Bis deinde post Numae regnum clausus fuit : semel T. Manlio consule, post punicum primum perfectum bellum : iterum, quod nostrae aetati dii dederunt, ut videremus, post bellum Actiacum, ab Imperatore Caesare Augusto, pace terra manque parla. Clauso eo, quum omnium circa finitimorum societate ac fœderibus junxisset animos positis externorum periculorum curis, ne luxuriarentur otio animi, quos metus hostium disciplinaque militari continuera^ omnium primum, rem ad multitudinem

* U. C. 38. A. C. 714.

En face, aussi loin que sa vue pouvait s'étendre, il marqua en idée un astre. Alors, prenant son lituus de la main gauche, plaçant la droite sur la tête de Numa , il prononça cette prière : «Jupiter, père de la nature, si les destins permettent que Numa Pompilius, dont je touche la tête, soit roi de Rome, envoie-nous, dans l'espace que j'ai tracé, des signes certains de ta volonté; » et il annonce les auspices qu'il demande. Dès qu'ils eurent paru, Numa, déclaré roi, descendit de l'enceinte augurale.

XIX. Ainsi, devenu souverain de cette ville nouvelle, fondée par la violence et les armes, il se dispose à l'établir sur le fondement des lois et des mœurs. Mais comment y habituer, au milieu des guerres, un peuple dont leséjoiy des camps irritait l'humeur farouche? Pour adoucir sa férosité en lui faisant oublier les combats, Numa fit du temple de Janus, situé au bas d'Argilète, l'indice de la paix et de la guerre. Ouvert, il annonçait que la ville était en armes; fermé, que la paix régnait entre toutes les nations voisines. Il a été fermé deux fois depuis le règne de Numa: la première, par le consul Tit. Manlius, à la fin de la première guerre punique; la seconde, quand les dieux ont accordé à notre siècle de voir, après la guerre d'Actium, César-Auguste Imperator, donner la paix à tout l'univers. Quand Numa l'eut fermé, quand il se fut attaché par des traités et des alliances tous les peuples voisins, délivré du soin des dangers extérieurs, il redouta les douceurs du repos pour des hommes que la crainte de l'ennemi et la discipline militaire avaient contenus jusqu'alors, et résolut de leur inspirer la crainte des dieux,

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