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PARIS. – TYPOGRAPUIE DE FIRMIN DIDOT FRERES, FILS ET CIE, RUE JACOB, 56

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PARIS
CHEZ FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C", LIBRAIRES

IMPRIMEURS DE L'INSTITUT DE FRANCE

RUE JACOB, 56

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ORAISON FUNÈBRE

AVERTISSEMENT

Nous avouerons, en finissant, que la plupart des ser.

mons de Bossuet sont restés imparfails. Plusieurs même DE L'ÉDITION DE VERSAILLES. (1815.)

ne présentent que des plans ou des fragments, que l'orateur remplissait en chaire, sans le secours de l'écriture,

après avoir médité son sujet. Mais quoique Bossuet n'y Quoique Bossuet eût prêché très - souvent à Metz, à ait pas mis la dernière main , et qu'il parut avoir dédaigné Paris, à la cour et dans son diocèse, avec une réputation lui-même ces productions de son génie, on ne peut s'efextraordinaire, on n'avait de lui qu'un petit nombre de pêcher de reconnaitre qu'on y trouve des desseins supédiscours, savoir : le Sermon sur l'unité de l'Eglise, pre- rieurement conçus, des aperçus nouveaux, des traits d'une ché à l'ouverture de l'assemblée du clergé en 1681, et im. éloquence admirable; et s'il nous était permis d'employer primé à Paris en 1682; le Sermon pour la profession de les expressions d'un poëte, nous dirions que ces sermons, madame de la Vallière, imprimé sans son aveu en 1691, tels qu'ils sont, étincellent pourtant de sublimes beautés. el six ORAISONS FUNÈBRES, imprimées séparément in-4°,

........ à l'époque même où elles furent prononcées, et recueillies depuis, par son ordre, en un volume in-12. Il ne fit pas entrer dans ce recueil l'Oraison funèbre de Nicolas Cor. net, grand maitre de Navarre. Elle fut donnée au public

DE en 1698, in-8°, à Amsterdam, par les soins des héritiers de M. Cornet. Mais l'abbé Ledieu nous apprend que Bos HENRIETTE-MARIE DE FRANCE, svet, après l'avoir lue, dit qu'il n'y reconnaissait pas son ouvrage. Nous ne parlons pas d'un sermon préché à l'ou.

REINE DE LA GRANDE BRETAGNE', verture d'une mission, et imprimé dans un recueil de Leto Prononcée le 16 novembre 1669, en présence de Monsieur, tres et Opuscules de Bossuet, Paris, 1748, 2 vol. in-12. | frère unique du roi, et de Madame; en l'église des reLes autres discours de l'évéque de Meaux étaient restés ligieuses de Sainte-Marie de Chaillot , où avait été déincorinus entre les mains de ses héritiers, qui ignóraient posé le coeur de Sa Majesté. eux-mêmes la valeur du trésor qu'ils possédaient dans d'iminenses portefeuilles presque oubliés. On ne saurait avoir trop de reconnaissance pour le service qu'ont rendu Et nunc, reges, intelligite; crudimini , qui judicatis terà la religion et à la littérature française D. Déforis, et

Psal. 11, v. 10. D. Coniac, son collaborareur, en consacrant des années entières à déchiffrer, comparer, mettre en ordre et publier,

Maintenant, o rois, apprenez; instruisez vous, juges de la

terre. avec des soins et une exactitude bien pénible, un nombre presque infini de feuilles volantes, chargées de ratures, MonseigneUR, de renvois, de corrections de toute espèce. Le premier

Celui qui règne dans les cieux, et de qui refruit de leur travail parut en 1772, en trois volumes in-4°, qui forment les tomes iv, v et vi de la dernière édition.

lèvent tous les empires, à qui seul appartient la Ils donnèrent en 1788 deux nouveaux volumes, qui sout gloire, la majesté et l'indépendance, est aussi les tomes vii et viii; celui-ci renferme les Oraisons fu. | le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et nèbres. Quelques personnes zélées pour la gloire de Bos- de leur donner, quand il lui plait, de grandes et suet, et spécialement M. de Montholon , doyen et grand de terribles leçons. Soit qu'il élève les trônes, soit vicaire de Metz, ayant communiqué trop tard aux éditeurs

qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puisun certain nombre de panegyriques de Bossuet, dont elles

sance aux princes, soit qu'il la retire à lui-même, avaient les originaux, on en forma la seconde partie du

et ne leur laisse que leur propre faiblesse, il leur tome vii.

apprend leurs devoirs d'une manière souveraine Nous avons distribué tous ces discours de la manière qui nous a paru la plus naturelle et la plus commode pour

et digne de lui. Car, en leur donnant sa puisles lecteurs.

sance, il leur commande d'en user comme il fait Les éditeurs bénédictins avaient cru devoir porter l'exac- lui-même, pour le bien du monde ; et il leur fait titude jusqu'à mettre au bas des pages les tours de phrases et les mots différents que Bossuet avait indiqués dans son Henriette-Marie de France, fille de Henri IV, née au Loumanuscrit, comme pouvant servir à exprimer sa pensée. vre le 25 novembre 1609, quelques mois avant la mort de son Nous avons supprimé la plupart de ces variantes, qui

· père, épousa en 1625 l'infortuné roi d'Angleterre Charles jer.

Après l'avoir vu périr sur un échafaud, elle rentra dans sa étaient sans intérêt. Mais nous avons conservé toutes celles

patrie , où elle mourut en 1969, emportant au tombeau le tiqu'on lecteur judicieux aurait pu regretter.

| tre de reinc malheureuse qu'elle s'était donné. BOSSUET. — T. II.

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voir, en la retirant, que toute leur majesté est Mais la sage et religieuse princesse qui fait le empruntée, et que, pour être assis sur le trône, sujet de ce discours n'a pas été seulement un ils n'en sont pas moins sous sa main et sous son spectacle proposé aux hommes pour y étudier autorité suprême. C'est ainsi qu'il instruit les les conseils de la divine Providence, et les fatales princes, non-seulement par des discours et par révolutions des monarchies ; elle s'est instruite des paroles, mais encore par des effets et par des elle-même, pendant que Dieu instruisait les prinexemples. Et nunc, reges, intelligite; erudi ces par son exemple. J'ai déjà dit que ce grand mini, qui judicatis terram.

Dieu les enseigne, et en leur donnant et en leur Chrétiens , que la mémoire d'une grande reine, Ôtant leur puissance. La reine, dont nous parlons, fille, femme, mère de rois si puissants, et souve- a également entendu deux leçons si opposées; raine de trois royaumes, appelle de tous côtés à c'est-à-dire, qu'elle a usé chrétiennement de la cette triste cérémonie', ce discours vous fera pa- bonne et de la mauvaise fortune. Dans l'une, elle raître un de ces exemples redoutables, qui étalent a été bienfaisante; dans l'autre, elle s'est montrée aux yeux du monde sa vanité tout entière. Vous toujours invincible. Tant qu'elle a été heureuse, verrez dans une seule vie toutes les extrémités elle a fait sentir son pouvoir au monde par des des choses humaines : la felicité sans bornes, bontés infinies ; quand la fortune l'eut abandonaussi bien que les misères; une lougue et paisi- née, elle s'enrichit plus que jamais elle-même de ble jouissance d'une des plus nobles couronnes vertus. Tellement qu'elle a perdu pour son propre de l'univers; tout ce que peuvent donner de plus bien cette puissance royale qu'elle avait pour le glorieux la naissance et la grandeur accumulées bien des autres; et si ses sujets, si ses alliés, si sur une tête, qui ensuite est exposée à tous les | l'Église universelle a profité de ses grandeurs, outrages de la fortune; la bonne cause d'abord elle-même a su profiter de ses malheurs et de ses suivie de bons succès, et, depuis, des retours disgrâces plus qu'elle n'avait fait de toute sa soudains, des changements inouïs; la rébellion gloire C'est ce que nous remarquerons dans la vie longtemps retenue, à la fin tout à fait maîtresse; éternellement mémorable de très-haute, trèsnul frein à la licence; les lois abolies; la majesté excellente et très – puissante princesse Henviolée par des attentats jusqu'alors inconnus; l'u- RIETTE-MARIE DE FRANCE, REINE DE LA GRANDEsurpation et la tyrannie sous le nom de liberté; une Bretagne. reine fugitive, qui ne trouve aucune retraite dans Quoique personne n'ignore les grandes qualitrois royaumes, et à qui sa propre patrie n'est tés d'une reine dont l'histoire a rempli tout l'uplus qu'un triste lieu d'exil; neuf voyages sur nivers, je me sens obligé d'abord à les rappeler iner, entrepris par une princesse, malgré les en votre mémoire, afin que cette idée nous serve tempêtes; l'Océan étonné de se voir traversé tant pour toute la suite du discours. Il serait superflu de fois en des appareils si divers, et pour des cau de parler au long de la glorieuse naissance de cette ses si différentes; un trồne indignement renver princesse : on ne voit rien sous le soleil qui en sé, et miraculeusement rétabli. Voilà les enseigne égale la grandeur. Le pape saint Grégoire a donné ments que Dicu donne aux rois : ainsi fait-il voir dès les premiers siècles cet éloge singulier à la au monde le néant de ses pompes et de ses gran- couronne de France : « qu'elle est autant au-desdeurs. Si les paroles nous manquent, si les expres- « sus des autres couronnes du monde, que la disions ne répondcut pas à un sujet si vaste et si re- « gnité royale surpasse les fortunes particulièlevé, les choses parleront assez d'elles-mêmes. Le « res '. » Que s'il a parlé en ces termes du temps caur d'une grande reinc, autrefois élevé par une du roi Childebert, et s'il a élevé si haut la race si longue suite de prospérités, et puis plongé tout de Mérovée, jugez ce qu'il aurait dit du sang de à coup dans un abîme d'amertumes, parlera assez saint Louis et de Charlemagne. Issue de cette race, haut; et s'il n'est pas permis aux particuliers de fille de Henri le Grand, et de tant de rois, son faire des leçons aux princes sur des événements | grand caur a surpassé sa naissance. Toute autre si étranges, un roi me prête ses paroles pour leur place qu'un trône eût été indigne d'elle. A la védire : Et nunc, reges, intelligite ; erudimini, rité elle eut de quoi satisfaire à sa noble fierté, qui judicatis terram : « Entendez, ô grands de quand elle vit qu'elle allait unir la maison de « la terre; instruisez-vous, arbitres du monde '. » France à la royale famille des Stuarts, qui étaient

venus à la succession de la couronne d'Angleterre Que cet exorde est majestueux, sombre et religieux ! Pas un mot qui ne porte, pas un qui ne soit une image ou une idée, l'imagination, assaillie par tant d'objets de douleur, n'a pu un tableau ou une leçon; et au milieu de cet assemblage si voir que le renversement des trônes, les coups de la fortune, imposant, la grande idée de Dieu qui domine tout. Qu'on les tempêtes, l'océan. (La Harpe.) se représente, après un semblable exorde, des auditeurs i Quanto cæteros homines regia dignitas antecedit, tanto dans un temple qui ajoute encore à son effet, et qu'on se carterarum gentium regna regni vestri profecto culmen exdemande si quelqu'un d'eux pouvait songer à Bossuet. Non : cellit. (Lib. vi, ep. VI.)

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