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suspecte; mais, plongé dans une méditation profonde, il passe dans le jardin de son palais, toujours suivi du messager; là, il se promène en silence, abattant, dit-on, avec une baguette, les têtes des pavots les plus élevés. Le messager, fatigué de répéter sa question et d'attendre, retourne à Gabies croyant qu'il a manqué son voyage. Il rapporte ce qu'il a dit, ce qu'il a vu, et que, soit haine, soit colère, soit fierté naturelle, le roi n'a pas prononcé une seule parole. Sextus démêla dans l'adresse de cette réponse silencieuse les intentions et les ordres de son père : il fait périr les premiers citoyens de Gabies, en rendant les uns odieux au peuple, en accablant les autres sous le poids de la haine qu'ils avaient eux-mêmes soulevée. Ceux-ci furent condamnés ouvertement; d'autres, qui donnaient moins de prise, périrent en secret. On laissa la fuite libre à ceux-là; quelquesuns furent envoyés en exil. Les biens des bannis et des morts furent partagés au peuple. Ces largesses, les séductions de l'intérêt particulier, fermèrent les yeux sur les malheurs publics, et Gabies, incapable de former un plan, incapable de l'exécuter, fut livrée sans résistance au pouvoir du roi de Rome.

LV. Gabies soumise, Tarquin fit la paix avec les Eques, et renouvela le traité avec les Toscans. Il revint ensuite aux travaux commencés dans Rome. Le premier était le temple de Jupiter sur le mont Tarpéien, temple qu'il voulait faire servir à éterniser la mémoire de son règne et de son nom. C'était l'ouvrage des deux rois Tarquins : le père avait fait le vœu, le fils l'avait accompli. Pour affranchir de tout autre culte l'emplacement qu'il voulait consacrer uniquement à Jupiter et à son temple, le roi prit le parti à'exaugurer les autres quae aliquot ibi a Tatio rege, primum in ipso discrimine ad versus Romulum pugna e vota, consecrata, inaugurataque postea fuerant. Inter principia condendi hujus operis movisse numen ad indicandam tanti imperii molem traditur deos : nam, quum omnium sacellorum exaugurationes admitterent aves, in Termini fano non addixere. Id omen auguriumque ita acceptum est; non motam Termini sedem, unumque eum deorum non evocatum sacratis sibi finibus, firma stabiliaque cuncta portendere.Hoc perpetuitatis auspicio accepto secutum aliud, magnitudinem imperii portendens, prodigium est ': caput humanum integra facie aperientibus fundamenta templi dicitur adparuisse. Qua e visa species, haud per ambages, arcem eam imperii caputque rerum fore portendebat : idque ita cecinere vates, quique in urbe erant, quosque a'd eam rem consultandam ex Etruria adciverant. Augebatur ad inpensas regis animus. Itaque pometinae manubiae, qua e perducendo ad culmen operi destinatae erant, vix in fundamenta subpeditavere : eo magis Fabio, praeterquam quod antiquior est, crediderim, quadraginta ea sola talenta fuisse, quam Pisoni; qui quadraginta millia pondo argenti seposita in eam rem scribit, summam pecunia e neque ex unius tum urbis prœda sperandam, et nullius, ne, horum quidem magnificentiae operum, fundamenta non exsuperaturam.

LVI. Intentus perficiendo templo, fabris nndique ex temples et chapelles. Quelques-unes dataient du règne de Tatius. Ce prince les avait vouées pendant la bataille qu'il livra aux Romains, et les avait depuis consacrées et inaugurées. On rapporte que, dès le commencement des travaux, la divinité suprême fit intervenir les dieux pour annoncer la puissance future de cet empire. Les auspices permirent Yexauguration de toutes les chapelles, excepté celle du dieu Terme, et voici l'interprétation qu'on donna à ce présage, à cet augure. Le dieu Terme n'avait point changé de place; seul de tous les dieux on n'avait pu le faire sortir du terrain qui lui était consacré : c'était un pronostic de force et de stabilité. Ce présage de durée fut suivi bientôt d'un autre prodige qui annonçait la grandeur de l'empire. On dit qu'en creusant les fondations du temple on trouva une tête humaine dont les traits n'étaient point altérés. Cette apparition indiquait clairement que ce lieu serait le centre de l'empire, la capitale du monde. Tous les devins de la ville et ceux qu'on fit venir d'Etrurie furent unanimes sur ce point. Tout cela poussait le roi à la dépense. Aussi les dépouilles de Pometia, qui devaient servir à terminer l'entreprise, suffirent à peine pour les fondations. Sur ce point, je m'en rapporte plutôt à Fabius, d'ailleurs plus ancien, qu'à Pison. Le premier fait monter ces dépouilles à quarante talens. L'autre prétend que Tarquin avait mis en réserve pour ce projet quarante mille livres pesant d'argent, somme que ne pouvait produire le pillage d'aucune ville de ce temps, et que n'auraient pu absorber les fondations d'aucun bâtiment, pas même celles de ce magnifique édifice.

LVT. Tout occupé de la construction de ce temple, Etruria adcitis, non pecunia solum ad id publica est usus, sed operis etiam ex plebe : quiquum haud parvus et ipse militiae adderetur labor, minus tamen plebs gravabatur, se templa deum exaedificare manibus suis : quae posthac et ad alia, ut specie mil ora, sic laboris aliquanto majoris, traducebatur opera; foros in circo faciendos, cloacamque maximam, receptaculum omnium purgamentorum urbis, sub terram agendam : quibus duobus operibus vix nova haec magnificentia quidquam adaequare potuit. His laboribus exercita plebe, quia et urbi multitudinem, ubi usus non esset, oneri rebatur esse, et colonis mittendis occupari latius imperii fines volebat; Signiam Circeios |ue colonos misit, prœsidia urbi futura terra marique. Haec agenti portentum terribile visum : anguis, ex columna lignea elapsus, quum terrorem fugamque in regiam fecisset, ipsius regis non tam subito pavore perculit pectus, qua anxiis inplevit curis. Itaque quum ad publica prodigia Etrusci tantum vates adhiberentur, hoc velut do i stico exterritus visu, Delphos ad maxime inclitum in terris oraculum mittere statuit : neque responsa sortium ulli alii committere ausus, duos filios per ignotas ea tempestate terras, ignotiora maria, in Graeciam misit. Titus et Aruns profecti : cornes his additus L. Junius Brutus, Tarquinia sorore regis natus, juvenis longe alius ingenio, quam cujus simulationem induerat. Is, ^uum primores civitail fit venir des ouvriers d'Etrurie, il y employa les fonds de l'état et les bras même du peuple. Ce fardeau, ajouté à celui de la guerre, ne leur parut cependant pas trop lourd : ils étaient flattés de construire de leurs mains les temples des dieux. Mais on les occupa bientôt de travaux moins bonorables et plus pénibles : c'étaient des galeries à construire autour du Cirque, le grand égoût à creuser pour y recevoir toutes les immondices de la ville : ouvrages que la magnificence de notre siècle a pu égaler à peine. Pendant que ces travaux exerçaient l'activité du peuple, Tarquin , persuadé qu'une population nom breuse est redoutable quand elle est désœuvrée, et voulant d'ailleurs préparer, par la fondation de colonies nouvelles, l'agrandissement de son empire, en envoya deux à Signia et à Circeii : elles devaient servir à Rome de boulevards sur terre et sur mer. Au milieu de ces occupations, l'effrayant prodige d'un serpent sorti d'une colonne de bois sema la terreur et la fuite dans le palais, et, si le roi ne s'en laissa point épouvanter, il en conçut de vives inquiétudes. Pour les prodiges publics, il se contentait des devins de l'Étrurie; mais consterné de cette apparition qui semblait menacer sa famille, il résolut de consulter l'oracle de Delphes, le plus célèbre de la terre; et n'osant confier à des étrangers la réponce du dieu, il envoya deux de ses fils en Grèce, à travers des contrées alors inconnues, et des mers plus inconnues encore. Titus et Aruns se mirent en route avec L. Junius Brutus, fils de Tarquinia, sœur du roi. Le caractère de ce jeune homme était bien différent du masque qu'il portait. Instruit que les citoyens les plus distingués, et son frère avec eux, avaient péri par les ordres de son oncle, il prit le parti de ne rien laisser voir dans son

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